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Nom original: Twilight.pdf
Titre: 762 Twilight
Auteur: jeanne d

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LE NEWS CULTUREL

TWILIGHT
3
CHAPITRE 3 : HÉSITATION
de David Slade

avec Robert Pattinson, Kristen Stewart,Taylor Lautner

Troisième volet de cet étrange
blockbuster qui substitue à
l’action les atermoiements d’une
pucelle qui veut qu’on la morde.

Q

uand j’étais jeune fille, une définition circulait dans les couloirs du collège, attrapée au vol par les recalés du flirt :
“L’amour, c’est un baiser dans le cou qui dure
toute la vie.” Pourquoi dans le cou, plutôt
qu’à la naissance des seins, ou simplement sur la bouche ? Parce que le cou est cet endroit où la vie s’anime enfin quand un garçon
l’embrasse et où la vie peut s’interrompre tout
aussi brutalement : qui sait si un coup de dent ne
va pas l’entamer ?
Cette définition pour blousons Creeks circa 1986,
Twilight l’a comprise avec une profondeur inattendue. Le premier épisode mettait en place la
surprise de l’amour, le second ses contradictions
(Bella prise entre le vampire et le loup-garou), le
troisième s’attaque à un sujet autrement plus difficile : l’établissement de l’amour et l’approfondissement des contradictions. Autrement dit :
comment aimer encore plus le vampire (Robert
Pattinson) et le loup-garou (Taylor Lautner) ?
Derrière cette inflation amoureuse se cache une
question non-sentimentale : comment accéder à
l’éternité ? C’est sans doute la vraie question de
la saga Twilight, accusée d’utiliser une histoire
emberlificotée comme cache-misère d’une apologie de la chasteté. Pourtant, aucune sévérité, pas
même la grande sévérité puritaine à la Hawthorne, ne raidit cette fresque : ne pas consommer la chair ne permet pas tant de rester pur que
de repousser cet instant où l’amour devient périssable. On s’en fout de la virginité, on s’inquiète
juste que le corps devienne mortel.
Comme toujours, c’est le “toute la vie” de la définition lycéenne qui pose problème, et qui fait de
ce volet le plus languissant des trois. Le film explore deux solutions à son problème d’éternité :
la fixation épanouie, le lâcher prise. L’ombre du
Bright Star de Jane Campion d’un côté, lorsque le

film s’ouvre sur un plan-médaillon où un champ
de fleurs violettes accueille nos deux héros ivres
d’eux-mêmes, plan-médaillon qui était déjà l’emblème du film de Jane Campion – figer le temps.
La tentation d’un certain débordement de l’autre,
quand le monde vampirique devient un vaste
théâtre orgiaque aux combinaisons sexuelles
échevelées, comme dans la série True Blood – malmener le temps 1.
Une scène du film montre l’affrontement de ces
deux tentations. Bella et Edward s’opposent sur
le “passage à l’acte”, elle ironise en proclamant :
“Je suis moderne” (option True Blood), lui répond :
“Je suis un garçon d’un autre siècle” (option Bright
Star). La scène patine, car les manières moqueuses adoptées par Bella ne font que céder à l’impatience d’un certain public. Mais pas plus que ne
sont ajustées les tendres réponses d’Edward,
sans doute parce le romantisme floral de Jane
Campion n’est pas celui de Twilight : seule une
certaine sauvagerie sert l’amour de Bella, là où
l’audace paradoxale de Bright Star était au
contraire la bénédiction du monde.

La suavité mortifère de l’un et la tonicité vitaliste de
l’autre acceptent de
s’unir pour protéger Bella. Et là,
dans cette trêve, on
comprend la force
de Twilight : un art
de la suspension
– des rivalités et des
baisers et du temps.
Il sera bien temps
de vivre quand on
sera adultes.
Dakota Fanning
C’est ce qu’a comest Jane, vampire
omnisciente
pris l’héroïne, qui
de la puissante
s’endort miraculeudynastie Volturi.
sement quand les
deux hommes de sa vie se parlent enfin. Bella
dort, un peu comme nous, les spectateurs de ce
blockbuster hors normes : atermoiement illimité
et frappe érotique aussi intense qu’incongrue, noblesse physique du couple principal et grimage
bon marché du reste. Mais ce qui étonne, c’est
l’espèce d’objectivité transie qui isole Bella et Edward, c’est même la capacité du film à s’abstraire
de son succès phénoménal en propulsant son couple hors d’atteinte et en remplaçant la connivence
avec le public par une sorte de pacte d’oubli de
soi. Les amoureux sont seuls au monde ; faites
semblant de dormir, vous pourrez les espionner.
Axelle Ropert

1. Digression : on imagine bien une scène de sitcom
familiale, avec la fille aînée vautrée dans sa chambre,
regardant Twilight, et soupirant doucement : “Ces vampires sont trop forts pour la non-coucherie”, tandis que
quelques mètres plus loin dans le salon, la mère, tout
aussi vautrée, soupire exactement de la même manière,
mais devant True Blood cette fois : “Ces vampires sont
trop forts pour la coucherie.”

La plus belle scène du film met face à face le
vampire et le loup-garou, capturés par la tempête, réfugiés sous une tente, obligés de se parler.

retrouvez toute l’actu cinéma sur
Les Inrockuptibles numéro 762 / 7 juillet 2010


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