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Nom original: jules-clamagirand_memoir-recherche.pdfTitre: (Microsoft Word - Jules Clamagirand_m\351moire recherche.doc)Auteur: VIGUIER

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Université Lille III Charles de Gaule
Master 1 Histoire de l’art
2007/2008
VIGUIER Clémentine

Jules CLAMAGIRAND,
(1870-1937)

Sculpteur-ornemaniste

Sous la direction de François ROBICHON, professeur à Lille III.

1

Je tiens à remercier plusieurs personnes qui m’ont aidé au cours de mes
recherches, au cours de leur mise en forme ou qui m’ont apporté leur soutient.
Je tiens à remercier particulièrement le Centre d’Histoire Locale de Tourcoing
où la personne qui m’a accueilli a été la première personne à m’avoir véritablement
aidé en m’indiquant divers réalisations de Jules Clamagirand, réalisations qu’il m’était
pour la plus part possible d’aller voir directement. La deuxième personne que je tiens
à remercier est la personne qui m’a fait visiter l’église sainte Thérèse à Wattrelos et
qui fait parti de l’Office du Tourisme.
Parmi ceux qui m’ont aidé dans mes recherches, je tenais à remercier
également l’archiviste des archives diocésaines de la ville de Lille, l’équipe des
Archives Départementales et des archives municipales de la ville de Tourcoing mais
aussi la médiathèque de Roubaix ainsi que Bernard Castelain du conseil régional du
Nord-Pas-de-Calais.
Je voulais aussi remercier Florence Haem qui m’a aidé à trouver certaines
informations au cours de ses propres recherches, Bernard Viguier, qui a relu mon
travail et a imprimé le résultat de mes recherches ainsi que François Robichon,
professeur d’histoire de l’art à l’université Lille III, qui m’a proposé le sujet.

1

2
Sommaire :



Introduction ………………………………………………………………………...p.3



Biographie …………………………………………………………………………..p.5

• Travaux réalisés sous la direction de ses professeurs ………………………………p.8
Pont Alexandre III



Travaux réalisés sous la direction de Louis Allard Fils …………………………...p.10

Château Vaissier …………………………………………………………………………...p.11
Maison de Jules Watteeuw ………………………………………………………………...p.12
Hôtel de ville de Roubaix ………………………………………………………………….p.14
Le Nouveau Théâtre ………………………………………………………………………..p.16



Travaux réalisés sous son nom ………………………………………………...…..p.20

Décoration de monuments religieux ………………………………………p.20
La chapelle du vœu ………………………………………………………………………..p.20
L’église saint Christophe à Tourcoing …………………………………………………….p.21
L’église Sainte Thérèse à Wattrelos ……………………………………………………….p.22
Le Sacré Cœur à Roubaix ………………………………………………………………….p.27
Les monuments publics ……………………………………………………p.28
Monuments aux morts (Blanc Seau, Cimetière principale de Tourcoing)
Tombe de Gustave Dron …………………………………………………………………...p.30

• Conclusion …………………………………………...……………………………..p.32



Catalogue des œuvres …………………………………...………………………….p.33



Annexes ……………………………………………………………………...…….p.34



Sources ……………………………………………………………………………..p.58



Bibliographie ……………………………………………………………………….p.60

2

3
Introduction :
Les recherches que j’ai faites sur Jules Clamagirand entrent dans le cadre des
recherches effectuées par l’IRHIS à l’Université Charles de Gaule Lille III sur l’art
septentrional.
Mon sujet m’a été proposé par M. François Robichon dans le cadre de l’art déco dans
le nord de la France, sujet assez peu étudié et qui méritait de faire des recherches approfondies,
en particulier pour des artistes tels que Jules Clamagirand, artiste qui a travaillé comme
sculpteur-ornemaniste sur des monuments importants ainsi que des maisons dans beaucoup de
villes de la région du Nord mais qui est aujourd’hui très peu connu.
Dans le cadre de mon mémoire, j’ai été amenée à faire des recherches dans différents
lieux :
Tout d’abord, j’ai été amenée à aller aux archives départementales où j’ai effectué des
recherches essentiellement sur les réalisations ainsi que les monuments auxquels Jules
Clamagirand a participé mais pas sur lui-même, sa formation artistique ou sa carrière en tant
que sculpteur ou professeur à l’école des Beaux Arts. C’est aux archives municipales de la
ville de Tourcoing que je me suis rendue pour avoir des renseignements sur sa carrière en tant
que professeur de sculpture et de modelage à l’école des Beaux Arts mais malheureusement
aucun dossier n’était disponible pour cette période.
Mes recherches m’ont également conduite aux archives de l’école des Beaux Arts de
Paris qui possèdent des dossiers sur les artistes qui y ont été élève, dossier similaire à celui
des archives nationales, malheureusement, aucun dossier n’existait sur Jules Clamagirand.
J’ai été également appelée à aller à la médiathèque municipale de Lille et à la
médiathèque de Roubaix pour faire des recherches sur les journaux et périodiques, ainsi qu’à
la médiathèque municipale de Tourcoing également pour la même raison.
Jules Clamagirand ayant travaillé sur différents monuments religieux, j’ai été amenée
à aller aux archives diocésaines qui se trouvent à Lille pour des recherches plus précises sur
les monuments eux-mêmes et ce qu’il avait pu y réaliser.
Le fait que beaucoup de réalisation de cet artiste se trouvent à Tourcoing m’a amené à
m’adresser au centre d’histoire locale où ceux-ci ont pu me renseigner sur différentes
réalisation de cet artiste que je pouvais encore aller voir.

L’état de la question en ce qui concerne Jules Clamagirand fait ressortir qu’aucune
recherche n’a été faite directement sur lui, il est mentionné dans certains ouvrages qui
évoquent des monuments auxquels il a participé à la décoration, mais aucun détail n’est
mentionné sur sa vie.
Plusieurs artistes sont déjà parus sur Jules Clamagirand, dont deux en particulier : un
qui est paru en 1933 dans le Flambeau du Nord résumait sa carrière, ainsi qu’un artiste paru
dans Nord Eclaire en 1988 qui reprenait en grand partie les idées du premier. Mais nous
pouvons remarquer qu’aucune véritable étude approfondie n’a été faite sur ce sujet.

3

4
Nous pouvons nous demander en quoi les réalisations de Jules Clamagirand ont eu une
certaine importance dans l’art de la région et en particulier dans la décoration d’édifices
publics ou religieux.
Dans une première partie, nous allons tout d’abord voir les œuvres qu’il a réalisés sous
la direction de d’autres personnes, et en particulier, ses professeurs, ainsi que les œuvres qu’il
a réalisés quand il travaillait pour la société Louis Allard Fils.
Dans une seconde partie, nous aborderont ce qu’il a fait en son propre nom, au
moment où il était professeur à l’école des Beaux Arts de Tourcoing.

4

5
Biographie :
Jules Henri Etienne CLAMAGIRAND est né le 30 décembre 1870 à Paris. Il est le fils
de Pauline Marie BLADIER et d’Etienne CLAMAGIRAND.
Il a sans doute eu une formation artistique dans cette même ville puisque nous savons
qu’il fut l’élève de Truphème, professeur à l’école des Beaux Arts de Paris, mais qu’il n’y fut
pas élève. Nous pouvons donc en déduire qu’il était uniquement inscrit à son atelier sans pour
autant suivre les cours de l’école des Beaux Arts. Il fut également l’élève d’Abel Poulain, qui
réalise une partie de la décoration du Pont Alexandre II à Paris vers 1900, décoration pour
laquelle Jules Clamagirand l’a certainement aidé sans pour autant y travailler directement.
Il a participé au Salon des Artistes Français en 1894 en y présentant un médaillon en
plâtre dans la partie sculpture. Etrangement, nous ne retrouvons pas d’autres participations au
Salon des artistes français au cours des années qui précèdent ou qui suivent.
Il aurait participé à la décoration du Château royal de Laeken en Belgique mais le
manque d’information ne nous permettent pas de savoir ce qu’il y a réalisé et à quelle date
exactement, mais nous pouvons supposer que ce travail se situerait dans les débuts de sa
carrière.
En 1906, il participa à la décoration de presque tous les pavillons de l’Exposition des
Industries textiles de Tourcoing. Cette même année, et grâce à sa participation à cette
exposition, il obtint sa première palme académique, celle d’officier d’Académie. D’autre part,
nous savons qu’en 1906, il travaillait déjà depuis sept ans pour la maison Louis Allard fils,
installée à Roubaix.1
A partir de 1910, il s’installe dans le nord, plus précisément à Tourcoing, pour
continuer à travailler pour cette même entreprise, entreprise pour laquelle il participe à la
décoration intérieure ou extérieure de nombreuses maisons de la région de Roubaix,
Tourcoing et Lille et réalise un grand nombre de modèles d’ornementation, de statues et de
monuments funéraires.
Il participe également à la réalisation d’une partie de la décoration du Château de
Vaissier au Blanc Seau, la salle des fêtes de l’hôtel de ville de Roubaix et la chambre de
commerce de Tourcoing.2
Durant cette période, on lui confie la réalisation de deux reliefs pour la maison de
Jules Watteeuw à Tourcoing, maison qui est construite à partir de 1907, 19 Rue Jules
Watteeuw : on peut voir sur la façade les deux reliefs de Jules Clamagirand représentant
Timoléon sur la droite et D’Justin sur la gauche.
En 1911, sous, la direction de Louis Allard Fils, il participe à la décoration du
Nouveau Théâtre de Lille où ceux-ci étaient chargés de réaliser une partie de la décoration
intérieure, et plus précisément, celle du premier foyer.
Cette même année, il commence à enseigner en tant que professeur de sculpture et de
modelage à l’école des Beaux arts de Tourcoing.
Nous ne savons pas ce qu’il a fait pendant la guerre. Après 1918, Gustave Dron, maire
de la ville de Tourcoing, commande un monument aux morts pour le cimetière principal ;
Jules Clamagirand est chargé de sculpter ce monument. Il est également chargé du monument
aux morts du Blanc Seau.

