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Titre: doi:10.1016/S1297-3203(00)73477-9

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Chir Main 2000 ; 19 : 181-6
O 2000 Editions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés

Mémoire original

Les luxations transscapho-périlunaires du carpe.
Traitement en deux temps
H. Bahri, R. Maalla, S. Baccari, M. Daghfous, L. Tarhouni
Service de chirurgie réparatrice, Institut Kassab, 2010 La Mannouba, Tunisie
(Reçu le 13 mars 2000 ; accepté le 30 mai 2000)

Résumé
Introduction - Les auteurs rapportent une technique originale de traitement des luxations transscapho-périlunairesdu carpe en deux temps.
Patients et méthodes - Dans un premier temps, il s'agit de réaliser une réduction du déplacement
périlunarien suivi un mois après d'un enclouage percutané du scaphoïde tel que le décrit Galluccio.
Une série de 20 cas a été ainsi colligée avec des résultats intéressants tant du point de vue de la
consolidation du scaphoïde et de la mobilité articulaire, que de l'état du nerf médian.
Conclusion - L'intérêt de cette technique consiste à éviter les aléas de la stabilisation du scaphoïde
en urgence, opération parfois difficile en raison du caractère frais des lésions. O 2000 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS
enclouage percutané du scaphoïde 1luxation transscapho-périlunaire du carpe1réduction 1
traitement en deux temps
Summary - Two-stage treatment of trans-scaphoid perilunar dislocation.
Introduction - In this study, the authors have described an original technique for the two-stage treatment of trans-scaphoidperilunar dislocation.
Patients and methods - In this study, the first step consisted of reducing the extent of the perilunar
displacement, followed one month later by percutaneous pinning of the scaphoid as described by
Galluccio. A series of 20 cases was treated in this manner, with positive results regarding scaphoid
stabilization,joint mobility and the state of the median nerve.
Conclusion - The advantage of this technique is that it avoids emergency stabilization of the
scaphoid, a procedure which may be complicated by accompanying carpal injuries. O 2000 Éditions
scientifiques et médicales Elsevier SAS
percutaneous scaphoid pinning 1carpal trans-scaphoid perilunar dislocation 1two-stage treatment

La luxation périlunarienne transscaphoïdienne du
carpe est une lésion grave [l], survenant surtout lors
de traumatismes violents. L'option thérapeutique
que nous utilisons est d'abord une réduction en
urgence avec une contention plâtrée suivie un mois
plus tard d'un enclouage percutané tel que le décrit

Galluccio [2] pour la prise en charge de la fracture du
scaphoïde carpien. Ce type de synthèse a été utilisé
dès 1985 au service de chirurgie réparatrice de 1'Institut Kassab pour les pseudarthroses du scaphoïde
carpien et depuis 1987 dans le traitement des fractures du scaphoïde déplacées. C'est en 1989 que nous

l'avons adopté dans la stratégie de prise en charge en
deux temps des luxations transscapho-périlunaires
du carpe. Cette technique nous a permis d'éviter les
aléas de stabilisation du scaphoïde en urgence,
parfois difficile en raison de l'étendue des lésions
capsuloligamentaires.

Notre série comprend 20 cas de luxations transscapho-périlunaires du carpe étudiés entre 1989 et
1997 au service de chirurgie réparatrice de l'Institut
Kassab. Ces lésions étaient l'apanage d'hommes
jeunes dont l'âge moyen était de 27 ans. L'atteinte du
côté droit était retrouvée dans 80 % des cas.
Les accidents de deux roues s'avéraient les plus
pourvoyeurs de ce genre de lésions (50 %) avec un
délai de consultation qui était en moyenne de 24 h.
D'autres localisations fracturaires ont été notées
dans trois cas (radius controlatéral, aile iliaque, calcanéum) ; le mécanisme classique en extension forcée a été retrouvé dans les 19 cas de luxations transscapho-rétrolunaires du carpe. Dans un cas, il s'agissait d'un choc direct sur le dos de la main en flexion
palmaire ayant engendré une luxation transscaphoantélunaire du carpe. Les patients se sont présentés
avec un poignet œdématié, peu déformé avec attitude
en main d'accoucheur.
Le bilan radiologique pratiqué a comporté une
radiographie de face et de profil strict du poignet.
Une fois le diagnostic porté, la réduction par traction douce et progressive à l'aide de doigtiers japonais a été pratiquée en urgence en raison du risque
vasculaire et nerveux concernant le nerf médian. Un
syndrome irritatif de ce dernier était présent dans
quatre cas. Tous les patients ont bénéficié d'une
contention plâtrée avec des suites simples.
Dès l'obtention d'un début de cicatrisation ligamentaire, soit un mois plus tard, on pratiquait un
enclouage percutané de type Galluccio du scaphoïde
carpien. Cette méthode a consisté en l'introduction
percutanée de trois clous à tête tronconique et à
pointe triangulaire de deux dimensions différentes :
1,2 x 35 mm et 1,2 x 40 mm. Nous avons utilisé le
plus souvent trois broches de Kirschner no 16.
Le matériel ancillaire se limite à deux introducteurs dont l'extrémité conique est creusée d'un

Figure 1. Matériel ancillaire.

