La montagne CANTAL 04 janvier 2012.pdf


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MERCREDI 4 JANVIER 2012 LA MONTAGNE

Auvergne

Faits divers

POLÉMIQUE ■ Un trentenaire entre la vie et la mort après une interpellation musclée la nuit du réveillon

La police des polices enquête à Clermont
Un Clermontois est dans le
coma depuis dimanche à la
suite de son arrestation dans
le quartier de la Gauthière
par deux policiers. L’inspection générale de la police nationale de Lyon tente de déterminer les responsabilités.
Les jeunes du quartier dénoncent un « tabassage » et
appellent à une marche de
soutien, ce samedi.

terpeller le Clermontois. Il
est mis au sol par le chien,
menotté, placé dans le vé­
hicule puis aspergé avec
une bombe de gaz lacry­
mogène. « L’interpellation
a été musclée car l’hom­
me était très excité », re­
connaît le procureur. Ses
blessures l’attestent : tou­
jours selon le parquet,
Wissan El­Yamni, qui a
déjà eu affaire avec la jus­
tice, présente une fracture
des côtes, une autre du ro­
cher orbitaire et des lé­
sions au niveau du cou.

Nicolas Faucon

nicolas.faucon@centrrance.com

W

i s s a n E l ­ Ya m n i ,
30 ans, a­t­il été
victime d’une in­
t e r p e l l a t i o n p o l i c i è re
musclée mais régulière ou
de violences illégiti­
mes ? Qui a fait venir les
secours à La Gauthière en
prétextant la présence
d’un homme en sang gi­
sant au sol, information
qui s’est, au final, avérée
fausse ? Voilà notamment
ce à quoi tentent de ré­
pondre, depuis lundi, les
enquêteurs de l’inspection
générale de la police na­
tionale de Lyon – plus
connue sous le nom de
police des polices – après
leur saisie par le parquet
de Clermont­Ferrand.
D’après Gérard Daver­
gne, procureur de la Répu­
blique (par intérim) de

Dans le coma

LA GAUTHIÈRE. L’interpellation s’est déroulée lors de la nuit du réveillon de la Saint-Sylvestre sur ce parking, à deux pas du centre
commercial de ce quartier nord de Clermont-Ferrand classé en zone urbaine sensible.
Clermont­Ferrand, une in­
formation judiciaire pour­
rait bientôt être ouverte. «
Mais il faudra, pour la
qualifier, d’abord recons­
tituer les événements et
connaître la cause du ma­
laise cardiaque ayant con­
duit au coma. »

■ FAITS DIVERS
CANTAL ■

Excès de vitesse

Trois conducteurs ont été interpellés par les bri­
gades motorisées de gendarmerie de Mauriac et
d’Aurillac, hier, sur la RD 922, pour excès de vi­
tesse. Vers 10 h 30, sur la commune de Lanobre,
un automobiliste de 37 ans a été contrôlé à
122 km/h (115 retenus) au lieu de 70. Son per­
mis lui a été retiré pour un mois. Peu après
midi, à hauteur de Jaleyrac, un conducteur de
22 ans, titulaire jusque­là d’un permis probatoi­
re, a dû l’abandonner après avoir été pris à
141 km/h (133 retenus) au lieu de 80. Enfin, un
troisième conducteur a été contrôlé vers
16 h 30, sur la commune de Jussac, à 130 km/h
(123 retenus) au lieu de 80 (vitesse réduite à
cause de la pluie). Cet automobiliste de 51 ans
présentait une alcoolémie de 0,94 g/l. Son per­
mis lui a aussi été retiré. La gendarmerie a pré­
vu de multiplier les contrôles dans les jours et
les semaines qui viennent. ■

La fillette blessée
en Haute-Vienne a succombé

TROIS MORTS ■

La petite Mathilde n’a pas survécu. Lundi, à SaintYrieix-la-Perche, cette fillette de 7 ans avait été grièvement blessée dans un accident qui avait coûté la
vie à sa mère, Anne Menier, 44 ans, et à sa sœur
aînée, Claire, 18 ans.