1
2

Journal de Roubaix, 7 juin 1906
Journal de Roubaix, 23 Avril 1937

5

6
En 1921, toujours dans la ville de Tourcoing, est construite la chapelle du Vœu où il
réalise le fronton sculpté ainsi que la sculpture d’un Christ en croix pour l’intérieur.
L’année suivante, il est promu au grade d’Officier de l’Instruction publique. Nous
pouvons ajouter que durant sa carrière, il reçoit également d’autres distinctions honorifiques
telles que la médaille de la Société des Architectes du Nord ainsi que la médaille du comité
des arts appliqués.
En 1925, la chapelle des saints anges de l’église saint Christophe à Tourcoing est à
nouveau transformée, sous la direction de J-B Maillard qui fait exécuter un grand décor par
des sculpteurs, sculpteurs dont fait partie Jules Clamagirand, qui réalise un bas relief pour le
retable de l’autel, des figures d’anges, de la maternité, de la mort ainsi qu’un saint. Mais lors
d’une restauration ultérieure, ces sculptures jugées en trop mauvais état de conservation ont
été retirées.3
Toujours en 1925, il participe à l’exposition des arts déco.
En 1929, on lui confie une partie de la décoration intérieure de l’église sainte Thérèse
de l’enfant Jésus à Wattrelos, église pour laquelle il réalise également une statue de la sainte
pour le tympan et les angelots du clocher.
Dans les années 1929-1930, il participe à la décoration d’une autre église toujours
dans la région de Roubaix et de Tourcoing puisqu’il réalise pour l’église du Sacré Cœur à
Roubaix une statue du Christ bénissant la ville pour le tympan.
Nous savons également qu’il a réalisé, pour la tombe de Gustave Dron qui se trouve au
cimetière principal de Tourcoing, deux bas-reliefs en bronze.
On le voit apparaître dans des catalogues d’exposition, dans différentes catégories.
Tout d’abord, il participe à une « Exposition locale de PEINTURE & SCULPTURE du 7 au
20 avril 1929, exposition organisée par le S.I. les amis de Tourcoing à la Galerie Van Oost ».
On le retrouve dans la catégorie « SCULPTURE » et y présente un « Buste de Jeanne d’Arc »
ainsi qu’un « Buste de Christ ». Toujours à la même galerie VAN OOST, encore une fois pour
une « Exposition locale de peintures et de sculptures », mais cette fois-ci du 30 décembre
1930 au 2 janvier 1931, nous le retrouvons mais pas en tant qu’exposant puisqu’il est comme
membre de la commission artistique.4
On le retrouve également pour une « Exposition de 10 artistes de ROUBAIX et
TOURCOING » qui se déroule du samedi 29 novembre au mardi 10 décembre 1935. Cette
fois-ci, il présente un « Lion bondissant (appartenant à Mr.X) » ainsi qu’un « Buste de
Timoléon plâtre durci tiré à 10 exemplaires ».5
Bien qu’on ne retrouve que peu de traces des participations de Jules Clamagirand à des
expositions, ces quelques exemples nous montrent qu’il devait y participer, particulièrement à
la fin de sa vie puisque la dernière exposition mentionnée date de deux ans à peine avant sa
mort.
Sa carrière de professeur de modelage et de sculpture à l’école des Beaux arts de
Tourcoing dure 26 ans, de 1911 à 1936.6 C’est vers la fin de sa carrière, en 1933, alors qu’il
est encore professeur, qu’un article parait dans le Flambeau du Nord et récapitule sa carrière
d’artiste. C’est cette même année que divers élèves de Jules Clamagirand participent à une
exposition à Tourcoing, Rue de Gand.

3

PLATEAU (Alain), Chroniques tourquennoises Tome 1, Histoire de l’église saint-Christophe de Tourcoing,
1981, p100
4
Annexes 12 et 13
5
Annexe 14
6
Journal de Roubaix, 23 Avril 1937

6

7
Il meurt le 21 Avril 1937 chez lui, 130 rue Nationale à Tourcoing.
Nous savons peu de chose en ce qui concerne sa vie privée : il a été marié et a eu
plusieurs enfants dont un fils qui est lui-même devenu sculpteur ornemaniste. Nous savons
également qu’il a fait parti du PSF, Parti Social Français, qui était un parti politique français
nationaliste de droite fondé en 1936 à la suite de la dissolution de la Croix de Feu. Toujours
dans ce même esprit, il réalise de nombreux mémoriaux à la demande de sociétés patriotiques,
pour les sièges de leur association.7
L’article qui est paru dans le Journal de Roubaix à l’occasion de la mort de l’artiste
nous apprend qu’il a eu plusieurs enfants et nous donne également des informations sur le
début de sa carrière, quand il travaillait pour la maison Louis Allard Fils. Quand à la tombe de
Jules Clamagirand, qui se trouve dans le cimetière Montparnasse à Paris, elle ne nous apprend
malheureusement rien de plus sur sa vie familiale puisqu’il est la dernière personne à voir été
enterrée dans le caveau familial et que ses enfants ainsi que sa femme en son absents.

7

Nord Eclair, 1988

7

8
Jules Clamagirand a commencé sa carrière de sculpteur en travaillant sous la direction
de diverses personnes, et en particulier pour ses professeurs et pour une société, Louis Allard
fils, située à Roubaix.
Nous savons peu de chose sur sa formation artistique à part le fait qu’il fut l’élève de
Truphème, qui a été professeur à l’école des Beaux arts de Paris, mais il n’a pas étudié là-bas,
ce qui nous laisse supposer qu’il n’a été élève que dans son atelier sans pour autant suivre une
formation dans l’école même. Il fut aussi l’élève d’un certain Abel Poulain, qui a travaillé sur
le pont Alexandre III à Paris. Jules Clamagirand aurait lui aussi travaillé à la décoration du
pont, et comme nous savons qu’il a été l’élève d’Abel Poulain, nous pouvons supposer qu’il a
travaillé pour lui sur les mêmes éléments de sculpture.
Nous ne savons pas exactement ce que Clamagirand a réalisé pour ce pont ni même
s’il a réellement participé à sa décoration.
Pour parler de ce que Jules Clamagirand aurait réalisé, il nous faut parler de
l’historique de pont et de sa décoration.
Nous pouvons commencer par faire un rappel de l’historique du monument. En effet,
la construction du pont commence en 1896 et s’achève en 1900. Il est inauguré à l’occasion
de l’exposition universelle de 1900. Le pont Alexandre III porte ce nom pour célébrer l’amitié
franco-russe décidé par Alexandre III et le président Carnot.
Il s’agit d’un pont métallique qui franchit la Seine, d’une largeur de 40metres de long
et qui se compose d’une arche unique de 109 mètres de long. C’est l’un des premiers édifices
préfabriqués au monde : en effet, ses composants ont été fondus et forgés dans des usines puis
transportés par péniche avant d’être assemblés sur place.
La décoration en fonte qui court sur toute la longueur du pont est destinée à faire
contrepoids. Cette décoration se compose de guirlandes de coquillages et de flores marines
qui sont suspendues sous la corniche et permettent d’équilibrer l’ensemble.
C’est parmi la décoration que l’on trouve sur les deux côtés du pont que l’on peut voir
ce qu’Abel Poulain a réalisé puisqu’il s’agit des mascarons représentant, de manière
alternative, le visage d’un homme barbu et celui d’une femme, personnages que nous pouvons
identifier comme étant des divinités marines. Les mascarons sont reliés entre eux par des
guirlandes de coquillages et d’algues. La décoration est également composée d’oursins et
d’étoiles de mer sur la partie qui relie les mascarons à l’arc en dessous. C’est cette décoration
qui sert de contrepoids.8
Nous pouvons comparer ce type de travail à celui qu’il réalise plus tard, par exemple à
l’église sainte Thérèse de Wattrelos, église sur laquelle nous reviendrons plus tard : en effet,
Jules Clamagirand réutilise le principe du moulage sur de nombreuses autres réalisations au
cours de sa carrière, puisqu’il était également professeur de modelage et de sculpture à l’école
des Beaux Arts de Tourcoing, mais c’est réellement dans l’église sainte Thérèse de l’enfant
Jésus de Wattrelos que l’on retrouve cette même répétition de motifs identiques.