Figure 2. Repérage du tubercule du scaphoïde.

cylindre pour le premier profond recevant la tête du
clou et servant de guide, pour le deuxième, peu
profond, jouant le rôle d'impacteur ('gures 1 et 2 ).
L'intervention a été faite sous anesthésie locorégionale, en prenant comme repère l'insertion du long
abducteur du pouce avec contrôle radioscopique de
la synthèse avec repérage en premier du tubercule du
scaphoïde. Un aide tenait la main, poignet en légère
inclinaison ulnaire, le premier introducteur permettait de choisir la direction ; le deuxième introducteur
permettait de compléter l'enfoncement du clou
jusqu'à enfouissement de la tête sous la peau. Une
immobilisation par manchette plâtrée prenant le
pouce a été poursuivie durant un mois, suivie d'un
programme de rééducation activo-passive.

183

Les luxations transscapho-périlunaires du carpe

Tableau 1. Classification de Witvoet.
Cotation

Douleur (D)

Mobilité ( M )

Force de préhension ( F )

1

Absente

= 90 %

= 90 %

2

Douleurs : aux changement de temps ; aux mouvements
forcés ; aux prises de force

= 50 %

3

Douleurs lors des mouvements du poignet

= 50 %

= 50 %

4'

Douleurs permanentes

Nulle

Nulle

Barème : D+M+F
Excelllent : 3 ;bon : 4 à 5 ; moyen : 6 à 7 ; mauvais : 8.

Tableau II. Résultats fonctionnels.
Résultats

Nombre de cas

Excellent

12

Bon

6

Moyen

2

Sur le plan fonctionnel nos résultats ont été analysés en fonction du degré de la douleur, de la mobilité et de la force musculaire selon la classification de
Witvoet [3] (tableau I).

Dans notre série, l'évolution a été marquée par la
disparition du syndrome irritatif du médian dans les
heures qui suivaient la réduction ainsi qu'une consolidation du scaphoïde dans un délai moyen de trois
mois et demi chez 19 de nos malades. Nous avons
observé un échec qui a nécessité une reprise par la
méthode de Matti-Russe, avec une consolidation
obtenue au bout de quatre mois. Aucun cas de
nécrose du semi-lunaire ni du fragment proximal du
scaphoïde n'a été noté. Nous avons relevé, à quatre
ans de recul, 12 malades avec un excellent résultat ;
dans six cas, le résultat a été jugé bon ; chez deux
patients le résultat a été jugé moyen (tableau II).

DISCUSSION
La luxation transscapho-périlunaire du carpe (figure 3)
est définie par le déplacement souvent postérieur des
os du carpe par rapport au semi-lunaire emportant un

fragment fracturaire au dépens du scaphoïde. Le traitement en deux temps que nous avons adopté depuis
1989 dans la stratégie de prise en charge des les luxations transscapho-périlunaires du carpe, comporte
une réduction en urgence suivie, un mois plus tard,
d'un enclouage de type Galluccio. Cette technique
pratiquée chez les patients nous a donné pleine satisfaction. En effet, elle permet d'éviter les aléas de
stabilisation du scaphoïde en urgence parfois difficile en raison de l'étendue des lésions capsuloligamentaires, et surtout de dispenser le malade d'un
geste chirurgical dévascularisant pour le scaphoïde
carpien.
Sur 85 dossiers étudiés par Witvoet et Allieu en
1973 [3], seuls cinq cas de luxations transscaphoantélunaires du carpe (6 %) étaient rapportés
(figure 4). Dans notre série, nous n'en avons relevé
qu'un seul (5 %). Dans notre esprit le mécanisme
prédominant des luxations transscapho-rétrolunaires
du carpe est la flexion dorsale forcée. Dans le cas où
elle s'accompagne d'une certaine pronation, elle
entraîne une fracture du scaphoïde carpien. Tous les
travaux biomécaniques rapportés dans la littérature
ont buté sur le problème du sens et du degré de
l'inclinaison frontale associée à l'extension du poignet, nécessaire pour engendrer telle ou telle lésion
[ l , 41. Plusieurs classifications ont été proposées.
Il faut insister sur le fait que le poignet subit un
remaniement complexe et que la cohérence spatiale
des os du carpe dépend essentiellement de l'entente
entre le << couple >> scaphoïde (pilier) et semi-lunaire.
Généralement, dans les luxations transscapho-péilunaires du carpe, le fragment proximal du scaphoïde
reste solidaire du semi-lunaire, mais ceci n'est pas

