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S4ro roor-.rrREtEN

idêest
on
a
des
"(tuand
ça peut êner,e'. eeur
clui n'etr ont pastt

A la tête de Lorientdepuis2003,I'ancienprofde mathsChristianGourcuffa réussi
à faired'unpetitclub de pêcheursbretonsun pensionnaire
tranquillede L1,en même
tempsqu'uneréférencede ieu. Ouitteà se mettreà dos quelquesbaronsd'ici.
Entretien
avecle dernieridéologuedu footballfrançais-ou présentécommetel.
- ParDaveAppadooet ChérifGhemmour,
à Lorient/ Photos:DPPI,Panoramic

AvantI'entraîneur,il y a eu le
too,o"',eur CnnstranGourcufi,que
I'on connaîtpeu. Votrefils Yoanndit
n
, 'a que vous étiez plus techniqueque
lui. ll exagèreun peu,non?Je jouais
numérodix et je penseque j'avaisun
rapport avecle ballon qui était pas mal. Je
me suisfabriquéça. Je pensequ'un joueur
se fabriqueen fonction de sesaspirations.
Moi, j'étaisbaignépar le Brésil70. Pour
moi c'était le summum,une obsession.
Quand les autresgarçonsallaient à droite
et à gauche,je restaisdesheuresentières
devantmon mur à frapper et à jongler.
;f
1.

ll y a des gestes que vous essayiezde
reproduire? Tout ce qui était en rapport
avecle ballon, dansle dribble,I'esthétisme
et surtout dansle contrôle.C'estça qui
permetentreautresde jouer à une touche.
Le ieu à une touchedoit être un choix car
on a la capacitêde garder le ballon ou de le
remettre.C'estcommeça que c'estefficace.
Au final,qu'est-cequi vous a manquépour
faire carrièredans l'élite?Le manquede
puissanceet d'explosivité.C'estun
problème d'entraînement.Je faisaispas mal
d'endurance,ce qui a nui à mon explosivité.
I1y a deux axes:lesjoueursexplosifset
ceux qui sont endurants.On penche
toujoursvers un despôleset quand on est
Iivré à soi-même,on va plutôt bosserson
point fort.
Est-ceque,joueur,vous étiez déjà un peu
entraîneurdans votre tête, à la manière
d'un RafaelBenitezqui préparaitdes

fiches pour ses coéquipiers?Pasdu tout.
Moi, c'était la passiondu jeu. D'ailleurs
je dis toujours qu'en 1.982,quand je suis
revenu à Lorient en tant qu'entraîneurjoueur,en fait, j'étaisjoueur-entraîneur.
qu'il a
C'estfaceà cesresponsabilitésJà
fallu que je m'organise,que je réfléchisse
à desméthodesauxquellesje n'avaisjamais
songé.
Et là les influences,c'est toujours le Brésil
70? Ou lAjax est-il venu se greffer làdessus? Non. J'ai apprêciél'Ajax mais je
n'y retrouvais pas la virtuosité qu'il y avait
dansle football brésilien.Chezles
Néerlandais,il y avait davantagede force et
des fondamentauxtechniquesimpeccables,
mais pas la même fantaisieque dans le
Brésilde Peléou celui de TeleSantana.
Mais la vraie révélatioî)ça a été Sacchi.
C'est-à-dire?Quand j'ai vu son Milan, j'ai
retrouvé une virtuosité qui était intuitive
chezles Brésilienset qui, là, était plus
organisée,plus pensée.À partir de là, je
deviensentraîneurdansmon esprit.
Jusqu'en 1991, j'états sur le terrain, mais à
partir du moment où j'arrêted'êtrejoueur,
il y a une perted'influenceet ma parolene
suffit plus. Ça me frustre.C'estlà que
j'entre en réflexion,en m'appuyantsur le
travail de Sacchi.Et à partir de 7996, je
décidede tout cadrersur le plan collectifet
je pars sur une organisationoù tout est
pensé.Jusque-là,mon idéal, c'êtait
I'autogestion,lesjoueursqui setrouveraient
naturellementdansla soontanéité.la