Le camion chargé
de rondins de bois se renverse

HAUTE-LOIRE ■

Un poids lourd ayant perdu son chargement de
rondins de bois, la circulation a été perturbée,
hier matin, sur la RN 102, dans la descente du
col de Fix­Saint­Geneys. L’accident, qui n’a pas
fait de blessé, s’est produit vers 7 heures à hau­
teur de Vazeilles­Limandre. ■

Les faits remontent à la
nuit de la Saint­Sylvestre.
Il est environ 2 h 30 du
matin quand, alertés via
un coup de téléphone de
la présence au sol d'un
homme inanimé, policiers
et sapeurs­pompiers arri­
vent au centre commercial

de la Gauthière, un quar­
tier nord classé en zone
urbaine sensible. Là, nulle
trace de blessé mais qua­
tre jeunes sur un banc.
Wissan El­Yamni, décrit
comme très excité par les
policiers et les pompiers,
aurait été le seul à lancer

des projectiles sur la voi­
ture de police, dont la vi­
tre sera brisée par l’im­
pact. S’engage alors une
course­poursuite entre les
fonctionnaires et le trente­
naire. Appelés en renfort,
deux hommes de la briga­
de canine finissent par in­

Inanimé lors de son arri­
vé au commissariat, il est
porté par les policiers qui
ne croient pas tout de sui­
te, dixit le parquet, à la
réalité du malaise. En ar­
rêt cardiaque, l’homme est
ranimé avant de tomber
dans le coma, état où il se
trouve depuis. Son pro­
nostic vital est engagé.
Rencontrés hier, les jeu­
nes de la Gauthière se di­
sent révoltés par ce qu’il
appellent un « tabassa­
ge ». Ils ne cachent pas
leur colère et veulent sou­
tenir la famille, qui a porté
plainte. Ils distribuent des
tracts invitant à une mar­
che pacifique, ce samedi
après­midi à Clermont. ■

THIERS ■ Le coutelier accuse deux collectionneurs d’avoir recelé ses produits

Un affrontement à couteaux tirés

La valeur à la revente de
certains couteaux peut
aiguiser l’appétit de personnes à la morale émoussée. Mais pour suivre le fil
du trafic, il ne faut pas être
manche.
« Le couteau à Thiers,
c’est un microcosme un
peu particulier », décrit
Me Pierre Saby au tribunal
de Clermont­Ferrand. « Il
y a des collectionneurs qui
font les poubelles, des fa­
bricants qui vendent de la
main à la main en liquide,
des employés indélicats
qui volent… ». Il défend
un Auvergnat de 57 ans
qui a revendu sur Internet
1.820 couteaux, dont une
partie aurait été acquise il­
légalement, encaissant au
passage la somme de
67.638 €. Un Breton de
56 ans est poursuivi pour
les mêmes faits. Lui aurait
dégagé un bénéfice de
14.455 €.

Des amendes requises
En face, se trouve un
coutelier qui estime avoir
perdu 20.000 € dans l’af­
faire, victime de larcins
commis par ses salariés et
du recel imputé aux deux

LAMES. Les prévenus mettent en cause le fabricant, qui aurait accepté de céder sous le manteau
des produits interdits à la vente. PHOTO D’ILLUSTRATION
collectionneurs sur des
produits, le Corentin et le
Brennus, dont il avait l’ex­
clusivité. L’Auvergnat sou­
tient que le plaignant lui a
vendu lui­même la mar­
chandise, discrètement.
« Il nous dit le contraire,
aujourd’hui, par crainte
sur le plan pénal et fis­
cal », appuie M e Anne­

Laure Lebert, avocate du
Breton.
Les débats sont houleux.
En bon coutelier, la partie
civile a l’art de couper les
autres intervenants au mi­
lieu de leurs explications.
Le parquet requiert 800 €
d’amende pour chaque
prévenu. « En raison de
l’exclusivité, le Corentin et

le Brennus n’étaient pas
disponibles dans le com­
merce. Ils savaient néces­
sairement que leur origine
était douteuse », soutient
Julien Dutel, substitut du
procureur. Le tr ibunal
tranchera… dans un déli­
béré prévu le 23 janvier. ■
Bertrand Yvernault
bertrand.yvernault@centrefrance.com

Cantal