8

http://www.insecula.com/salle/MS00783.html
http://www.insecula.com/oeuvre/O0006855.html
Site qui propose une base de données des musées du monde et des fiches d'information sur les artistes et les
œuvres.

8

9

Pont Alexandre III, Paris, détail

9

10
Jules Clamagirand a travaillé pour la maison Louis Allard Fils pendant un certains
nombre d’années, ce qui nous pose divers problème, comme tout d’abord le fait que son nom
ne soit jamais mentionné, ce qui fait que nous ne pouvons pas savoir ce qu’il a fait exactement
quand il s’agit d’évènements ou de monuments importants comme le Nouveau Théâtre de
Lille (aujourd’hui, opéra).
Il faut cependant commencer par mentionner le fait que, dès 1906, Jules Clamagirand
travaille déjà depuis un certains temps pour Louis Allard Fils alors qu’il n’est pas encore
installé dans le nord, à Tourcoing. Il y serait entré dès 1899, puisqu’en 1906, il y serait déjà
depuis sept ans.9 Cette année est importante à mentionné puisque c’est l’année où il a été
nommé Officier d’Académie à l’occasion de l’Exposition des Industries textiles, exposition
pour laquelle il a réalisé la décoration de presque tous les pavillons, certainement encore sous
la direction de la maison Louis Allard Fils.
Nous connaissons divers monuments pour lesquels la maison Louis Allard Fils ainsi
que Jules Clamagirand ont travaillé à la décoration : les pavillons de l’exposition des
industries textiles de Tourcoing, mais aussi le Château Vaissier du Blanc Seau, le Nouveau
Théâtre de Lille, l’Hôtel de ville de Roubaix, la chambre de commerce de Tourcoing ainsi que
d’innombrables hôtels particulier de la région.10
Quant à la maison Louis Allard Fils elle-même, nous connaissons divers éléments les
concernant.
La maison Louis Allart existait déjà depuis au moins 1854 en tant que « plafonneursculpteur », et nous pouvons supposer qu’elle a été reprise vers 1896 par le fils qui apparaît
sous le nom de « Allard, Louis, Fils, plafonneur-sculpteur » mais à une adresse légèrement
différente, mais nous pouvons supposer que celui-ci à repris les activités qui étaient celles de
Louis Allard par le rapprochement des noms ainsi que par celui des adresses.
Louis Allard Fils est tout d’abord mentionné comme étant « plafonneur-sculpteur », et
ayant une adresse à Roubaix, 35 rue Notre Dame. A cette adresse se rajoute ensuite celle d’un
magasin à Tourcoing, 14 Rue Parmentier (1907), et à la simple fonction de « plafonneursculpteur » se rajoute celle de « sculpteur sur plâtre, bois, pierre, marbre » et « Travaux
artistiques en pierre et marbre artificiel ». L’entreprise, qui se voit confier des travaux dans
des édifices importants, possède en 1910 trois adresses différentes qui montrent l’importance
qu’elle a eu à l’époque, ce qui lui a permis d’exister jusque dans les années 1950.

RAVET ANCEAU, 1907
9

Journal de Roubaix, 7 juin 1906
Journal de Roubaix, 23 Avril 1937

10

10

11

RAVET ANCEAU, 1910

___________________________________________________________________________
Si Jules Clamagirand a bien travaillé sur la décoration du château de Vaissier qui fut
construit en 1892, c’est certainement sous la direction de Louis Allard Fils puisqu’il n’habitait
pas encore ni Tourcoing ni le nord de la France à ce moment-là.
Nous pouvons toutefois évoquer l’historique du château afin de pouvoir imaginer à
quoi il devait ressembler puisque celui-ci n’existe plus aujourd’hui.
En ce qui concerne celui qui a fait construire le château, il s’agit de Charles Vaissier
qui était un industriel de la région, fabricant de savon. Il possédait une usine Rue Mouvaux. Il
se disait prince du Congo et a voulu se faire construire une demeure digne de ses rêves
extravagants. Pour la construction de son palais, il décida de faire appel à l’architecte Charles
Dupire-Rizan en lui donnant quelques directives : il voulait un château d’une allure
majestueuse et originale, prenant la forme et le style d’un édifice oriental, surmonté d’un
grand dôme garni de vitraux.
Le château fut réalisé sur une superficie de cinq hectares, s’étendant de la rue de
Mouvaux à l’avenue Grau et de la rue du Congo jusqu' au canal, en 1892.
A la mort de Charles Vaissir en 1923, sa famille propose de vendre le château à la ville
de Tourcoing qui refuse. En 1925, Mr Deconninck, entrepreneur de spectacles, le rachète. Il
envisage plusieurs projets, mais aucun n’est réalisé. Le château est démoli en 1925. La
propriété est divisée entre les associés et les différentes parcelles vendues en terrain à bâtir.
Malheureusement, comme le château a été détruit, nous ne pouvons pas voir à quoi
ressemblait ce que Jules Clamagirand aurait pu avoir réalisé pour cet édifice, toutefois, il nous
reste quelques photographies de l’extérieur. Il reste des descriptions du château mais il est dur
s’imaginer à quoi pouvait ressembler la décoration, particulièrement pour la décoration
intérieure puisque les rares photographies que l’on peut trouver ne nous montrent que
l’extérieur de l’édifice qui toutefois nous donne un aperçu de ce que pouvait donner la
décoration intérieure.
Nous pouvons toutefois donner une description succincte du château en commençant
par dire qu’il était composé de différents niveaux, un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé
ainsi qu’un étage carré. On pouvait y trouver un hall d’entré d’une surface de 100m² surmonté
d’une vaste verrière. Différentes pièces de réception se trouve dans ce hall : salon japonais,
salle à manger Renaissance, salon indien, salle à manger indienne, salon mauresque, salle à
manger mauresque.
11

12
Le rez-de-chaussée et le sous-sol couvrait chacun une superficie de 982m² et abritait
plusieurs caves à vin, à charbon, à nourriture, une salle de jeux, une cuisine, une buanderie et
les communs.
L’accès à l’étage se faisait par un monumental escalier de marbre rouge. A l’étage, on
pouvait trouver les chambres du prince du Congo, de sa femme et de ses filles ainsi que celles
des bonnes. Un vitrail représentant le Congo tel que l’imaginait Vaissier éclairait le palier de
l’étage. On pouvait également voir des tourelles, et c’est par l’une d’entre elles qu’on accédait
aux terrasses qui surplombaient la construction, terrasses agrémentées de quelques kiosques.
La propriété possédait également un parc d’une superficie de 5hectares dans lequel se trouvait
un pavillon qui subsiste toujours à l’angle de la rue de Mouvaux et de la rue du Congo. Au
fond de la propriété, se trouvait la sellerie.
Il reste quelques éléments du bâtiment qui n’ont pas été détruit et qui subsistent
toujours, ainsi, on peut voir deux pavillons d’entrée qui font maintenant partie de maisons
particulières sur lesquels on peut observer des toitures de formes différentes : toit en terrasse
pour le pavillon du jardinier et toit en bulbe pour l’autre pavillon. Chacun des pavillons s’orne
d’un porche d’entrée fermé par une grille.
Le décor était constitué de céramique et de sculptures et l’ornementation présentait des
motifs géométriques et végétaux.11
Il ne reste aucunes archives sur ce château puisqu’il s’agit d’un édifice privé et comme
il a été détruit, nous ne pouvons avoir exactement ce que Jules Clamagirand a fait ni si c’était
sous la direction de Louis Allard Fils, mais comme c’est pendant la période pendant laquelle
il travaillait pour cette entreprise, nous pouvons supposer que s’il y a vraiment travaillé,
c’était sous sa direction.