créativité.Mais on seheurtait délà à la
gestiond'egoet de sensibilitésdifférentes.
J'ai beaucoupréfléchià ça. Les Brésiliens
étaientélevésdansune sensibilitécommune
et ils pouvaientsetrouver naturellement.
Si Nantesaussia pu le faire, c'est que les
ieunesétaientformésavecune même
philosophie.Aujourd'hui, c'estimpossible.
Les joueursarriventd'horizonsdivers.
Donc pour créerun collectif,il faut tout
de suiteimposerune organisationavecdes
codesstricts.Je suis alors revenu de mes
idéaux de t982 pour aller vers l'inverse:un
cadrerigide danslequelon proposeraitdes
cléspour la créativité.C'estla liberté qui
naît de I'acceptationde la contrainte.
Par exemple,quand je suisarrivé au Qatar
(en 2002, Ndlr), tly avait tout à faire car ils
ne connaissaient
mêmepas la zone.Si moi,
là, je ne proposepas descodestrès précis,
ça part dansle vent.
Mais n'est-cepas illusoirede vouloir
imposer une telle réorganisationtactique
quand on sait pertinemmentqu'on ne fera
pas plus d'une saison?Je ne pensepas que
ce soit long. Et puis dansle foot moderne,
vous ne pouvezpas espéreravoir trois ans
pour imposervotre patte. C'estce que j'ai
compris à Rennes(Gourcuff a entraîné le
StadeRennaisen 2007-02,Nd/r/. Ils sont
venusme chercheravecdansI'idéede
construiresur I'exemplenantais.Je signeun
contrat de cinq ans.J'arrive donc avecmes
idéesutopiques,en pensantque j'ai cinq
ans devantmoi. Mon plan, c'estde
commencerà travailler avectout le monde
et de faire le tri au fur et à mesure.Mais
je pars sur le principeun peu idéal que tout
le mondeva accepterma façon de faire.
Au-delàde votre situation contractuelle,
c'était acté que votre projet pouvait s'étaler

ii ii'r';i'i ;:iia,. i,,, :,::.,,,,

monde en 98, il arrive et on ne se pose
mêmepas la questionde son travail. Si
j'arrivais à Rennesaujourd'hui, du fait de
mon parcoursdepuis,ça seraitdifférent.

''.......',.'
surcinqans?C'étaitcommeçaau début.
M a i s a u b o u r d e r r o i s s e m a i n e sç. a a
changé. Il y a les joueurs qui gueulent parce
qu'ils ont de nouvelles contraintes, les
agents qul lournent autour... un entraîneur
de ligue 2 qui bouleverse les habitudes,
v o u s p e n s e zb i e n . . .

Vous aviez un problème de légitimité? Ah
mais c'est sûr! Je m'en doutais car j'avais eu
des contacts avec le PSG et même I'OM, et
c'était mon absencede notoriété qui avait
freiné les clubs. La quesfion ne portair pas
sur mon boulot, mais sur la façon dont je
serais perçu. Un type qui est champion du

Est-ceque vous n'auriezpas dû faire
commeWengerà Arsenal?ll a trouvéune
bandede vieuxgrognardsanglais,et choisi
de procéderpar petites touches,sans les
bousculer...C'estune questionde
personnalité.Moi, je ne peux pas vivre dans
le compromis.À Rennes,j'ai très mal vécu
lescompromisque j'ai dû faire.Celam'a

S6* roor-.rrRErEN

" SacchiétaitrévolutionnairedansIa formalisation
Le Barça
de Ia zoneet de l'occupationdesespaces.
mais ça n'a rien de
de Guardiola, Çàm'intéresse,
" C. Gourcuff
révolutionnaire
énormémentcoûté sur le plan humain
et professionnel.
Si je ne suispascontent,
se
voit
tout
de
suite.Quand on est
ça
passionné,c'estdur de tricher avecses
émotionsdansle travail.
Mais est-ce que s'adapterc'est tricher?
On estobligéde s'adapter.Le truc c'est
d'y arriver sanssetravestir.Si je n'ai pas
d'affinités,je n'arrive pas à sourire.
Je ne peux pâs tromper mesémotions.
En parlantde Rennes,vous dites 'On m'a
assassiné".C'est qui, "on2 Bah, on ne va
pas donner de noms,ça ne serviraità rien.
Il y en a quelques-uns.
Il y avait différents
niveauxd'intervention.Il y avait des
joueursdont j'allais me sépareret qui ont
peut-êtrefait en sorteque ie soisviré.
Après,tout dépendde la direction:elle
soutientI'entraîneurou pas.Mais un
Donc il y a
contrat,c'estun engagement.
forcémenteu trahison.Et puis Rennes,
c'était compliqué.Quand il y a un président
et un actionnaire,on ne sait plus où est le
pouvoir.Il y avait aussiun milieu parisien
très fort. Mon licenciements'estfait à Paris.
Je I'ai apprisjusteavant le derniermatch de
Ia saisonà Auxerre par un journaliste de
Ouest Francequi m'a appelépour me dire
que mon sort était scellé.Je n'ai rien vu
venir.Quinzejours avant,on discutaitde la
saisonà venir.Enfin, il y a le jeu desagents.
On le connaîttrès bien. Dans la plupart des
clubs,les agentsproposentdesentraîneurs
pour remplacercelui qui esten place.
Il y a un lobbying féroce.J'étaissansdoute
trop naïf.
Est-ceque ça fait partie du bagagede
l'entraîneurmodernede savoir
appréhenderces coulisses?Je penseque
pour un garscommeMourinho, il n'y a
plus de problèmede lobbying.Il est
reconnu.Le problème,c'estd'arriver là.
Il faut savoirjouer descoudeset faire
du lobbying.Moi, ce que j'ai fait à Lorient,
je ne le dois à aucunagent,aucunlobby.

