Carlos .pdf


Nom original: Carlos.pdf
Titre: 762 Carlos
Auteur: jeanne d

Ce document au format PDF 1.4 a été généré par Adobe Illustrator CS2 / Acrobat Distiller 7.0.5 pour Macintosh, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 05/07/2010 à 12:42, depuis l'adresse IP 217.108.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 1235 fois.
Taille du document: 844 Ko (1 page).
Confidentialité: fichier public


Aperçu du document


LE NEWS CULTUREL

CARLOS

LE
FILM
d’Olivier Assayas

avec Edgar Ramírez,Alexander Sheer

Un film d’aujourd’hui
n’a pas forcément de
carte d’identité.
Carlos lui-même ne
pouvait se contenter
d’un seul passeport ni
d’un unique visage. Le
terroriste le plus recherché des années
1970-80 a droit à son
biopic seize ans après
son arrestation par les
services secrets français au Soudan. Assayas s’empare de lui
comme d’un personnage familier, pas si
Comme Carlos, le film d’Assayas multiplie
éloigné de la trafiles identités – une forme série télé, une version quante qui naviguait
entre Paris et Hong
ciné – et réussit chacune de ses mutations.
Kong dans un de ses
n drôle d’objet atterrit dans les salles précédents films, Boarding Gate (2007). Infrançaises : un film forcé d’expliquer terprétée par Asia Argento, la belle venidans son titre qu’il en est un. Pour- meuse traversait les frontières et finissait
quoi cette précision étonnante ? Car- par rentrer dans le mur à force de prendre
los - Le Film correspond à la version trop de vitesse. Carlos est un passe-muraille
condensée de 2 h 45 de la formidable mini- moderne, glissant sans arrêt d’une nation,
série en trois parties Carlos diffusée sur Ca- d’une langue, d’une couleur du ciel, d’une
nal+ au mois de mai – elle durait près de femme à une autre, forgeant son destin en
5 h 30 – et prolonge l’aventure singulière du même temps qu’il tente de lui échapper.
projet d’Olivier Assayas.
De ce point de vue, Ilich Ramírez Sánchez (le
Impossible, en effet, de donner une appella- vrai nom de Carlos) est le personnage le plus
tion définitive à l’une ou l’autre version. Réa- abouti de la veine contemporaine et “interlisée pour la télévision, la première a été éga- nationaliste” du cinéma d’Olivier Assayas
lement montrée hors compétition au Festival – qui comprend aussi Demonlover (2002) et,
de Cannes ; la seconde existe d’abord pour dans une certaine mesure, Clean (2004). Une
se conformer aux canons de la diffusion du sorte de condensé vif et virtuose d’un inécinéma en salle, mais correspond aussi à une branlable désir de mouvement : un pur suétape dans la démarche artistique du ci- jet de cinéma en même temps que l’emblème
néaste, qui a orchestré les coupes. Alors : ci- d’un monde livré à l’entropie.
néma ? télévision ? Réponse : joli mélange. Symbole d’une époque charnière, Carlos a

U

quelque chose d’un pantin animé par les turbulences de son temps. Pour autant, ses impasses morales et politiques ne sont pas oubliées. Ici, rien de cool dans le fait de tuer ou
de commettre des attentats, d’autant que les
oripeaux de l’idéologie se défont peu à peu.
D’abord propalestinien rattaché au FPLP,
Carlos tel que le montre Assayas devient un
mercenaire balayé au gré du vent géopolitique entre France, Allemagne, Hongrie, Libye,
Algérie, Irak, Yémen, jusqu’à ne plus exister
pour personne après la chute du mur de Berlin. Ce parcours de l’idéalisme au renoncement donnait à la version longue sa colonne
vertébrale tragique. Ici, le trajet est moins
fourmillant de détails romanesques, et le
personnage un peu plus mécanique dans
ses motivations. Mais une part essentielle
s’épanouit paradoxalement avec le resserrement du récit : la logique du triptyque
(comme en peinture).
Dans une première heure nerveuse, encore
plus réussie que dans la version 1, Carlos est
filmé comme une rock-star, avec groupies et
gros flingues. Puis, il se noue subrepticement
d’inquiétude lors du moment de bravoure,
conservé presque intégralement : la prise
d’otages au congrès de l’Opep en 1975, premier semi-échec et point de bascule. Enfin,
le corps tout-puissant des premières images
se dégrade dans l’ultime tableau. Carlos séduit encore, mais le spectacle de sa séduction
tourne à vide ; il s’épaissit, tombe malade et
finalement chute, pathétique. Un corps et un
monde se sont croisés, un film passionnant
est né, comme un post-scriptum fougueux au
Olivier Joyard
Carlos initial.

retrouvez toute l’actu cinéma sur
Les Inrockuptibles numéro 762 / 7 juillet 2010


Aperçu du document Carlos.pdf - page 1/1




Télécharger le fichier (PDF)


Carlos.pdf (PDF, 844 Ko)



Sur le même sujet..





Ce fichier a été mis en ligne par un utilisateur du site. Identifiant unique du document: 00023525.
⚠️  Signaler un contenu illicite
Pour plus d'informations sur notre politique de lutte contre la diffusion illicite de contenus protégés par droit d'auteur, consultez notre page dédiée.