282 SEPTEMBRE10 .pdf



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ISSN 0299 - 0342

7 salles associatives, indépendantes, art & essai, recherche. 2 rue des Ursulines, 37000 TOURS

N°282 \ septembre 2010 - STUDIO CINÉMAS :

BENDA BILILI !
un film de
Renaud Barret et Florent de La Tullaye

Samedi 18 septembre :

Journées européennes
du patrimoine :

PORTES OUVERTES AUX STUDIO,
LE MATIN

S

O

M

M

A

I

R

E

septembre 2010

répondeur

08 92 68 37 01
0,34 € la minute

3
CNP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
À Tours de bulles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Tours métrages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
LES FILMS DE A À Z ................. 5
En bref . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Vos critiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Réabonnez-vous . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
La Nuit des Studio vue par les spectateurs 19
La Nuit des Studio en photos . . . . . . . . . . . . . . . . 20
courts lettrages : Copie conforme . . . . . . . . . . . . . . . . 22
rencontre : Anémone & Franck Phelizon . . . . . 24
interférences : Année bissextile - Rabia . . . . . . . 26
rencontre : Nader Homayoun Forum Raison publique . 28
à propos de : Copie conforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Jeune Public . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
LE FILM DU MOIS : Benda Bilili . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
Éditorial

..........................................

studiocine.com

Les horaires d’ouverture :
lundi : de 14h00 à 19h00
mercredi : de 14h00 à 17h00
jeudi : de 14h00 à 17h00
vendredi : de 14h00 à 19h00
nouveau samedi : de 14h30 à 17h00
La bibliothèque réouvre le 4 septembre.

La cafétéria des Studio
gérée par l'association AIR
(chantier d'insertion),
accueille les abonnés des Studio
tous les jours de 16h00 à 21h45
sur présentation des cartes :
abonné et cafétéria.

GRILLE PROGRAMME . . . . . . . pages centrales

Jeudi 23 septembre : Les Studio accueilleront la conférence de la rentrée culturelle de la Mairie de Tours.  
Accueil et café à 9h15-9h45 dans la cour.
Conférence 10h-12h45 avec Bernard Lahire et Aude Lavigne.
Les STUDIO sont membres de ces associations professionnelles :

EUROPA

AFCAE

ACOR

GNCR

ACC

REGROUPEMENT
DES SALLES POUR
LA PROMOTION
DU CINÉMA EUROPÉEN

ASSOCIATION
FRANÇAISE
DES CINÉMAS
D’ART ET ESSAI

ASSOCIATION
DES CINÉMAS DE L’OUEST
POUR LA RECHERCHE

GROUPEMENT
NATIONAL
DES CINÉMAS
DE RECHERCHE

ASSOCIATION
DES CINÉMAS DU CENTRE
(Membre co-fondateur)

(Membre co-fondateur)

Les Éditions du Studio de Tours. 2 rue des Ursulines, 37000 TOURS - Mensuel - Prix du numéro 2 €.
ÉQUIPE DE RÉDACTION : Sylvie Bordet, Lucile Bourliaud, Janine Carlat, Isabelle Godeau, Frédéric Grosclaude,
Jean-François Pelle, Claude du Peyrat, Dominique Plumecocq, Éric Rambeau, Roselyne Savard, Marcelle Schotte,
avec la participation de Daniel Chapoton et de la commission Jeune Public.
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Éric Rambeau – MISE EN PAGES & EN IMAGES : Francis Bordet.
ÉQUIPE DE RÉALISATION : Éric Besnier, Roselyne Guérineau – DIRECTEUR : Philippe Lecocq – IMPRIMÉ par PRÉSENCE GRAPHIQUE, Monts (37)

Présence graphique contribue à la préservation de l’environnement et atteste être reconnu IMPRIM’VERT.

N°282

Éditorial
Ó

Coup de jeune(s) aux Studio
Dans moins de trois ans, les Studio fêteront
leurs cinquante ans de présence dans le paysage culturel tourangeau. C’est avec fierté que
nous aimons évoquer cette longue complicité
avec un public dont la fidélité est pour nous un
enjeu majeur. Et si nous sommes heureux que,
parmi nos 23 000 abonnés, nombreux soient
encore les passionnés de la première heure et
nombreux aussi soient les amis de dix, vingt
ou trente ans, nous sommes tout aussi satisfaits d’un phénomène que nous constatons
depuis quelques années et que vous n’avez
sans doute pas manqué d’apprécier en jetant
un œil sur les files d’attente ou les petits
groupes en discussion  : la progression du
nombre de jeunes spectateurs dans nos salles !

37 000 élèves par an à fréquenter notre complexe.
Animation aussi, orchestrée par notre commission Jeune Public, qui propose les ateliers
du mercredi au cours desquels les enfants sont
invités à s’exprimer de diverses manières sur
les films et, pendant les vacances, les ateliers
de création vidéo à destination des Centres de
loisirs.

50
Cette progression, aux Studio, nous l’avons
souhaitée et nous nous sommes résolument
engagés dans un ensemble de mesures et d’actions susceptibles d’intéresser et fidéliser ce
public jeune…
Programmation d’abord avec, chaque
semaine, des films à destination des 3 à 12 ans,
à découvrir dans les Carnets Jeune Public, reçus
par près de deux mille p’tits loups et chaque
semaine aussi un ou deux films de la grille hebdomadaire ou de nos festivals, labellisés baskets pour leur univers proche des sensibilités
adolescentes.

Éducation ensuite, grâce entre autres, aux
partenariats avec l’Éducation nationale sur les
opérations École et cinéma, Collège au cinéma,
Lycéens au cinéma et Courts d’écoles, amenant

Tarification encore, avec un abonnement
Jeune Public à 7 € pour une entrée à 2,70 € et
la toute nouvelle carte étudiants, apprentis et
12/17 ans à 11,50 € pour un billet à 3,80 € seulement, dont l’attractivité a séduit plus de
3 000 jeunes la saison dernière.
Ouverture aux cultures urbaines aussi, avec
la venue aux Studio de rappeurs, danseurs et
graffeurs dans le cadre des Rencontres de danses
urbaines en octobre ; ouverture également aux
musiques actuelles (partenariat Aucard de
Tours) et à certains films très prisés par les
jeunes dans les Nuits de genre concoctées par
notre commission Vague jeune.
Communication enfin, avec notre site
Internet et notre page Facebook qui reçoivent
près de mille visites chaque jour.
Eh bien oui, bientôt quinquas, nous avons plaisir aux Studio à nous réjouir d’avoir su rester
jeunes !
DC, pour la commission Communication

Pour la deuxième année, les cinémas Studio participent aux Journées européennes du
patrimoine et ouvrent leurs portes le samedi 18 septembre de 9h30 à 12h30 :
• une visite guidée des lieux (et des cabines de projection) vous sera proposée,
• l’histoire de ce lieu mythique et de la vie de l’association vous sera contée,
• trois courts films du patrimoine vous seront projetés.
Les CARNETS du STUDIO

n°282



septembre 2010 –

3

semaine

du 22 au 28 septembre

4
Cinéma
lundi
19h30

samedi

36’ VF

1h36’

DÉSIR

EN PROMENADE

de Franck Borzage

6 courts métrages d’animation
divers réalisateurs

21h15

Soirée
Tours métrages
Voir page 5

(dimanche
14h30)

DES HOMMES
ET DES DIEUX

ven-sam

de Xavier Beauvois

+

21h30

HAPPY FEW
de Antony Cordier

14h15

CHANTRAPAS

de Rachid Bouchareb

de Otar Iosseliani

MIRAL

de Ben Affleck

de Julian Schnabel

de Luca Guadagnino

17h45
21h45

de Renaud Fély

à suivre…

Rencontre avec le réalisateur : vendredi 24
après la projection de 19h45.

de Neil Jordan

celui qui se souvient
de ses vies antérieures

21h30
sauf
vendredi

SUBMARINO
de Thomas Vinterberg

19h30

(dimanche
15h00)

SIMON WERNER
A DISPARU

19h45

de Fabrice Gobert

www.studiocine.com

à suivre…

CLEVELAND CONTRE
WALL STREET

17h45

1h38’

de Jean-Stéphane Bron

21h45

L’ARBRE

21h45

1h40’

de Julie Bertucelli

de Renaud Baret & Florent de la Tullaye
1h24’

14h15

1h33’

21h30

14h15

1h28’

BENDA BILILI !

17h00

de Alain Corneau

1h50’

(dimanche
15h00)

21h45

21h30

1h40’

ONCLE BOONMEE

19h45

ON ACHÈVE BIEN
LES CHEVAUX

17h30

RUDO ET CURSI

de Apichatpong Weerasethakul

à suivre…

PAULINE
ET FRANÇOIS

ONDINE

1h53’

(dimanche
14h45)

21h15

1h51’

19h45

14h15

17h00

de Chuan Lu

19h00

à suivre…

de Sydney Pollack

19h15

de Lee Chang-Dong

CRIME D’AMOUR

1h59’

AMORE

POETRY

CITY OF LIFE
& DEATH

de Carlos Cuaron

21h30

15h00

2h19’

14h15

(dimanche
14h45)

+

dimanche

17h30

2h15’

1h52’

2h00’

1h35’

de Bertrand Blier

à suivre…

THE TOWN

de Lee Unkrich

14h15

17h30

mer-sam

TOY STORY 3

1h43’

à suivre…

à suivre…

(dimanche
15h00)

LE BRUIT
DES GLAÇONS

(dimanche
14h30)

17h15

1
14h15

17h00
19h00
21h00

mercredi

semaine

2010

1h40’ VF

1h27’

21h30

HORS LA LOI
2h00’

(dimanche
14h45)

14h15

ROUGE
COMME LE CIEL

à suivre…

17h15
19h30

19h45

PREMIÈRE

2h02’

2h18’

(dimanche
14h45)

14h15

AVANT

à suivre…

(dimanche
14h30)

14h15

15h00

14h15

(dimanche
14h30)

1h43’

17h00
19h15

19h00
21h30
14h15

+

dimanche

de Cristiano Bortone

14h15 2h00’

14h15

14h15

17h15
1h30’ VF

jeudi

du 1 er au 7 septembre

2010

Le film
imprévu
08 92 68 37 01

?

www.studiocine.com

Tous les films sont projetés en version originale (sauf indication contraire).

(dimanche
15h00)

ORLY
de Angela Schanelec

19h30

Le film
imprévu
08 92 68 37 01

?

www.studiocine.com

Films pouvant intéresser les 12-17 ans, (les parents restant juges) au même titre que les adultes.

semaine

du 8 au 14 septembre

2
14h15

1h30’

2h00’

(dimanche
14h30)

DES HOMMES
ET DES DIEUX

17h00
19h30
21h45
14h15

de Xavier Beauvois

LA VIE SAUVAGE DES
ANIMAUX DOMESTIQUES

LE BRUIT
DES GLAÇONS

HAPPY FEW
de Antony Cordier

14h15

15h00

17h00
19h30
21h45

17h15

vendredi

19h45

POETRY

BENDA BILILI !