Carte postale : Tourcoing (Nord) – Blanc Seau

Château de M. Victor Vaissier

11

http://www.patrimoine-de-france.org/oeuvres/richesses-72-20325-138266-M127635-331595.html
Site internet qui propose des fiches détaillées, avec un historique, des monuments se basant sur les dossiers de la
DRAC

12

13

Carte postale : Roubaix – Le Château Vaissier12

12

http://www.delcampe.net

13

14
C’est également durant la période pendant laquelle il a travaillé pour Louis Allard Fils
qu’il a certainement réalisé les deux hauts reliefs qui se trouvent sur la façade de la maison de
Jules Watteeuw à Tourcoing (maison du Broutteux, 19 rue Jules Watteeuw), maison dont la
construction commence en 1907. Les deux reliefs représentent D’Justin et Timoléon.
Pour mieux comprendre ce que représentent les deux reliefs réalisé par Jules
Clamagirand pour la maison de Jules Watteeuw et en quoi le fait qu’on lui ait confié la
réalisation de cette décoration est un point important dans sa carrière, nous devons avant tout
nous penché sur la vie de Jules Watteeuw :
Jules Watteeuw tient une place particulièrement importante dans la ville de Tourcoing.
Il est né dans cette ville en 1849 et y est mort en 1947. C’est un poète d’expression picarde.
Dès l’âge de 19 ans, il ressent le besoin de se mettre en valeur, ce qui l’amène à se
produire en public et à chanter des chansons en patois de Lille. Mais il ne s’arrête pas là, et
vers la trentaine, il se met à composer ses propres chansons et pasquilles (petits poèmes),
aussi en patois, ainsi que des pièces de théâtre.
C’est avant tout dans le but de faire rire et d’amuser qu’il utilise le patois dans ses
chansons. Son inspiration lui vient du folklore local, dans les coutumes et les traditions.
Jules Watteeuw écrit beaucoup et publie ses créations dans ses propres journaux : La
brouette drolatique et divertissante, petite gazette populaire de Tourcoing et ses cantons,
journal qu’il lance en 1882, puis Le Broutteux, journal pasquille pour Tourcoing et ses
environs, et enfin en 1885 La Brouette.
La publication de son journal, La Brouette s’achève en 1907, mais il continue à être
publié dès 1910 dans Le journal de Roubaix, chaque semaine, dans une rubrique qui porte le
nom « le coin du Broutteux ».
Cette même année, il reçoit la maison qui se
trouve actuellement 19 rue Jules Watteeuw à
Tourcoing (rue Jacquard à l’époque), maison sur
laquelle on note des influences alsaciennes et
normandes et sur laquelle on peut voir un buste à son
effigie. Cette maison reflète véritablement
l’importance qu’il pouvait avoir dans cette ville, en
particulier à partir du moment où la rue où il habite
porte son propre nom, c'est-à-dire dès 1907, donc
même avant qu’il habite la maison.13
C’est sur la façade de cette maison que Jules
Clamagirand a réalisé deux reliefs, l’un représentant
D’Justin et l’autre, Timoléon. Timoléon était un
soldat qui a connu son heure de gloire sous Napoléon,
et D’Justin, un des personnages les plus populaires de
Jules Watteeuw. On trouve également sur cette façade
d’autres réalisations de Jules Clamagirand sur la
façade de la maison : une évocation du combat du
taureau et du lion ainsi qu’une guirlande de fleurs et
de feuilles qui court le long de la façade14.

13
14

http://utan.lille.free.fr/personnages_6.htm
Nord Eclaire, 17-18 juillet 1988

14

15
Le fait qu’on fasse appel à lui pour réaliser ces deux reliefs montre la renommée qu’il
devait avoir à l’époque du fait de l’importance de Jules Watteeuw et de ce qu’il représente
pour la ville de Tourcoing.

Relief représentant D’Justin
Timoleon
_________________________________________________________________________________________
Maison du Broutteux, 19 Rue Jules Watteeuw, Tourcoing

15

16
Jules Clamagirand a aussi travaillé à la décoration de l’hôtel de ville de Roubaix. Nous
ne savons pas exactement ce qu’il a réalisé sous la direction de Louis Allard Fils. La
construction du nouvel hôtel de ville commence en 1908 et se poursuit jusqu’au début des
années 1910.
On confie à Louis Allard Fils ainsi qu’à Fernand Mayer, aussi entrepreneur-sculpteur à
Roubaix, les travaux de staff et de simili pierre pour le nouvel hôtel de ville de Roubaix. La
maison Louis Allard Fils a travaillé sur l’hôtel de ville en 1909, 1910 et 1911 et s’est occupé
des travaux en simili pierre.
Plusieurs parties du bâtiment ont été décorées par Louis Allard Fils15 :
- Le grand vestibule
- La cage d’escalier
- Galeries rez-de-chaussée
- Salle du conseil municipal
- Salle des mariages
- Salon d’honneur
Selon l’article qui est paru au moment de la mort de Jules Clamagirand 16 , nous
pouvons en déduire qu’il a travaillé sur la salle des mariages ainsi que sur le salon d’honneur,
mais nous ne pouvons savoir ce qu’il y a réalisé exactement.

Carte postale : Roubaix - Hôtel de ville

15
16

Annexe 15
Journal de Roubaix, 23Avril 1937

16

17

Roubaix, Hôtel de ville, façade

Roubaix, Hôtel de ville, salle des mariages

17

18
Tout comme il a travaillé sur des parties de la décoration de l’hôtel de ville de Roubaix,
Jules Clamagirand a aussi participé à la décoration du Nouveau Théâtre de Lille, toujours sous
la direction de Louis Allard Fils. Comme dans le cas précédant, nous ne savons pas
exactement ce qu’il réalisa, nous savons uniquement dans quelle salle la maison Louis Allard
Fils a travaillé.
Le nouveau Théâtre, c’est-à-dire l’opéra, est construit au début du XX° siècle et
présente des caractéristiques particulières quant à son historique puisque l’idée d’un nouveau
théâtre voit le jour en 1903 los de l’incendie qui détruit l’ancien théâtre construit en 1788. En
1907, un concours est lancé par la municipalité pour la construction d’un nouvel édifice. Le
projet de Louis-Marie Cordonnier est choisi : il présente une volonté de reproduire une salle à
l’italienne. Le bâtiment adopte un parti de composition du palais Garnier avec des proportions
différentes et plus modeste dans un style d’inspiration néoclassique. Alors que les travaux
arrivent à leur fin, les allemands envahissent l’opéra en 1914 et s’en servent pour présenter
des spectacles ainsi que des concerts. C’est en 1923 que l’opéra donne pour la première fois
une représentation française.17
La société Louis Allard Fils s’est vu confié une partie de la décoration intérieur : le
premier foyer.

Vue du Foyer vers l’escalier d’honneur

17

http://www.opera-lille.fr/

18

19

Le foyer vu de l’escalier

Détail du Foyer

19

20
Parmi toutes les réalisations de Jules Clamagirand, nous pouvons remarquer que se
détachent de sa carrière un certain nombre d’édifices religieux auxquels il a apporté sa
contribution pour la décoration. Parmi les différents édifices auxquels Jules Clamagirand a
participé, nous pouvons commencer par parler la chapelle du Vœu, chapelle votive qui se
situe Rue Faidherbe à Tourcoing.
La chapelle du Vœu se situe 22 rue Faidherbe. Elle a été élevée en 1921 par les
architectes Jean-Baptiste et Henri Maillard. Elle a été construite en reconnaissance de la
sauvegarde de Tourcoing durant la grande guerre, la ville ayant été épargnée. Le bâtiment en
lui-même façade présente un rez-de-chaussée surélevé, une façade en pignon de briques et de
pierres rythmée par un ordre de pilastres moulurés et ses niveaux sont séparés par un bandeau
sculpté, en bas-relief, de symboles eucharistiques. Au dessus du portail se trouve une plaque
sculptée en relief avec une inscription qui explique la construction de l’édifice : "Cette
chapelle a été érigée en 1921 en exécution d’un vœu fait par le clergé et le peuple de
Tourcoing le 30 juin 1916". Le pignon, coupé par les pilastres montant de fond, est surmonté
d’anges en amortissement et orné en son centre d’un bas-relief. C’est ce bas relief qu’a réalisé
Jules Clamagirand.
Quant à l’intérieur de la chapelle, elle est formée d’une nef carrée prolongée par un
chœur rectangulaire construit transversalement et par le chœur des religieuses, isolé par une
clôture. Des galeries à arcades en anse de panier sont disposées en encorbellement le long des
murs. L'entrée du couvent est interdite aux
laïcs.18
Le relief qu’a réalisé Jules Clamagirand
se situe donc au dessus de l’entrée. Certains
personnages sont plus en reliefs que d’autres.
Nous pouvons ajouter que ce type de haut
relief se situe dans la continuité des reliefs de
la maison du Broutteux. Quant au sujet du
relief en lui-même, il s’agit d’une scène de la
vie chrétienne : le saint sacrement.
On peut y voir différents personnages qui
représentent de manière symbolique la raison
d’être de l’édifice : en effet, nous pouvons
voir sur la droite un religieux agenouillé qui
prie pour que la ville soit épargnée, ville
symbolisée au centre de l’image par la
représentation d’un monument. Nous
pouvons également voir, de l’autre côté, un
soldat ainsi qu’une femme, elle aussi
agenouillé, en train de prier ; nous pouvons y
voir la représentation de tous les habitants
qui demandent eux aussi la sauvegarde de la
ville
Quand au sujet lui-même, qui est le saint
sacrément, il est représenté dans la partie
supérieure de l’image.

