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LE PROGRÈS - LE COURRIER
VENDREDI 21 MAI 2010

2

PORTRAIT

Heureuse maman d’une famille
très nombreuse
ans le jardin, une
cabane est en cours
de construction. Dans
le four, un gâteau au
chocolat embaume la
cuisine en attendant le
goûter. Sur le canapé
du salon, deux chats
se prélassent et s’étirent. À l’étage, trois petits
font la sieste, tandis qu’au sous-sol, dans l’atelier, tout un peuple prend vie sous les doigts de
la fée de la maison : Patricia Chemin… Cette
grande et belle femme au regard et à la voix
d’une douceur infinie ne cesse de s’accomplir dans la maternité.
Il y a d’abord eu ses trois enfants « officiels »
qui ont aujourd’hui huit, six et trois ans. Mais
qui ont ensuite été suivis d’une multitude d’autres : les personnages qu’elle invente et façonne
avec du fil de fer et du papier de soie. Tout a
en effet commencé avec la naissance de son
aînée. « J’ai toujours été attirée par la création,
raconte Patricia Chemin, mais c’est en reprenant contact avec le monde de l’enfance et
notamment avec la littérature jeunesse que j’ai
enfin donné libre cours à mes idées. C’est comme
si je m’étais alors autorisée à retrouver la petite
fille qui était restée en moi. Et je me sens plus
moi-même aujourd’hui que je ne l’ai jamais
été… »
Guide conférencière puis médiatrice culturelle, Patricia Chemin a donc entrepris de triturer le papier à la faveur d’un congé parental,

D

en créant d’abord des
décors pour la vitrine
d’un fleuriste de Douarnenez, où elle habite.
« Le foisonnement artistique qui règne dans
cette ville n’est pas étranger à ma nouvelle vocation. Douarnenez abrite
un nombre impressionnant de créateurs dans
des domaines très variés.
Les expositions, les visites d’ateliers et les rencontres ont beaucoup
nourri mon travail. »
FIL

DE FER, PAPIER
ET PEINTURE

Patricia
Chemin
sculpte le papier de
soie : « C’est une matière
tout en légèreté et en
transparence qui se plie
à toutes mes exigences »,
explique l’artiste. Elle
l’enroule autour d’une
structure en fil de fer, et
parfois d’un ballon de
baudruche, pour dessiner la silhouette. Le tout
est assemblé avec de la
colle à bois très diluée.
« Je repasse ensuite d’autres couches pour habiller ce corps. » La peinture vient enfin parfaire
le portrait. « J’ai quelquefois des personnages qui me
trottent dans la tête, confie Patricia Chemin. Mais le plus souvent, je les découvre en les modelant. Ils apparaissent
et s’imposent. » Elle aime leur attribuer un accessoire : une ombrelle,
un journal, un doudou, un tricot…
Chaque pièce lui demande de cinq
à quinze heures de travail.
Petit à petit s’est ainsi constituée une famille magnifique, un
peu excentrique et surtout très poétique. Faisons donc connaissance.
Voici d’abord Séraphin Lamour, le
collectionneur de cœur : il en sert un
bien gros dans ses bras. Voici encore
Balthazar Primevère, le messager du printemps. Vêtu de son habit d’herbe tendre,
il parcourt les chemins pour distribuer des lettres parfumées d’eau de lilas. Mademoiselle

Patricia Chemin
Dans son atelier de Douarnenez naissent chaque jour
des petits personnages en papier de soie qui forment
une tribu tout en tendresse et en poésie.

Dialogues et chuchotements :
l’exposition
Plusieurs œuvres de Patricia Chemin sont actuellement exposées dans la vitrine de la boutique Les enfants de Dialogues à Brest. Elles le resteront jusqu’au 15 juin. Le petit peuple de l’artiste s’y présente dans un jardin enchanté d’une part (où des femmes fleurs
papotent autour d’une mare), et d’une île au trésor, d’autre part (où l’on retrouve le pirate
Hector Le Hargneux, la sirène Viviane et le mousse Oscar qui rêve d’aventures…).

Ishi Padesushi est une élégante Japonaise. Elle
rivalise de beauté avec Zoé Herbefolle, cousine de Léon, le garde champêtre de SaintHonoré-les-Gazouillis. Le bienheureux Hyppolite exerce un beau métier : il est effeuilleur
de marguerites. « Il égrène avec talent les “je
t’aime”, “un peu”, “beaucoup”, “passionnément”, “à la folie”, esquivant les “pas du tout”
qu’il délaisse à tous les coups. »

Grâce à lui, je communique avec des gens qui
ressentent les mêmes choses que moi, qui saisissent la légèreté et la fantaisie dans la vie. »
Comme l’auteur Philippe Lechermeier et l’illustratrice Rébecca Dautremer dont elle admire
tant le travail, Patricia Chemin aimerait pouvoir
vivre de son art grâce à l’édition et projette
d’approcher ce monde.

LÉGÈRETÉ ET FANTAISIE
Le talent de Patricia Chemin ne se limite
pas à la création manuelle. Chaque personnage
a son nom, son caractère, son histoire qu’elle
raconte toujours avec de très jolis mots. Pour
les partager, elle a ouvert un blog sur internet : http://monchatmadit.canalblog.com. Ce
nom, qui sert aussi de marque aux créations de
Patricia Chemin est inspiré d’un poème de JeanLuc Moreau : « Mon chat m’a dit c’est vrai, je
suis heureux chez toi, ? car avant toute chose
il faut avoir un toit, ? un toit de tuile rose, un
toit tiède et moussu, non pour dormir dessous,
mais pour rêver dessus. »
« Le blog sert de vitrine à mon travail, mais
permet aussi de livrer mes textes, accompagnés
des photos des créations. Cela rend le tout cohérent. » C’est également un moyen d’échange.
« C’est ma fenêtre ouverte sur le monde car je
passe 70 % de mon temps dans l’atelier. J’y ai
reçu les encouragements d’artistes confirmés.

« J’AI L’ESPRIT
SANS CESSE EN ÉBULLITION,
PARFOIS
ÇA DÉBORDE UN PEU. »

En attendant de livrer dans des livres les histoires dont elle n’est jamais à court – « J’ai l’esprit sans cesse en ébullition, parfois ça déborde
un peu ! » –, la créatrice en fait profiter ses
enfants : « Ils sont mon premier public. Les premiers que j’embarque dans mes rêves. Quand
je vais les chercher à l’école, je leur raconte qui
est né à l’atelier dans la journée. » Pas question
de toucher en revanche ! « Mes personnages en
papier sont fragiles, mais les enfants se sont vite
rendu compte de leur délicatesse. » Ils n’en
apprécient pas moins leur présence silencieuse
qui habite leur quotidien.
Martine de Saint Jan


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