14h15

17h15

de Lee Chang-Dong

de Renaud Baret & Florent de la Tullaye

(dimanche
14h45)

1h38’

17h30
19h30
21h30

1h41’

CLEVELAND CONTRE
WALL STREET

19h45

de Jean-Stéphane Bron

CRIME D’AMOUR

DES HOMMES
ET DES DIEUX

14h15

2h00’

1h53’

(dimanche
15h00)

ONCLE BOONMEE
UNE CHINOISE
de Xiaolu Guo

celui qui se souvient de ses vies antérieures
de Apichatpong Weerasethakul

19h30

17h30

de Karel Zeman

15h00

Soirée
À Tours de bulles

vendredi

19h45

Voir page 6

de Ben Affleck
1h38’

Soirée d’ouverture

LE SIGNE
DE ZORRO

1h43’

de Fred Niblo

HAPPY FEW
de Antony Cordier

Cinéma
lundi
19h30

1h53’

ONCLE BOONMEE
celui qui se souvient de ses vies antérieures
de Apichatpong Weerasethakul

1h52’

MIRAL

17h15

de Julian Schnabel

19h45

1h27’

LE BRUIT
DES GLAÇONS

19h30
21h30

+

dimanche

17h15

THE TOWN

(dimanche
14h45)
1h38’

SINDBAD

de Xavier Beauvois

21h15

de Alain Corneau

mer-sam

14h15

(dimanche
14h30)

14h15

2010

1h10’ VF

2h00’

17h00
19h30
21h45

2h19’

1h28’

(dimanche
14h45)

14h15

(dimanche
14h30)

Rencontre avec le réalisateur : vendredi 10
après la projection de 19h45.

(dimanche
14h45)

14h15

+

dimanche

de Bertrand Blier

19h15

19h45
21h45

14h15

AVANT
PREMIÈRE

1h43’

1h27’

du 15 au 21 septembre

3
mer-sam

de Dominique Garing & Frédéric Goupil

(dimanche
14h30)

14h15

semaine

2010

21h30

de Bertrand Blier

1h28’

14h15

14h15

(dimanche
15h00)

19h30

1h30’

1h50’

LE DERNIER ÉTÉ
DE LA BOYITA

SUBMARINO
de Thomas Vinterberg

de Julia Solomonoff

17h30

(dimanche
15h00)

19h45

1h38’

BENDA BILILI !
de Renaud Baret & Florent de la Tullaye

UNE CHINOISE
de Xiaolu Guo

21h30

17h45
21h45

1h30’

14h15

1h43’

17h45

RUDO ET CURSI
21h45

de Carlos Cuaron

Le film
imprévu
08 92 68 37 01

?

www.studiocine.com

Toutes les salles des Studio sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.

(dimanche
15h00)

LE DERNIER ÉTÉ
DE LA BOYITA

Le film
imprévu

21h45

de Julia Solomonoff

08 92 68 37 01

www.studiocine.com

?

www.studiocine.com

Film pouvant intéresser le jeune public, les parents restant juges.

sous-tend les discours et les actes
politiques, économiques, sociaux, culturels du pouvoir.

&

Réfléchir, échanger
et avancer ensemble

Créé en 1971, le CNP, politiquement
à gauche, est une structure associative qui, au sein des cinémas Studio,
se veut un lieu de remise en question
citoyenne, d’explication et de décryptage d’une société aux enjeux multiples : mondialisation libérale, dégâts
du capitalisme, peuples et personnes
exploités, crise de la démocratie, harcèlement sécuritaire, menaces sur
l’environnement et la santé, dégradation de la situation internationale… Mettre à jour l’idéologie qui

Le CNP travaille régulièrement avec
des associations locales engagées
dans la transformation de notre
société, ouvre la réflexion collective
autour de toutes ces questions et suscite la confrontation des points de
vue.
Tous, CNP, associations partenaires
et public participant aux séances du
jeudi soir, nous continuons à nous
interroger sur les alternatives possibles et les engagements permettant
d’avancer vers une société plus juste,
plus humaine et plus solidaire.

Merci aux 53 partenaires qui ont travaillé avec nous en 2009/2010, aux
intervenant(e)s et aux nombreux(ses) participant(e)s à nos soirées.
LES JEUDIS DU C N P
A partir de 20h00 (parfois plus tôt) : un film documentaire (parfois une fiction)
suivi d’un débat entre le public, les associations locales et les intervenant(e)s invité(e)s.
Les séances sont ouvertes à toutes et à tous. Caisse au point d’accueil central.
Participation aux frais : 3,50 € ou 2,80 € (pour les abonnés aux Carnets du Studio).
Nous répondons au téléphone et lisons les courriels le lundi entre 19h00 et 21h30.
Le Cinéma National Populaire-CNP – 2 rue des Ursulines - 37000 Tours
contact@lecnpstudio.org – 02 47 20 27 00 – http://lecnpstudio.org

LES PROCHAINS RENDEZ-VOUS

jeudi 30 septembre - 20h00
Le CNP, Attac & les Amis du Monde
diplomatique proposent :

SOS : Retraites en Danger !
Voilà un enjeu sociétal, qui pose la question de la place du travail dans une société
productiviste au service du profit de

4

Les CARNETS du STUDIO

n°282



septembre 2010

quelques privilégiés. On place le débat sur
les retraites avec un postulat : il est inéluctable de devoir désormais travailler plus
longtemps, puisqu’on qu’on vit statistiquement plus longtemps !
Si le travail était réellement devenu un
moyen d’émancipation des hommes, la
question pourrait se poser en termes différents. Mais l’injustice, l’exploitation, le
moins disant social pour dégager toujours

plus de bénéfices et de profits sont les
moteurs d’une économie qui tourne sans
tenir compte de ce qui doit être en son
cœur : l’être humain.
débAT avec la participation de Pierre

jeudi 7 octobre - 20h00

GUADELOUPE,
UN AN APRÈS…
Guadeloupe,
une colonie francaise ?
doCUMeNTAire de JP Lepers, 2009.
débAT avec rosa Moussaoui, journaliste (sous réserve).

jeudi 14 octobre - 20h00
EXPLORATEURS URBAINS,
À LA CONQUÊTE
DU LOGEMENT PERDU

§

Concialdi, économiste, et Gérard
Gaumé, retraité ancien responsable
confédéral CGT, après le doCUMeNTAire de Anne Kunvari : IL ÉTAIT
UNE FOIS LE SALARIAT, 2006, 52 mn.
doCUMeNTAire

:

LES TONTONS SQUATTEURS
de Florence d’Arthuis.
débAT avec Jacques Lopez, explorateur urbain.

jeudi 21 octobre - 19h30
CiNé débAT :
LA VIE SILENCIEUSE
DE MARIANNA UCRIA
Film de Roberto Faenza – 1997 – 108 mn
Avec emmanuelle Laborit, qui participera au débat.

La 5e édition du FESTIVAL TOURS-MÉTRAGES fait son ouverture aux Studio
Jeudi 23 septembre 2010 – 21h15 au Studio 1

Après la présentation du jury de cette édition 2010, il sera temps de diffuser les films
primés par le jury de l’an dernier : La Petite
sirène d’Adrien Beau, (meilleur court
métrage en compétition), et Archive des Trizoomiques, réalisé dans le cadre du marathon du court métrage.
La deuxième partie de soirée vous donnera
l’occasion de sortir des sentiers du fantastique avec une sélection de dix courts
métrages prometteurs et variés, sélectionnés hors compétition : 50 cents de Mathieu
Pujol, Les Bons tuyaux d’Olivier Riffard, Wild
Side de Noah Nuer et Guillaume Moreels,
Vendetta de Patrick Brossard, Feue femme
objet de Jean-Marie Roignant, Karma battle
d’Olivier Chapelle et Eric Capitaine, Faut

qu’on parle ! de Lewis Eizykman, Avant-Hier
de Patricia Chica, Clonk de Bertrand Lenclos,
et Danse macabre de Pédro Pires.
Enfin, à la sortie de la salle obscure, les Studio vous inviteront à partager un moment
de convivialité autour d’un apéritif où vous
pourrez partager un verre et échanger vos
impressions avec vos voisins ou encore le
jury.
Une soirée d’exception à ne pas manquer
pour cette 5e édition du festival Tours
Métrages. Retrouvons-nous pour une plongée dans l’univers passionnant du court
métrage avant de zoomer sur la compétition 2010 et de lâcher nos marathoniens
dans la ville de Tours.
Prix de la soirée : 4 €

Les CARNETS du STUDIO

n°282



septembre 2010

5

Vendredi 17 septembre 2010 à 19h45
Soirée d’ouverture

FESTIVAL À TOURS DE BULLES *
L’univers de la BD rencontre le monde du ciné à l’occasion de l’ouverture de À Tours de bulles, LE festival de BD tourangeau qui a pour
thème cette année : la piraterie.
Au programme :
Rencontre avec Stéphane Levallois, auteur de BD (lauréat de La
Tour d’ivoire 2009) et réalisateur qui viendra présenter deux de ses
courts métrages. Un film inédit en salle : la Ballade de la mer
salée.
Une première cette année aux Studio : la soirée est aussi proposée aux
personnes sourdes et malentendantes avec traducteur LSF et VF version sous-titrée en français pour La Ballade de la mer salée (avec l’association 100 voix).
Clôture avec un pot convivial offert par la Ville de Tours.
Tarif unique : 3€

Carcan
2002 – 2’34, de Stéphane Levallois. Prix du court métrage Canal +.

Butterfly
2006 – 2’18, de Stéphane Levallois.

La Ballade de la mer salée
France-Italie – 2002 – 1h26, de R. Danto et L. Saury, d’après H. Pratt, avec
les voix de R. Berry, P. Bouchitey, B. Schultz.

Où l’on retrouve Corto surgissant des
eaux du Pacifique quelques mois avant que
n’éclate la 1re Guerre mondiale. Un naufrage lui fait rencontrer Pandora et son
cousin Caïn. L’île d’Escondida devient le
théâtre de multiples rebondissements…

Et aussi aux Studio :
2 expositions :
• Dans le hall : Corto Maltese.
• À la bibliothèque : BD et affiches sur le
thème de la piraterie.

AvANT LeS FiLMS, dANS LeS SALLeS, AU MoiS de SePTeMbre :
• push de Terrasson Trio (studio 1-2-4-5-6) • Havanization de Raul Paz (studio 3 et 7)

A

Amore
Italie – 2009 – 2h00, de Luca Guadagnino,
avec Tilda Swinton, Marisa Berenson…

Dans la demeure des Recchi, grande
famille industrielle lombarde, c’est l’heure
du changement de génération. Le fondateur de l’entreprise lègue l’affaire familiale
à son fils Tancredi. Emma, qui l’a épousé
pour échapper à sa vie en Russie, est une
belle dame du monde, fine, intelligente et
élégante mais qui étouffe sous des conventions sociales trop rigides. Un jour, elle fait
la rencontre d’Antonio, un cuisinier ami de
son fils, et une folle passion naît entre
eux…
Ecrit pour Tilda Swinton, Amore est un
mélo finement ciselé qui évoque Visconti
ou le mélodrame post moderne à la Todd
Haynes, inspiré par le cinéma de Douglas
Sirk. Un film bien accueilli par les publics
et les critiques à Venise, Toronto ou Sundance.
Sources : filmdeculte.com – cineuropa.com

séance Jeune Public :
mercredi 15 septembre
avec atelier BD
(Voir page 34).

L’Arbre

France/Italie/Australie – 2009 – 1h40, de Julie Bertucelli,
avec Charlotte Gainsbourg, Morgana Davies, Marton Csokas…

De retour chez lui après un convoyage,
Peter meurt brutalement. La vie de sa
famille, femme et enfants, bascule. Com-

ment chacun va-t-il vivre ce deuil ? L’action
se déroule dans la maison familiale faite de
bric et de broc et autour de l’immense
figuier du jardin. Simone, la fillette, se réfugie souvent dans l’arbre et pense y retrouver son père dont elle croit entendre la
voix. Les murmures sont-ils humains? Le
figuier semble prendre vie et acquiert un
énorme pouvoir…
Ce film, adaptation du roman Our Father
Who Art in the Tree de Judy Pascoe, est très
émouvant. Charlotte Gainsbourg joue la
mère avec finesse et sensibilité. Quant à la
jeune Morgana Davies, elle est impressionnante de justesse et de maturité.
L’Arbre est le second long métrage de
J. Bertucelli, révélée par Depuis qu’Otar est
parti. MS

B

Benda Bilili !
film du mois VOIR AU DOS DES CArneTS.

