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Mener le combat de classe contre Sarkozy
et la bourgeoisie qu'il sert, avec la FSU.
La mobilisation contre le projet de loi Sarkozy de casse des retraites a enclenché une dynamique exceptionnelle.
La promulgation de cette loi rend plus difficile la poursuite du mouvement. Mais par sa durée, son ampleur, et
ses différents aspects cette mobilisation comporte autant d’acquis qui font qu’elle est loin d’être perçue comme
un échec ; ce sont autant d’appuis pour poursuivre contre le pouvoir et ses contre-réformes.
Depuis le mois de juin, les travailleurEs, les lycéenNEs, les étudiantEs, se sont mobiliséEs de façon
exemplaire, dans les entreprises, dans les quartiers et dans la rue.
Ces luttes ont pulvérisé les campagnes gouvernementales (et pas seulement !) sur l’inéluctabilité d’une
réforme qui n’est pas justifiée, vu que l’équilibre serait rétabli pour les retraites comme pour la santé, en
mettant fin aux exonérations pour les patrons, qui représentent au moins 67 milliards d’euros.
La force de ce mouvement a gagné, puis conservé le soutien de l’opinion, malgré la propagande servile d’une
bonne partie des médias. Chacun a pu constater la disproportion abyssale entre d’une part, cette contre
réforme inégalitaire et injuste qui va appauvrir encore plus les retraités les plus pauvres, particulièrement les
femmes et les précaires et d’autre part, les largesses octroyées grassement à l’establishment capitaliste et à ses
serviteurs (prêts faramineux sans contreparties aux banques, qui dopent l’ampleur des déficits publics prétexte
à la casse des acquis sociaux, bouclier fiscal, collusion Woerth / Bettencourt…).
Elle a mis ensemble les différents secteurs professionnels comme jamais cela n’avait été possible jusqu’ici.
Cette force et cette unité à la base, les reconductions dans de nombreux secteurs, la généralisation des AG
interprofessionnelles et les actions de blocage de l’économie ont favorisé la prise de conscience des solidarités
dans ce qui est apparu de plus en plus nettement comme un conflit de classe. Avec la conviction qui s’est
renforcée que pour en finir avec la politique de ce pouvoir au service du Medef, sans attendre 2012, il fallait
construire la grève générale reconductible et aller vers le blocage du pays.
Ces acquis, ces outils que la mobilisation a construits en même temps qu’elle durait et se renforçait expliquent
en partie pourquoi celle ci n’apparaît pas comme un échec cuisant et démobilisateur, comme en 2003. Pour les
acteurs-trices de ce formidable mouvement, ce n’est pas l’amertume qui prime, mais le désir de continuer la
lutte sur les retraites, et aussi contre le reste de la politique de Sarkozy. Ce n’est pas le découragement qui
l’emporte parce que dans ce mouvement, ce qui s’est joué assez rapidement, c’est l'envie d’en finir avec toutes
les contre réformes qui précarisent, cassent les salaires, les services publics (Education, Santé, Emploi,
Culture…) les garanties professionnelles et sociales et conte la répression sans précédent, policière, judiciaire,
patronale et contre les jeunes… et en fait d’en finir avec Sarkozy lui-même.
Et ce n’est pas la désillusion qui l’emporte, parce qu’il n’y a guère eu d’illusions sur le rôle des directions
syndicales. Certes on a pu constater une réévaluation du rôle du syndicalisme, qui s’est traduite par une forte
participation aux appels intersyndicaux, mais dans le même temps, les AG ne se sont pas privées de
« bousculer » les responsables syndicaux nationaux : généralisation des demandes de reprendre l’exigence du
retrait qui unifiait les cortèges et d’appeler à la grève jusqu’à ce retrait, dénonciations de l’espacement des
journées d’action. Un véritable cahier des charges pour gagner !
Les directions syndicales ont veillé à ne satisfaire aucune de ces exigences, refusant de reprendre la revendication
du retrait, (ou bien ce qui revient au même, en ne la défendant pas vraiment dans les intersyndicales, comme la
FSU), continuant à réclamer l’ouverture de "négociations" pour "une autre réforme" tout en acceptant de discuter
avec le gouvernement, en plein mouvement (du dialogue social, des moyens concédés par l’Etat aux syndicats…);
ce qui a contribué à légitimer un Sarkozy pourtant bien discrédité et à le remettre en selle…
Elles ont maintenu la stratégie des appels saute-mouton, en soutenant du bout des lèvres les reconductions sans y
appeler vraiment (et en montrant qu’elles ne prenaient pas) alors qu'avec un appel clair à la grève générale et au
blocage on pouvait gagner ; ou bien en considérant que l’interprofessionnel étaient leur champ privé ou pire
encore, elles n’ont jamais appelé au blocage économique et fait rentrer les secteurs en pointe au moment où ils
commençaient à bloquer le pays... L’intersyndicale qui a été contrainte d’accompagner le mouvement,
n’attendait que le moment favorable pour le stopper, ce qui a été possible à la faveur des vacances.
Après un 23 novembre sans contenu, elles n’ont à proposer qu’une action bidon le 15/12 de la Confédération
européenne des syndicats (CES), organe de co-gestion des directives européennes… ce n’est vraiment pas à la
hauteur du combat qui a été engagé. N’est-il pas plutôt temps de renforcer la solidarité de classe entre les
combats menés par les travailleurEs d’Europe, en Grèce, en Espagne, en Angleterre, en Irlande, au Portugal… ?
BI Emancipation – décembre 2010

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