Tympan de la chapelle du vœu, Rue Faidherbe, Tourcoing

18

http://www.patrimoine-de-france.org/oeuvres/richesses-72-20325-138265.html#fiche

20

21
Parmi les monuments les plus prestigieux pour lequel Jules Clamagirand a participé à
la décoration, nous pouvons maintenant voir le cas de l’église saint Christophe à Tourcoing.
D’un point de vue historique, le monument existait tout d’abord sous la forme d’une
église primitive édifiée entre le VII° et le X° siècle et agrandie au XI° et au XIII° siècle, mais
peu de vestiges sont conservés de cette époque. Au XV° siècle, on élargit les bas-côtés et on
construit un nouveau transept. La partie orientale est reprise après une interruption du chantier
en 1525 et l’église adopte alors le parti de l’église-halle. On reconstruit la nef vers le milieu
du XVI° siècle, et on déplace le clocher de la croisée du transept vers le porche. Des
nouveaux travaux en 1722 allongent le chœur de l’église. D’autres travaux continuent de
changer la morphologie de l’église en élargissant et surhaussant le vaisseau central, le clocher
est sensiblement surélevé et l’ancienne sacristie est élargie.
L’architecte Charles Maillard refait dans un style néogothique les autels secondaires
du Rosaire et du Saint-Nom de Jésus dans les années 1860. Des peintures surmontées les
retables et étaient accompagnées de groupes sculptés représentants la Bataille de Lépante et
de la Bataille de Vienne pour l’autel du Rosaire et la Nativité et de l’Adoration des Mages
pour l’autel du Saint-Nom de Jésus.
Il s’agit d’une église présentant un plan en croix latine à trois vaisseaux.
Quant à ce qu’a réalisé Jules Clamagirand pour cet édifice, c’est l’architecte J.B.
Maillard qui a fait appel à lui en 1925 pour la décoration et l’ornementation de la chapelle des
saints anges lors d’une restauration commencée plusieurs années plutôt. Il lui fait exécuter un
grand décor en style gothico-renaissant, style déjà employé par l’artiste à la chapelle du vœu.
Pour cette décoration, il réalisa un bas-relief pour le retable de l’autel, bas-relief représentant
« Dieu régnant sur le cœur des anges », et trois groupes, l’Ange de la maternité, l‘ange de la
mort et le saint Michel qui dominait l’autel19. L’ensemble, mal conservé, a été retiré lors de
restaurations. Il ne subsiste que quelques éléments de ce décor ainsi que quelques sculptures
qui sont entreposées dans les réserves du musée folklorique du Carillon.
Le problème majeur concernant les œuvres de Jules Clamagirand, problème que l’on
retrouve dans plusieurs monuments et en particulier dans l’église saint Christophe mais aussi
pour l’église du Sacré Cœur, est qu’une grande partie a été détruite et n’existe plus, ce qui
nous empêche de savoir exactement ce qu’il a réalisé.

19

Nord Eclair, 1988

21

22
L’église sainte Thérèse de l’enfant Jésus à Wattrelos est l’un des édifices dans lequel
l’art de Jules Clamagirand a une importance particulière puisque celui-ci a non seulement
réalisé une grande partie de la décoration intérieure mais aussi la statue de la sainte qui
accueille les visiteurs sur la façade de l’église.
D’un point de vue historique, la première pierre de l’église a été posée le 15 mai 1927,
sur un terrain donné par un industriel, dans le quartier populaire du laboureur. Elle fut
construite rapidement, en deux ans. Elle est de petite dimension et d’inspiration néo-romane.
Son architecte, Charles Bourgeois, qui était tourquennois, a fait appel à des artistes locaux
renommés pour faire la décoration de cette église qui a été construite en pierre de soignies et
en briques. C’est l’abbé Delebart qui a été le promoteur du projet. Il s’agit d’une église qui
n’est pas un édifice art déco mais avec des apports d’éléments art déco, en particulier les
vitraux. L’inauguration de l’église eut lieu le 5mai 1929.
Cette église a été dédiée à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, plus
connu sous le nom de sainte Thérèse de Lisieux, qui est née en 1973 et est morte à 24 ans, en
1897. Elle a été canonisée en 1925, année où la construction de l’église fut décidée.
Clamagirand a réalisé pour cette église de nombreux éléments décoratifs.
En premier lieu, nous pouvons voir sur la façade différents éléments réalisés par
l’artiste, et en particulier la statue de la vierge au dessus de la porte, dans le tympan, ainsi que
les angelots qui ornent le clochés, mais aussi des frises ornementales ainsi que des corbeilles
de roses, symboles de sainte Thérèse. Sur chacune des faces du cloché, nous retrouvons le
même motif des anges, sculptures réalisées par modelages ce qui permet de reproduire
plusieurs fois le même motif, méthode qui est aussi beaucoup utilisée pour la décoration
intérieure de l’église. Comme le laisse pensée la méthode de réalisation des sculptures, la
pierre utilisée est en fait de la pierre reconstituée qui pose des problèmes de conservation et de
restauration plus particulièrement, ce qui donne à certaines des sculptures un ton plutôt
sombres qu’elles n’avaient pas à l’origine.
A l’intérieur même de l’église, Jules
Clamagirand a réalisé une grande partie de la
décoration, et plus particulièrement tout ce qui
touche aux sculptures modelées : en effet, il a
réalisé les chapiteaux dans toute l’église mais
aussi les arcs qui séparent les travées dans la nef
ainsi que les cadre des fenêtres qui sont ornées
de roses. Ce motif de la rose est présent dans
toute l’église car il est le symbole de sainte
Thérèse, ainsi, on retrouve également des roses
sculptées parsemées sur toute la voute, dans la
nef.
Très peu d’éléments dans cette église ont
été restaurés. En effet, dans la nef centrale, les
anges qui surplombent les chapiteaux sont
aujourd’hui de couleur blanche, mais à l’époque
de leur réalisation, ils étaient de la même
couleur que les autres sculptures, c’est-à-dire
gris. En effet, lors de restauration, ils ont été
peints en blancs.
Intérieur de l’église, ange
surmontant un chapiteau.

22

23
Il est intéressant d’étudier les lettres20 que Jules Clamagirand a envoyé à propos de la
statue qu’il a réalisé de sainte Thérèse pour la façade de l’église car, dans une de ses lettres en
particulier, il nous apprend comment il travaillait pour la réalisation de ses sculptures. Cette
lettre nous permet aussi de savoir combien il a été payé uniquement pour cette statue : il a
demandé à être payé une somme importante ce qui montre qu’il était un artiste renommé à
l’époque. Mais cette lettre nous apprend aussi qu’il a fait don d’une partie du salaire qu’il
aurait du recevoir à l’église.
Nous pouvons voir plusieurs étapes dans la réalisation de la statue : en effet, celui-ci
commence par faire différentes esquisses pour déterminer la posture à donner à la sculpture,
puis il réalise ensuite une maquette à petite échelle et enfin, il passe à l’exécution :
«
Pour faire une œuvre digne et sincère, il faudrait faire différentes esquisses à petite
échelle pour déterminer, le geste, l’attitude de la statue.
Puis une maquette définitive au 1/3 Maquette soumise aux appréciations des intéressés
Enfin passer à l’exécution grandeur – 1m70 ou 1m75 »

Vue intérieure de l’église avec les chapiteaux sculptés.

