Rocknroll (Rock 'n' roll star.pdf)

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Rock ’n’ roll star Par Éric Fesquet Extrait : interview de Philippe Manœuvre par Rockline, janvier 1980 : Rockline : Philippe, que pensez-vous des valeurs montantes telles que Alan Gerba et Jimmy Morribon ? Philippe : Le premier est un véritable artiste qui vous fout le cul en feu, un virtuose de la musique qui parvient, par je ne sais quel miracle, à faire acheter des disques arborant le slogan « Suck my dick » à des ménagères de plus de 60 ans ; sacrée paire de couilles le gars. Le second est une espèce d’ivrogne qui schlingue la 33 export, un vagabond prêt à pourrir nos rues de son vomi, un éternel insatisfait qui flaire la meuf bon marché prête à purger l’horrible liquide qui sommeille en chacune de ses bourses. C’est le seul type que je connaisse qui a le pouvoir de vous faire sentir la merde alors que vous sortez de la douche, c’est quand même pas rien. Rockline : Belle image, les fans apprécieront. Mais au final Philippe, êtes-vous plutôt Gerba ou Morribon ? Philippe : Aucun des deux... Paris, Whisky à Go Go, 2 juillet 1980 Je suis une rock star, un synonyme du mot cauchemar, un habitué des aiguilles, un putain de chanteur qui amasse les foules et tringle les filles. Sur scène je collectionne les strings, j’en ai tellement que je m’éponge avec quand je transpire. Je me parfume à l’eau de chatte, celle de Kathy celle d’Éveline, mais à qui appartient le poil pubien qui nage dans mon gin ? Je traîne mon pantalon sale depuis des lustres, il scotche les filles comme un ruban anti-mouches, cuir inestimable schlinguant le foutre, elles aiment souvent y coller leur bouche. Le succès ça me connaît, même que je l’ai pas volé, I Love Héroïne et J’te prends comme une chienne c’était moi, deux œuvres majeures issues de ma cervelle de p’tit pois. Je suis une machine à tubes comme ils disent et je suis intransigeant sur la marchandise. Je suis le cinquième Beatles, la planche de surf des Beach Boys, j’ai même la tignasse pouilleuse de Bon Scott et le déhanché aphrodisiaque d’Elvis. Je veux les meilleurs morceaux et j’y mets le prix qu’il faut, la bonne came y a que ça de vrai pour attirer les belles poupées, mais pour toucher une star du rock faut qu’elles aient de gros nénés. Dans le couloir sombre une porte s’ouvre, je la découvre, petite chatte perdue dans une impasse, électrochoc sous ma carcasse. Les bras m’en tombent, la langue aussi, son allure fait des ravages, silhouette endiablée chevelure dorée, ma vertu fait ses bagages. Cul de déesse qu’on m’tienne en laisse, sous ma ceinture j’la sens qui se dresse. Trente minutes, c’est tout ce qu’il me faut pour en faire ma pute. Viens ici ma poulette... Ouais toi, tu vois quelqu’un d’autre ici ? Emmène ton petit lapin blanc si tu veux, j’vais aussi le rendre heureux. Tu sais qui j’suis ma salope ? Jimmy, c’est comme ça qu’on me surnomme, Jimmy le beau. Vais t’en faire baver, tellement que tu pourras plus te lever. Les voix que tu entends s’élèvent pour moi, je suis une bête de scène, tu seras pas déçue, le plus grand monstre vivant depuis John Holmes, la haine des cocus j’lui pisse dessus, bouches ouvertes et culs serrés, Jimmy le beau va vous arroser. J’ai tatoué mon nom de scène sur mon pénis en érection, les gorges profondes n’ont jamais dépassé la cinquième lettre, dire qu’au temps de ma première fellation, j’rêvais encore d’être prêtre... Maintenant je suis une belle ordure qui pratique la sodomie à la dure, dit le grand méchant loup à l’agneau. De ma vie je n’aurai jamais de doublure, que