Chapitre 9.pdf

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Chapitre 9 Infiltration De retour dans la citée d’Astrub, la ville était encore calme et les rues désertes. Cela était parfait pour nous permettre, moi et Rom-kun, de nous retirer au QG en toute discrétion afin de récupérer un peu de cette nuit harassante. Malgré la fatigue, je ne parvenais pas à fermer les yeux, ressassant ce que j’avais déjà fait jusqu’ici et en me questionnant sur ce qui nous attendait à présent. J’avais abandonné mon alignement neutre pour servir Bonta alors que je ne connaissais rien de cette citée. Cet acte était destiné à assurer ma protection, m’avait-il dit pendant le voyage. C’est alors que Rom s’exclama subitement. — Au fait Bibi ! Ton badge que le vieux nous a donné. Surtout, cache le bien et ne te vente pas d’être une recrue de Bonta. Je sursautais du fait de sa réaction. On aurait dit qu’il avait lu dans mes pensées ! — Euh… D’ac… D’accord, balbutiais-je. — Sur ce, je dois repartir. A la prochaine Bibi ! Et le Sacrieur s’en alla avant même que je n’eus le temps de répondre quoi que ce soit. Pour cette fois, je cessais de me torturer de nouveau l’esprit en essayant de comprendre ce comportement soudain. Je comprenais néanmoins que tout comme moi, il n’étais pas parvenu à s’endormir et que nous étions bien trop fatigué pour pouvoir tenter de fermer l’œil. Je n’avais de toute façon rien de plus à faire au QG et je décidais d’emprunter le même chemin que Rom, sans trop réfléchir au futur. Astrub commençait à se réveiller calmement, accompagné d’une douce odeur de pain chaud en provenance de la boulangerie, qui venait chatouiller mes narines. C’est alors que je me rappelais que j’avais du céder ma bourse de kamas au forgeron de Bonta. Inutile donc de me faire plus de mal, je décidais de quitter la ville et de marcher un peu pour me revigorer. A peine étais-je sorti de la ville, qu’un visage familier se dessina au loin, accompagné d’une autre personne que je ne connaissais pas. Il s’agissait de Valthiel qui discutait avec un mystérieux inconnu. Je m’approchais donc en leur direction afin de saluer Valthiel qui paraissait très captivé par ce que lui racontait son partenaire. Cependant, si le Iop ne m’avait pas aperçu, son acolyte, lui, avait remarqué mon approche et s’empressa soudainement de s’en aller en direction de la forêt des Abraknydes. C’est alors que Valthiel détourna son regard en ma direction et vint à ma rencontre. — Bonjour Bonga ! Comment vas-tu ? Tu es bien matinal ce matin, me dit le Iop sur un air amusé. — Bonjour Valthiel ! Rétorquais-je. J’allais te dire la même chose. Que fais tu de si bon matin toi aussi ? — Il faut se lever tôt si l’on souhaite être averti des toutes dernières infos, me répondit le Iop. D’ailleurs en parlant de ça ! Me dit-il en prenant soudainement un air plus tendu. Un de mes espions vous ont vu à Bonta cette nuit, toi et ton maître. Que faisiez vous là bas ? Je tressaillis sur ces paroles. C’était incroyable à quel point ses espions étaient compétents. Cependant j’imaginais que cela devait sous-entendre que Valthiel nous espionnait toujours contrairement à son engagement. — Mon maître avait une course à faire là bas et il tenait à ce que je l’accompagne. Rien de bien important en somme, ajoutais-je. Mais dis moi ? Nous espionnais tu encore ? — Pas du tout ! Rétorqua Valthiel. On en a déjà parlé et je t’ai donné ma parole. J’ai des espions un peu partout sur le continent d’Amakna je te rappelle, et l’un d’entre eux se trouvait à Bonta la nuit dernière. Rien de plus. — Je vois, lui répondis-je sur un ton douteux. — Bref, je voulais surtout te dire de faire attention. C’est dangereux là-bas. Surpris et en même temps pris de fatigue, je ne cherchais pas à creuser d’avantage sa mise en garde et acquiesçais cet avertissement tout en me gardant bien de lui dire ce que nous étions allé faire dans la cité des anges. Soudain, un flash me traversa l’esprit et me rappela que j’avais quelque chose à demander à Valthiel… Mais de quoi s’agissait-il déjà ? Je ne parvenais pas à m’en rappeler et le Iop s’intrigua de mon état second. — Quelque chose ne va pas Bonga ? — Pardon ? Lui demandais-je tout en reprenant mes esprits. Ah ! Si, tout va bien. Il me semblait juste avoir quelque chose à te demander, mais je n’arrive pas à m’en souvenir… — Ca ne devait sûrement pas être très important si tu ne t’en souviens plus, me répondit-il avec un air amusé. — C’est ce que l’on dit effectivement dans ces cas là, lui rétorquais-je. J’aurais pourtant juré qu’il s’agissait de quelque chose d’important, mais impossible de remettre une image à ce souvenir. — Bien, ça te reviendra sûrement plus tard. Je dois partir à présent, m’adressa subitement le Iop. A bientôt ! Et le voici