20

Annexes 10 et 11

23

24

Statue de sainte Thérèse sur la façade de l’église.

24

25

Clocher avec sculptures moulées d’angelots et façade de l’église.

25

26

Vue d’ensemble de l’intérieure de l’église et détail d’un des vitraux.

26

27
Nous savons que Jules Clamagirand a également travaillé sur la décoration de l’église
du Sacré Cœur de Roubaix, église aujourd’hui détruite. Il y aurait fait la statue du Christ
bénissant la ville qui se situait dans le tympan.
L’église en elle-même présente un historique particulier. En effet, les travaux de
construction de l’église du Sacré Cœur à Roubaix commencent le 16 juin 1871. La moitié de
l’église est déjà construite et comprend la chapelle absidale, le grand chœur et son pourtour, le
transept, deux chapelles latérales et une seule travée. En 1900, on ajouté quatre nouvelles
travées mais l’église n’est toujours pas achevée. En 1902, une demande d’autorisation est faite
pour construire la dernière travée et le clocher, mais l’autorisation n’est pas accordée. Celle-ci
sera donnée le 27 octobre 1903 mais l’église n’est pourtant pas achevée. Pendant la guerre, on
souhaite poursuivre l’achèvement de l’église par la construction d’une façade et d’un clocher
monumental. Des demandes d’autorisation sont faites de 1919 à 1923 mais elles sont toujours
rejetées, et en 1926, un rejet définitif aurait du mettre fin à la volonté de terminer l’église.
Portant, en février 1927, une nouvelle demande est faite directement au préfet, suivie en
décembre 1927 par une audience avec le maire, qui débouche sur une autorisation qui permet
enfin d’achever l’église.
Nous savons que Jules Clamagirand à participé à la décoration extérieure de cette
église et plus précisément sur la façade où il réalise la statue qui ornait le tympan et qui
représentait le Christ bénissant la ville.
Malheureusement, aujourd’hui, cette église est détruite et nous ne pouvons
qu’imaginer à travers des photos ce à quoi pouvait ressembler cette statue. Etant réalisée dans
la même période que la statue de sainte Thérèse de l’église de Wattrelos, nous pouvons
imaginer un traitement similaire pour cette statue.
Les
quelques
photographies
que
nous
trouvons encore aujourd’hui du
Sacré Cœur, en particulier sur
les cartes postales, présentent un
monument différent de celui sur
lequel aurait travaillé Jules
Clamagirand puisqu’on ne
distingue aucune sculpture sur
la façade du monument, ce qui
laisse penser que l’église a tout
d’abord été détruite puis
reconstruite et enfin, encore une
fois détruite et reconstruite mais
à un endroit différent de la
ville : en effet, une nouvelle
église du Sacré Cœur existe
aujourd’hui
à
Roubaix,
Boulevard de Strasbourg.

Eglise du sacré Cœur, Roubaix

27

28
Dans un registre différent, on a aussi fait appel à Jules Clamagirand pour la décoration
de différents monuments ornant des cimetières, et deux en particuliers : le cimetière principal
de Tourcoing ainsi que le cimetière du Blanc Seau, aussi à Tourcoing. Les monuments pour
lesquels on fait appel à lui ne sont pas de simples tombes mais sont les monuments aux morts
de la guerre qui ornent les deux cimetières principaux de la ville de Tourcoing, ce qui montre
encore une fois l’importance du travail de l’artiste dans la région.
Le monument aux morts du cimetière principal est plus important en taille comparé à
celui du Blanc Sceau beaucoup plus modeste qui ne présente que le relief d’un visage vu de
profil. Le style que présentent les deux monuments est également totalement différent. Le
monument du cimetière principal annonce le style que l’on retrouve dans des édifices comme
l’église sainte Thérèse de l’enfant Jésus de Wattrelos : en effet, au dos du monument aux
morts du cimetière principal, on retrouve des fleurs sculptées parmi lesquelles on peut voir
des roses, motifs récurrent de l’église sainte Thérèse. Le monument en lui-même est assez
imposant et le relief qu’a réalisé Jules Clamagirand représente la ville de Tourcoing
protégeant la veuves et les orphelins. C’est Gustave Dron, maire de la ville, qui a fait appel à
lui pour réaliser la décoration de ce monument. C’est également le même type de relief que
l’on retrouve sur des monuments tels que la chapelle du Vœu ou la maison de Jules
Watteeuw.

Monument aux morts de la guerre, cimetière principal de Tourcoing.

28

29
On retrouve sur le côté du monument
le nom de ceux qui ont participé à son
élaboration et à sa décoration. Ainsi, on
retrouve le nom de Jules Clamagirand associé
au travail de sculpture, ainsi, on apprend
également que l’architecte se nommait Henry
Maréchal et que l’entrepreneur Benjamin
Destrebecq était aussi marbrier sculpteur, et
que tous les deux était originaires de la ville
de Tourcoing.

D’aspect beaucoup plus modeste, le monument aux morts du Blanc Seau n’en reste
pas moins un monument important dans la carrière de l’artiste puisqu’il s’agit également d’un
monument aux morts, édifice important pour l’histoire d’une ville.

Monument aux morts de la guerre, cimetière du Blanc Seau.

29

30
Mais c’est aussi à lui que la ville fait appel pour décorer la tombe de Gustave Dron
(1846-1930) qui a été maire de la ville de Tourcoing de 1899 à 1919 puis de 1925 à sa mort
en 1930. Avant d’être le maire de la ville, il exerçait en tant que médecin puis devint
conseiller municipal en 1890. La ville de Tourcoing lui est reconnaissante pour plusieurs
éléments. En effet, il fait construire pour la ville différents édifices. C’est à lui qu’on doit
l’exposition des industries textiles de 1906, exposition pour laquelle Jules Clamagirand avait
travaillait sur la décoration d’une grande partie des pavillons. Ainsi, en remerciement de ce
qu’il a fait, un monument lui est édifié. En ce qui concerne sa tombe, c’est donc à Jules
Clamagirand que l’on fait appel pour la réalisation des médaillons en bronze, ce qui, encore
une fois, montre l’importance et la reconnaissance que pouvait avoir son travail pour la ville
de Tourcoing.

Tombe de Gustave Dron, cimetière principal de Tourcoing

Le médaillon qui se trouve sur le haut de la tombe nous présente un portrait de
Gustave Dron de profil. Entre le relief du bas et celui du haut, nous pouvons voir une
inscription :
« DOCTEUR GUSTAVE DRON
SENATEUR MAIRE
PRESIDENT DU CONSEIL SUPERIEUR DE L’ASSISTANCE PUBIQUE
FONDATEUR DES ŒUVRES D’HYGIENE SOCIALE A TOURCOING »

30

31

Détail de la tombe de Gustave Dron.

Quand au relief qui se trouve dans la partie inférieure de la tombe, il nous faut pour le
comprendre connaître une partie le travail de Gustave Dron pour la ville de Tourcoing : en
effet, après avoir été élu maire, celui-ci fut à l’origine d’un programme d’hygiène sociale. La
mortalité infantile, très forte à l’époque, l’a poussé à lancer une politique d’assistance qui
s’est traduite par la création d’un bureau de bienfaisance et d’une ferme dans laquelle étaient
élevées des vaches qui permettaient de fournir du lait aux enfants nécessiteux.
Le relief se divise en deux parties : un médaillon présentant un profil de femme et un
relief représentant une femme et des enfants. Dans le médaillon présentant un profil de
femmes, deux inscriptions nous donnent de précieux renseignements : en effet, une première
inscription nous indique qui est représenté : « MARA DRON-LELOIR 1859-1912 ». Quand à
la deuxième inscription, difficile à déchiffrer, elle nous indique, en partie : « Les enfants des
écoles ». La femme devant les enfants sur le relief porte dans sa main une branche qu’elle
tient au dessus de la foule des enfants dans une attitude protectrice. On pourrait y voir
symboliser le programme de Gustave Dron qui a permis de sauver de nombreux enfants. Une
autre inscription dans le bas du relief nous dit : « DAMES CHARITABLES A LEUR
PRESIDENT »

