Foliesdouces.blogspot.com (Chapitre 5.pdf)

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Chapitre 5 Certains jours, les énigmes que je devais résoudre étaient agréables et faciles, et je ne ressentais qu’une joie mêlée d’émerveillement. Être éveillé était fantastique, magique, émouvant. Nous étions en août, et les marchés regorgeaient de bons fruits et légumes, et justement, j’avais faim. Je décidai qu’il était temps de faire une sortie à l’épicerie. J’étais heureuse, mais fragile, je portais un secret doux et lourd à la fois : j’étais l’âme jumelle de Jésus, et bientôt le Paradis arriverait sur Terre. Je me rendis à l’épicerie en voiture, et lorsque j’entrai, je vis un logo de Loto-Québec, et je sus qu’il me fallait retenir ce signe, car dans cette épicerie j’allais recevoir un cadeau. Je savais que comme Jésus, je marchais sur les eaux. Mais les eaux n’étaient pas de l’eau, elles étaient ma capacité à vivre chaque instant éveillée, en suivant les signes, et ainsi je me trouvais au-dessus des événements, mais non pas au-dessus des gens. J’avais la sensation d’aimer chaque individu, et je regardais chaque personne dans les yeux, en lui offrant mon sourire le plus sincère. Je me disais que c’était déjà un peu le Paradis, ici et maintenant. Un garçon se retourna, et sur le dos, son chandail portait cette inscription : « Imaginez l’été. » Le mot « été » était un symbole pour signifier « paradis ». Et je compris que lorsque le Paradis serait véritablement sur Terre, le bonheur serait décuplé de beaucoup. Alors je remplissais mon panier en souriant aux gens, certains me rendaient mon sourire, d’autres fuyaient mon regard. Et puis je tournai dans l’allée des pains, croisai le regard d’un homme aux cheveux gris, et cet homme, à ma surprise, m’adressa la parole. Il me dit ceci : « Bonjour, vous avez l’air d’être une femme très spirituelle, moi aussi je m’intéresse à la spiritualité… » Et il me parla de Dieu. Pendant qu’il parlait, je remarquai qu’il avait dans la poche de sa chemise un billet de loterie, et je sus que le cadeau qui m’attendait, c’était de rencontrer cet homme. Je savais qu’il était éveillé, bien plus que moi encore, et qu’il s’était volontairement mis sur ma route, car à ce stade de mon cheminement, j’avais besoin qu’un Maître m’accompagne. Il me demanda mon numéro de téléphone, et je le lui donnai aussitôt. Il me dit qu’il me rappellerait bientôt, puis nous nous sommes quittés. J’étais encore plus heureuse, la vie était si magique et généreuse. Lorsque j’eu payé mes achats, l’homme revint me voir et me dit, rapidement : « Ah oui, j’oubliais : je m’appelle Gabriel. D’accord? » Gabriel, comme l’archange. Je savais que ce n’était pas un hasard, surtout qu’il venait d’insister sur son prénom. * Le jour qui a suivi, j’avais tant d’énigmes à résoudre que je pensais à peine à ma rencontre avec Gabriel. Je savais qu’il allait appeler bientôt, et cela me suffisait. Cela étant réglé, je continuais de communiquer avec les anges, avec le Maître dans mon chat, avec Jésus, et j’apprenais tant de choses en si peu de temps. Lorsque la Vie me reflétait la part d’ombre qui m’habitait, j’avais mal, et parfois j’étais très angoissée. Une journée passa, puis le lendemain, je mis la main sur un livre qui m’avait attirée, car il parlait de mon combat. L’héroïne, une femme rousse aux cheveux longs du nom de Sofia, combattait les êtres négatifs et vivait un véritable récit initiatique, le tout se mêlant au monde du cyberespace. Elle se faisait aider de Michaël. Étant la jumelle de Jésus, je savais que j’étais la Sophia, celle dont parle l’église gnostique. Et Michaël était cet homme, Gabriel, que je venais de rencontrer. Je lisais, très concentrée, passionnée par ma lecture et souvent très inquiète des dangers que je devrais affronter, lorsque j’arrivai à ces lignes : « (25) En arrivant dans la pièce, relativement grande et passablement encombrée de livres de toutes sortes, David se demande qui