Le Bruit
des glaçons
France – 2009 – 1h25, de Bertrand Blier,
avec Jean Dujardin, Albert Dupontel, Anne Alvaro, Myriam Boyer…

Charles (J. Dujardin) a beau être un auteur
à succès, il va mal, très mal, s’isole et boit

* du 17 au 19 septembre 2010. Programme détaillé du festival à l’accueil des Studio et mis à jour sur www.atoursdebulles.fr
Film pouvant intéresser les adolescents, les parents restant juges.

6

Les CARNETS du STUDIO

n°282



septembre 2010

Les CARNETS du STUDIO

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de plus en plus. Un jour (on n’a pas
dit : beau), il reçoit une visite, plus qu’inattendue, un type (A. Dupontel) qui se présente comme son… cancer : « Bonjour…
Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal
de faire un petit peu connaissance ». Mais ce
cancer, ce n’est pas le genre à effectuer sa
tâche sans se poser de questions et dans
ce cas précis, il voudrait bien comprendre
pourquoi sa victime ne s’accroche pas plus
que ça à la vie… Pour les puristes, Blier n’a
plus réalisé de grands films depuis Trop
belle pour toi en 1989 ; alors, c’est peu dire
que ce dix-huitième long-métrage est
attendu, et espéré de la même veine que
Les Valseuses, Buffet froid ou Tenue de soirée ! Avec ce Bruit des glaçons, le réalisateur annonce, en tous les cas, une évolution dans sa façon de filmer  : «  Moins
ambitieuse, plus dépouillée », au plus près de
son sujet.
Sources : dossier de presse ; filmsactu.com ; allocine.com

C

Chantrapas

France – 2010 – 2h02, de Otar Iosseliani, avec David Tarielashvili, Nika
Endeladze, Tamuna Karumidze, Fanny Gonin, Bulle Ogier, Pierre Étaix…

La créativité de Nicolas, jeune cinéaste
épris de liberté, se heurte à la censure et
à l’idéologie ambiante de la Géorgie des
années soviétiques. Face aux pressions,
l’artiste s’exile en France, croyant y trouver la liberté propice à ses projets…
Toute ressemblance avec un réalisateur
existant n’est pas fortuite. Otar Iosseliani
a dû également quitter sa Géorgie natale
dans les années 70. Il parle de Chantrapas
comme « une foire charmante ». C’est aussi
« une fantaisie, un poème, une chanson

mélancolique, une bonne blague, […] bref un
rêve de cinéma et un exemple de liberté ». S’y
ajoute une distribution haute en couleurs
pour un projet que le réalisateur offre en
partage au spectateur, celui du « bonheur
d’être une pierre, de résister à tout ». Sous
un joyeux bazar, une œuvre intelligemment concoctée…

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avec Kristin Scott Thomas, Ludivine Sagnier…

Dans les bureaux d’une grande multinationale, un jeu dangereux de séduction et
de pouvoir se met en place entre une
femme et sa supérieure hiérarchique. Isabelle admire Christine, mais va se rendre
compte petit à petit que cette dernière la
manipule. Humiliée, Isabelle décide de se
venger. Reste à réaliser le crime parfait :
pour cela, elle met au point un plan complexe qui consiste à accumuler les indices
de sa culpabilité afin de mieux s’innocenter. Face à face glaçant entre deux grandes
actrices, scénario millimétré qui mène le
spectateur de surprise en surprise. C’est
un retour aux sources pour Alain Corneau, grand amateur de polar, qui compare
son dernier film à Police Python 357, ou à
La Menace (1977).

Sources : dossier de presse, liberation.fr

Filmographie sélective : Jardins en automne (2006) ; Lundi matin
(2002) ; Adieu, plancher des vaches (1999) ; La chasse aux
papillons (1989)

Cleveland
contre Wall Street
Suisse/France – 2010 – 1h38, documentaire de Jean-Stéphane Bron,
avec Barbara Anderson, Josh Cohen…

Janvier 2008. L’avocat Josh Cohen et ses
associés assignent en justice une vingtaine
de banques jugées responsables des saisies
immobilières ravageant leur ville de Cleveland. Mais les 21 banques résistent en
s’opposant à l’ouverture d’une procédure
judiciaire par tous les moyens. Cleveland
contre Wall Street raconte l’histoire d’un
procès qui aurait dû avoir lieu, avec des
protagonistes et des témoignages qui, eux,
sont bien réels…
Après Le Génie helvétique où Jean-Stéphane
Bron a « filmé la “démocratie en action” »,
il voulait « essayer de filmer le “capitalisme
en action” ». La plainte de la ville de Cleveland contre les banques, la rencontre
avec Barbara Anderson et Josh Cohen personnifiant cette ville résistante ont déterminé le réalisateur dans son projet. L’occasion aussi « de revisiter le film de procès,
où de manière très classique s’affrontent les
forces du Bien et du Mal ».
Source : dossier de presse

Les fiches paraphées correspondent à des films vus par le rédacteur.

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Crime
d’amour
France – 2009 – 1h41, de Alain Corneau,

Source : allocine.fr

D

Le Dernier été de la Boyita

Argentine/Espagne/France – 1h30 – 2010, de Julia  Solomonoff,
avec Guadalupe Alonso, Nicolás Treise, Arnoldo Treise, Mireilla Pascual…

« Cet été-là, tout changea. Mes parents se
séparèrent, ma sœur aînée qui entrait dans
l’adolescence ne voulait plus jouer dans la
Boyita, la roulotte garée dans le jardin, théâtre
de nos confessions et aventures… Cet été-là,
je partis à la campagne en quête de Mario, le
fils des Péons. et sans le savoir, sans l’avoir
planifié, nous entrevîmes les mystères de la
sexualité, découvrant une réalité que les
adultes n’osent affronter. Cet été-là, je sus que
le monde était beaucoup plus complexe,
confus et fascinant que ce que j’avais cru.»
J. Solomonoff a été l’assistante de W. Salles
sur Carnets de voyage, et a déjà réalisé un
premier long-métrage intitulé Hermanas

(2005) très remarqué dans les festivals du
monde entier mais jamais sorti en France.
Dans celui-ci, elle ne nous propose pas
seulement un énième film d’apprentissage
sur deux jeunes adolescents en pleine
puberté mais une chronique tout en
finesse sur un sujet complexe et délicat.
Sensuel et pudique à la fois, Le Dernier été
de la Boyita avec une sacrée surprise à miparcours fait vibrer un drame intime au
diapason d’interrogations universelles.
Sources : dossier de presse

Des hommes et des dieux
France – 2010 – 2h00, de Xavier Beauvois,
avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale…

Dans un monastère perdu dans les montagnes algériennes, huit moines chrétiens
français vivent en harmonie avec les villageois musulmans. Malgré la violence et la
terreur de la région, malgré les menaces
grandissantes, ils décident de rester coûte
que coûte…
Inspiré par l’histoire des moines de Tibéhirine, enlevés par un groupe armé en 93
et dont on ne retrouva que la tête, le 5e
long-métrage du réalisateur de nord (91)
et de n’oublie pas que tu vas mourir (Prix du
jury à Cannes en 95) est d’abord un film qui
défie les attentes : plutôt qu’une évocation
de la montée des intégrismes, Des hommes
et des dieux est avant tout un film sur une
communauté humaine mise au défi de son
idéal par la réalité. Porté par des acteurs
exceptionnels et une mise en scène admirable dont certains plans sont dignes de
Dreyer ou de Pasolini, le film a reçu un
accueil critique unanime ainsi que le Grand
prix du dernier festival de Cannes. Un film
« à la fois simple, limpide, lumineux et d’une
richesse exceptionnelle. »
Sources : lemonde.fr – politis.fr – le point.fr

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E

En promenade
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H

Happy Few

France – 2010 –1h43, de Anthony Cordier, avec Marina Foïs, Elodie
Bouchez, Roschdy Zem, Nicolas Duvauchelle, Jean-François Stévenin…

Rachel travaille dans une boutique de
bijoux. Elle y rencontre Vincent à l’atelier
et, séduite par son franc-parler, décide
d’organiser un dîner avec leurs conjoints
respectifs, Franck et Teri. À peine devenus
amis, les deux couples tombent presque
aussitôt amoureux. Inséparables, les nouveaux amants avancent à l’aveugle dans
leur passion, sans règles et sans mensonges. Mais ce qui les lie les uns aux
autres est tellement fort que la confusion
s’installe.
Après Douches froides, un premier film
remarqué, Prix Louis Delluc en 2005 et
primé dans de nombreux festivals (un trio
amoureux dans le milieu du judo), Anthony
Cordier continue d’explorer la confusion
des sentiments, cette fois-ci entre des
adultes entre 30 et 40 ans. Avec un casting
impressionnant, Happy Few a été sélectionné pour la 67e Mostra de Venise.
Sources : dossier de presse

vendredi 10 septembre, après la séance
de 19h45 : avant-première et rencontre
avec le réalisateur Anthony Cordier.

Hors-la-loi

France/Algérie/Belgique/Italie/Tunisie – 2010 – 2h18, de Rachid Bouchareb,
avec Roschdy Zem, Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Bernard Blancan…

Chassés de leur terre algérienne, trois
frères et leur mère sont séparés. Alors que
Messaoud s’engage en Indochine avec l’armée française, Abdelkader milite active-

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ment à Paris pour l’indépendance de l’Algérie aux côtés du FLN. Saïd, lui, fait fortune dans les bouges et les clubs de boxe
de Pigalle. Le destin des trois frères, scellé
autour de l’amour d’une mère, se mêlera
inexorablement à celui d’une nation luttant
pour sa liberté…
Avec Hors-la-loi, R. Bouchareb s’intéresse
à une période très peu évoquée par le
cinéma français. Au-delà des « exactions
policières et (de) l’oppression, il cherche surtout à rendre compte des cas de conscience
de ses personnages, aux prises avec une lutte
à tout point de vue “fratricide” ». Avec subtilité, le réalisateur de Indigènes (2006)
« donne à voir l’ambivalence déchirant son
microcosme familial et, à travers elle, les difficultés à venir de l’Algérie indépendante ».

sur trois générations. Une quête éperdue
de justice, de réconciliation et d’espoir animent ces femmes côtoyant un monde
noirci par la guerre et la fureur. Miral
représente l’une d’entre elles.
Sources : dossier de presse

O On achève bien les chevaux
USA –1969 – 1h59, de Sydney Pollack,avec Jane Fonda,
Michael Sarrazin, Susannah York, Gig Young, Red Buttons…

Sources : dossier de presse, lemonde.fr, rue89.com.