31

32
Conclusion :
A travers les différentes œuvres que nous connaissons de Jules Clamagirand, nous avons
ainsi pu voir l’importance de son travail en ce qui concerne ses réalisations dans des villes
comme Tourcoing, Roubaix, Wattrelos ou même Lille, mais le fait qu’il ait travaillé pendant
un certain nombre d’années pour la société Louis Allard Fils ne nous permet pas d’apprécier
entièrement ce qu’il a réalisé. Les différentes œuvres présentées nous permettent cependant de
voir l’évolution du style de cet artiste, évolution particulièrement marquante quand on met en
parallèle ce qu’il a réalisé pour l’opéra de Lille et l’hôtel de ville de Roubaix sous la direction
de Louis Allard Fils et le monuments aux morts de la guerre du cimetière principale de
Tourcoing ainsi que la décoration sculptée, intérieure et extérieure, de l’église Sainte Thérèse
de l’enfant Jésus à Wattrelos : les premières œuvres, réalisées pour des monuments
prestigieux ayant une grande importance dans la ville, présentent un style classique tandis que
les œuvres qu’il réalise ensuite sont nettement art déco et présentent des motifs ornementaux
comme les roses qu’on retrouve dans les deux exemples.
Toutefois, nous ne pouvons réduire le style de cet artiste à ces deux genres puisque
certaines œuvres se détachent par leur particularité, tel les deux reliefs de la façade de la
maison du Broutteux à Tourcoing.
Une des particularités de l’art de Jules Clamagirand est qu’il s’intègre parfaitement dans
des œuvres plus importantes puisqu’il s’agit de sculptures intégrées dans des monuments :
l’exemple de l’église Sainte Thérèse à Wattrelos nous présente un monument dont la majeure
partie de la décoration sculptée à été réalisé par Jules Clamagirand. Les œuvres qu’il a réalisé
sont en adéquation avec le monument, mais pas uniquement du point de vue du style, aussi
par ce que l’édifice en lui-même représente : en effet, les deux reliefs de la maison du
Broutteux à Tourcoing ne présentent pas uniquement des sujets chers au poète mais présente
aussi un style en adéquation avec son travail, style qui reste parfaitement fidèle aux écrits de
Jules Watteeuw.

32

33
Catalogue des œuvres :


1892 : le château dit palais Vaissier (rue de Mouvaux, quartier du Blanc Seau,
Tourcoing), peut être une partie de la décoration.



1900 : Pont Alexandre III à Paris.



Château royal de Laeken en Belgique.



1906 : Décoration de presque tous les pavillons de l’Exposition des industries textiles
de Tourcoing.



A partir de 1907 (construction de la maison du Broutteux, 19 Rue Jules Watteeuw) :
Maison de Jules Watteeuw : relief représentant Timoléon et D’Justin.



1909-1911 : sous la direction de Louis Allard, décoration du nouvel Hôtel de ville de
Roubaix (17 Grande place, Roubaix), et en particulier à la salle des mariages et au
Salon d’honneur.



1911 : Nouveau Théâtre (Place du Théâtre, Lille), sous la direction de Louis Allard
Fils qui a réalisé une partie de la décoration intérieure : le 1° foyer.



Entre 1918 (fin de la guerre) et 1930 (mort de G. Dron) : Monument aux morts
(cimetière principale de Tourcoing), commandé par Gustave Dron.



Après 1918 (fin de la guerre) : Monument aux Morts du Blanc-Seau (au cimetière du
Blanc-Sceau, à Tourcoing)



1921 : Christ en Croix et tympan de la Chapelle du Vœu à Tourcoing (18-20 rue
Faidherbe, Tourcoing).



1925 : Saint-Christophe (place Victor Hassebroucq, Tourcoing) : sculptures dans la
chapelle des Saints Anges : bas-relief du retable de l’autel, des figures d’anges, de la
maternité, la mort et un saint.



1929 : Décoration de sainte Thérèse de l’enfant Jésus (place Sainte-Thérése,
Wattrelos) : statue de la sainte au dessus du porche dans le tympan, les angelots du
clocher et une partie de la décoration intérieure.



1929-30 : Tympan de l’église du Sacré Cœur (rue Pellard, Roubaix) : statue du Christ
bénissant la ville.



Après 1930 (mort de Gustave Dron le 17 août 1930) : Tombe de Gustave Dron
(cimetière principal de Tourcoing) : 2 bas-reliefs en bronze.

33

34
Index des annexes :


Annexe 1 : article du Flambeau du Nord, 1933, n°87 ……………………….p.35 à 37



Annexe 2 : retranscription de l’article ………………………………………..p.38 et 39



Annexe 3 : article paru dans Nord Eclair, 17-18 juillet 1988 …...………….p.40 et 41

• Annexe 4 : retranscription de l’article paru dans Nord Eclair, 17-18 juillet 1988 …...
…………………………………………………………………………………….p.42 et 43


Annexe 5 : article paru dans le Journal de Roubaix le 23Avril 1937 à l’occasion de la
mort de Jules Clamagirand ………………………………………………………p.44



Annexe 6 : rubrique nécrologique de Jules Clamagirand ……………………..…p.45



Annexe 7 : acte de décès …………………………………………………………p.46



Annexe 8 : article du Journal de Roubaix du 7juin 1906 sur l’obtention par
Clamagirand d’une palme académique, celle d’officier d’académie. ……………p.47



Annexe 9 : article de journal sur la statue de sainte Thérèse dans l’église de sainte
Thérèse de l’enfant Jésus à Wattrelos …………………………………………….p.48



Annexe 10 : lettres de Jules Clamagirand au sujet de la statue de sainte Thérèse de
l’église de sainte Thérèse de l’enfant Jésus à Wattrelos et de son paiement ……...p.49



Annexe 11 : retranscription de la lettre ……………………………………………p.50



Annexe 12 : 1929, « Exposition locale de PEINTURE & SCULPTURE » ………p.51



Annexe 13 : 1930-31, « Exposition locale de PEINTURE & SCULPTURE » …...p.52



Annexe 14 : 1935, « Exposition de 10 artistes de ROUBAIX et TOURCOING » .p.53



Annexe 15 : prix des travaux pour ce qu’à réalisé Louis Allard Fils dans l’Hôtel de
ville de Roubaix …………………………………………………………………...p.54



Annexe 16 : Chronologie détaillée de la vie de Jules Clamagirand ………….p.55 et 56



Annexe 17 : tombe de Jules Clamagirand au cimetière Montparnasse à Paris ……p.57

34

35

Annexe 1 : 1° page de l’article du Flambeau du Nord de 1933 consacré à Jules Clamagirand.

35

36

2° page

36

37

3° page

37

38
Annexe 2 : Retranscription de l’article :
« JULES CLAMAGIRAND
Je suis heureux d’avoir à consacrer cet article à mon collègue et grand ami M. Jules
Clamagirand, qui dirige le Cours de modelage et de sculpture et dont le talent et la volonté
agissante sont de précieuse valeurs pour l’enseignement auquel il se consacre à l’Ecole des
Beaux-Arts de Tourcoing.
Car il a formé pendant sa déjà longue carrière (1913-1933) toute une pléiade d’élèves
de valeur, sculpteurs sur bois ou sur pierre, ferronniers d’art, ébénistes, modeleurs qu’il a
presque tous placé dans des situations enviables.
Son fils est ainsi devenu un remarquable sculpteur ornemaniste qui a pu affronter
victorieusement le Salon des Artistes Français à Paris, avec des bustes, portraits ou figures de
fantaisie décorative.
Il a pour précieux collaborateur, justement un des ces anciens et meilleurs élèves, M.
Eugène Leclercq qui dirige avec beaucoup de talent et de dévouement le cours d’application
sculpture sur Bois et sur Pierre, d’après les modèles crées sous la direction de Jules
Clamagirand. De ce cours sortent de chaque année de nombreux travaux que les
Tourquennois qui s’intéressent aux Grands Etablissements d’Enseignement de la Ville ont pu
apprécier à l’exposition de fin d’années, à l’Ecole de la rue de Gand.
Déjà officier d’Académie en 1906, lors de l’exposition de Tourcoing, M. Clamagirand
était récompensé de ses efforts constants vers le mieux, au cours de ses années de professorat,
par la promotion au grade d’Officier de l’Instruction Publique en 1922.
Mais son activité et ses talents ne se sont pas exercés seulement à l’Ecole, car de
nombreux ouvrages, des monuments attestent la valeur de cet artiste qui déjà à Paris en 1900,
avait collaboré, sous la direction de Maitre Frémiet, à la décoration du pont Alexandre III, et
en Belgique appelé à des travaux de décoration au Château Royal de Laeken.
Au cours de ses premières années de séjours à Tourcoing, il contribua à la décoration
du Grand Théâtre de Lille, sous la direction du Maitre Architecte Cordonnier ; aussi aux
réalisations décoratives de Messieurs Allard frères à Roubaix, de qui il a été l’artisan
indispensable et constant depuis son arrivée dans le Nord en 1910 et pour l’atelier desquels il
a modelé dans la glaise une quantité difficile à apprécier de modèles d’ornementation, statues,
monuments funéraires.
Aussi, il n’est pas de maisons de maitres édifiée dans la région de Roubaix, Tourcoing,
Lille, qui ne porte en sa décoration intérieure ou de façade, la marque de la virtuosité de
l’ornemaniste.
C’est lui encore qui modela le beau Christ en Croix de la Chapelle du Vœu édifiée par
le regretté Maitre-Architecte J-B. Maillart. Ce Christ est une de ses meilleurs œuvres.
Peu après M. J-B. Maillart lui demandait d’orner de sculptures la Chapelle des SaintsAnges en la Cathédrale dédiée à Saint Christophe, à Tourcoing.
Outre les bas reliefs du retable de l’autel, les figures de l’Ange, de la maternité, celui
de la mort et surtout d’un beau Saint expressif sont remarquables par la belle inspiration qui
l’a guida et par l’expression de douceur ineffable de ces anges au beau visage pur et recueilli.
Naguère encore M. Bourgeois, Architecte, lui confiait la décoration de sa belle Eglise
de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, à Wattrelos, d’une ordonnance et d’une composition si
originales. La statue de la sainte qui occupe le tympan au dessus du porche est de la main de
M. Clamagirand, ainsi que les angelots du clocher et la décoration intérieure de l’Eglise.
Enfin, il éleva dans le tympan de la nouvelle Eglise du Sacré-Cœur, rue Pellart, à
Roubaix, une statue du Christ bénissant la ville, œuvre qui lui fait grand honneur.

