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AVANT-PROPOS

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au cours de notre récit, appartiennent à la catégorie
connue, en Algérie, sous la qualification de marabouts, noua allons rappeler ce qu’on entend vulgairement et habituellement par l’expression de marabout. « Ce mot, qui vient du verbe arabe rabath,
signifie attacher, lier, retenir, emprisonner ; à la troisième forme, il fait mraboth, dont nous avons fait
marabout. Il a donc absolument le sens de notre vocable religieux, lequel vient du verbe latin religare,
lier, attacher, d’où dérive religio, qui se traduit par
« ce qui attache ou retient » (au figuré), lien moral,
obligation de conscience, attachement au devoir, lien
qui rattache l’homme à la Divinité. » Le marabout
est donc l’homme qui est lié, fixé, attaché aux choses
divines ; il est emprisonné, — et il n’en doit jamais
sortir, — dans la règle de conduite que lui trace le
Livre descendu du ciel (le Koran) pour fixer définitivement les limites du licite et de l’illicite. Le marabout, c’est l’homme spécialement voué à l’observance des préceptes du Koran ; c’est le conservateur
de la loi musulmane dans toute son intégrité ; c’est
enfin l’homme que, — autrefois surtout, — la prière,
les bonnes œuvres, la vie ascétique et contemplative,
rapprochaient de la Divinité : car la religion musulmane, qui a tout emprunté aux religions juive et chrétienne, a eu aussi ses ascètes, ses anachorètes, et, plus
tard, ses moines ou cénobites; et les austérités, les