184

H. Bahri et al.

Figure 3. Luxation transscapho-rétrolunaire. a. À l'admission : incidences de face et de profil. b. Après réduction : incidences de face
et de profil. C. Stabilisation du scaphoïde par trois broches après un mois. d. Résultat après quatre ans.

toujours la règle. Un syndrome irritatif du médian
étant présent dans 40 % des cas dans la série de
Marzouk [5] et dans 20 % des cas dans notre série.
L'intensité de l'œdème masque la déformation et
explique le fait qu'en dépit de plusieurs consultations, le diagnostic n'est pas posé en urgence, expliquant les formes négligées (un tiers des cas dans la
série de Marzouk), d'où l'intérêt de pratiquer un
bilan radiologique de bonne qualité, face et profil
strict du poignet, dont l'interprétation par un chirurgien averti permet le diagnostic.
De face on relève que l'indice de Youm et de Mac
Murtry [6] est diminué. On constate aussi une perte

de la forme quadrangulaire du semi-lunaire qui
chevauche le grand os et une fracture du scaphoïde.
Le profil strict montre nettement le déplacement
postérieur ou antérieur des os du carpe par rapport au
semi-lunaire [ l , 7 ] (figures l a , 2b).
Le but du traitement est de réaliser une réduction en
urgence, de rétablir la hauteur du carpe et de restaurer
une cohérence spatiale de ce dernier. Ceci permet de
prévenir l'instabilité et l'arthrose. Saunier [8] a
pratiqué dans un cas de luxation transscapho-antélunaire du carpe une réduction et un vissage du
scaphoïde : le résultat était bon à six mois de recul.
Un cas de luxation transscapho-péripyramidale-

Les luxations transscapho-périlunaires du carpe

185

Figure 4. Luxation transscapho-antélunaire du carpe. a. À l'admission : incidences de face et de profil. b. Après réduction : incidences
de face et de profil. c. Stabilisation du scaphoïde par trois broches après un mois. d. Résultat radiologique un an après.

lunarienne antérieure a été rapporté par Roman [9] :
après réduction et embrochage du scaphoïde, le
patient a gardé une instabilité du carpe ayant nécessité un embrochage radiocarpien.
La technique en deux temps que nous proposons
permet :
- d'éviter les problèmes rencontrés lors de la tentative de stabilisation du scaphoïde en urgence en
raison de l'étendue des lésions capsuloligamentaires
et de risque majeur de nécrose du fragment proximal
du scaphoïde ;
- d'assurer une fixation élastique différée du scaphoïde carpien par le biais de l'enclouage percutané

de Gallucio. En effet, nous pensons que le scaphoïde,
une fois aligné, subit des mouvements de compression-distraction qui favorisent la consolidation ;
- de diminuer les délais d'immobilisation plâtrée ;
- d'éviter l'abord chirurgical, surtout dorsal, qui est
dévascularisant pour le scaphoïde.

1

Allieu Y. Eptorse, subluxations et luxation du carpe. Encycl
Méd Chir (Editions Techniques, Paris). Appareil locomotew,

2

Galluccio D, Galluccio P. Un trattamento originale per la cura
della fratture e delle pseudoartrosi del scaphoïde carpale.
Rivista di chirurgia della mano 1980 ; 17 (Fasc 2).

14 046 c 10. 1987 : 16 P.

3
4
5

Witvoet J, Allieu Y. Lésions traumatiques fraîches du sernilunaire. Rev Chir Orthop 1973 ; 59 Suppl. 1 : 98-125.
Saffar Ph. Les luxations périlunaires du carpe. In : Razemon
JP, Fisk GP, éds. Le poignet. Paris : Expansion Scientifique
Française 1983 ; 120-8.
Marzouk R. Les luxations et fractures. Luxations périlunariennes postérieures du carpe. Expérience de l'Institut Mohamed
Taïeb Kassab d'orthopédie. A propos de 52 cas [thèse]. Monastir (Tunisie) ; 1993.

6
7
8
9

Mac Murtry, Youm 1, Flait AE, Gillepsie TE. Kinematics of the
wnst: clinical applications. J Bone Joint Surg 1978 ; 6 0 A :
955.
Meyrueis JP, Cameli M. Instabilité du carpe, diagnostic et
formes cliniques. Ann Chir 1978 ; 32 : 555-60.
Saunier J, Chahay A. Volar perilunar dislocation of the wrist.
Clin Orthop 1981 ; 157 : 139-42.
Roman A, Sendino M, Salomon G, Delcampo M. A rare case
of carpal dislocation. Ann Chir Main 1994 ; 13 : 207-21.




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