Interview Riff Raff-Novembre 2011 (rifraf_p10_leyeti.pdf)
Nom du fichier: rifraf_p10_leyeti.pdf
Ce document au format PDF 1.3 a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 30/10/2011 à 15:18,
à partir de l'adresse IPv4 213.49.***.***.
Taille du document: 179 Ko (1 page).
Aperçu du fichier
10 TEXTE : LAURENT GRENIER © MANU VERSAEN créature mythique, il soigne ses apparitions et se reconnaît volontiers socialement limité. Tapis dans l’ombre depuis trop longtemps – autant dire la fin de Melon Galia –, il sort enfin des neiges éternelles et nous dévoile douze chansons longues en bouche et savamment orchestrées, du travail d’orfèvre. Plus besoin de croire le poivrot qui a vu l’homme qui vu l’homme qui a vu le Big Foot, il existe. Presque dix ans après la sortie du seul Lp de Melon Galia, quel regard portes-tu sur ce passé fastueux, que ce soit en terme de collaborations ou d’accueil reçu ? Thierry De Brouwer : « Je n’ai jamais vu ça comme une période fastueuse mais plutôt comme nos débuts à tous et, en cela même, c’était passionnant. On apprenait tout pour la première fois. Au départ, je ne pense même pas qu’on pensait toucher les gens. C’était une démarche très égoïste. Se rendre compte de l’inverse a permis toutes ces rencontres. » Vous étiez jeunes pour intituler votre album ‘Les Embarras du Quotidien’, non ? Thierry : « La musique qu’on faisait pouvait être considérée comme fraiche, spontanée, voire naïve. Ça n’était pas un problème. Par contre, il me semblait que les textes possédaient déjà une certaine forme de maturité. Ce titre, c’était pas juste un gimmick, c’était raccord avec ce que nous ressentions à l’époque. Probablement qu’aujourd’hui, ces embarras sont plus vécus que fantasmés comme ils pouvaient l’être à ce moment-là. Malgré tous les changements qu’il y a eu dans ce business, avec toutes les nouvelles technologies qui permettent d’arriver plus facilement à un résultat décent, faire de la musique coûte toujours de l’argent pour rapporter peu. Or quelque part, il faut que t’y trouves ton compte. Comme je suis exigeant, les embarras du quotidien, c’est là qu’il faut les chercher aujourd’hui. » Thierry : « Il y a des éléments d’arrangements qui n’existeraient pas sans eux. Certaines choses dans la structure des morceaux ont été travaillées en groupe. Tout ce qui est petits arrangements, c’est souvent moi qui m’en occupe parce que j’aime beaucoup ça. Simon (guitares et claviers, ndr) et François (basse, ndr) ont rejoint le projet sur la fin et ont boosté véritablement certains titres. » Ce disque a été mixé aux Etats-Unis par Craig Schumacher (Calexico, Giant Sand, JL Murat). Pourquoi les States et pourquoi lui ? Thierry : « Ce qui était important pour moi, et c’était le risque avec ces morceaux, c’était qu’on ne les « chansonfrançonise » pas. Mes influences majeures, quand bien même j’écris et je chante en français, restent anglo-saxonnes. Je voulais être certain que quelqu’un ne chipote pas sur des textes, sur des prononciations. Tout ce qui m’avait été proposé avant était très propre, très bien fait et moi, j’avais envie que le chant soit derrière. En France, il n’y en a pas beaucoup qui font ça. Je voulais aussi quelqu’un qui ait suffisamment de personnalité pour que je ne puisse pas interférer dans son boulot. Là-bas, c’était quasiment des vacances. Il a travaillé une chanson par jour. Le matin, on discutait de l’esprit de la chanson. Et puis je revenais quatre heures plus tard et en général, j’étais satisfait du résultat. Ça s’est passé fort naturellement. C’est une drôle de ville Tucson. L’Arizona est un horizon républicain et puis t’as cette ville qui se veut un peu plus progressiste, libertaire. J’ai très vite peur des armes. Là, t’es sur le même trottoir qu’une fille qui a vingt ans et d’un coup, tu vois qu’elle a un holster avec un gun et c’est normal. T’as des cafés où il est indiqué à l’entrée guns allowed. T’as l’impression d’être dans un western quoi. On sent qu’ils tiennent à garder ce côté mythique de l’Ouest, il y a ce côté don’t mess with me. » Le clip de ‘ e Maudis Ma