Lettre ouverte a M. BLAZY.pdf

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Lettre ouverte à Monsieur Jean-Pierre BLAZY, maire de Gonesse. Viandes, Sauté de porc et coq-au-vin obligatoire ?? Nous avons eu la surprise de constater que vous avez personnellement obligé les services de cantines scolaires de la ville de Gonesse de servir de la viande à tous les enfants, et ce, même lorsqu’une demande aurait été expressément formulée par les parents à la direction de l’établissement ainsi qu’auprès de vos services au moment de l’inscription. Force est de constater que vous appliquez cette interdiction en lecture de la circulaire qui vous a été communiquée le 28 août dernier. Afin de mettre en application cette interdiction de tenir compte de notre demande de ne pas servir de viande à notre enfant, vous vous appuyez d’après l’administration de votre service sur plusieurs critères : - La laïcité, - La préoccupation de la qualité nutritionnelle des enfants, - Les discriminations. Autant dire que ce sont là des sujets extrêmement sensibles qui vous ont poussés à prendre une telle décision, et je l’accorde, si les raisons étaient exagérées à ce point, j’en serais tout à fait favorable. Cela dit, la chose n’est pas si simple et vous en avez conscience. A force de tergiverser et de ne point trouver d’aboutissement, vous appliquez radicalement une mesure qui blesse profondément des familles entières en stigmatisant encore une fois une partie de nos concitoyens, dont font partie les familles choquées par cette décision démesurée, d’où l’objet de ce courrier non anodin. - La laïcité ? Monsieur le Maire, j’ai eu l’occasion de suivre de très près l’évolution de la mission parlementaire sur le voile intégral et en l’occurrence à laquelle vous également avez participé. Les onze séances avaient été programmées pour entendre un large panel d’avis et d’opinions et dont les vôtres. Je partage d’ailleurs tout à fais votre point de vu sur la question du voile intégral notamment dans les administrations d’ordre publiques, et je comprends également la gêne que cela pourrait occasionner. Vous vous étiez en effet exprimé en faveur d’une sensibilisation et non d’une loi ferme et définitive. Ce sujet, d’autant plus sensible, est en effet directement lié à la laïcité. Nombreux sont ceux qui s’attendaient à une apocalypse en adoptant une loi l’interdisant, mais ce fut une limpidité étonnante et cela s’explique par le fait que la très grande majorité des gens ne se sentent pas personnellement concernés. Toutefois, l’alimentation des enfants est une responsabilité des parents. La question de la laïcité n’a pas à se greffer sur ce sujet jusqu’à certaine limites et cela pour plusieurs raisons. La première raison, c’est que vous méconnaissez le régime alimentaire, éducatif, traditionnel, habituel etc… lié au mode de vie de nos enfants. Par exemple, un enfant végétarien n’est en rien un fervent porteur du symbole religieux de telle ou telle appartenance. Un enfant qui a fait le choix de ne pas vouloir de viande dans son assiette, n’est en rien un signe ostentatoire, et en aucun cas, ne porte préjudice au bon fonctionnement des établissements scolaires. A moins que vous ne considériez que l’immense machine industrielle mise en place par les sociétés privées en service de cuisine, qui ont répondu aux appels d’offres, doivent tenir la cadence de la chaine de service jusqu’aux petits estomacs de nos enfants ? Dans ce cas, vous oubliez simplement que ce sont des êtres humains, comme vous et moi et qu’il devraient avoir le choix, comme vous et moi, de sucrer un yaourt ou non, de manger des champignons ou non, de manger de la viande ou non etc... Je ne vous imagine pas, monsieur le Maire aller à votre restaurant préféré et découvrir sur votre assiette un steak de bœuf a votre insu. Cette explication pourrait vous être formulée par un nutritionniste national qui aurait ordonné à tous les restaurants de servir la même chose à tout le monde. Je n’irai pas plus loin vous m’avez compris. La seconde raison pour laquelle la loi sur la laïcité est inappropriée à cette mesure abusive, c’est que cette loi a été mise en place uniquement contre les symboles et tenues vestimentaires ostentatoires visibles dans nos établissements publiques qui pourraient en ce sens créer d’éventuels préjudices discriminatoires. Revenons rapidement sur les principes de laïcité dont il est question en étant