Piano II chapitre 2.pdf

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Piano II chapitre 2 ( peut-être ) pas Françoise Grenier Droesch La chauve-souris avait réussi à quitter son carton pâte, dès que le jour avait décliné, et avait illico trouver les cadavres, guidée par l’odeur affolante du sang, s’était rassasiée tout son saoul, avait pris du poids et des centimètres, sans pour autant espérer retrouver un aspect raisonnable, comme tout vampire qui se respecte en rêvait : le corps jeune et sublime d’un être surhumain. Il lui faudrait encore patienter et trouver d’autres victimes... les pompiers ? Lorsque les pompiers vinrent au domicile des Sorel, tard dans la soirée, pas âme qui vive se direntils, cela ne leur sembla pas inquiétant. Ils repartirent sans se poser de questions, non sans avoir fait le tour du propriétaire et constater un désordre indescriptible, table renversée, bris de verre, couverts jonchant le sol, tout cela au pas de course. S'ils avaient été plus perspicaces, ils auraient vu des tâches de sang. Ce qu'ils firent seulement : maudire cet appel d'un plaisantin. Ils pensaient vraiment que cette maison était abandonnée depuis longtemps, ou tout du moins habitée en pointillé. Des jeunes avaient donné une fête d'enfer le temps d'un week-end, en s'emparant des lieux facilement. La porte d'entrée avait cédé, probablement sous les assauts répétés de ces brutes enivrées qui se sont vautrées dans ce capharnaüm, des heures durant, se sont dessoulées un peu pour trouver très drôle de les appeler d'un portable. Quelqu'un a pris une voix dramatique et imaginé cette histoire de chauve-souris. S'ils tenaient cet imbécile, qui ne perdait rien pour attendre, ils gagneraient du temps. Au lieu de ça, ils devront attendre le lendemain pour mener des recherches approfondies avec l'aide de la Police. David, chef d'équipe de cette unité d'intervention de Meaux se promit d'élucider au plus vite cette blague. ****** La fenêtre de leur véhicule, côté passager, était entrouverte, certainement parce qu'il faisait très chaud, ce soir là, c'était tout à fait normal pour la saison, on était en août, après tout. La chauvesouris fonça tête baissée dans cet espace béant, livré sans condition et atterri sur le siège conducteur, un peu chamboulée. Un orage détendrait l'atmosphère pensa le Comte de Nerval. Il essaya de se concentrer pour provoquer des étincelles, de l'électricité, que ce ciel envoie des éclairs et des trombes d'eau, non, il ne réussit qu'à affoler quelques oiseaux qui se mirent à piailler en tournoyant sans but au dessus de la forêt toute proche, puis, quelques gouttes ridicules lui firent vite regretter son inconscience car les pompiers n'allèrent pas manquer de se dépêcher, remonter, remettre le contact et démarrer avant qu'il se soit trouvé une cachette, sous un siège , derrière le conducteur par exemple. Elle avait attendue, repue, confortablement installée dans le camion, toujours pas possible de muter en Comte De Nerval, pourtant guillerette, requinquée mais continuer d’être cet animal d’une lenteur désespérante n’arrangeait pas les affaires du Vampire. Ses cris avaient cessé mais pas son appétit de mordre dans la chair sanguinolente encore chaude, les Sorel n' avaient plus assez de goût pour ce fin gourmet de Vampire. Cela faisait maintenant plusieurs heures que la boucherie avait eu lieu. ****** Les pompiers, d'une humeur massacrante, repartirent bredouille et se dirigèrent vers leur véhicule au pas de charge . Le camion démarra brusquement, tourna plusieurs fois en secouant au passage le malheureux volatile, puis s'élança sur une nationale en prenant de la vitesse, ligne droite, vitesse maximale et c'est maintenant qu' elle se décida, déployant ses phalanges devenues plus longues, pour se dégourdir les ailes, voletant maladroitement, se cognant aux