Cela vous mène à Lorient,très bien,mais
commentviser plus haut si vous refusez
d'entrerdans I'arène?Oh, je ne me pose
plus la questionde mon avenir.J'ai cette
sérénitédesgensde mon âgeet je n'aspire
qu'à vivre de ma passion.
Vous auriezvraimentréussi à Rennes?
Ce seraitprétentieuxde le dire. Mais...
Lobjectif, c'était de faire de Rennesun club
européen.Lyon n'était pas encoreLyon,
Nantesétait en déclin,le PSGet I'OM
étaientdéjà très irréguliers:il y avait une
placeà prendre.
C'est encoreune blessure,n'est-cepas?
(Silence)...À l'époque,ce qui a été dit m'a
cassé.On a dit que je ne pouvaispas
fonctionneravecun groupe.Il a fallu que je
revienneà Lorient, en ligue2, et que je
refassemespreuves.J'auraispu être détruit
définitivement.Il y a desentraîneursqui
ont étéviréset qui ne sont jamaisréapparus
ensuite.
C'étaitl'époquedu projet du Grand Rennes
qui aurait dû être le club de la Bretagne,
en quelquesorte, Est-cequ'avecdu recul,
ce projet n'étaitpas un peu délirant?
Non, c'était crédible.D'ailleurs,I'histoire
le prouve,Rennesn'a pas décolléet dans
son équipeon trouve desNigérians,etc.
Or, Rennesne serajamaisMarseille.Alors
que le projet d'identitérégionale
m'intéressaitvraiment.Sansfaire comme
I'Athletic Bilbao,car on n'aurait pas pris
que desBretons.Ce n'étaitpasun
régionalismeprimaire non plus.
Mais c'est quoi l'identitédu football
breton?C'estun football généreux,
collectif,technique,en mouvementet
offensif,symboliséauparavantpar Nantes,
Rennes,et par moi aussi.Aujourd'hui,
avecla mondialisation,c'estplus compliqué
de trouver une identité à une région de
football. À part I'Espagnepeut-être.
ChristianGourcuffest-il exportable?Vous
posezmal la question.Il faut se demander

si lesgensont envieque je vienne et ensuite
si moi j'ai envied'y aller.Mais la condition
pour que ça m'intéresse,
c'est que j'intéresse
le club. Monaco I'an passé,ça pouvait
m'intéresser.
Nantesaussi.

On formule autrement.Est-ce qu'avecvotre
refus du compromis,vous pourriez réussir
dans un plus grand club, où les coulisses
sont plus chahutéesqu'à Lorient?Ce qu'il
faut, c'est se protéger avec son travail.
J'ai quandmêmela capacitéà vivre avec
desgens.Après,c'estvrai que j'ai vraiment
du mal à cachermes sentiments.Ça se voit
sur mon faciès.Même quand je regarde
simplementun match à la télé, les gens
qui me connaissent
hallucinent.Je suis
ombrageux,
tendu,c'estimpressionnant
même.Je penseque c'estcomme avec
Mourinho.

Mais Mourinho,c'est un animal politique
qui sait parfaitementjouer avec les
coulisses...Moi, je pensequ'il ne joue pas,
car il n'estpas touiours adroit, il se laisse
emporterpar son tempérament.Ancelotti,
lui, estpolitique.Avecsesjoueurs,avecses
dirigeants.,.Moi, ça ne m'intéressepas.
Il faut affirmer seschoix. Après,ça ne veut
pas dire entreren conflit avectout le
monde.