Miral

France/Israël/Royaume-Uni – 1h52 – 2009, de Julian Schnabel
avec Hiam Abbass, Yasmine Elmasri, Alexander Siddig, Willem Dafoe…

Jérusalem, 1948. Une jeune femme palestinienne, Hind, recueille un groupe d’enfants victimes d’une attaque israélienne
alors qu’elle se rend à son travail. C’est
ainsi que naît le pensionnat pour enfants
palestiniens, l’institut Dar Al Tifel.
En 1978, Miral, une petite fille de sept ans,
y est amenée par son père Jamal après le
suicide de sa mère. Une dizaine d’années
s’écoulent et des choix s’imposent désormais à Miral. Elle est tiraillée entre l’adhésion à la cause de son peuple par la force
et l’idée défendue par Hind que l’éducation est la seule solution possible.
Après Basquiat (1997) et plus récemment
Le Scaphandre et le papillon (2007), Julian
Schnabel s’intéresse ici à l’histoire de
femmes dont les destinées s’entremêlent

M

1931. États-Unis. Durant la grande dépression, de nombreux marathons de danse
sont organisés à travers tout le pays. Ces
rendez-vous attirent les foules animées
d’une malsaine curiosité qui voient, dans la
souffrance d’êtres désespérés, le moyen
d’oublier leur propre fardeau. Un couple,
Robert et Gloria, est bien décidé à danser
pendant six jours afin de décrocher la
prime promise aux vainqueurs.
Sydney Pollack nous livre ici l’un de ses
meilleurs films, une pièce maîtresse de
l’histoire du cinéma. Avec la narration
hyperréaliste de ces couples dansant jusqu’à la mort – et dont certains reviennent
presque à l’état animal –, il se livre à une
virulente critique du monde du spectacle
et nous montre à quel point les hommes
peuvent se laisser humilier quand on leur
promet gloire et richesse. Ce film au sujet
très contemporain est magistralement
filmé et interprété.
« Les héros pitoyables de cette danse infernale
trouvent en Pollack un peintre exceptionnel.
une œuvre terrible et magnifique. »
(Télérama)… Un véritable chef d’œuvre à
ne pas manquer. SB

Oncle Boonmee

Thaïlande – 2010 – 1h53, de Apichatpong Weerasethakul,
avec Thanapat Saisaymar, Jenjira Pongpas, Sakda Kaewbuadee…

C’est la Palme d’or surprenante et inattendue du Festival de Cannes. Oncle Boonmee est un vieil homme malade, il sait sa
mort prochaine. Ramené à sa demande de
l’hôpital pour mourir chez lui, il est abordé
par les fantômes de sa femme et de son fils
disparus. Lui reviennent alors les souvenirs
de ses vies antérieures. L’occasion de se
mettre en paix avec lui-même : seul lui
reste le regret d’avoir tué trop de communistes dans sa dernière existence : il
attribue ses souffrances à cette faute.
L’univers d’Oncle Boonmee abolit les frontières entre les vivants et les morts, entre
le quotidien et le fantastique. Le film ne
supporte pas la tiédeur : on le déteste ou
on l’adore. À voir donc absolument.
Sources : dossier de presse, filmdeculte.com.

Ondine

Irlande/USA – 2009 – 1h51, de Neil Jordan,
avec Colin Farrell, Tony Curran, Stéphane Réa, Alicya Bachleda…

Un pêcheur découvre dans son filet une
femme mystérieuse ; il pense qu’il s’agit
d’une sirène et en tombe éperdument
amoureux… Ondine se veut un film intimiste qui mêle drame, comédie, peinture
sociale, et grands sentiments, tout en
reprenant les mythes et légendes celtiques.
Neil Jordan, cinéaste irlandais, a réalisé de
nombreux films dont À vif en 2007, entretien avec un vampire en 1994. Nul doute
qu’il réussisse ce drame fantastique, qui lui
donne l’occasion de filmer les rivages de
son Irlande natale.
Sources : scifi-universe.com, cineaddict.fr.

Film pouvant intéresser le jeune public, les parents restant juges.

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Orly

France/Allemagne – 2009 – 1h24, de Angela Schanelec,
avec Natacha Régnier, Bruno Todeschini…

Pendant un mois, la réalisatrice allemande
Angela Schanelec a posé ses caméras à
Orly, pour filmer quatre histoires au milieu
du tumulte et de l’anonymat d’un aéroport. Une femme qui va retrouver son
mari tombe amoureuse d’un homme, une
autre ouvre une lettre de rupture, une
mère et son fils vont assister à l’enterrement du père, un couple sur le point de
partir en voyage se perd de vue. Gros
plans sur quelques existences perdues au
milieu de milliers d’autres.
C’est le sixième long-métrage de la réalisatrice, à qui l’on doit notamment Marseille
(2004) et nachmittag (2007). Elle fait partie de l’École Berlinoise, aussi appelée de
ce côté du Rhin : « nouvelle vague allemande », qui se caractérise par un grand
réalisme psychologique.
Source : arte.tv

P

Pauline et François
France – 2010 – 1h35, de Renaud Fely,
avec Laura Smet, Yannick Renier, Léa Drucker…

François mène une vie tranquille et sans
surprise. Il a une sœur avec qui il s’entend
bien. Personne dans sa famille ne s’attend
à ce qu’il rencontre une femme. Jusqu’au
jour où Pauline débarque, semant le
trouble et bousculant les liens entre le
frère et la sœur. Une belle histoire naît
entre Pauline et François, qui se sent libéré
et plus léger.
François, c’est Yannick Rénier, déjà rencontré dans L’Arbre et la Forêt (de Ducastel et Martineau), et Welcome (de Philippe
Lioret). Pauline, c’est Laura Smet rencontrée dans La Frontière de l’aube (de Philippe
Garrel) et L’Heure zéro (de Pascal Tho-

mas). Une rencontre très prometteuse
dans ce premier film long de Renaud Fély.

de la campagne mexicaine : l’un et l’autre
sont las de travailler durement dans leur
plantation de bananes : l’un veut être footballeur professionnel, l’autre chanteur
vedette. Et tous deux rêvent de richesse
et de célébrité.
Et ils vont réussir : ils deviennent de grands
joueurs de foot professionnels. C’est alors
que leurs relations s’enveniment et que les
difficultés commencent, fruits de la jalousie et de la haine.
Le résultat ? Un film alerte, plein de rebondissements, et une comédie réjouissante
et palpitante.

Sources : dossier de presse.

vendredi 24 septembre, centre images et les
studio proposent une rencontre avec le réalisateur renaud Fély, après la séance de 19h45.

Poetry

Corée du Sud – 2010 – 2h19, de Lee Chang-Dong,
avec Yoon Jung-hee, Ahn Nae-Sang, Kim Hira, David Lee…

Mija vit avec son petit-fils, collégien, dans
une petite ville sud-coréenne. C’est une
femme excentrique, qui aime arborer des
tenues vestimentaires voyantes. Mais elle
est aussi d’une grande curiosité. Elle est
amenée à prendre des cours de poésie à
la maison de la culture, et quand elle doit
rédiger son premier poème, elle s’aperçoit
qu’elle n’a pas beaucoup regardé jusqu’ici
le monde qui l’entoure. Mais, attention :
les événements du chemin nous montreront que la vie n’est pas QUE beauté et
poésie, car Poetry n’est en aucun cas un film
mièvre ou béatement optimiste.
Prix du meilleur scénario à Cannes, Poetry
s’annonce comme un film intelligent, qui
s’interroge sur l’art et sur le monde, et
servi par une actrice qui illumine le personnage de Mija.

Sources : filmdeculte.com, avoir-alire.com.

S

Sources : dossier de presse, evene.com.

Rouge comme le ciel
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En avant-première :
le mercredi 22 à 14h15

Rudo et Cursi

USA/Mexique – 2007 – 1h43, de Carlos Cuaron,
avec Gael García Bernal, Diego Luna, Guillermo Francella…

R

Simon
Werner a disparu
France – 2010 – 1h31, de Fabrice Gobert,
avec Ana Girardot, Jules Pelissier, Esteban Carvajal Alegria…

Mars 1992 dans une petite ville de la
région parisienne. Lors d’une soirée bien
arrosée, des adolescents découvrent dans
la forêt un corps apparemment sans vie,
enfoui dans les broussailles. Est-ce Simon
Werner, élève de terminale, disparu
quinze jours plus tôt ou celui d’un des
autres adolescents disparus eux aussi mystérieusement ?
Relatant les circonstances du drame à travers les points de vue successifs des principaux protagonistes, ce premier long
métrage distille un climat prégnant et
étrange qui construit le suspense en explorant les multiples facettes d’un même évènement, tout en préservant soigneusement le mystère. Plongeant dans les
méandres des rapports adolescents, et
avec l’aide de jeunes acteurs très justes,
Fabrice Gobert sait trouver la distance
adéquate. Présenté au festival de Cannes
dans la section un certain regard et très
bien accueilli par la presse, Simon Werner

a disparu semble très prometteur.
Sources : Positif n° 593/594

Sindbad
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Submarino

Danemark – 2010 – 1h50, de Thomas Vinterberg,
avec Jakob Cedergren, Peter Plaugborg…

Deux frères se retrouvent à l’occasion de
l’enterrement de leur mère. Leur enfance
a été difficile et la vie d’adulte ne leur a pas
vraiment souri non plus. L’un sort de prison, l’autre s’est fait revendeur de drogue
pour élever son fils… Mais tous deux partagent une histoire d’enfance redoutable :
la mort d’un plus jeune frère, dont ils se
sentent encore responsables.
Sombre ? Désespéré ? Probablement, mais
il ne faut pas oublier qu’en matière d’histoire de familles, T. Vinterberg nous a déjà
donné le grandiose Festen, ce qui n’est pas
rien.
Sources : imdb.com

The Town
USA – 2010 – 2h00, de Ben Affleck, avec B. Affleck, B. Lively, J. Renner…

T

Voleur sans foi ni loi, Doug Mac Ray est
le chef d’un gang sans pitié qui a fait de l’attaque de banques sa spécialité. Rien ne
peut l’ébranler, pourtant, lors du dernier
braquage, il est amené à prendre en otage
Claire Keesey, la directrice de la banque,
et il en tombe éperdument amoureux.
Quelques jours plus tard, encore sous le
choc, la jeune femme succombe cependant
au charme d’un bel homme aimable et discret qui n’est autre que Doug. Cette passion naissante n’est naturellement pas sans

Ruro et Cursi, ce sont deux frères venus

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danger pour ces deux amoureux et fait
aussi un jaloux, Adam Frawley, l’agent du
FBI chargé de démanteler le réseau de
Doug, qui, lui non plus, n’est pas resté
insensible à la beauté de la belle banquière…
Ses parents le voyaient professeur d’histoire…, aujourd’hui acteur, scénariste et
réalisateur de The Town, Ben Affleck a su
ne pas suivre les conseils avisés de ses
proches…pour notre plus grand bonheur !
Bibliographie : dossier de presse.

Toy Story 3
Etats-Unis – 2010 – 1h40, de Lee Unkrich. vF

en 1996, Disney et Pixar créaient l’événement en réalisant le premier film entièrement en images de synthèse. Les spectateurs découvraient alors les aventures de
Woody, Buzz l’éclair et autres jouets qui
s’éveillaient dès que leur jeune propriétaire, Andy, avait le dos tourné. Trois ans
après ce premier succès, le deuxième opus
fut encore mieux accueilli par la critique et
les spectateurs. Cet été, les héros en plastique sont de retour. Andy n’est plus un
petit garçon et doit partir à l’université.
Woody et ses amis se demandent ce qu’ils
vont devenir… Un divertissement avec
une bonne dose de second degré, qui pro-

Cinéma
TOURS

met d’être aussi énergique que les précédents volets !
Sources : allocine.fr, télérama.fr

VOIR AUSSI PAGES JEUNE PUBLIC

Une Chinoise

Chine – 2010 – 1h38, de Xiaolu Guo,
avec Huang Lu, Bo Wei Yi, Geoffrey Hutchings, Chris Ryman…

U

Mei est une jeune chinoise qui s’ennuie
dans son village natal. Elle part pour la ville,
où elle déchante vite. Embauchée en usine,
elle est rapidement renvoyée. Un jour, elle
tombe amoureuse d’un tueur à gages.
Celui-ci meurt, elle trouve son argent
caché et s’enfuit à Londres, où elle épouse
un veuf de 70 ans. De fuite en fuite, d’échec
en échec, Mei est désappointée, frustrée,
sans arriver à trouver sa voie.
Léopard d’or au Festival de Locarno 2009,
une Chinoise s’attache à montrer les
impasses de la société chinoise et les frustrations qu’elle nourrit. La réalisatrice
refuse les pièges de l’académisme et
déconstruit son récit en autant de fragments qui sont à l’image de la vie de Mei.
Sources : dossier de presse.