cela soit écrit et accompli. Tu bronches toujours pas ? Ben merde alors, y a rien qui t’impressionne toi, t’as peur de rien ma coquine... Attends de voir mon instrument, tu vas t’en lécher les babines, j’vais m’en servir abusivement. Ma verge est une épée qui déchire tout sur son passage et élargit même les trous les plus sages. Suis-moi mon cœur, vais t’inonder de sueur. Au milieu du couloir le petit lapin blanc nous épie, viens te joindre à nous mon ami, ton joli nœud papillon me met en transe, lorsque autour de mon cou tu le serres avec insistance. Je ne sais plus où est ma loge, il me semblait pourtant qu’elle était entre Elvis et Lennon. Je ne sais plus où est ma tombe, mais la terre qui la remplit se languit de ma personne. T’inquiète pas ma belle on va trouver autre chose, histoire que je te dévaste comme un cyclone. Porte fermée sur la droite, faces de craie qui miroitent, bureau sur la gauche, porte ouverte sur la dope. Petit nid douillet pour baiser ou poubelle pourrie pour vomi ? Ferme la porte derrière toi ma beauté, on n’est pas venus pour boire du thé. Obscurité bienfaisante, souffle chaud sur ma tempe, ton parfum n’est qu’un leurre, je voudrais goûter ta fleur pour connaître son odeur. Lolita l’élastique, j’le veux tendu comme une trique. Afflux sanguin tiens-toi bien, mes joues poilues sur ses seins, voici la reine et le roi, prêt à en découdre avec toi. Barman, j’veux un shoot sans bulles et pour ma meuf un doigt de whisky vaginal. Le spectacle a commencé, j’entends déjà hurler. Tu vois l’eau du Nil passer sous ma peau ? Plante ta flèche empoisonnée à cet endroit. Avec mon cerveau de génie j’ai calculé juste ce qu’il faut pour pas finir en morceaux, je suis quand même Jimmy le beau, mon rêve n’est pas de figurer au panthéon du 27 Club, devant moi m’attendent encore de belles années au pub. Presse la détente poupée, jusqu’à ce que je te dise d’arrêter, après c’est ton tour, un p’tit roulement de tambour ? Le monstre sous ma braguette vibre pour toi petite starlette, on va se faire des saletés salement faites... Hasta la vista baby, bienvenue au paradis. Putain de came, putain de vie, je l’ingère et je la chie. Le singe est nourri, j’prends la sortie. Dans le couloir deux grabataires, ne serait-ce pas les propriétaires ? Bonsoir madame, bonsoir monsieur, mes jours sont beaux mes nuits sont belles, vous avez un beau bordel. Ce soir c’est mon soir, vais vous faire des misères vous allez voir, un spectacle de toute beauté avec des artistes bien pétés. Vieux cul terreux et vieille catin, où sont les chiottes merci tout plein ? Quel beau spectacle n’est-ce pas, que ce chanteur qui se perdra. Baisse le regard couple vicelard, ou j’me transforme en sale clébard. Je vous pisse sur les murs, ou bien sur la figure ? Troisième porte à droite ? M’en souviendrai, comme le premier cul que j’ai fourré. Devant moi le petit lapin blanc trace son chemin... Où vas-tu l’ami ? Attends-nous, mateur maté y a rien de plus vrai, j’veux que tu reluques mes fesses quand je plonge en eau trouble. Je divague et je nage, devant des tableaux aux yeux sans âge. Tout au bout du corridor des voix raisonnent, à les entendre j’suis bon pour la potence : « Jimmy, gros tas de merde ! Où qu’il est l’idole des jeunes ? Quelqu’un va nous l’amener cet abruti de chanteur d’opérette ! » Causez toujours bande de cons, ici tout va bien pour moi. Devant moi la porte est ouverte. Trône en faïence prêt pour une danse, balais à chiottes, brosses à quenottes. Ici ça sent la pisse et l’excrément, des virgules merdeuses me sourient méchamment. Entrons