Commentvivez-vousla pipolisation
indirectede votre vie depuis l'émergence
de Yoann?Je vois bien que depuisdeux
ans,j'ai une crédibilitésupérieure,qu'on
me solliciteplus dansles médias.
IJémergence
de Yoann n'y estpas étrangère
Sansutiliser sa notoriété,si ça peut faire
passerdesidéessur le foot, sur la vie...
Avoir une tribune, c'estpas inintéressant.

Est-ceque ça peut énerverdes collègues?
Ah, ça peutl, (rires)

Vous avez donc conscience que votre côté
donneur de leçons,ça peut créer de
I'animositéà votre égard? Quand on a des
idées,ça peut énerverceux qui n'en ont pas
c'estvrai. Je ne veux pas faire un raccourci,
mais Suaudeauénervaitbeaucoupde gens.
Encoreune fois, je ne recherchepas le
conflit...Mais je ne le fuis pas.

"Mourinïro,il n'a plus cleproblèmecleiobbying. :
: Quand vous mettez une cartoucheà
Il estreconnr"r.
[.e prol;lèrlr, c'rst c]'arriverl;i.
par exemple,vous le
l1farrtSt1voirjotterdesctludcs.Moi,cequcj';"rifiritClaude Makelele
cherchez,le conflit Non, ça a été raccourci
je ne le *inisà ;rncunlohby" c Go,,.,n
à l,or:ient,,
: Quand je parle de Makelele,je ne parle pas

idéafiste... (Il coupe) Mais parce que le
sport, c'est un idéal! On ne fait pas de sport
si on n'a pas d'idéal. S'il s'agit juste de
gagner, alors entre sur le terrain avec des
Kalachnikov. Il y a trois siècles,le sport
n'existait pas parce que c'était la lutte pour
la survie. Avant, il n'y avait que la religion
pour proposer un idéal. Aujourd'hui, le
sport, comme I'art, propose à son tour un
idéal, un domaine où on élève l'âme
humaine, un respect, un pacte. Je n'ai
lamais dit à un joueur de mettre une
semelle.Je bannis les contacts.
Mais le foot, c'est un sport de contacts.
Non! Ce n'est pas un sport de contacts. Je
dis qu'un duel n'existe pas. Même dans un
d r i b b l e , v o u s ê t e sd a n s u n e n v i r o n n e m e n t
où il y a un partenaire et un adversaire.
Après, vous pouvez toul'ours utiliser I'appel
du partenaire pour dribbler, c'esr autre
chose. Lobjectif du jeu collectif, c'est
d'éviter les duels. Pour comparer, Messi
pense à I'action collective et après il recourt
à I'initiative individuelle. Ben Arfa, c'esr le
contraire et à I'arrivée on voit bien la
différence d'efficacité. Moi j'adore les
dribbleurs quand ils s'inscrivent dans une
action collective. Encore une fois, la
recherche, ce n'est pas celle du duel. C'est
comme à la récupération. Comment le
Milan récupérait le ballon? À I'interception.
Ils défendaient debout. Quand on maîrrise
la zone et que I'on réduit les espaces,
on récupère en coupant les trajectoires.
C'est une question d'intelligence, de
coordination. Quand je vois les stats sur
les duels, je voudrais qu'on m'explique
comment on compte les duels gagnés et
perdus. La récupération est conditionnée
par le mec qui va mettre la pression sur
le porteur, sur la couverture qui va réduire
les angles de passe, et par I'anticipation
du joueur qui intercepte.

de lui mais de I'arbitre. Ça a êté exploité.
Non, vous avez été dur quand même.
(Énerué) Qu'est-ce qui est dur, mais qu'estce qui est dur? C'est dur de dire qu'il est en
fin de carrière? Moi, j'étais un admirareur
de Makelele au Real. C'était un joueur qui
ne mettait pas de coups. J'ai seulementdit
qu'aujourd'hui s'il faisait plus de fautes,
c'est peut-être parce qu'il n'avait plus les
jambes et qu'il était en retard. Voilà ce que
i'ai dit. Si dire ça, c'est un crime, alors on
ne dit plus rien. J'ai expliqué qu'on
n ' a r b i t r a i t p a s M a k e l e l ec o m m e u n j o u e u r
lambda. Et ça, 90 7o des gens le pensenr.
Après, c'est monté en épingle, Kombouaré
reprend le truc et çâ part.

