The Perfect Day (nouvelle_qui_pete_tout_sur_son_passage.pdf)

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10h00 Et voilà, il ne me reste plus qu'à attendre son train. Il devrait être là dans 10 minutes s'il n'a pas de retard. Je regarde autour de moi. Tout le monde s'ennuie et regarde le panneau récapitulatif des horaires d'arrivées des trains. Certains naviguent sur le net, beaucoup écoutent leur musique, comme moi. Je m'approche de la Presse de la gare. « Un chauffard tue une jeune femme. » C'est le titre du journal local. J'apprends que le chauffard en question s'appelle Anthony et la jeune femme, Colette. Drôle de nom pour une personne aussi jeune, pas gâté par la vie. Il n'y a personne dans la boutique à part les deux vendeuses. Je me demande pourquoi il y en a deux à 10h00 alors que quand j'y passe à midi, heure de pointe, il n'y en a qu'une. Mais j'ai autre chose en tête. La chanson Time de Pink Floyd démarre dans mon lecteur mp3. Je sors de la presse. Je m'appuie sur un distributeur et j'attends un bon moment, les yeux fermés sur l'introduction de la chanson. Le meilleur moment sans doute. Finalement, je décide de les laisser fermés jusqu'à la fin de la chanson. Je n'écoute que la mélodie et ça me permet de moins stresser. La chanson se termine, je rouvre les yeux et elle se tient devant moi, toute souriante. « Salut ! – Heu...salut ! – Voilà, je suis là ! – Ouais ! C'est trop cool ! – Ahah ! T'as prévu quelque chose, genre de me faire visiter la ville ? – Bah si tu veux. T'es l'invitée donc, on va faire ce que tu veux. – Ok ! » Je mets The Great Gig in The Sky en pause et je range mes écouteurs dans ma poche gauche. Elle est là ! Juste devant moi et elle continue de sourire. Ce sera sans doute un des plus beaux jours de ma vie ! « J'te suis, moi ! – Je passe devant alors ! » 11h15 « Mais en fait, tu connais quasi-rien d'Angers, non ? – Bah je connais un petit bout mais par cœur ! – Mais genre, derrière la Maine, c'est ça ? T'y vas jamais ? – Qu'est-ce que j'y ferais ? – J'en sais rien mais bon, ça n'a pas l'air d'être moche non plus. – Ça ne l'est pas. – Ah bah tu connais en fait, tu m'as menti. – Bah je connais pas comme ma poche. Je sais juste qu'il y a des certains trucs tranquilles. – On y va ? – Maintenant ? Le temps qu'on traverse, ce sera déjà trop tard pour prendre le bus. – Bah on a qu'à rester cet après-midi alors. Ça te va ? – De toute façon, c'est un peu ta journée, je suis à ton service. » Je la salue. Elle rit. « Très bien valet ! Alors, c'est décidé, on va traverser la Maine ! » 13h30 « Il est bon ton sandwich ? Me demande-t-elle. – Bah, c'est un sandwich jambon-fromage quoi. Et toi ? – Bah c'est un Piccolo, quoi. – Je savais même pas qu'ils vendaient ça à Angers. J'suis sûr que c'est la seule boulangerie à le faire en plus ! – J'ai eu de la chance alors. – Apparemment. Bon, sinon, qu'est-ce que tu penses de ce côté d'Angers ? – Sympa. – De toute façon, je t'ai montré que ce que je connaissais, c'est-à-dire pas grand-chose. – C'est déjà pas mal. – Mouais, c'est parce qu'on a marché lentement que tu dis ça, on n'a pas vu énormément de trucs là. Qu'est-ce qu'il y a ? – Je trouve ça marrant la façon dont tu parles, toujours un peu j'm'en foutisme. – ...Mouais... » On rigole ensemble. J'avais un peu peur qu'on ne se dise rien mais finalement, on se parle très facilement, c'est exactement la femme de mes rêves. Je me félicite de l'avoir trouvé même si ça me fait aussitôt bizarre de penser ça et fais partir très vite cette pensée pour me reconcentrer sur mon sandwich. On est