le plus objectif possible. Refuser de manger de la viande n’est donc pas un signe ostentatoire, n’est pas préjudiciable pour les services de l’administration publique, et n’apporte pas de préjudice moral au public. La question de la laïcité peux donc être rayée de ces quelques motifs qui vous ont poussés à faire ce choix. Attention je parle uniquement de la liberté de choisir d’être servi de tel ou tel aliment qui compose une carte de menu existante. Vous auriez eu raison de légiférer sur le sujet de la laïcité s’il était question d’une demande aux services publics de la mise en place d’un menu halal, cacher, etc… et dans ce sens je comprendrais parfaitement que cela aurait été compliqué à mettre en place, pas impossible non plus mais pas laïc du tout certes or, il n’en n’est rien. C’est pourquoi de telle revendications, mêmes refusées, ne soulèvent pas la colère des demandeurs. Par contre, la colère est liée à l’incompréhension en ce qui concerne cette mesure que vous appliquez, décision digne d’une dictature sans tenir compte de l’avis de centaines, voir de milliers d’habitants de notre commune. Faudrait-il organiser une manifestation géante pour exprimer cette colère ou allez-vous tenir compte de notre mécontentement? Vous le savez, cela serait peut-être aussi désastreux que les émeutes de Villiers-le-bel car une colère est souvent difficile à contenir, d’où encore une fois ce courrier de sage communication. Il me semble qu’il n’y a eu aucune concertation à ce sujet. - La préoccupation de la qualité nutritionnelle des enfants ? Dirigeons-nous maintenant sur le second sujet qui concerne la nutrition, élément important de la vie d’un être humain et en particulier de celle de nos enfants. Vous ignorez en effet totalement les modes de vies des élèves, ce qui leur a été servi au diner ou petit déjeuner et ainsi seuls les parents sont aptes à décider, sous leur responsabilité, d’orienter les origines alimentaires de leur enfant. Par exemple : interdire le sucre à un diabète, déconseiller les pâtisseries à un obèse, conseiller les légumes à un végétarien ou à un enfant intolérant à la viande sans raison médicale, ou interdire certaines substances à un allergique. Le régime alimentaire nutritionnel en cantine est indissociable du régime alimentaire dans la sphère privée, et cela parce que les apports calorifiques et besoins journaliers sont établis sur une journée entière. Nous, parents, avons un œil très attentif sur la composition des menus, de ce fait, nous éduquons et conseillons nos enfants sur leur alimentation et les apports nutritionnels qu’ils devront prendre à l’extérieur de la maison, que ce soit en vacance, en colonie, chez grand-mère ou à l’école. Et personne ne va à l’encontre de l’éducation alimentaire personnalisée des parents, que ce soit sur des habitudes traditionnelles, des modes de vies particuliers, religieux ou non, amaigrissants ou non. Tout cela est de l’ordre de la responsabilité primordiale des parents. En aucun cas, vous ne devez imposer un service unique à tous les enfants. L’éducation dans la sphère privée impose la liberté à l’enfant de choisir ce dont il veut voir dans son assiette et surtout lorsqu’il s’agit de viande, qu’il s’agisse de viande de porc ou non, de sucres, de graisses etc… Le PNNS et mangerbouger.fr préconisent seulement à ce sujet, mais n’impose en rien, de la viande 1 à 2 fois par jour. Mon enfant est traditionnellement très enrichi en viande et protéines, au cours du diner, et c’est aussi certainement le cas dans de nombreuses familles. Il est indispensable que je vous parle également des modes de vies et traditions propres à chacun. Car vous n’êtes pas sans savoir que dans de nombreux pays, la consommation de viande de chien ou de chat, par exemple, est traditionnellement ancrée dans les mœurs et ne pose aucun problème. Alors que nous, français, serions écœurés de voir cela dans notre assiette, même sans y toucher. Le fait d’imposer une viande dans l’assiette d’un enfant qui n’a pas choisi de l’avoir revient à dire la même chose, même pire, puisque l’enfant n’a, à son âge, même pas conscience de ce qu’il pourrait manger. En tous cas, c’est comme cela que nous, parents, voyons la chose. Les viandes de porc et autres viandes doivent certainement être un régal aux yeux de certains, et une contrainte écœurante aux yeux d’autres. - Les discriminations ? Monsieur le Maire, vous m’expliquerez à