Justement,quand Kombouaré vous
reprend super sèchement ("Là, il a pris
le melon, il faut lui dégonfler son cigare"),
on sent que ça dépasse le cas Makelele
et qu'il vous vise vous, votre côté prof,
science infuse, Je suis assezfier de défendre
une éthique. Toute ma carrière, ça a été ça.
S'il faut entrer en conflit avec certaines
personnes pour défendre ça, je ne refuse
pas. Ceci dit, je m'entends avec la plupart
de mes confrères. Avec Raynald Denoueix
par exemple, c'est un plaisir de discuter.
On a les mêmes valeurs, un peu Ie même
genre de personnalité.
Vous parlez de Denoueix et ça renvoie à un
autre reproche qui vous est fait: votre côté

ll n'y a jamais de stats individuelles chez
vous, alors? Ben non. Je suis mathématicien
et les stats au foot, je ne m'en sers pas.
Même la possessionde balle, ça ne veut rien
dire. Celle de Barcelone, ça m'intéresse car
c'est dans le bioc adverse. Mais la
possessiondans ses trente derniers mètres,
ça ne sert à rien. Il y a quatre ans, j'avais
dans I'idée qu'il fallait soigner la possession
de balle. Et puis je me suis aperçu que dans
tous les bons matchs, notre possessionétait
très basse.En fait, quand on avait
beaucoup le ballon, c'est souvent qu'on
était en situation d'échec et qu'on faisait
tourner indéfiniment, faute d'initiative.
Avoir le ballon n'est pas une garantie de
bon match, et je ne parle même pas de
victoire.
C'est assez surprenant votre tendance
à séparer la performance du résultat.
Dans I'analyse, oui. Je ne fais pas de com',
moi. Je n'ai pas besoin de me proréger
par rapport à mes joueurs, à mes dirigeants

SSroroor-.rrREtEN

aussi. Ils savent reconnaître quand ça ne va
pas, sans s'abriter derrière un résultat
flatteur. Le haut niveau, c'est ça. Les grands
joueurs ont cette honnêteté. Quand on se
cherche des excuses,c'est qu'on est un petit
joueur.

ou aux médias.Pour être crédible.il faut
être capablede dire leschosesà sesjoueurs.
C'estcommeun pèreavecsesenfants.Si
vous leur ditesque c'estbien alors qu'ils
font desconneries,ils vont en faire de plus
en plus. Ça permetde ne pas secacher
derrièreson petit doigt.
Ce genre d'exigencequalitative
déconnectéedu résultatn'est-ilpossible
qu'à Lorient,où la seule exigenceest le
maintien?À Paris,puisquevous en parliez,
peut-êtreque le nul contre le cours du jeu,
dans une passe délicate,on fait moins
la fine bouche...Non, il n'y a rien de
différent.La seulequestionc'est:cherchet-on à se protéger? Ceci dit, je peux
comprendreque I'on cherchedavantage
à se sécuriseret à rassurerdansdes
plus complexes.
environnements
Vous lisez la presse?Oui. Je ne devraispas
car il y a un risqued'être influencé,mais
en mêmetemps,il me paraît importânt de
connaîtreson environnement.
Avouez,ça vous plaît la reconnaissance
dont Lorientfait I'objet.Oui, enfin on n'est
pâs toujours brillants,hein. Mais j'aime que
que l'on estconstantsdans
I'on reconnaisse
nos intentions.Ce qui me plaît, c'estque
mesjoueurssont sur cettelongueurd'onde

:
:,' ::

Vous dites que la dernière grande
révolution, c'est Sacchi il y a plus de vingt
ans. Et le Barça actuel? Sacchi était
révolutionnaire dans la formalisation
de la zone et de l'occupation des espaces.
Le Barça de Guardiola n'a rien de
révolutionnaire en soi. On voit que c'est
organisé quand même avec notamment lâ
montée des deux latéraux, les deux
défenseursaxiaux qui s'écartent etYaya
Touré qui prend I'axe. Cette défense à trois,
on la retrouve chez nous mais ici les deux
latéraux ne montent jamais en même temps,
le trio est donc formé des trois qui restent
alors que chez eux, c'est le coulissement
de Yaya Touré qui fait le troisième.
Ça m'intéresse, mais ce n'est pas
révolutionnaire.
Ou'est-ce que le 4-4-2 de Sacchi a de plus
que le 4-3-3 de Barcelone? Le passage
d'une phase à I'autre. Pour moi, le 4-4-2 de
Sacchi est l'émanation il 4-2-4 hongrois.
La seule différence, c'est que les deux ailiers
jouent plus bas. Lavantage, c'est d'avoir
l'espace devant soi. Mais tant pour le
replacementque pour la projection, ce
système est parfait, notâmment pour les
couloirs. Dans le 4-3-3, on le voit avec le
Barça, on a souvent des ailiers "intérieurs",

i,i ,,;i;:.i ,'i.'I

:i

' : .