La Vie sauvage des
animaux domestiques

V

vF VOIR PAGES Jeune PuBLIC EN FIN DE CArneTS.

Henri LANGLOIS

lundi 20 septembre – 19h30

lundi 27 septembre – 19h30

Soirée d’oUverTUre
Ciné concert

USA – 1936 – 96’, de Frank Borzage

Désir

Le Signe de Zorro

USA – 1920 – 98’, de Fred Niblo, mis en musique par X’TET Bruno Regnier

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LE FILM DU MOIS

BENDA BILILI !
France/Congo – 2010 – 1h25, de Renaud Barret, Florent de La
Tullaye, avec Cubain Kabeya, Roger Landu, Paulin Kiara-Maigi…

Au départ, en 2003, un coup de foudre des réalisateurs : la rencontre avec les membres du Staff
Benda Bilili. Des musiciens, pour la plupart paraplégiques, qui vivent dans les rues de Kinshasa
et créent – souvent sur des instruments de récupération – une musique mêlant avec grâce soul,
funk, reggae et tradition. Parmi ceux-ci, Ricky qui
rêve de faire du groupe le meilleur orchestre du
Congo, ou Roger, enfant des rues, qui désire
plus que tout rejoindre ces stars du ghetto kinois
qui écument la ville sur des fauteuils roulants
customisés façon Mad Max. « On leur a tout de
suite proposé de les filmer parce qu’on était en
train de faire un film sur les musiciens de
Kinshasa. Ça a commencé comme ça ». Une
aventure qui a exigé six ans de travail. Six années
et de nombreuses péripéties pour arriver à produire l’album Très, très fort sorti en mars 2009,
qui leur a apporté la consécration et la reconnaissance internationale, notamment après leur
prestation inoubliable au festival Les
Eurockéennes de Belfort en juillet 2009. Depuis,
ils enchaînent les concerts, enthousiasmant les
foules, ce qui fait dire aux protagonistes qu’après leurs matelas en tonkars, ils font
désormais un carton !

Dès le début du film, Coco Yakala, chanteur et
guitariste, annonce la couleur : « Un jour nous
serons les handicapés les plus connus
d’Afrique », mais, ajoute Florent de la Tullaye,
l’un des auteurs : « Le handicap ne nous intéressait pas : s’ils avaient été mauvais musiciens, on
n’aurait pas fait de film avec eux. On n’est jamais
tombés dans le misérabilisme parce que les
personnages ne sont pas comme ça. Ce sont
des surhommes, des mecs géniaux qui aiment
fumer, chanter et baiser ». Le film a des allures
de conte de fées, et les scènes étonnantes se
succèdent comme l’enregistrement de l’album
dans le zoo de la ville, lieu de répétitions
habituel des quinquagénaires Ricky, Coco, Juana
ou Théo et du jeune Roger, incroyable joueur de
satongé (une corde reliée entre une boîte de lait
vide et un morceau de bois). Quant aux
moments de scène (à Belfort entre autres) ils
sont extraordinaires d’énergie et de plaisir communicatif.
Reçu par une standing ovation en ouverture de
La Quinzaine des réalisateurs en mai dernier,
préparez-vous à tenir difficilement dans vos
sièges, car la fièvre Benda Bilili est contagieuse.
Ce Buena Vista Social Club congolais en fauteuils
roulants va vous donner la pêche !
JF

LES CARNETS DU STUDIO n°282 – septembre 2010 – 2 rue des Ursulines, 37000 TOURS - CPPAP n°0214 G 84305

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en bref

Ici. . .
` VIRER SA CUTI
On ne le sait pas assez, mais Jean-Pierre Darroussin peut jouer autre chose que les braves gars : sa palette
peut sans aucun doute s’étendre aux sales types (cf La Dame
de trèfle par exemple) et à coup sûr aux ordures de la plus belle
espèce. Alors réjouissons-nous, il semblerait qu’enfin, avec De bon
matin, Jean-Marc Montout (Violence des échanges en milieu tempéré),
l’entraîne sur la mauvaise pente : dans cette histoire, inspirée d’un fait
divers survenu en Suisse, il endossera le costume d’un employé de banque
qui assassine deux de ses supérieurs hiérarchiques, et n’analyse qu’après coup,
les causes de ses actes !
` MIEUX VAUT TARD…
Grande première pour la prochaine cérémonie des Césars qui aura lieu le 25 février
2011 : les films d’animation auront enfin droit à leur récompense ! Nouvelle occasion (et encore nécessaire, pour ceux qui persistent à croire que « le dessin animé,
c’est que pour les enfants ») de mettre en évidence la variété, la créativité, la subtilité
d’auteurs tel Sylvain Chomet (L’Illusionniste).
` NOUS VIEILLIRONS ENSEMBLE
Barbarella, enfin son interprète, a, malgré les apparences, 72 ans et s’apprête à jouer
en France un rôle de… septuagénaire. Dans et si nous vivions ensemble de Stéphane
Robelin, Jane Fonda donc, mais aussi Pierre Richard, Géraldine Chaplin, Guy Bedos et
Claude Rich formeront une bande d’amis qui décident de devenir colocataires pour
échapper à la maison de retraite. Un étudiant en ethnologie, interprété par Daniel
Brühl, rédigeant une thèse sur le vieillissement, s’occupera de l’intendance de la maisonnée.

et ailleurs. . .
` DE BONNE GUERRE ?
Le fameux livre d’Erich Maria Remarque, À l’Ouest, rien de nouveau, déjà mis
en images par Lewis Milestone en 1930, va être une seconde fois l’objet
d’une adaptation pour le grand écran. Si on ignore pour l’instant le
nom du réalisateur, on connaît toutefois celui qui incarnera Paul
Baümer, jeune Allemand idéaliste qui se jette, fleur au fusil, dans
le combat contre la France en 1914. C’est Daniel Radcliffe/Harry Potter qui endossera l’uniforme et tentera d’exprimer la peur, la souffrance, la faim
endurées par les soldats dans les tranchées ! La première version avait
reçu en son temps
deux

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Oscars,
dont celui du meilleur
film. Cette nouvelle version ferat-elle mieux ?
` LE MALHEUR DES UNS…
Le cinéma fait toujours feu de tout bois, et notamment des
faits divers ; alors évidemment, l’histoire dramatique de Natascha Kampusch, enlevée alors qu’elle avait dix ans, puis séquestrée
pendant huit années, s’échappant à la faveur d’un court instant d’inattention de son ravisseur, ne pouvait qu’attirer la convoitise des studios
hollywoodiens, toujours à l’affût de ces destinées hors normes ! Ce ne sera
finalement pas Scarlett Johansson, jusque là pressentie, qui interprétera la jeune
Autrichienne née elle en 1988, mais, étonnamment, Kate Winslet, âgée, elle, de
34 ans. Si le talent de comédienne de l’héroïne de Titanic n’est pas à remettre en
cause, il y a tout de même des limites à la composition ; alors qu’à cela ne tienne,
le film sera construit en flash back : à chaque problème, une solution !
` MAÎTRESSES FEMMES
S’il ne fallait nommer qu’une grande actrice de composition, on citerait forcément Meryl
Streep ! Combien de fois nous a-t-elle étonnés, bouleversés ? Elle est capable de tout
jouer : les héroïnes consumées par la passion comme la Sarah de La Maîtresse du lieutenant français, ou la Karen de Out of Africa ; celles qui se sacrifient pour ceux qu’elles aiment
comme sa Francesca de Sur la route de Madison ou sa Clarissa dans The Hours ; les maîtresses femmes, comme l’odieuse Miranda dans Le Diable s’habille en Prada ; elle sait même
chanter et faire rire. Quand on vous dit qu’elle a tous les talents ! Elle s’apprête maintenant à relever un nouveau défi, incarner une des femmes les plus impopulaires de l’histoire contemporaine : Margaret Thatcher ! C’est la réalisatrice de Mamma Mia ! Phyllida Lloyd, qui devrait réaliser ce biopic de la Dame de Fer.
` FRÈRES DE SANG
Ces deux là, depuis qu’ils se sont trouvés, ils ne se quittent plus ! Vingt ans qu’ils
tournent ensemble, créant des personnages fous, poétiques, bouleversants :
edward aux mains d’argent, expert dans l’art topiaire, ed Wood, mythique réalisateur raté adepte du pull angora ou barbier à la lame plus qu’efficace, pour
ne citer que quelques unes des créatures inoubliables engendrées par le
duo Burton/Depp ! Mais jusque-là point de vampire dans cette famille
recomposée par ces tératologues ! Avec Dark Shadows, adaptation
d’une série américaine à succès de la fin des années soixante, narrant les tribulations d’une famille de vampires - entourée de
loups-garous, de zombies, de sorcières et autres fantômes
- et plus particulièrement la destinée du mélancolique Barnabas Collins, voilà désormais une
lacune comblée.
IG

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vos critiques
WHeN YoU’re STrANGe
de Tom DiCillo
On veut toujours réincarner Rimbaud. Morrison, même figure d’ange et un recueil pour finir.
Ce film est un hommage désenchanté […] DF
rAbiA
de Sebastian Cordero
Étrange histoire, qui ne nous mène jamais exactement là où l’on croyait aller, qui maintient une
tension permanente et pourtant qui n’est pas un
film d’horreur. La maîtrise de l’espace du huis-clos
est parfaite et permanente. Sinéphile
FiLM SoCiALiSMe
de Jean-Luc Godard
[…] Le titre avance dans une scansion et un
lien presque surréaliste. […] Le mot «film», cette

re-présentation du réel sur un écran, ce paradoxe
officiel du mensonge, cette reconstitution d’un
espace et d’un temps virtuel côtoie de très près
le mot «socialisme», mais cette fois dans la primauté d’une volonté réelle, qui va sans doute se
re-présenter aussi mais dans la réalité quotidienne
du monde. […] David
Je me souviens d’une scène de La sociologie est
un sport de combat, film que Pierre Carles a consacré à Pierre Bourdieu. On y voyait celui-ci, pourtant un intellectuel s’il en est, recevoir un courrier de Godard et déclarer «je n’y comprends rien».
Il ne faut donc pas […] pester contre ce qui serait
«intello», sans chercher à distinguer le produit
d’un véritable travail intellectuel, qui comme tout
travail a le droit d’être respecté, des élucubrations
fumeuses émises par ceux qui ne sont considérés
comme intellectuels que par la seule sphère
médiatique. […] Monsieur HR
Rubrique réalisée par RS

Excellent crû ! 5 films dans des conditions idéales… Merci les STuDIO (sans S) de ce
cadeau génial pour entrer dans l’été ! LC
Une première pour moi à la nuit des Studio comme bénévole sur un stand et comme
spectatrice de films ; que du bonheur ! Super ambiance, et puis le démontage des stands !
Un grand moment ! Plein de solidarité et d’entente malgré l’heure. Vivement l’année
prochaine ! A
Très belle nuit ! Il est presque dommage de ne pas pouvoir avoir plus de temps entre
certaines séances. Mais sinon le cadre et les films sont superbes. Un vrai plaisir à chaque
fois. Vivement l’année prochaine ! L
Toujours aussi géniale cette nuit des Studio. Une programmation pour tous les goûts,
une belle ambiance, et du café pour tenir jusqu’à cinq heures ! L’organisation était parfaite, bravo et surtout merci. LB

#
RÉ-ABONNEZ-VOUS PAR CORRESPONDANCE
Pour éviter les files d’attente lors de la rentrée, vous pouvez vous réabonner par correspondance.
Envoyez le coupon ci-dessous accompagné de :
– Un chèque à l’ordre de l’EST de
• TARIF PLEIN : 17,5 €
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NOM : . . . .
ADRESSE :

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

PRÉNOM : .