assis en face de l'eau. On s'est trouvé une place sur l'herbe. Pas très loin de nous, il y a un pêcheur qui semble un peu énervé de nos ricanements. Je pense qu'il est pressé qu'on s'en aille. Mais à cet instant, je m'en fous. Je pourrais rester ici toute ma vie en sa compagnie. Le seul problème serait la nourriture et l'hiver mais excepté ces points, ce serait un endroit génial. Je n'ai pas envie que cette journée se termine ou qu'elle se renouvelle chaque jour. Ouais, ce serait bien... 15h40 « Elle est conne ou quoi ? – Qui ? – Bah celle qui m'a donné le ticket. – Ah...je dirais que oui. – J'aime pas être prise pour une débile. – Idem. – Pourquoi elle répétait tout ce que je disais par des questions ? – Je me pose la même question et j'en suis arrivé à une conclusion. Ils embauchent...des sourdes ! – Hahaha – Non mais ça tient la route ! Tu sais bien que quand on embauche des handicapés, on a des aides de l'État. Là, ils ont touché le jackpot ! Et puis y en a une autre mais qu'est pas là aujourd'hui, son handicap, c'est qu'elle n'est jamais polie...ou qu'elle ne sait pas sourire...ou les deux. Je pense qu'ils ont essayé de mélanger les handicaps pour pas qu'on flaire leur coup mais ça ne le fait pas avec moi ! J'ai tout deviné ! – C'est clair ! Peut-être que tu pourras les faire chanter. – Pas con ! J'y penserais et si y a un truc à faire, on se partagera les gains ! – Et on pourra partir au Rwanda, LA destination de rêve ! – Hahaha... Je préfère le Congo personnellement. À cause des aventures de Tintin, sans doute. – Raciste ! » Je souris. On part sur une sorte de débat où on est tous les deux d'accord que l'idée même d'interdire Tintin au Congo en France est juste une énorme connerie. On plaisante jusqu'à ce que notre bus arrive. On s'assoit côte à côte, c'était évident. Aujourd'hui, c'est la conductrice qui écoute une radio où il n'y a que des vieilles musiques. Si j'étais seul, je sortirais bien mon lecteur mp3 mais tant pis. « Putain mais c'est à chier ce qu'elle écoute ! – Oui, hein. Normalement, je m'en fous mais vu que t'es là, je vais être obligé d'écouter cette merde pendant tout le trajet ! Merci ! – Y a pas de quoi. Au pire, on peut écouter ta musique. – Je dis pas non. » Je sors mon lecteur mp3, mes écouteurs, les défilent avec l'aide de Zoé. Après avoir vérifié qu'on avait les bonnes oreillettes, je lance la musique. Personne ne parle. Tant mieux, je n'aime pas être dérangé quand j'écoute de la musique. Quand on arrive à Us and Them, elle pose sa tête sur mes épaules. Soit elle est vraiment fatiguée, soit... Je laisse faire et je pose tranquillement ma tête sur la sienne. Finalement, entre ce moment et l'autre en face de la Maine, je préfère celui-là. 16h40 « Et ben putain, tu dois endurer les collégiens à chaque fois que tu rentres ? – Non, pas vraiment. Ça dépendait des jours. Mais oui, c'était bien chiant. Et encore, là, ils étaient calme ! – Calme ? On dirait que parler revient à crier dans leur façon de communiquer. – Comme tu dis. – Sinon, c'est ça La Daguenière... Je voyais ça plus...campagne. – C'est parce que c'est la partie ville mais il y a une autre partie qui se cache au fin fond de...là-bas en fait. – Hahaha. Ok bah tu me montreras. – De toute façon, on a vite fait le tour de ma chère ville. Bon, on commence par quoi ? » Elle choisit de voir la Loire en premier. En 2 minutes, on y est. « Voilà ! T'es en face du plus long fleuve de France. Alors, ça te fait quoi ? – Mais c'est magnifique Simon, je suis trop émue !!! Je crois que je vais pleurer ! – C'est normal. Je te comprends. Ça le fait à quasiment tout le monde. » Et on recommence à rire. On débat sur quel côté elle préfère repartir puis, quand elle eut choisit et que je recommence à marcher, elle me prend la main. Merci Dieu ! Je lui souris et on repart, en silence. Finalement, ce sera le meilleur moment de la journée ! 