vitres, au pare-brise et atterrissant daredare au beau milieu de la figure du conducteur qui surpris, lâcha le volant , pour enlever cette satanée bête, accrochée telle une sangsue à son nez, à ses yeux. C'était infernal, il n'y arrivait pas et se débattait comme possédé par le démon tout en hurlant, ça y est la chauve-souris entonna sa flopée de bruits perçants et ils étaient deux à polluer l'espace exigu de l'habitacle par de sinistres vibrations sonores. L'autre, à côté , stupéfait , essaya d'amorcer le rétablissement du fourgon qui déviait dangereusement de sa trajectoire rectiligne, ne pouvait rien faire d'utile, qu'accompagner le fulgurant cheminement du véhicule vers la rambarde en acier longeant cette portion de route à double voie. Clash, bing, le gros camion rouge cogna la barrière de sécurité, rebondit vers le côté opposé , à gauche, enjamba le terre-plein au milieu de l'accotement , fit quelques tonneaux pour se retrouver à son premier angle de choc semblable au boomerang qui revient, entraîna dans sa course folle plusieurs autres voitures qui suivaient le camion de pompier, bruits de tôles froissées, mêlés à l'insoutenable hurlement des victimes, prises au piège entre le volant, le verre, le métal, le cuir, le plastique, toutes matières incompatibles si dures mais réunies ici, pour meurtrir les chairs, désarticuler les corps. Trop tard, l'accident , provoqué, malgré elle, par la chauve-souris, mélangea des ruisseaux de sang , dont elle se délecta sans se faire prier , d'abord à l'intérieur du camion, ( car cette petite peste avait échappé de justesse au pire, en restant prostrée sous le siège conducteur) corps disloqués, réunis par la mort soudaine , puis à l'extérieur, clopinant sur les cadavres, certains facilement accessibles par les pare-brises troués, d'autres, encore casqués , éjectés des motos, source inépuisable de liquide rouge que le Vampire ingurgitait à toute allure, jusqu'à ce que l'envie de se transformer en humain ne le reprenne. - Bon, voyons, si mes pouvoirs reviennent, s'énervait-il en déployant une énergie folle pour réussir la transmutation. Comme chauve-souris, il avait déjà triplé de volume, depuis son départ à la recherche de ses "femmes adorées", et il espérait de tout coeur, les retrouver, sauf que loin de son "repère", son pouvoir ainsi que sa mémoire avait diminué. Il oubliait que le jour allait poindre, le cueillir comme un nouveau-né s'il ne se repliait pas dans un endroit obscur, à l'abri de la lumière. Sur cette route, aucune chance, à part quelques buissons, de trouver une grotte, un trou assez large qui le protègerait du soleil , redouté des vampires mal en point , fatigués à cause d'un contre temps indépendant de leur volonté, car le problème des vampires c'est leur mémoire, prompt à se laisser dominer par leur sentiments exacerbés pour leur descendance ou bien par leur appétit féroce de sang. Le Comte de Nerval faisait partie de l'espèce vorace, voir boulimique de ces suceurs de sang. Il y avait là, un gigantesque carambolage et surtout un immense charnier devant lui et tout à son affaire, ne remarqua pas que le soleil commençait à darder ses rayons , pile au moment où, la fameuse transmutation en humain allait opérer, donner toute satisfaction au Vampire, rendu malade par sa perpétuelle quête de jeunesse, lui qui voulait toujours rester svelte, beau, peau ferme, muscles saillants devint un vieillard malingre, aux cheveux jaunis, aux yeux délavés et perdus dans un monde inaccessible, car il n'avait absolument plus de mémoire. Il ne se vit pas dans cet état, et il faudrait le plaindre, non mais oh, et puis quoi encore. ( commence “ Les Ombres” : nouvelle pour l'A.T. que je dois remanier ou seulement continuer car il peut se réveiller et sortir de sa tombe )

  



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