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Profession : (facultatif) .

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Les Studio vous feront parvenir votre carte pour la saison 2010/2011 qu’il faudra faire oblitérer à l’accueil lors de votre
première venue. Les cartes cafétéria (1,5 €) et bibliothèque (2,5 €) sont en vente l’une à l’accueil, l’autre à la bibliothèque.

enVoi
à : STUdio AboNNeMeNTS – 2 rue des Ursulines, 37000 ToUrS
– Les CARNETS du STUDIO n°215 – juillet/août 2004

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La 26e Nuit des Studio :
vos critiques

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Cela fait plusieurs années que je participe avec bonheur comme bénévole et militant
sur un stand : Alter mondialiste. J’ADORE CES INSTANTS SI SYMPAS DE GRANDE
HUMANITÉ. CL
Que de monde pour cette édition ! Et bien entendu, de 7 à 77 ans. Ni sectaire, ni spécialement intello, la Nuit des Studio offre avant tout un éventail de grands films à voir
ou à revoir, avec toujours le même plaisir. Prenez une bonne dose de café avant de
venir, et organisez bien vos séances ! Mr. Blonde
Une première pour moi, je ne pensais pas tenir le coup, je trouvais un peu absurde
l’idée de voir 4 ou 5 films dans la foulée… Eh bien, tout faux, c’était une belle expérience, une belle ambiance, belle idée, LA véritable fête du cinéma. Merci. Noctambule
Merci Tarik pour ta réactivité.
Quel plaisir de grignoter une part de gâteau à 3h du matin, entre la séance de Beetlejuice et celle de Senso, tout en partageant avec un voisin inconnu ses impressions sur
Duel !
La nuit des Studio est une nuit de liberté pour défier son rythme quotidien et narguer
les codes sociaux. Une nuit intemporelle pour entrer dans le monde du cinéma et
redécouvrir la diversité de son public et de ses œuvres. DCL

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La Nuit des Studio ,
pour ceux qui l’ont ratée…
pour ceux qui l’ont vécue.

&

Depuis 26 ans, le 1er week-end de juin, les amoureux tourangeaux du 7e art se retrouvent
au 2 rue des Ursulines pour ce qui constitue le point d’orgue de la saison cinématographique : la Nuit des Studio. De 18h00 à l’aube, on se presse dans les sept salles pour voir
des films anciens ou récents, de tous les genres cinématographiques avant de se retrouver
autour d’un verre et d’une assiette, sous les étoiles (quand il fait aussi beau que cette année),
auprès des stands des associations humanitaires et culturelles partenaires des Studio.
Voici quelques photos de l’édition 2010.

Pauses gourmandes entre les cinq séances. On refait le monde alors que le soleil se couche.
Quelques affiches, en souvenir. . . Et, au fil de la nuit, la faim de (bons) films ne semble pas diminuer.

Au fil des séances,
des spectateurs fatigués
nous quittent peu à peu.

Le vendredi soir et le samedi matin, on s’affaire pour préparer, installer, décorer…
pour que tout soit prêt pour accueillir les 1 000 spectateurs de la Nuit.
Un grand merci aux amis des Studio pour leur aide précieuse.
Les photos sont de Nicole Joulin.

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Vers quatre heures du matin, alors que la dernière séance commence,
les bénévoles s’activent : à l’aube tout devra être démonté, rangé, plié… avant le premier café.
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Courts lettrages : CoPie CoNForMe

Un homme et une femme discutent
dans une voiture. La caméra est face
à eux, de l’autre côté du pare-brise plus
précisément, et le spectateur observe la
scène de façon frontale, objective pourrait-on penser. Pourtant, il voit ce que les
personnages voient (les paysages de la
Toscane qui défilent sur le reflet de la
vitre), il entend leur conversation, il partage l’intimité de l’habitacle. C’est comme si
Kiarostami nous offrait le don d’ubiquité,
la possibilité d’être à la fois à l’intérieur et
à l’extérieur de la scène, entre identification avec les personnages, et distanciation
pour tenter de démêler le vrai du faux. LB

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Il y a dans Copie conforme quelques
moments de grand vertige, des
moments où l’on ne sait plus si, par hasard,
il n’y aurait pas eu un avant le film qui resurgirait ici ou là, qui ferait que le spectateur
ne sait plus qui joue, qui ment. Du coup,
les enjeux se brouillent et une sorte de
jubilation s’empare de vous, qui essayez de
lire dans le jeu des acteurs dans l’espoir
de percer les différentes couches de mensonge. Car, aussi précise et habile que soit
la mise en scène, tout cela repose en définitive sur le prodigieux travail des deux
acteurs. ER

Abbas Kiarostami quittant son Iran
pour filmer en Italie, avec un acteur
britannique et une actrice française. On
pouvait craindre qu’il ne perde son style,
qu’il se perde tout simplement. Et c’est
bien sûr le contraire : Copie conforme est
une œuvre dense, forte, qui fascine le spectateur. L’art est non seulement universel,
mais il se joue de la barrière des langues
et des cultures. Il est polyglotte, et il pose
cette question récurrente, mais essentielle : qu’en est-il du bonheur ou du malheur de vivre et d’être là où nous
sommes ? Sous tous les cieux. CdP

Peut-on penser des choses totalement contradictoires d’un même
film ? Saisir l’intelligence du propos, du jeu
sur le modèle et son double, être séduit
par le jeu de Juliette Binoche et trouver
aussi ce film passablement verbeux et relativement ennuyeux ? DP
Une caméra fluide qui n’en finit pas
de tourner autour de Juliette ; un film
bavard sur le jeu de la séduction et la quête
du couple idéal : Copie conforme, de Rohmer ? SB
Copie conforme = ambigüité de l’art
et art de l’ambigüité. JC
Idem. JF
Ibidem. MS

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,rencontre : F. PHeLiZoN, d. dUrANd, G. bArboZA, ANéMoNe

Anémone aux Studio © Nicole Joulin

• Le scénario, l’histoire : Le film,
dédié à Jean et Charlotte, parents du réalisateur, s’inspire d’une histoire vraie. Le
père de Franck Phelizon était juif, et l’un
de ses oncles s’est violemment opposé aux
amours de sa fille avec un SS. Il nous
apprend que 300 SS – dont 80 autrichiens – ont été élevés au rang de Justes à
l’issue de la guerre pour avoir aidé des
juifs. La plupart d’entre eux ont été exécutés.
– « C’est une histoire éternelle, nous dit Anémone, celle de roméo et Juliette. Ce film s’apparente à un mélo ; j’aime les mélos et j’ai
pleuré quand je l’ai vu ».

AMOURS SECRÈTES
Rencontre avec Franck Phelizon (réalisateur), Deborah Durand
(Louise), Gregory Barboza (Hans), Anémone (Margot).
d’emblée, Franck Phelizon nous avait prévenus : nous allions voir un
film chargé en émotion. est-ce pour cette raison (une salle sous le choc)
que les spectateurs furent bien peu bavards ce mercredi 16 juin ? Les
protagonistes des amours secrètes furent en revanche très diserts, Anémone en premier lieu, intervenant à tout propos pour détendre l’atmosphère…

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• Un film à petit budget : 120 000
euros pour le tournage, effectué en
16 jours (un record) dans des conditions
épouvantables, 800 000 euros tout compris (montage, copies, etc.)
Pour être au plus près des émotions et des
personnages, il n’y a nul besoin d’une
armée de figurants ni de reconstitution
onéreuse. Les deux parties du film se
déroulent dans des lieux isolés – la maison
d’Huguette et celle du frère de Louise – et
tout est cadré serré, au plus près des
acteurs. C’est à eux de faire passer les
émotions.
• Un film nocturne, une image
sépia : Un gros travail a été fait à l’étalonnage : l’image a été jaunie pour retrouver le ton des films des années 40.
• Les personnages, les acteurs :
Un premier rôle difficile pour Gregory
Barboza, surtout quand il a fallu endosser

l’uniforme d’un soldat nazi. Le personnage
de Hans est en complet décalage avec le
stéréotype du SS : brun, peu sûr de lui,
timide voire effacé : un rôle trop doux
pour la réalité des faits ?
Deborah Durand fut recrutée sur le casting réalisé par le réalisateur lui-même,
petit budget oblige. Sa capacité à jouer en
permanence sur le fil de l’émotion a fait la
différence.
Anémone joue le rôle d’une femme fracassée de douleur à la suite de la mort de
son fils. Elle a dû se mettre dans la peau de
quelqu’un qui vient de subir la plus grande
douleur qu’un adulte puisse vivre. Si elle
est murée dans son silence, « ce n’est pas
parce qu’on n’a pas de texte, qu’on ne peut
pas faire passer les émotions».
• La force de la passion et la mort
qui plane :
Pendant tout le film, au-delà de la complexité des situations, les sentiments
débordent et deviennent les plus importants. La force de la passion est indissociable de l’image de la mort omniprésente.
L’affiche l’annonçait déjà : le plan flou de
Louise et Hans nus dans un lit mais un premier plan net sur le côté montrant l’uniforme SS avec la tête de mort. La musique
(magnifique chanson de Nicolas Peyrac
interprétée par Maurane et thème composé par Fabien Phelizon) participe également à l’angoisse. La bande son enfin
(extraits de discours de Pétain, informations d’époque, halètements pendant le
combat entre Hans et Jean…) laisse peu
d’espoirs quant à un épilogue heureux.
C’est bien une version de roméo et Juliette
transposée en 1942 à laquelle Franck Phelizon nous a conviés !
SB
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interférences : raBia / annÉe BisseXTile

Rage bissextile

Ils sont allongés nus dans le lit. Rosa se
tourne vers son amant et le réveille en l’appelant Maria. Il faudra quelques minutes
pour comprendre qu’il s’appelle Jose
Maria, qu’ils sont tous les deux Colombiens, travailleurs exilés en Espagne, elle,
domestique dans une grande maison bourgeoise et lui, travailleur clandestin sur un
chantier de construction. Amour caché
d’un après-midi de relâche dans un petit
hôtel pas cher. Tous les deux force de travail invisible dans un pays qui leur demande
juste de le rester, invisibles, de travailler
sans faire d’histoires. Mais Jose Maria est
teigneux, dévoré par une rage aveugle qui
donne le titre au film (rabia de Sebastian
Cordero) et dont on ne saura jamais d’où
elle vient… d’une histoire passée dont on
ne saura rien, d’une Colombie lointaine
dont ils ne parleront jamais. Ils s’aiment à
la folie, à fleur de peau. Et Jose Maria ne
supporte pas les regards libidineux et les
paroles injurieuses de deux mécanos du

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quartier. Après avoir reconduit sa belle, il
les roue de coups. Où a-t-il appris cette
froide violence  ? Apprenant qu’il s’est
battu, ayant peur d’un contrôle de police,
le contremaître le met à la porte. Puis tout
s’enchaîne : une mort absurde due à un
coup de poing malheureux. Jose Maria se
retrouve piégé. Pour échapper à la police,
il se réfugie dans un étage déserté de la
vaste demeure où officie sa chérie.
Huis clos fantomatique, le film prend alors
une couleur fantastique tout à fait réussie.
Le doublement clandestin erre, muet, se
métamorphose. Depuis son no man’s land,
il vit par procuration la vie quotidienne de
la maison, assiste par l’ouïe au viol de son
aimée par le fils de la famille, à la grossesse
finalement désirée, à la naissance de son
fils qui porte son propre nom. Cette
exploration de la solitude et du voyeurisme, cet amour désespéré porté par un
acteur totalement investi est particulièrement impressionnante.