s’en aller en direction d’Astrub, tel le comportement imprévisible de Rom-kun. D’ordinaire, ce genre de comportement m’aurait poussé à me torturer l’esprit dans le but d’essayer de comprendre leurs raisons, mais il n’en été rien cette fois-ci. Je m’obligeais alors de me reposer quelques minutes dans l’espoir de retrouver un peu de lucidité. J’entendais un bourdonnement régulier qui, tantôt s’éloignait, tantôt se rapprochait. Je commençais à m’agacer d’écouter ce bruit déplaisant qui ne cessait d’osciller autour de moi. Je me réveillais alors brusquement et constata que ce bruit sourd n’était autre qu’un misérable moskito. Cela me fit prendre soudainement conscience que je m’étais assoupi plus longtemps que ce que je ne l’avais espéré. Le soleil avait rejoint son zénith et je me sentais beaucoup mieux, satisfait d’avoir pu me reposer. C’est ainsi que je me mettais en quête d’aller faire une petite promenade en longeant les contours d’Astrub. Arrivé à hauteur de la forêt portant le nom de la cité qu’elle bordait, j’aperçus Rom qui semblait attendre quelqu’un. — Coucou Rom ! — Mh ? Ah, c’est toi ? — Oui, que fais-tu ici ? Lui demandais-je. — Mh. J’attends le meneur de la guilde dont je t’ai brièvement parlé. Je dois la rejoindre aujourd’hui. Tu ne devrais pas rester ici. On se retrouve au QG avant le coucher du soleil. Sur ces mots, j’acquiesçais d’un hochement de tête et passais mon chemin dans le but de ne pas compromettre l’intégration de Rom dans la guilde. Ainsi, je terminais tranquillement le tour d’Astrub avant de rejoindre le QG du Teme-saï, ne sachant pas exactement quand est-ce que reviendrait le Sacrieur. Le soleil avait continué son chemin dans le ciel et il n’allait pas tarder à entamer sa descente. J’arrivais justement au point de rendez-vous, me préparant à attendre l’arrivée de Rom-kun d’un moment à l’autre. Lorsque je passais la porte, la maison était déserte. Enfin, déserte, c’est ce qu’il m’avait semblé avant de m’apercevoir de la présence d’un petit Bwak d’air juché sur le coin de la table, là où Rom avait pour habitude de s’asseoir. — Tu arrives juste à temps Bibi. — Hein ?! Sursautais-je suite à ces paroles qui provenaient du Bwak. — Mh ? Désolé. N’ai crainte. C’est moi, Rom-kun. — Mais… ? Que t’ai t-il arrivé ? — Pas de panique, je vais t’expliquer. Je m’asseyais donc afin d’écouter mot pour mot ses explications. — Je viens d’intégrer la guilde comme prévu et le meneur a l’air de bien connaître ce fameux Satori ainsi que ses acolytes. J’ai donc appris qu’une nouvelle réunion allait avoir lieu ce soir, au même endroit que la précédente dans la forêt des Abraknydes. — Voilà qui est intéressant ! M’exclamais-je. — Oui, mais ce n’est pas tout. Mon meneur m’a soumis à un test. J’ai du me rendre à Pandala et trouver les sources étranges qui ont la propriété de te transformer en créature, tel un Bwak comme tu peux le constater… — J’ignorais l’existence de ces sources. Mais quel était l’intérêt de ce test pour ton meneur ? — Je ne connais pas encore réellement ses intentions, mais il n’a pas l’air de faire confiance à Sotori et ses sbires. Du coup, en me demandant de prendre cette apparence, j’ai pour mission d’aller inspecter les lieux de la réunion de ce soir avant l’arrivée des membres et j’aurais probablement la chance d’y assister incognito. — Et si ils ne te laissent pas y assister… ? — J’y ai déjà pensé. Tu viendras avec moi avant l’inspection des lieux et tu te cacheras. Comme ça, si jamais je ne peux rester, tu pourras y assister sans problème. Voilà qui était bien pensé. J’acceptais donc la mission sans aucune hésitation. A présent, il était temps de se rendre sur place. La petite taille de Rom sous cette forme le rendait particulièrement rapide et discret. Je l’avais laissé partir devant afin de ne pas compromettre sa couverture au cas où des regards malveillants nous épieraient. Nous voir ensemble aurait pu nous attirer de nouveaux ennuis. C’était maintenant pour moi le moment de partir à l’endroit où se déroulerait la réunion. Arrivé à quelques pas du lieu indiqué, Rom m’attendait et me fit signe que la voie était libre afin que je puisse prendre possession d’un buisson en guise de cachette. Les membres de la réunion arrivèrent quelques minutes plus tard, à commencer par Cink et Saphira suivi non loin derrière de Sid et Satori. Saphira s’aperçut la première de la présence du Bwak qui se tenait perché sur une souche. — Un Bwak dans la forêt des Abraknydes ? Demanda-t-elle sur un air septique. — Oui, Sadflip m’a envoyé faire l’inspection des lieux avant la réunion, répondit Rom-kun. — Ça ne m’étonne pas de lui. Et ? S’enquit la Sadidette en s’adressant toujours à l’oiseau. — Rien a signaler.

    



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