18h20 « Et voilà ! On a fait le tour ! – T'avais pas dit qu'on faisait vite fait le tour de ta chère ville ? – Si... – On a quand même mis quasi deux heures. Heureusement que t'as choisi de zapper un endroit parce qu'on en aurait eu pour une autre heure. – C'est pas faux. Vu que ça s'étale quand on va du côté campagne, on met plus de temps à faire leur chemin. Je ne sais même pas si à un moment, on n'a pas quitté la Daguenière, c'est pour te dire à quel point je connais ma ville. – En tout cas, je suis vannée ! – Si ça peut te rassurer, moi aussi. – Ça me rassure pas mais ça me fait plaisir quand même. » On arrive près de ma maison. Évidemment, pour que cette journée soit parfaite, la maison devait être vide donc mes parents m'avaient laissé la maison et ma sœur était partie chez des amis. « Sympa la maison. – Si tu le dis. – Hey Simon ! » Et merde ! Je me retourne et voit un de mes vieux amis d'enfance, Mickaël. Fais chier, qu'est-ce qu'il me veut ? « Salut ! » Je vais devoir les présenter. «Mickaël, voici Zoé. Zoé, je te présente donc Mickaël. – Salut, dit-elle. – Salut. » Et voilà, le blanc. Tant mieux, je pensais qu'il allait me poser plein de questions, c'est le moment de parler. « Qu'est-ce qu'il y a ? – J'ai un service à te demander. En fait, mon imprimante est en rade et j'ai besoin d'imprimer un devoir. Tu peux faire ça pour moi. – Maintenant ? – Bah si ça te dérange pas. – C'est pour quand ton devoir ? – Lundi. – Ouais bah tu me donneras le fichier par mail, je l'imprimerais et je te passerais ça demain ou dimanche. – Ok. Merci beaucoup, je sais pas ce que je ferais sans toi, c'est vachement important en plus. – Bah j'imagine bien si c'est pour un devoir, dis-je en souriant pour ne pas le vexer. – En plus, c'est un truc que je comprends rien, je sens la mauvaise note. – Héhé, bah déjà, que tu rendes le devoir, t'auras un point, non ? » Il rigole, elle sourit. « Bon allez, je te laisse » Merci ! « Ok, bah tu m'envoies le mail et je te fais ça rapidement. – Ouais. À demain ou dimanche alors. – Ouais. » ...Enfin parti ! Je me retourne vers Zoé, elle me sourit. « Quoi ? – J'imaginais tes pensées à chaque fois qu'il parlait, c'était...rigolo. – Ah bah j'imagine. – C'était quoi les vrais ? – Elles étaient assez soft finalement. Ça va, il n'a pas été trop chiant, j'ai eu peur qu'il te pose plein de questions. En temps normal, il l'aurait fait mais je pense qu'il a senti qu'il gênait un peu. T'as dû lui faire peur. Je te remercie pour cela. » 20h05 Elle est assise à table. Me regardant faire la cuisine. « Et ben dis donc, t'es vachement concentré quand tu fais la bouffe. – Ça dépend pour qui surtout. Là, ça va, c'est toi mais pour d'autres personnes, je pense pas que je serais aussi méticuleux. – Je suis flattée. – Et t'as bien raison, c'était le but. Bon, sinon, ce ne sont que des pâtes à la bolognaise, hein, c'est pas non plus un gros truc à faire. – Y en a qui loupe... – Qui ? – Moi. » Je rigole. « Non mais de toute façon, je fais pas grand-chose en fait. Cuire les pâtes, c'est pas trop compliqué. La viande, c'est assez facile et après, tu mélanges le tout... Ouais, en fait, j'suis un peu un boss, t'as raison. – Je te l'avais dit ! »

     



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