Un autre huis clos venait en résonnance la
semaine suivante, depuis le Mexique :
Année bissextile de Michael Rowe, le portrait désespéré de Laura qui vit seule dans
un immeuble de Mexico. Caméra d’or au
Festival de Cannes, ce premier film est lui
aussi tout à fait asphyxiant. Pendue au téléphone ou au clavier de son ordinateur,
Laura n’a aucun contact avec le monde
réel même si certains soirs, elle ramène
des hommes chez elle… qui la prennent
et la jettent, avec une insupportable insensibilité. Totalement transparente, elle
s’imagine un monde où les vieux de la cour
seraient des parents, le couple en face des
amis… Dans son néant quotidien, un geste
revient, terrible  : elle raye d’une croix
noire le jour enfui et tous ses jours passés, inutiles, la mène inexorablement vers
une case qu’elle a coloriée en rouge : le
29 février, chemin de croix qu’on ne comprendra qu’en fin de parcours… Un soir,
elle ramène un nouveau type qui la frappe.

Mais après le sexe, il lui parle, lui pose des
questions, s’intéresse à elle, son passé, ses
goûts, avec une douceur surprenante. Un
rituel sadomasochiste s’installe entre eux
d’autant plus dérangeant pour le spectateur renvoyé à son statut de voyeur, qu’il
recouvre une situation coloniale : il est
blanc, elle d’origine indienne. Mais à
mesure que la violence, que les humiliations s’amplifient, le rapport de force s’inverse. Totalement offerte, Laura surpasse
son bourreau en exigeant de lui, couteau
caressant son corps nu, qu’il la tue, le
29 février. Le jour où son père est mort,
quatre ans auparavant. Ce jour-là, elle lui
donne rendez-vous, prépare tout, entre
rite funèbre et intervention chirurgicale,
se rase le sexe, s’habille dans la robe
blanche de jeune mariée de la mort.
Comme si, en se sacrifiant, elle pouvait
regagner du terrain sur la mort, sur le
temps, qui s’use et qui se nourrit du sang
des sacrifices.
DP

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,rencontre : NAder TAKMiL HoMAYoUN



Après une présentation du thème Liberté
Libertés par Patrick Savidan, une rencontre
avec le réalisateur animée par la journaliste
Sonia Kronlund (France Culture) a captivé
un public resté nombreux après la projection.
Téhéran a été tourné en période pré-électorale, le cinéaste pensant que les contrôles
seraient un peu plus souples. « Il existe un
contrôle sur les cinéastes, Jafar Panahi a été
arrêté. Tout ce qui doit être filmé doit obtenir
des autorisations. Filmer en Iran est devenu très
compliqué. nous avons filmé en 18 jours, en
équipe très réduite et sans autorisation […] en
fait, je ne dirai pas sans autorisation car ce n’est
pas vraiment possible en Iran. Dès que vous
posez la caméra dans la rue, il y a des gens qui
viennent vous questionner, ça ne veut pas dire
que vous leur dites votre projet… Dans leurs
têtes, j’étais un documentariste ». Obligé de
tourner rapidement et avec peu de budget,
la majorité des scènes a été filmée en 2 ou
3 heures, avec une mise en place rapide.
« Pour certains décors, il fallait vraiment obtenir l’autorisation comme pour la scène finale à
l’aéroport/la gare […] J’avais gardé cette scène
pour le dernier jour de tournage et le lendemain, on rentrait en France. Au moment où on
rangeait le matériel, c’est là que le directeur de
la gare est arrivé : “C’est ça ton documen-

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taire ?” un réalisateur est égocentrique, il se
moque du reste, il ne pense qu’au film. Je lui ai
dit que c’était un documentaire qui fonctionnait comme une fiction  ». Le cinéaste a
reconnu que le tournage avait été difficile
car il fallait mentir « à tout le monde ; mais
c’était nécessaire ». S’il avait déposé le scénario auprès de la guidance islamique, il
n’aurait jamais obtenu l’autorisation de filmer. « La forme qu’on a réussi à donner au
film est très documentaire, souvent filmé en
caméra cachée, notamment dans les rues.
Toutes les scènes de mendicité sont vraies. Moi
qui avais une formation de cinéma très classique, là j’ai tout lâché… et je suis très heureux ».
Questionné par le public sur son histoire
personnelle, Nader T. Homayoun explique
qu’il est né de parents iraniens, vivant en
France. Son père, opposant au Shah, est
retourné en Iran six mois avant la Révolution islamique, a été emprisonné pendant
quatre ans par les Mollahs. Revenu en
France en 1993, le réalisateur étudie à la
fameuse FEMIS, retournant de temps à
autre en Iran pour des tournages. Avec
Téhéran, Nader T. Homayoun ne revendique pas de prise de position politique.
« Mon regard est social […] J’ai été très frappé
par la non-vie des Iraniens. La société iranienne

est
depuis
très longtemps dans
un état de
survie
[…]
Montrer
des
gens qui ne sont
pas heureux avec des
difficultés impossibles, de
la mendicité avec un bébé, de
la prostitution, de la mafia, ce sont
des choses qu’ils ne veulent pas montrer ».
Le cinéaste explique qu’il a repris les règles
de la fiction – et du polar – avec un pied
dans le réel. Un mélange de genres qui peut
malgré tout poser problème. La télévision
iranienne, ayant récupéré un DVD lors d’un
festival, n’a pas apprécié Téhéran, reprochant une situation trop noircie. La fiction
ne sera donc pas présentée sur leur écran
et ne pourra constituer une éventuelle carte
de visite pour les acteurs.
Une spectatrice pointe le fait que l’histoire
fait peu appel à la solidarité féminine, au
contraire des personnages masculins. Selon
Nader T. Homayoun, la femme d’Ebrahim

Nader Takmil Homayoun aux Studio © Nicole Joulin

Lors du Forum Raison publique organisé à Tours à l’initiative de la Revue internationale de philosophie éponyme,
était présenté en partenariat avec les Studio le film Téhéran en présence de son réalisateur, Nader Takmil
Homayoun. Le 12 juin ne fut pas choisi au hasard… jour de la
réélection présidentielle de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, ayant
déclenché des manifestations d’opposition massives. Le cinéaste iranien a rappelé l’importance de cette date pour les Iraniens.

réalise
la
même erreur
que son mari en
arrivant dans la mégalopole. « Il s’imaginait trouver du travail, faire venir sa famille,
… c’était un rêve, tout était possible. Les gens
sont tellement occupés à survivre qu’ils en
oublient un peu les autres. elle, elle est larguée !
Quand elle se rend à la banque islamique, elle
y croit. […] Même elle, elle va franchir la ligne
rouge. Alors que vous essayez de suivre le droit
chemin, Téhéran vous pousse… »
Le public est aussi sensible au personnage
de Fatah, l’ami d’Ebrahim qui se marie.
Interprété par Farzin Mohades, excellent
comédien de théâtre, il incarne à l’écran la
fin d’une certaine image de l’homme iranien,
rappelant la génération des pères…
La ville, elle, se pose dans l’histoire tel un
personnage à part entière. Le réalisateur
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À propos de copie conforme

rappelle que « Téhéran s’est construite sur
deux cents ans d’histoire, d’abord en direction
du sud pour remonter ensuite vers les montagnes situées au nord, là où l’air est frais et
où les riches vivent. Pour passer d’un quartier
à un autre, il faut deux heures. La rue principale mesure vingt-trois kilomètres. Le film,
grâce à ebrahim, m’a permis de filmer un peu
partout. Le vieux quartier, au sud, là où il vit,
est plutôt appelé Tehroun, quartier populaire ».
Nader T. Homayoun confie qu’il affectionne
ces quartiers populaires, leur conférant une
réelle beauté.
Un échange se poursuit à propos de Jafar
Panahi que Nader T. Homayoun connaît
depuis 1995. Celui-ci avait filmé un entretien avec le réalisateur du Ballon d’or en
2005. Alors qu’en mars dernier, J. Panahi
est emprisonné et torturé, Nader T.
Homayoun réalise un court-métrage à partir de cette interview, Cercle vicieux, projeté
à Cannes.
La question de la censure est souvent revenue au cours de la soirée, le pouvoir actuel
étant opposé au cinéma iranien avec l’image
du pays qu’il exporte. Les projections privées au sein d’associations, de ciné clubs
deviennent alors la nouvelle possibilité de
voir les films. Comme pour Copie conforme
d’Abbas Kiarostami.
« J’ai fait le choix de ne pas mettre en péril mes
comédiens », presque tous amateurs. « Ils ont
peur ; c’est normal qu’ils ne mettent pas leur
carrière en danger pour un réalisateur qui vit
à six mille kilomètres de là ! […] Toutes les
personnes ayant participé de près ou de loin
peuvent avoir des soucis ». Ainsi, la comé-

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dienne jouant la femme d’Ebrahim a eu la
liberté de tourner avec le voile, bien que le
cinéaste eût préféré qu’elle ne le porte pas.
Pour la scène dans le lit, les deux acteurs
ont proposé de nombreuses solutions.
L’une d’elles consistait à ce qu’ils discutent
ensemble dans la pièce, l’un couché dans le
lit et l’autre debout… Ils ont fini par accepter de se retrouver dans le même lit. « Sur
le papier, cela pouvait paraître inacceptable ».
Mais la manière de filmer de Nader T.
Homayoun a permis l’adhésion des comédiens à l’image finalement obtenue.
Les échanges sont riches et de grand intérêt. Le réalisateur, ouvert et chaleureux, se
rend disponible pour répondre aux questions d’un public visiblement captivé. C’était
la troisième fois que Nader T. Homayoun
– d’abord journaliste, critique de cinéma en
Iran et traducteur d’œuvres françaises sur
le 7e art – nous faisait l’honneur de sa visite
aux Studio. Après être venu présenter Hors
jeu de Jafar Panahi puis un documentaire
que N. T. Homayoun a réalisé sur l’Iran par
le biais de son cinéma, Iran, une révolution
cinématographique, il nous a conquis par son
premier long-métrage de fiction. Témoignant à nouveau de la grande qualité du
cinéma iranien, Nader T. Homayoun se
révèle comme un réalisateur très prometteur avec qui il faudra compter… et qu’il
faut soutenir ! Téhéran a obtenu le Prix de
la semaine de la critique à la Mostra de
Venise 2009 et le Grand prix du jury au Festival Premiers plans d’Angers 2010… Un
projet de film, tourné en France cette foisci, semble s’annoncer. De quoi satisfaire le
public enthousiaste réuni un soir de 12
juin…
RS

RME

NFO
PIE CO

CO

Le réalisateur dévoile son jeu dès le début :
un livre attend sur un petit présentoir, sur
une table de conférence. Son titre est celui
du film, mais en italien. Il n’y a personne :
deux micros attendent aussi une présence.
Rien que le livre, deux micros, une cheminée en arrière plan, qui forme comme un
cadre (presque) vide. Le sujet est là, isolé,
se suffisant en somme à lui-même : la copie
conforme. Annoncé par le livre.
Mais pas seulement : l’annonce tout autant
le décor vide certes, mais métaphorique.
Le cadre noir de la cheminée, les deux
micros (pour la stéréo ?), c’est là le cinéma,
image et son, avant qu’il ne prenne vie. Il
attend que le réalisateur, les techniciens,
les acteurs (j’en oublie, volontairement)
viennent remplir le vide et l’animer. C’est
l’arrivée du conférencier, la salle qui se
remplit à son tour, avec son public. Si ce
n’est pas une métaphore (forte) du cinéma,
ça y ressemble bougrement.