là ma coquine. Vais te lécher l’arrière train si tu veux bien, vais tellement le faire briller que je pourrai me raser devant. Ça te dérange pas si je gerbe un petit coup juste avant ? Sous mon nez les fragrances de ton cul divin made in France diabolisent mes neurones à outrance. Comment t’as dit que tu t’appelais dejà ? Ah t’as rien dit... Vais t’appeler Esméralda, parce qu’on peut y mettre les doigts. Empale-toi sur ma queue objet de tous les vœux, après j’te chante une chanson d’amour si tu veux. Les halètements s’accélèrent, j’commence à manquer d’air. « Fuck me Jimmy, fuck me ! » Ça par exemple, une anglaise ? Puisque je t’ai sous la main, vais pas y aller par quatre chemins : pendant que j’te culbute, pourrais-tu fredonner Yesterday ? Oui ma belle je te fuck, je te baise, un coup dehors un coup dedans, je suis le matador au sperme giclant. Par tous les saints, je sens que ça vient. Yeah... yeah... YEAH ! J’ai un anglais irréprochable, n’est-il pas ? Que c’est bon, orgasme au sommet de son art, c’est moi le patron, le roi du dard. Souffle court, sexe fripé, semence inerte entre mes doigts. Désolé ma poupée, suis pas Bobby Vinton, la guimauve était une truie que j’ai assassinée un soir d’été, depuis mon répertoire ne s’est forgé que de tubes aussi durs que la trique que t’as pris dans le fion. Merde ça y est, j’commence à émerger, j’me souviens même de ma mort... Non j’veux pas revenir, pas déjà. Quelqu’un m’appelle dans le couloir. Je suis vissé sur les chiottes, j’arrive à peine à bouger le petit doigt. En poster sur la porte miss Playboy est là, fesses à l’air devant moi. Alors c’était toi... miss avril 1980. Joli prénom dis-moi, tu m’avais caché ça. J’t’ai déchiré ma cochonne, mais t’as rien senti j’parie... Surtout va pas hurler dans le mégaphone que Jimmy s’est astiqué l’artillerie. Rhabille-toi s’il te plaît, quelqu’un pourrait entrer. Le sperme refroidi dégouline le long de ses cuisses. Le lapin blanc en a pris aussi pour son grade. Désolé mon pote, je sais pas viser. Putain quel shoot, j’ai baisé comme un mammouth. Horreur, j’porte une chemise hawaïenne... Oignons, lardons, champignons, ça ressemble étrangement à ce que j’ai bouffé juste avant. Que quelqu’un appelle mon manager, faut que je lui montre l’état de mon 31. « Jimmy c’est toi ? » Quand on parle du loup. « Eh, mon pote, c’est fini la branlette, sors des chiottes maintenant, on a presque une heure de retard. Remue-toi, les gens ont commencé à balancer leurs chaises sur la scène, du coup ils ont dû faire monter le groupe de chevelus là, les Iron machin chose, des enflures d’anglais encore... Ils chantent tellement bien que le public leur balance des œufs pourris à l’heure qu’il est. Au fait, je viens de croiser le patron et sa femme dans le couloir, paraît que tu leur as manqué de respect... T’as pété un câble ou quoi ? Tu veux qu’on se fasse virer du club, putain de merde ? Maintenant ils veulent revoir le prix à la baisse, ils disent que t’es pas en état. − Comment ça je suis pas en état ? Puis de quel état ils parlent d’ailleurs, y en a tellement. − Tu vas sortir de là et leur faire des excuses. − Ben voyons, toi tu sais parler aux hommes mon coco, tu me troues le cul avec tes citations. Des excuses, tu dis ? Le truc avec un manche et des couilles, là ? Ok j’arrive, juste le temps pour moi d’éponger ma chemise et d’embrasser Esméralda sur les quatre joues. J’espère qu’il y aura des strings humides et du whisky à gogo, c’était Jimmy Morribon en direct du couloir de la mort, j’en

     



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