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Louis-Antoine, comte de Bougainville Vice-amiral • ARME : Marine royale. Science militaire *** Bravoure *** Charisme * Biographie Navigateur célèbre, officier général de terre et de mer, associé libre de l'Académie des sciences et de la Société royale de Londres, membre de l'Institut de France, du bureau des longitudes et de l'Académie royale de marine, Bougainville ne dut qu'à lui-même ces titres divers ; ils furent la récompense de longs travaux, d'actions d'éclat, et ils prouvent que celui qui sut les mériter n'était, en aucun genre, un homme ordinaire. Bougainville était fils d'un notaire, échevin de Paris, et descendait d'une ancienne famille noble de Picardie. Il fit ses études dans un des collèges de l'université de Paris, et, dès les premiers temps de sa vie, il annonça ce qu'il devait être un jour. Son goût le portait de préférence vers l'étude des sciences exactes; il les cultivait avec passion, mais cependant sans négliger celle des langues anciennes. A vingt-deux ans il quitta le collège. Sa famille le destinant au barreau, il se livra dès lors à l'étude des lois, et l'année suivante il fut reçu avocat au parlement de Paris; mais en même temps, pour obéir à son penchant favori, il se fit inscrire aux mousquetaires noirs. Le hasard avait fait Bougainville voisin de Clairaut et de d'Alembert; il rechercha la société de ces deux géomètres, et sut si bien mettre à profit les connaissances qu'il avait acquises, et qu'il perfectionna dans leurs entretiens, qu'à peine âgé de vingt-cinq ans il publia la première partie de son Traité du calcul intégral, pour servir de suite à l'Analyse des infiniment petits, du marquis de l'Hôpital. Cet ouvrage fut le fondement de sa réputation comme savant. En 1753, Bougainville débuta dans la carrière militaire en qualité d'aide-major dans le bataillon provincial de Picardie, et Chevert, qui commandait le camp de Sarrelouis, se l'attacha comme aide-de-camp. Nommé, en 1754, secrétaire d'ambassade à Londres, ce fut pendant son séjour dans cette capitale qu'il fut reçu membre de la Société royale; mais l'attaque du fort de Jumonville en Canada, et la prise des vaisseaux l'Alcide et le Lys, par les Anglais, en 1755, ayant forcé le duc de Mirepoix de quitter Londres sans prendre congé, Bougainville revint en France avec lui, et il rejoignit, comme aide-de-camp, avec le brevet de lieutenant de dragons, son ancien général, qui commandait un nouveau camp de manœuvres sous Metz. En 1756, la guerre ayant été déclarée, il fut nommé capitaine de dragons et attaché comme aide-de-camp au marquis de Montcalm, qui se rendait en Canada. Toutefois, avant de quitter la France, il livra à l'impression la seconde partie de son Traité du calcul intégral. La division de vaisseaux et de frégates qui portait les troupes aux ordres du marquis de Montcalm appareilla de Brest au mois de mars 1756, et elle arriva dans le fleuve SaintLaurent avant la débâcle des glaces. La campagne commença sur la frontière du lac Ontario, et, malgré l'infériorité des forces françaises, toutes leurs opérations furent couronnées du succès. Un détachement, dont Bougainville faisait partie, s'avança, par une marche pénible autant que hardie, sur les glaces et les neiges, et à travers de bois presque impénétrables, jusqu'au fond du lac Saint-Sacrement, et brûla une flottille anglaise sous le fort même qui la protégeait. La campagne de 1757 fut aussi heureuse que la précédente; Bougainville participa à une grande partie des opérations qui la signalèrent, et l'activité qu'il y déploya lui valut le grade de maréchal-des-logis du principal corps de l'armée. Cependant les Anglais, résolus de venger les défaites successives qu'ils venaient d'éprouver, s'étaient réunis en force sur les bords du lac Saint-Sacrement. Le 5 juillet 1758, une armée de vingt-quatre mille hommes, commandée par le général Abercromby, et traînant à sa suite une nombreuse artillerie, se met en marche pour venir attaquer l'armée française, cantonnée à peu de distance des ruines du fort Georges. Montcalm, qui la commandait, n'avait en forces disponibles qu'environ cinq mille hommes. Hors d'état d'arrêter, avec si peu de troupes, la marche de l'armée ennemie, il fit sa retraite sur le fort de Ticonderoga. L'état de ce poste ne permettait pas d'y soutenir un assaut, et Montcalm penchait pour faire rentrer l'armée en Canada, lorsque Bougainville ouvrit l'avis d'attendre l'ennemi de pied ferme. En moins de vingt-quatre heures des retranchements formés de troncs d'arbres sont élevés, leurs branches aiguës forment des chevaux de frise, et les Français se retirent derrière ces travaux improvisés. Abercromby, croyant marcher à une victoire facile, se présente devant Ticonderoga, et donne
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