S’agit-il donc seulement de cinéma ? Le
sujet abordé par le conférencier n’y fait pas
allusion. Son livre porte sur l’art et la question de la copie conforme, pour affirmer
une thèse iconoclaste : la copie vaut tout
autant que l’original, si elle est parfaite.
Provocation ? Pas vraiment : ce qui guide
la réflexion du philosophe, c’est l’idée
qu’au fond, il n’y a pas d’original. À tout
tableau, il y a un modèle, vivant, qui est
l’original vrai. Lequel vivant, est lui-même
la copie génétique d’autres humains, dont
il est le descendant.
Pour le conférencier, l’idée d’original est
donc une mauvaise idée, indéfendable.
L’art est copie, que l’on peut donc copier.
Ce qui fait la valeur de l’œuvre, c’est le
regard qu’elle fait naître (à moins que le
regard ne la fasse naître comme œuvre
d’art). L’art, c’est ce que le regard humain
(subjectif, forcément subjectif) projette
dans un objet pour lui donner le statut

Les CARNETS du STUDIO

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septembre 2010

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d’œuvre d’art. Ainsi (c’est mon exemple
– noter que le conférencier en prend
d’autres –), le service à café en porcelaine
trempé dans le goudron par Dali devient
œuvre d’art parce que notre regard (subjectif, donc manipulé) le perçoit ainsi, associé au nom de Dali. Se reporter aux
œuvres de Marcel Duchamp, qui fonctionnent justement sur ce mode.
Mine de rien, nous voici donc, nous aussi,
spectateurs du film, manipulés. Car il n’y
est question, au fond, que de l’art figuratif : chaque copie renvoie à un original (le
modèle réel) parce qu’elle est figurative.
Exit l’art abstrait ? Peut-être. À revoir.
Car ici, l’art est convoqué pour devenir à
son tour métaphore du cinéma. Le cinéma,
art ultime ? Il se pourrait, pour le réalisateur du moins. Est-il besoin de rappeler
que le cinéma est un art figuratif, un art de
la représentation  ? Des décors, des
acteurs : la copie (que l’on a souvent crue
conforme) du réel.
Copie conforme réussit donc ce tour de
force d’être à la fois une réflexion sur l’art
et son rapport au réel (réflexion menée
par les personnages dans les dialogues), et
une réflexion sur le cinéma. Mais les personnages n’abordent pas le sujet du
cinéma. Ils le mettent en pratique, guidés
de manière invisible par le cinéaste. Normal : les personnages sont joués par des
acteurs, qui sont dirigés par le réalisateur.
Mais celui-ci va plus loin : nous sommes
deux fois manipulés.
La première fois « À l’insu de notre plein

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septembre 2010

gré » : le spectateur de cinéma n’est plus
naïf, il sait que le train qui arrive ne va pas
l’écraser. Il sait que c’est joué, et que ce
qui a l’air vrai ne l’est pas.

tif du spectateur qui donne sens (qui donne
un sens ?) à l’œuvre. Et qui peut lui donner ce statut d’œuvre d’art (ou le lui refuser, a contrario).

Ou du moins il croit savoir : car, dans Copie
Conforme, il y a une autre manipulation derrière la première. Un homme, une femme
se rencontrent par le truchement d’un
livre et d’une conférence. L’un, l’homme,
l’auteur-conférencier, est énigmatique. Bel
homme, il n’est pas si sûr de lui, il semble
fragile. Mais nous n’en sommes pas sûrs :
il y a cet air indéchiffrable qui flotte sur son
visage. L’autre, la femme, est sans doute
séduite par cet homme : mais elle ne veut
rien en dire, et il ne sait rien.

Cet homme et cette femme, revenons à
eux, sont pris pour un couple marié. La
femme (qui, peut-être, rêve de cette situation) joue le jeu et ne dément pas.
L’homme, à son tour, accepte le jeu.
L’homme et la femme dont c’était apparemment (mais en est-on sûr ?) la première rencontre se prennent au jeu : les
voici vieux mariés, couple de 15 ans.

Nous voici dans le monde des apparences,
à proprement parler celui du cinéma : des
pensées et des sentiments, au cinéma, le
spectateur ne sait rien avec certitude. Le
point de vue du cinéma est un point de vue
externe, réduit à ce qui est vu et entendu.
Tout le reste n’est qu’apparence à déchiffrer : tel sourire c’est peut-être telle émotion, tel regard une autre, mais aucune certitude. C’est pourquoi le visage du
conférencier reste énigmatique : symbole
de la situation cinématographique, symbole de la situation du spectateur face aux
personnages. Toute interprétation reste
subjective : tel regard lui paraît indiquer de
l’envie (par exemple), parce que c’est ainsi
qu’il imagine un regard d’envie. Subjectivité, regard subjectif  : le conférencier
affirme à la femme que c’est ce qui confère
à tel ou tel objet un statut d’œuvre d’art.
Le cinéma serait-il maître en la matière ?
Maître pour faire naître ce regard subjec-

Se prennent au jeu : c’est-à-dire qu’ils vont
jouer sérieusement la situation. Devenir la
copie conforme de ce vieux couple. Jouer
de manière sérieuse, par conséquent réaliste, la situation de ce couple que l’habitude a aigri. Ils sont devenus les acteurs qui
jouent la copie (conforme) d’une situation
classique, bien connue.

À partir de là, le cinéaste va au-delà d’une
simple métaphore du cinéma : il reproduit
(encore une copie conforme) dans son film
ce qui est la situation du cinéma. Et il nous
met, nous spectateurs, devant ce qui était
la question initiale posée par le conférencier : copie conforme, original ? La question a-t-elle un sens, au cinéma ? Ce que
nous venons de voir, quand nous sortons
de la salle, est-ce un couple qui s’est
retrouvé et qui a laissé crever un abcès, dû
à l’abandon de la femme ? Est-ce un faux
couple, qui a joué habilement la scène du
vieux couple en crise ? On ne sait plus : la
copie a brouillé l’original.
Seule question à laquelle pourrait
répondre le spectateur : est-ce là l’essence
même du cinéma ? Dans ce cas, la copie
(le cinéma) surpasse sans doute l’original
(le réel). Pari réussi du cinéaste dans ce
film fascinant par ses mises en abîme.
CdP

Les CARNETS du STUDIO

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septembre 2010

France/Allemagne – 2008 – 1h30, documentaire de
Dominique Garing et Frédéric Goupil, avec les voix de
André Dussolier et Marie-Pierre Duhamel Muller.

À partir de 5 ans

Que deviennent les animaux
domestiques quand le fermier est
absent ? Désordre garanti ! Les
réalisateurs dévoilent les habi-

tudes et les comportements étonnants des animaux de la ferme.
Découvrez-les, tels que vous ne
les avez jamais vus !
Un documentaire animalier
ludique et pédagogique pas
comme les autres, à voir en
famille, assurément !

Ce mois-ci marque le début de la saison 2010 – 2011 : la commission Jeune
Public a préparé tout un programme de films, de rencontres, d’animations. Nous
présenterons ces temps forts de l’année autour d’un super goûter de rentrée,
mercredi 8 septembre après la projection du film. A très bientôt !

En promenade
2004 à 2009 – 36 mn, programme de
six courts métrages d’animation. VF

À partir de 3 ans

La lune, des pommes, un œuf, la
neige et une ribambelle d’animaux à découvrir absolument,
dans une délicieuse petite série
telle que nous les aimons pour
nos plus jeunes !
Rouge comme le ciel
Italie – 2004 – 1h30, de Cristiano Bortone,
avec Paolo Sassanelli, Marco Cocci, Luca Capriotti… VF

Tout public à partir de 9 ans

Toy Story 3
États-Unis – 2010 – 1h40,
film d’animation de Lee Unkrich.VF

Tout public à partir de 7 ans

La projection de ce troisième chapitre des aventures de Buzz,
Woody et ses amis sera en 2D,
comme les précédentes. C’est
dire combien nous nous attacheSindbad
Tchécoslovaquie – 1971 à 1974 – 1h10,
film d’animation de Karel Zeman.VF

À partir de 5 ans

Où l’on suit l’un des héros des
Contes des mille et une nuits dans
cinq de ses aventures fantastiques. Voyageur rescapé d’un
naufrage, Sindbad va combattre

rons surtout à retrouver nos personnages favoris, à suivre le
départ d’Andy pour l’université et
à découvrir les péripéties remplies
d’humour qui émailleront leur vie,
le tout servi par une musique
brillante… et une nouvelle chanson !
avec ruse et courage des créatures et personnages étranges
dans des lieux fabuleux.
Réalisés en papier découpé où les
couleurs forcent l’émerveillement,
ces cinq courts métrages ont valu
à Karel Zeman le surnom de
Méliès tchèque !

Atelier BD
Les voyageurs des mers, les pirates dans les bandes dessinées ! Les cinémas
Studio s’associent au festival À Tours de bulles 2010* et proposent aux enfants
un atelier BD mercredi 15 septembre après la projection de Sindbad.
* Pour les plus grands à partir de 10 ans, soirée d’ouverture du festival vendredi 17 septembre
aux Studio – Voir les détails page 6 et dans le programme du festival à l’accueil des Studio.

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– Les CARNETS du STUDIO

n°282



septembre 2010

Mirco est un enfant heureux, jusqu’au jour où un accident le rend
presque aveugle. Envoyé dans une
école spécialisée à Gênes, il se
découvre alors une nouvelle passion,
avec l’aide d’un vieux magnétophone…

Le Moineau qui ne sait pas siffler
Danemark – 2009 – 5mn, de Siri Melchior, sans dialogues.

Décrocher la lune
Allemagne – 2004 – 5mn, de Jutta Schünemann, sans dialogues.

Gros Pois et Petit Point dans la tempête de neige
Suède – 2008 – 7mn30, de Uzi et Lotta Geffenblad.

jeune public

jeune public

La Vie sauvage des animaux domestiques

Roulent les pommes
Lettonie – 2009 – 7mn, de Reinis Kalnaellis, sans dialogues.

Le Petit corbeau
Pays-bas – 2008 – 5mn, de Raimke Groothuizen.

Booo
Suède – 2009 – 7mn, de Alicja Jaworski, sans dialogues.

Ce film très émouvant est inspiré de
l’histoire de Mirco Mencacci, l’un des
plus grands ingénieurs du son italien.
Il a reçu de nombreux prix :
Festival européen pour la jeunesse de
Flandres, Prix du public.
Festival international du film de Hambourg,
Prix du meilleur film pour enfants.
Festival international du film de Tel-Aviv, Prix
du meilleur film.

AVANT-PREMIÈRE : MERCREDI 22 SEPTEMBRE, 14h15
Rouge comme le ciel sortira sur les écrans le 6 octobre 2010. Comme ce très beau film
nous a vraiment plu, nous vous proposons de le découvrir en avant-première dès le mercredi 22 septembre à 14h15. Ne manquez pas ce rendez-vous exceptionnel !
Le Dernier été de la Boyita
COUP DE
PROJECTEUR

Argentine/Espagne/France – 2009 – 1h30, de Julia Solomonoff,
avec Guadalupe Alonso, Nicolas Treise, Mirella Pascual… VO

Tout public à partir de 12 ans

Une histoire bouleversante : la
découverte, dans l’incompréhension totale des adultes, de
sa véritable identité sexuelle…
garçon ou fille ? Heureusement, l’amitié de Jorgelina va aider Mario à se
libérer du terrible doute qui l’assaille et
le perturbe, alors que l’adolescence les
confronte tous les deux à des ques-

tions essentielles, dans une campagne
argentine lourde de discrimination, de
silences et de préjugés.
Ce film, fort et délicat à la fois, est
essentiel à découvrir, à la condition de
pouvoir en parler avec un adulte
proche. D’où ce Coup de projecteur
du Jeune Public, pour un long
métrage à voir lorsque s’annonce la
sortie de l’enfance…
Un très bel album, écrit en 1976 par Christian
Bruel et Anne Bozellec, disponible actuellement
aux Éditions Être aborde un sujet similaire :
Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon.
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