Jane Eyre Extraits.pdf


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froid lorsque j’avais laissé le feu s’éteindre, de faim lorsque j’avais oublié de manger. Outre cela, une
douleur sans trêve, et parfois un tel désir de revoir ma Jane qu’un vrai délire s’emparait de moi. Oui !
je désirais plus ardemment qu’elle me fût rendue que de recouvrer la vue. Comment peut-il se faire
que Jane soit auprès de moi, qu’elle dise qu’elle m’aime ? Ne va-t-elle pas disparaître aussi
soudainement qu’elle est venue ? J’ai peur de ne plus la retrouver demain. »
« A quoi sert de m’entourer d’attentions, de quelque manière que ce soit, esprit bienfaisant, quand
le moment fatal viendra encore où vous m’abandonnerez de nouveau, disparaissant comme une
ombre, je ne sais comment, pour aller je ne sais où, sans que je puisse jamais vous découvrir. »
- Non, Jane, vous ne pouvez pas vous y trouver bien, parce que votre cœur est avec votre cousin, ce
St.-John, et non avec moi. Oh ! jusqu’en cet instant, j’ai cru que ma petite Jane était toute à moi ! J’ai
eu foi en son amour, même lorsqu’elle m’a quitté, et c’était un atome de douceur au milieu de tant
d’amertume. Malgré la longueur de notre séparation, les larmes brûlantes qu’elle m’a fait répandre,
je n’ai jamais pensé que, tandis que je la pleurais, Jane en aimait un autre. Inutiles regrets ! Laissezmoi, Jane, partez pour épouser Rivers.
- Défaites-vous de moi, repoussez-moi, je ne vous quitterai pas de mon plein gré.
- Jane, j’aime toujours le son de votre voix, elle a un tel accent de sincérité qu’elle ranime l’espoir. A
cette voix, je reviens une année en arrière, j’oublie que vous avez formé un nouveau lien. Mais je ne
suis pas fou… Partez…
Je sais ce que le don de sa vie à l’être aimé plus que tout au monde. Pour moi c’est le suprême
bonheur, un bonheur inexprimable : mon mari est toute ma vie, je suis toute sa vie. Jamais femme ne
fut plus près de son époux ; aucune n’a été davantage os de ses os, chair de sa chair. Je ne suis jamais
lasse de la compagnie de mon cher Edward, jamais il n’est las de la mienne, pas plus qu’aucun de
nous ne se lasse des pulsations du cœur qui bat dans chacune de nos poitrines ; ainsi sommes-nous
toujours ensemble. Être ensemble, c’est, pour nous, être à la fois libres comme dans la solitude,
joyeux comme en société. Je crois bien que nous causons tout le long du jour, notre conversation
n’est que l’expression à haute voix d’une pensée plus animée. Il a entièrement ma confiance, et j’ai
toute la sienne. Nos caractères sont absolument faits l’un pour l’autre ; il en résulte un parfait
accord.