l’occasion de votre retour de courrier, ce qui est considéré de discriminatoire dans le fait de choisir entre l’eau et le pain, les légumes ou la viande, etc… car cela ne porte en aucun cas atteinte à aucune conscience morale, public, privée ou raciale. Par contre, il est considéré comme fort discriminatoire le fait d’imposer un service unique, à tout le monde, et de dire : Libre à chacun de rester ou de partir. Cela nous rappelle une phrase politiquement déplacée qui consistait à dire « la France tu l’aimes ou tu la quittes ! ». Le fond de cette pensée était certainement cadré mais la valeur et le sens de la phrase, amènes à conditionner une pensée unique, un vote unique, et une idéologie unique digne des états dictatoriaux. Chacun est libre d’aimer ou non et ainsi, d’apporter son opinion en tant que citoyen dans le but d’aller vers des solutions constructives, cela s’appelle la démocratie. Ce courrier, vous l’aurez compris, vous est adressé pour vous demander de lever, voir de suspendre votre décision quand à l’imposition de la viande dans les assiettes, le temps d’apporter des solutions constructives pour résorber les problèmes que rencontrerait l’administration publique. Au nom de l’ensemble des Gonessiens dont la sensibilité a été gravement heurtée par cette décision. Au nom de la liberté, des droits de l’Homme et du citoyen, de la tolérance et des vertus qui ont fait les valeurs de la France. La religion, un droit ? Le ressenti des personnes déchirées par votre mesure, c'est qu'à défaut de ne pouvoir vous débarrasser des musulmans, vous avez décidé de leur rendre la vie impossible, cela est peut-être dur à entendre mais telle est la réalité. Et cela devient un jeu politique amusant d'utiliser le terme « laïcité » à toutes les dérives libertaires, et cela devient quotidien de s'acharner sur l'Islam pour faire oublier les vrais problèmes de société. Et cela devient insupportable de devoir justifier son mode de vie en permanence aux élus, qui pourtant, campent sur leur position pour dire que la religion ne doit pas interférer dans les sujets politiques. Et ce sont pourtant ces mêmes politiques, qui interfèrent sur la religion, quotidiennement. A en croire que c'est le plus gros dossier de l'armoire à problèmes. Étonnant pour un gouvernement qui se veut laïc. On entend souvent dire que la religion est un droit. Le droit à la religion... Et bien non. La religion n'est pas un droit, c'est un acquis. Un libre acquis qui existe depuis bien avant les lois de quelque pays que ce soit, y compris la France, y compris Gonesse. Un acquis pour lequel des millions de gens sont morts pour le défendre, pour lequel encore aujourd’hui, des guerres ont lieu de part le monde pour le défendre. Et cet acquis, on veut l’éradiquer par de simples coups de lois en France. La religion est dans les cœurs et elle y est ancrée au yeux des croyants. Même en 1905 pourtant, date historique dans la mémoire française, personne n’aurait osé remettre en cause, le droit à la libre pratique religieuse. En 2011 c’est exactement le contraire que vous cherchez à faire. Il fut un temps ou l'on tuait les prieurs, aujourd'hui, on les condamne, on les montre du doigt comme de vulgaires déchets. Nos respectables chrétiens, juifs, et musulmans ne passent pas leur vie a porter atteinte à leurs concitoyens. Pourquoi autant d'acharnement? Pourquoi vouloir à tout prix essayer d'athéiser la France? Le bien vivre-ensemble dont vous êtes fervent défenseur, c'est la tolérance de l'autre avant tout. Noirs, blancs, religieux ou non, mangeurs de viandes et mangeurs de légumes. Toute dérive à cela, se dénonce comme de l'intolérance. Une intolérance inutile de surcroit puisqu'aucun bénéfice n'est a en tirer, hormis la haine, le racisme, et la violence. Vous avez créée exactement l’inverse du bienvivre-ensemble puisque de nombreuses familles ont fait le choix d’exclure leur enfant de la cantine, en commençant par le moi. Voici un bel exemple de l’exclusion dont vous n’avez jamais pas rêvé. Ne comprenez vous pas, monsieur le Maire, depuis votre bureau, gracieusement acquis grâce à nos votes, le mal être de nombreuses, personnes qui, tout comme moi, sont profondément frappé par cette intolérante mesure? Démesurée? Intolérable? Rappels de la loi : La loi du 15 mars 2004 est en application du principe de laïcité exclusivement sur le port

   



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