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révolutions technologiques et de prospérer en exploitant les ressources naturelles de l’Afrique,
vivantes ou inanimées.
Les nouvelles technologies, ou plus exactement le contrôle des nouvelles technologies exercé par
les entreprises, constituent une menace potentielle grandissante pour le continent. Ce continent,
qui panse encore les plaies d’une turbulente conquête coloniale et de la conquête économique
néolibérale, doit maintenant faire face à une conquête technologique menée par les oligopoles.
Comme la marée montante d’un tsunami, l’ampleur d’une révolution technologique et de ses
conséquences au niveau social, économique et politique ne sont généralement perceptibles qu’au
moment tragique où la vague emporte tout sur son passage. Les conséquences entières de ce que
l’on a appelé le « tsunami technologique »[1] doivent être débattues publiquement, et des
stratégies doivent être mises en œuvre pour contrer leurs effets négatifs.
Ces développements suscitent des réactions dans le monde entier – de la part de communautés
locales, de mouvements nationaux ou dans le cadre de rencontres internationales des Nations
Unies telles que la Convention sur la diversité biologique et le Comité sur la sécurité alimentaire
de la FAO (organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture). Des citoyens se
mobilisent pour dénoncer le blanc-seing accordé aux entreprises par les gouvernements pour
qu’elles règlent à grand renfort de technologies des problèmes qui sont fondamentalement de
nature politique et sociale.
Aux quatre coins du monde, des groupes comme la Coalition pour la protection du patrimoine
génétique africain (COPAGEN) en Afrique de l’Ouest s’organisent pour préserver leurs biens
communs, leurs foyers et leurs futurs contre des dommages irréparables.
Ce numéro spécial de Pambazuka News réalisé en collaboration avec l’ETC Group vise à outiller
tous ceux qui sont engagés dans la bataille pour un monde plus juste pour qu’ils puissent prendre
part aux discussions, aux débats et aux dialogues qui peuvent empêcher la conquête prochaine
d’un continent, de son peuple et de ses ressources.
Pat Mooney récapitule les principales tendances qui mènent à la « géopiraterie » des biens
communs ; Kathy Jo Wetter dévoile les tenants et les aboutissants des nanotechnologies ; Oduor
Ong’wen s’intéresse à la biopiraterie et aux droits de propriété intellectuelle ; et Gareth Jones et
Mariam Mayet se penchent sur les avancées de la biologie synthétique en insistant
particulièrement sur la production de l’artémisinine, un médicament contre le paludisme. Jim
Thomas analyse l’aura qui entoure « l’économie verte » dans les médias, et explique le rôle des
nouveaux « maîtres de la biomasse ». Khadija Sharife nous fournit des études de cas détaillées sur
l’exploitation lucrative des forêts par des entreprises prédatrices en Tanzanie, et sur la manière
dont les biotechnologies entraînent des dépossessions au Kenya. Pat Mooney voit d’un œil
critique le programme REDD (Réduction des émissions provenant de la déforestation et de la
dégradation des forêts) de l’ONU, qui sert selon lui les intérêts des entreprises. Blessing
Karumbidza démontre que les politiques d’adaptation et de mitigation du changement climatique
ont ouvert la voie en Afrique à de nouvelles formes d’impérialisme économique. Anne Maina
raconte son expérience personnelle avec le Kathulumbi Seed Bank Community Development
Committee (Comité de développement de la banque de semences de Kathulumbi) au Kenya.
Diane Bronson analyse les conséquences de la géo-ingénierie en Afrique et souligne les actions
menées par la campagne «Hands off Mother Earth » (« Pas touche à la mère nature »). La résistance
ne se construit pas seulement en Afrique, mais dans le Sud tout entier. Silvia Ribeiro raconte
comment 35 000 personnes ont répondu à l’invitation de la Bolivie pour la Conférence mondiale
des peuples face au changement climatique et pour les droits de la Terre Mère à Cochabamba en
avril 2010.

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