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Au cimetière principal de Tourcoing il est un monument devant lequel, tous les ans,
accompli la cérémonie du Souvenir aux Morts de la Grande Guerre ;
C’est encore M. Clamagirand qui fut demandé par M. Dron, Sénateur-Maire de
Tourcoing.
Il représente la ville de Tourcoing protégeant la veuves et les orphelins. Bien composé,
ce groupe atteint une grande intensité d’expression.
Le Monument aux Morts du Blanc Sceau aussi est de lui.
M. Clamagirand possède une imagination toujours féconde, une faculté de travail
étonnante.
En ce moment, il crée pour l’Ecole et de sa propre initiative une sorte d’encyclopédie
des formes décoratives des Styles du XVII° et du XVIII° siècle, en de grands dessins
admirables de précision et d’habileté professionnelle qui seront pour nos élèves des
documents précieux.
Impulsif en ses sentiments il dit de lui-même qu’il réalise le caractère qu’il fait avoir
pour … « faire un brave mousquetaire ! ». Il est aussi adoré de ses élèves à qui il peut
demander tous les efforts et tous les dévouements : ils lui appartiennent de cœur ! et l’on peut
dire qu’il est un Professeur modèle en étant tout le contraire du rigoureux pédagogue.
Comme il n’aime pas que son nom soit mis en vedette, c’est en secret que j’ai voulu
dire ce que je pensais de lui, ceux que pensent d’ailleurs tout ceux qui le connaissent. Il en
aura la surprise en recevant ce numéro du Flambeau du Nord et je m’en réjouis ! avec tous
ces amis.
H. LETY
19 janvier 1933 »

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Annexe 3 : article paru dans Nord Eclair, 17-18 juillet 1988

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Suite de l’article paru dans Nord Eclair, 17-18 juillet 1988

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Annexe 4 : retranscription de l’article paru dans Nord Eclair, 17-18 juillet 1988

« Sur les traces de Jules Clamagirand :
Professeur de sculpture et de décoration à l’école des Beaux-Arts (1911-1930), Jules
Clamagirand a laissé sur nos murs de nombreux témoignages de son art, du Grand Théâtre de
Lille à l’église saint-Christophe. Suivons-le à la trace.
Bien oublié aujourd’hui, Jules Clamagirand fut professeur à l’école des BeauxArts de la rue de Gand de 1911 aux années 1930.
Avant son arrivée à Tourcoing, il avait participé à la décoration du pont
Alexandre III à Paris sous la direction de Fremiet. Il fut ensuite appelé à des travaux de
décoration pour le château royal de Laeken (Bruxelles). Il arrive à Tourcoing en 1911 et
prend la direction des cours de sculpture et de décoration à l’école des Beaux-Arts.
Grand Théâtre et hôtels particuliers
Dès son arrivée, il est sollicité par le maître architecte lillois Louis Cordonnier pour
participer à la décoration et l’ornementation du Grand Théâtre de Lille (Opéra) alors en
construction.
Il réalise pour différents architectes régionaux la décoration de nombreux hôtels
particuliers de Tourcoing, Roubaix et Lille, il crée pour la « Maison du Broutteux »
l’évocation du combat du taureau et du lion, la belle guirlande de fleurs et de feuilles qui court
le long de la façade et les deux groupes D’Justin et Timoléon qui nous accueillent quand nous
nous rendons au 19 de la rue Jules-Watteeuw. Après la Grande guerre, l’architecte Maillard
est chargé de réaliser la chapelle du Vœu au 16 de la rue Faidherbe, élevé par la population de
Tourcoing en juin 1916 en remerciement de la protection que le ciel a accordé à la ville au
cours des hostilités. La décoration est confiée à Jules Clamagirand qui réalisera pour la
chapelle un très beau Christ en croix.
Dans les églises et les cimetières
Lors de la réalisation de la façade de l’église du Sacré Cœur, rue Pellart à Roubaix, il
sera l’auteur du Sacré Cœur bénissant Roubaix placé au tympan du portail, œuvre qui lui fait
grand honneur. Toujours à la demande de l’architecte Maillard, il réalise la décoration de
l’église Sainte-Thérèse à Wattrelos.
A Tourcoing, on lui doit le premier monument aux morts de la Grande guerre qui orne
le carré militaire du cimetière principal ainsi que celui du Blanc-Sceau. Toujours au cimetière,
il est l’auteur de nombreuses décorations de mausolées. A l’église Saint-Christophe
l’architecte J.B. Maillard lui demande la décoration et l’ornementation de la chapelle des
Saints-Anges qui mettait en 1925 un terme à la grande restauration de l’église commencé en
1856. Pour cette décoration, il réalisa un bas-relief, « Dieu régnant sur le cœur des anges »,et
trois groupes, l’Ange de la maternité, l‘ange de la mort et le saint Michel qui dominait l’autel
(qui n’est pas sans rappeler la statue du mont saint Michel). Tout cela a été démonté dans les
années 1970 et les plus intéressantes sculptures sont entreposées dans les réserves du musée
folkloriques du Carillon.

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Jules Clamagirand réalisa à la demande de nombreuses sociétés patriotiques des
mémoriaux pour les sièges de leur association.
Henry Lety, professeur de peinture et de dessin aux Beaux-Arts de Tourcoing disait de
son collègue : « Monsieur Clamagirand possède une imagination toujours féconde, une faculté
de travail étonnante ».
D’Justin
Pour cette courte notice a été consulté : le Flambeau du Nord n°8 janvier 1933. »

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Annexe 5 :
Article paru dans le Journal de
Roubaix le 23Avril 1937 à
l’occasion de la mort de Jules
Clamagirand

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Annexe 6 : Rubrique nécrologique de Jules Clamagirand

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Annexe 7 : acte de décès

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Annexe 8 : Journal de Roubaix du 7juin 1906 :
« M. J. CLAMAGIRAND, OFFICIER D’ACADEMIE – Dans la liste des personnes qui ont
obtenue les palmes académiques à l’occasion de la visite du Président de la République, à
Tourcoing, nous remarquons le nom de notre concitoyen, M. Jules Clamagirand, modeleursculpteur.
Le nouvel officier d’académie est un ouvrier d’art de la maison de sculpture Louis
A1lard Fils, rue Notre Dame, où il est entré, il y a sept ans. Artiste de grand talent, M. Jules
Clamagirand, qui n’est âgé que de 35 ans, a été chargé de la décoration de presque tous les
pavillons de l’Exposition de Tourcoing qui sont si remarqué. C’est à ce titre qu’il vient de
recevoir ces palmes.
Nous adressons nos félicitations au nouvel officier d’académie dont le talent vient
d’être consacré par cette flatteuse distinction. »

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Annexe 9 : article de journal sur la statue de sainte Thérèse dans l’église de sainte Thérèse de
l’enfant Jésus à Wattrelos

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Annexe 10 : lettres de Jules Clamagirand au sujet de la statue de sainte Thérèse de l’église de
sainte Thérèse de l’enfant Jésus à Wattrelos et de son paiement

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