Nuit’ laisse suggérer que tu pourrais être quelqu’un J de nostalgique. Thierry : « Tu mets le doigt sur quelque chose qui est assez maladif chez moi et contre lequel je me bats tous les jours. Quand on est nostalgique, on a tendance à idéaliser un passé qu’on a parfois même pas connu alors que quand t’analyses bien les choses, tu te rends compte que c’était pas spécialement mieux. On s’attache à des images, à des fantasmes, à un romantisme suranné, on ne garde que le glamour, pas le côté crasse que tu peux aussi voir si tu regardes une série comme ‘Mad Men’. J’idéalise fortement la fin des années cinquante, l’époque où mes parents vivaient l’excitation autour de l’expo 58. Ce charme d’une époque où l’on croyait que le progrès allait tout résoudre. Quand bien même, il y avait de la crasse, il y avait encore ce putain d’optimisme. Certaines personnes croyaient vraiment en la fin de la pauvreté. Je n’ai pas d’autres moyens pour combattre cette nostalgie que la raison. Il faut avancer. Se complaire là-dedans, c’est totalement paralysant. » Tu parlais de progrès, ta page Facebook s’appelle leyétifrenchpop, t’entends quoi par french pop ? Thierry : « Qu’est ce que c’est Facebook d’abord ? On me force à être sur les réseaux sociaux mais j’ai du mal avec ça. J’ai toujours été fan d’informatique mais là, je suis dépassé. Ça enlève beaucoup de mystère. Il y a des choses que je n’ai pas envie de savoir. En réalité, Orchestral Crepuscular French Pop convient mieux. Parce que j’aime les choses orchestrées et que ce que je fais a quelque chose de désuet, de fin d’une époque, et donc crépusculaire. » Si on est attentif au texte de ‘Encore Des Histoires (d’Amour)’, on se dit qu’une relation n’est qu’un gros mensonge à soi-même… Thierry : « Majoritairement oui. Y a de ça mais ça n’est pas que ça. C’est tellement une part de mystère et de chimie. C’est surtout une chanson qui vise à relativiser les absolus en la matière. Je préfère l’aborder ainsi plutôt que de dire non, je n’y crois pas, je suis passé à autre chose. J’aime bien les gens qui ont encore une foi ultime mais parfois, j’aime aussi les faire redescendre un peu sur terre. » ‘A Mes Lèvres’ aborde un sujet sensiblement identique… Thierry : « C’est surtout lié au discours qu’on a sur l’amour au sein du couple, quand on a l’impression que des choses doivent être dites pour avancer. Quand elles ne le sont pas, ça ne sert plus à rien de continuer. Il doit y avoir du discours. » Dans ‘ e Maudis Ma Nuit’, tu dis « Je m’interdis d’y voir autre chose que du J hasard étourdi »… Thierry : « Ça ne sert strictement à rien d’imaginer qu’il y a un destin. Quand bien même, il y en aurait, ça me passe complètement au-dessus de la tête. C’est un peu pour couper court à tout ce qui pourrait laisser entendre qu’on n’a pas de librearbitre, qu’on n’est jamais maître de soi-même. Non, on l’a jusqu’au bout, jusqu’à la mort, jusqu’au suicide qui serait l’ultime libre-arbitre. » Dans ‘En Ville’, tu parles d’anonymat. C’est quelque chose auquel tu tiens ? Thierry : « Oui. Quand bien même, je suis une créature sociale, je n’aime pas qu’on m’aborde. Je suis une créature sociale limitée et je pense que, de fait, on a un nombre limité d’amitiés possibles. Je pense qu’on a du temps à consacrer physiquement et psychiquement qu’à une quantité définie de personnes. Attention, je ne suis pas non plus en train de dire qu’il faut figer ses relations. » Un disque : ‘L ’Animal En Moi’ (Humpty Dumpty Records) Suivez le guide : www.facebook.com/leyetifrenchpop Si Thierry De Brouwer a choisi de s’appeler Le Yéti, c’est que quelque part, il a ses raisons. Comme la
Télécharger rifraf_p10_leyeti.pdf
[DOWNLOAD]
Télécharger le fichier (PDF, 179 Ko)
Faire un lien vers rifraf_p10_leyeti.pdf
Lien vers la page de téléchargement (lien court)
Code HTML - Pour partager votre fichier PDF sur un site Web, un Blog ou un profil Myspace
Code BB-Code - Pour partager votre document PDF sur un forum compatible avec les tags BB
Lien permanent vers la page de téléchargement du document - Facebook, Twitter, ou partage direct

