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Ce qui est également inquiétant, c’est qu’Irving Fisher est un des économistes les
plus célèbres et les plus reconnus de tous les temps. Ses théories sont enseignées dans les
facultés d’économie du monde entier, tout particulièrement en ce qui concerne la théorie
quantitative de la monnaie et celle du taux d’intérêt. Ses travaux les plus célèbres sont le
fondement même de la grande majorité des politiques monétaires en cours actuellement
dans le monde entier.
Mais ce qui est le plus inquiétant, c’est que le livre qui suit est aujourd’hui, pour des
raisons mystérieuses, pratiquement inconnu de la très grande majorité des économistes et
même des spécialistes en question monétaire, encore plus de nos hommes politiques.
Ainsi, celui qui est considéré par beaucoup comme le père de la pensée monétaire a
très clairement écrit et clamé haut et fort que notre système monétaire institutionnel était
intrinsèquement mauvais, mais cela est ignoré par presque tout le monde y compris la
majeure partie des décideurs au sein des banques centrales. C’est un peu comme si Marx
avait écrit un livre vers la fin de sa vie expliquant qu’il faudrait en réalité d’autres
institutions pour que le communisme fonctionne bien, mais que presque personne n’ait
aujourd’hui connaissance de ce livre.
Pour comprendre plus ou moins comment cela est possible, il faut retourner au
contexte de l’écriture de ce livre. En 1935, Irving Fisher est un économiste qui a tout
vécu, la gloire en devenant l’économiste le plus renommé des Etats-Unis dans les années
10 et 20, écouté à la fois par le grand public et dans les sphères politiques puis le discrédit
suite à la crise de 1929 et cette phrase malheureuse « Le prix des actions semble avoir
atteint un haut plateau permanent » quelques jours avant le fameux jeudi noir. Ruiné par
de mauvais investissements, raillé par le grand public pour n’avoir absolument rien vu
venir, Irving Fisher eut le mérite de remettre en cause l’ensemble de ses théories pour
essayer de comprendre comment une telle catastrophe avait-elle pu arriver. Peu à peu, il
redevint une des figures économiques les plus écoutés et fut par exemple l’un des
principaux inspirateurs de la politique de « reflation » du président Roosevelt.
En 1932, Irving Fisher émet sa fameuse théorie de la « dette-déflation » qui est
relativement revenue sur les devants de la scène depuis le début de la crise financière et
économique actuelle. Son analyse est cinglante pour le mouvement néo-classique dont il
est aujourd’hui considéré, apparemment à tort, comme l’un des champions : « Dans les
faits, il y a presque toujours surproduction ou sous-production, surconsommation ou
sous-consommation, surdépense ou sous-dépense, surépargne ou sous-épargne,
surinvestissement ou sous-investissement et sur et sous tout ce que l’on peut bien vouloir.
Il est aussi absurde de supposer que, pendant un long laps de temps, les variables
économiques puissent rester stables, en équilibre parfait que de supposer qu’il n’y aura