Les Brumes de Rocpéraille v1.1.pdf


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Les Brumes de Rocpéraille/version 1.1
n’était-il pas mort avant d’avoir pu faire de son ionnthèn un démorthen à part entière ? Lorsque Varag rentra chez lui, ce fut pour apprendre l’emprisonnement de son
épouse dans les cachots de Rocpéraille.
Se pliant à la volonté de Judwal, Varag se rendit contre la promesse de la libération d’Anaë. Mais celle-ci fut quand même crucifiée sous ses yeux, au même chêne que
Ringill vingt années plus tôt. Cruel, le Sigire parlait d’une toute autre forme de liberté.
Varag sombra alors dans une folie dont il ne devait jamais plus sortir.
Il passa trois ans dans les cachots de Rocpéraille à murmurer des propos incompréhensibles dans les ténèbres. Son cas fut étudié en haut lieu et en 859, considérant qu’il ne représentait plus une menace pour Ard-Amrach, Varag fut embarqué à
bord du Séraphin à destination de la lointaine Calvaire. Mais le Séraphin n’atteignit jamais sa destination. Une violente tempête le projeta contre les récifs d’une île inconnue pourtant située à moins de cinq kilomètres des côtes. Libre, Varag s’en prit aux
survivants qu’il finit par dévorer lors de rituels cannibales qui firent définitivement de
lui l’un des pires morcaìls qui aient vécu.
Il visita l’île et finit par y découvrir un imposant chaudron fait de Tugarch gravé :
la prison de Wönka. A l’intérieur du chaudron, une brume animée d’une vie propre
tourbillonnait sans cesse. C’est ainsi que Varag est devenu la première des marionnettes de Wonka le Féond, dont l’histoire sanglante était inscrite sur la surface du
chaudron. Possédé, Varag s’est alors voué corps et âme à la destruction des protections érigées par les Démorthens de jadis. Seize Démorthens ont uni leur sang dans le
chaudron pour insuffler la vie aux seize oghams gravés. Pour les défaire, seize innocents doivent mêler leur sang dans le chaudron. Reste à les trouver.

Doriel Gavern
Lorsque la Guerre du Temple se termine, en 863, Judwal y finit ses jours en rédigeant des mémoires qui l’accompagneront dans son caveau. Harn, hanté par les évènements qu’il a vécus, finit par chuter de la grande falaise alors qu’il contemplait la
mer (d’après son fidèle serviteur, une violente bourrasque l’aurait projeté dans le vide
et il se serait fracassé contre les rochers, trente mètres plus bas…) Rocpéraille devient
une zone redoutée pour son brouillard permanent et crainte pour les présences malsaines qui hantent ses bois.
Pendant 25 années, nul seigneur ne dirige Rocpéraille. C’est alors qu’un chevalier du nom de Doriel Gavern se voit confier la mission d’y rétablir l’autorité royale. Il
jouit d’un très lointain lien de parenté avec le Roi Dalenverch IV. L’accompagnent le
père Gauvin et le Chevalier Lame Gunar (qui est de surcroît le demi-frère de Doriel)
Doriel s’éprend alors d’une jeune villageoise. Il faut dire que le chevalier n’a pas
été épargné par la Guerre et son corps couturé de cicatrices est horrible à voir. Aucune
femme saine d’esprit n’aurait accepté de partager sa couche avec cet homme borgne
et à la jambe raide. Aucune, sauf la jeune Hiréna. Doriel prend en charge son éducation
et, cinq années plus tard, la paysanne n’a presque rien à envier aux dames de la capitale. Bien que le père Gauvin y soit opposé (à cause de la basse extraction de la fillette), Doriel prend Hiréna pour épouse alors qu’elle n’a que 16 ans et lui 35.
Deux ans plus tard, Doriel est toujours sans héritier. Les prières n’y faisant rien,
Hiréna s’en remet aux anciennes coutumes qui sont restées vivaces dans les familles
de Rocpéraille. Mais là encore, c’est l’échec. Elle aime son époux et veut lui donner un
enfant, quel qu’en soit le prix. C’est alors qu’une ombre vient hanter ses rêves. Elle
Houari Benkhera/Houarg