: :: ::

: t

ir

Comment expliquez-vous que le 4-4-2
qui vous est si cher ne soit quasiment plus
utilisé? Souvent ça oscille entre 4-3-3
et4-2-3-1... Il y a davantage recherche
de I'organisation que de créativité. Le 4-4-2
permet I'alliage des deux, mais la plupart
des équipes préfèrent d'abord sécuriser,
notamment avec la présenced'un numéro
six fixe devant la défense.D'ailleurs, le 4-33 dont vous parlez, c'est en fait un 4-1-4-I
car les joueurs de couloirs se repositionnenr
très vite au milieu. Il y a globalement une
déperdition du jeu collectif. Mais il faut se
méfier des évolutions: on n'est pas obligé de
faire comme tout le monde. Il y a des
modes comme ça. En ce moment, c'est une
seule pointe. Il y a aussi le milieu def' fixe
devant la défense,la sentinelle. Ce sont des
modes, C'est comme pour la défense.
Avant, le grand truc, c'était I'individuelle
qui tendait vers de la zone. Aujourd'hui,
c'est de la zone qui tend vers l'individuelle.
Dans ce mix, il faut s'en remettre à
I'intelligence du joueur.

:

j

: : ; ,

l

;j

j:i

it..:

i,ru;,, i-ti ,il'i

:=:,r: l:.;',1t?'q'

ir:

r' i.r,rr:i,,r

ils ne débordentpas vraiment,ils
versI'axe. Or, pour défendre,il
deux ailiersfassentune plus
pour reprendreleur couloir. C'est
sur la duréeet le risqued'êtreen
plus grand. Bon, le Barçan'a pas
problèmecar ils ne cherchentpasà
ils gardent leur position et défe

Iespiedsdesdéfenseursadverses.
faire ça, il faut être capable comme
jouer dans le camp adverse.

Vousorganiseztoujoursaussipeu
séancesde musculation?Tesuis
méfiant sur la muscu.On travaille
dynamique,le mouvement:escalie
coursesdans le sable... Les machi

je suisplus sceptique.Le foot, c'est
questionde fluidité et c'estpour ça
faut être très précisdansce que I'on
proposeaux joueurs.De ce point de
quand Yoann était à Milan, le Milan
c'était le top en termes de prise en
des besoins individuels.

Mais vous,vous ne faites jamais de
individuelavec les joueurs,que des
exercicescollectifs.Quand on tra
à plusieurs,chacunestplacé danssa
configuration.IJattaquantva faire le
d'un attaquant, le défenseur celui d'un
défenseur.Du coup, le joueur, dans un
cadre collectif. réalise en fait un travail
individuel adapté à ses besorns.

Commentgérez-vousl'aspecthumain
un groupe?Ici, I'idéea étéde
responsabiliser
les joueurs.Il n'y a pas
d'amende par exemple. Si un joueur
cinq minutes en retard, ce n'est pas
Si ça devient systématique, on va le voir
pour lui expliquer que çâ ne passe plus,

Qui ça "on"? Mot,le staff et les autres
joueursaussi.Si quelqu'untriche avecle
groupe,certainssont capablesd'aller lui
dire que ça ne va pas.Il n'y a pas de
hiérarchiechezles joueursici. Un joueur

35 ans n'a pas davantage de droits qu'un
autre de 21. À Lorient, le capitaine n'a pa
plus de poids du fait de son brassard mai
du fait de sa personnalité. Ce n'est pas le
capitanat qui crédibilise Sylvain Marchal
mais sa façon d'être. C'est moi qui désign
le capitaine, Je suis contre les votes car ce
crée une fracture. C'est vrai dans la socié
alors dans un groupe comme çâ...

Dernièrequestion.Prof de maths,
chercheuravec vos logicielset éducateu
affezdites-fe,vous êtes de gauche.(rire
J'ai un idéal de vie, un idéal de foot, les
deux sont liés.Et pour moi, la politique,
telle qu'on I'entend,c'estle contrairede
mon idéal.parcequ'on en arrivetoujour
à descloisonnements,
on est touiours d'u
côté ou de I'autre. Ce n'estpas quelque
chosequi peut me satisfaire,
parceque p(
moi, le foot, c'estI'universel.
O pnopos


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