ACTA (ACTA.pdf)

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Appellation trompeuse. L’idée initiale de l’ACTA est de protéger la propriété intellectuelle au niveau international. Cet accord est censé empêcher la contrefaçon de produits et de marque comme les copies de produit de luxe, ou l’utilisation de marques, par exemple l’utilisation d’une marque de voiture célèbre pour des tampons périodiques. Cela sauvegarderait les investissements dans la recherche et le développement de produits industriels comme les brevets médicaux ou les produits pharmaceutiques. Cet accord est aussi supposé apporter une aide qualitative aux artistes et aux journalistes, et harmoniser à l’échelle internationale les législations relatives au droit d’auteur. Ça a l’air bien, n’est-ce pas ? Mais il y a un hic. Le dictionnaire Oxford définit la contrefaçon comme : « une imitation frauduleuse de quelque chose d’autre ». Quand un fichier est copié sur internet, il est rigoureusement identique à l’original, aucunement une imitation. Ce n’est pas un vol non plus car l’original n’est pas substitué. L’information est simplement partagée gracieusement. Ainsi la contrefaçon n’a rien à voir là-dedans. Développons : la « Propriété intellectuelle » n’est jamais vraiment définie par l’ACTA. Elle peut désigner des marques déposées, ou n’importe quelle idée ou information qui pourrait à terme être copyrightée, limitée ou criminalisée. Cela va avoir un effet épouvantable sur l’internet tel que nous le connaissons à l’heure actuelle. Le texte de l’ACTA recouvre un certain nombre de domaines, il est très complexe et difficile à appréhender. Nous allons Le texte de l'ACTA recouvre un grand nombre de domaines, il est très complexe et difficile à appréhender. Nous allons donc vous montrer ce qui arrivera à Internet en usant d'analogie avec le monde physique. Imaginons que vous payiez un cours de cuisine. Pendant ce cours, vous apprenez à cuisiner un délicieux poulet frit. Vous rentrez ensuite chez vous et donnez la recette à votre femme. Mais voilà où le bât blesse : pour ACTA, vous êtes maintenant tous deux des criminels, car vous avez partagé cette information gratuitement, alors que VOUS SEUL aviez payé pour l'acquérir. Les accords ACTA sont clairs : si vous êtes soupçonné de partager des informations relevant du droit d'auteur, selon le pays dans lequel vous vivez, vous ne pourrez plus accéder à ce genre de cours, vous écoperez d'une amende ou vous irez directement en prison. Vous vous dites que probablement personne ne découvrira que vous avez partagé le secret du poulet frit dans la sphère privée ? Vous avez raison, avec la loi actuelle personne ne le découvrirait. Mais ACTA s'y attelle par une surveillance excessive. Toutes vos communications seront enregistrées, et pas seulement les vôtres. Celles de votre famille, de vos amis, tous seront observés, par précaution. Bien sûr vous n'avez pas besoin de vie privée, de droits civiques ou de libertés, parce que vous n'avez rien à cacher, n'est-ce pas ? Maintenant que vous connaissez le principe, regardons comment il sera appliqué à Internet lorsque l'ACTA prendra effet. Imaginez votre connexion Internet comme un tapis roulant, circulant dans les deux sens. Le long de ce tapis roulant, des paquets de données vont et viennent, sortant ou entrant dans votre ordinateur. Avec l'ACTA, les FAI - les fournisseurs à qui vous payez un accès à Internet - seront forcés d'ouvrir et d'inspecter chaque paquet que vous recevez ou envoyez, pour y chercher d'éventuelles données copyrightées. Envoyez ou recevez des informations copyrightées plusieurs fois, et vous serez coupé d'Internet ou ferez face à des poursuites judiciaires. Cela signifie que si vous envoyez un fichier mp3 à un ami avec un logiciel de messagerie instantanée, uploadez une vidéo d'une soirée où l'on entend de la musique copyrightée, ou citez un article de presse copyrighté dans un email, votre compte est bon. C'est ainsi. Comme si cela ne suffisait pas, l'information concernant l'article de journal que vous avez envoyé par e-mail sera transmise aux éditeurs, et à leur demande, vous pourrez écoper d'une amende ou d'une peine de prison. Les FAI seront requis de vérifier qu'aucun contenu copyrighté ni aucun lien vers du contenu copyrighté ne se trouvent jamais sur leurs serveurs. Cela sera fatal pour les sites qui hébergent du contenu généré par leurs utilisateurs, comme de la musique, des photos ou de la vidéo. Comment Youtube ou Twitter pourraient fonctionner avec une telle loi ? Internet tel que nous le connaissons est ainsi sur le point d'être détruit. Au moins, vous pourriez penser que l'argent récolté dans tous ces procès profite aux créateurs. Mais les musiciens, écrivains, cinéastes, journalistes, développeurs et chercheurs sont tout aussi perdants, car bientôt tenus de respecter les mêmes règles. Les idées ainsi protégées ne pourront pas être reprises, approfondies ou prolongées. Même des bouts de phrases pourront être copyrightés et soumis à restriction. L'accord dans son ensemble ne profite qu'à une petite fraction de l'industrie, la fameuse 'mafia des contenus', les compagnies comme la RIAA et la MPAA, qui ont tenté depuis longtemps de résoudre le « problème Internet » qui menace leur modèle économique obsolète. ACTA est le résultat de leur action de lobbying auprès des gouvernements qui participent aux négociations. La dernière fuite du document officiel indique que toutes les techniques pour contourner les filtres de contenus et l'infrastructure de blocage seront aussi déclarées illégales. Le pire dans cette histoire est que tout se fait sous le manteau. Si vous êtes européen, cet accord est élaboré par des individus que personne n'a élus. Vous avez déjà vu où cela a mené Youtube : des vidéos sont bloquées dans certains pays. Cette protection obsessionnelle contre la copie est également un bon moyen de supprimer les informations dites gênantes. Une fois que tous les filtres Internet et les techniques de blocage seront en place, toutes les informations identifiées comme copyrightées pourront être supprimées. Peut-être votre blog critique ou votre compte Twitter, ou la vidéo que vous avez faite sur des élections truquées ou des catastrophes écologiques, ou même les photos de vos chatons. Okay peut-être pas de vos chatons. A moins que vous ne dessiniez le logo de Coca-Cola sur leur fourrure, ou qu’il ait le nom d’un personnage de Star Wars. Tout cela semble incroyable pour quiconque aurait jeté ne seraitce qu'un coup d'œil à la façon dont Internet fonctionne, mais souvenez-vous, ceux qui travaillent sur cet accord n'ont peut-être aucune idée de ce qu'est Internet. Dès que le traité sera signé, leurs règles devront être appliquées. Les conséquences que nous aurons à affronter sont les suivantes : la censure d'Internet des restrictions à la liberté d'expression la perte de la Neutralité du Net due à la restriction d'usage de certains protocoles une totale surveillance de toutes vos activités en ligne la perte des libertés et la restriction des droits civiques des sanctions comme la coupure de votre accès Internet. Et nous n'obtiendrons : Rien. Le temps est venu d'agir pour Internet. Googélisez ACTA. Chargez vos tweets et Photoshops, faites savoir que personne ne déconne avec l'Internet, jusque dans la rue ! STOP AU KRAKEN !

  



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