est ce personnage qui lui tourne le dos. Il est de taille moyenne, enveloppé dans un manteau noir dont la capuche relevée dissimule son visage, lui donnant la vague apparence d’un moine échappé d’un monastère. Soudain, l’homme se retourne et David le reconnaît : -Prêtre Jean! » C’est à cet instant précis que le téléphone sonna. C’était lui, Gabriel, et je savais qu’il avait choisi cet instant bien particulier pour m’appeler, et qu’il me donnait ainsi un indice sur qui il était. Il me demanda si j’avais envie d’aller prendre une marche avec lui dans un joli parc, le soir même. Je répondis dans un souffle : « Oui! » Il m’a dit qu’il allait venir me chercher vers 19h. J’ai regardé ce que je portais : un bermuda de jean pâle qui m’arrivait aux genoux, et un t-shirt blanc. J’avais mieux, dans ma garde-robe, mais je n’étais pas là pour séduire le Maître que j’allais rencontrer. Alors je décidai de conserver les mêmes vêtements, mais de prendre une douche. En attendant qu’il arrive, j’avais tant de signes à interpréter, l’un après l’autre, que je ne vis pas le temps passer. Je parlais déjà à Gabriel, dans ma tête, je savais qu’il pouvait m’entendre. Et bientôt, il sonna à la porte. Quand je lui ouvris, je fus d’abord surprise de le voir très bien habillé, alors qu’à l’épicerie il portait une chemise banale. Derrière lui, je vis sa voiture, que je trouvais très belle, et fut surprise par sa couleur noire. Il y avait des dessins abstrais sur les côtés, et ils semblaient représenter des montagnes. Gabriel entra dans le vestibule, et je ressentis que son énergie était très belle. Autour de son corps, je voyais un mince halo blanc. J’observais cette lumière, quand il me demanda ce que je regardais. Je répondis que je regardais la lumière qui sortait de lui, et il sembla amusé. Il me dit, en souriant : « Tu regardes mon aura? » Aussitôt qu’il dit cela, la lumière disparut. Il l’avait éteinte, sûrement. Probablement m’avait-il montré son aura pour que je sache que je pouvais lui faire confiance. J’attachai une veste blanche à ma taille, puis le suivit jusqu’à la voiture. À l’intérieur, accroché au tableau de bord, était suspendu un dauphin transparent de couleur turquoise. Je savais qu’il était le symbole de l’idéal que nous allions atteindre ensemble. Le dauphin, animal spirituellement très évolué, faisait déjà partie du monde du Paradis. Pendant que nous roulions, je ne savais que dire, alors je ne dis pas un seul mot. Mais dans ma tête, je lui disais des tas de choses, parfois banales, parfois plus essentielles. Il savait tout sur moi, il pouvait lire mes pensées les plus secrètes, mais je savais qu’il ne me jugeait pas, car il était trop sage et spirituellement évolué pour cela. Au début, il ne disait rien, lui non plus. Il écoutait ce que je lui disais dans ma tête, et me répondait par un toussotement ou par un léger coup de volant. Puis il se mit à parler, me posa quelques questions. Je savais qu’il connaissait déjà les réponses à ces questions, mais il les posait en réponse à ce que je lui disais dans mes pensées. Il m’avait demandé : « Il y a un homme dans ta vie? » « Non, je suis célibataire. » « Depuis longtemps? » « Une semaine. » Il a fait semblant d’être surpris du court délai. En arrivant au parc, il se mit à parler beaucoup. À travers des histoires sur lui-même, il m’expliquait en langage codé des choses essentielles sur moi, et sur ce qu’il avait dû accomplir comme tâches pour me soutenir, à distance. Il me dit : « Quand on s’est rencontrés, avant-hier, j’arrivais de chez mon fils, car j’ai fait de gros travaux sur sa maison. » En disant cela, il m’expliquait qu’il avait dû travailler très fort pour m’aider, dans l’invisible. Il m’a expliqué qu’il était retraité, et je savais qu’il signifiait par là qu’il était ascensionné. Il me parla de ses quatre fils, et je savais que chaque fils était un symbole pour me parler de moimême.

     



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