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HISTOIRE DE L’AFRIQUE

ÉTAT DE L’ESPAGNE. - La mort prématurée d’Isabelle,
le règne de Jeanne, l’introduction des Flamands en Espagne, et,
enfin, le second mariage de Ferdinand, avaient enrayé, presque
détruit, l’œuvre d’unification commencée pur les « rois catholiques». Cependant, Philippe étant mort, et Jeanne incapable de
régner, Ferdinand revint de Naples en Espagne et se fit décerner
de nouveau la régence, qu’il exerça au nom de son petit-fils, Charles, prince régnant, élevé en Flandre sous la direction de Maximilien, tandis que Ferdinand, fils puîné de Philippe, restait en Espagne,
jouissant de la tendresse et des préférences de son aïeul. Nous avons
vu le grand rôle joué par Jiménez, cardinal d’Espagne, dans la direction des affaires de la Castille, durant l’absence du roi d’Aragon,
et les conditions dans lesquelles il s’était résigné à la retraite. Ferdinand entendait, en effet, gouverner seul le double royaume.
En 1512, à la suite de la mort de Gaston de Foix, les Français
furent chassés de l’Italie; Ferdinand arrachait ensuite la Navarre
à Jean d’Albret, et celui-ci n’avait d’autre ressource que de réclamer le secours de la France. François, duc d’Angoulême, futur roi,
ayant conduit une expédition dans le but de le rétablir sur son trône,
entreprit une campagne, qui aboutit à un désastre dont la vallée de
Roncevaux, déjà fatale à nos armes, fut le théâtre.
Peu de tempe après, Ferdinand, abreuvé d’ennuis et de chagrins domestiques, rempli de craintes pour l’avenir, rendait l’âme
(22 janvier 1516). Il n’avait pu empêcher son petit-fils Charles de
prendre la couronne de Castille, qu’il aurait tant désiré voir passer
sur la tête de Ferdinand, frère de ce dernier, mais il chargeait de
sa tutelle le vieux Jiménez, âgé alors de quatre-vingts ans. L’Aragon et Naples étaient légués par lui à sa fille, Jeanne la folle, avec
retour, après elle, à la couronne de Castille. Le cardinal, malgré son
grand âge, accepta courageusement cette nouvelle charge, qu’il dut
se résoudre à partager avec Adrien d’Utrecht, précepteur de Charles, destiné à occuper le trône de Saint-Pierre. Quant à Charles V,
alors âgé de seize ans, il tenait sa cour à Bruxelles, et rien ne pouvait faire deviner en lui le grand empereur qui devait dominer le
seizième siècle, réunir sur sa tête neuf couronnes et essayer d’étendre la main sur la Berbérie.
Vers le même temps, la France voyait aussi un changement de
souverain: François Ier, futur rival de Charles-Quint, montait sur le
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traduction de M. Houdas (Leroux, 1889): excellent ouvrage qui éclaire complètement cette période de l’histoire du Maroc. — Abbé Godard. Histoire du
Maroc, pass. — Diégo de Torrès, Histoire des Chérifs, p. 7 et s.