Élections présidentielles 2012 .pdf


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INTRODUCTION
"Quand le gouvernement viole les droits du peuple,
l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple,
le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."
(Article 35 de la Déclaration des Droits de l'Homme
et du citoyen, et préambule de la Constitution du 24 juin 1793).
« … les hommes simples, libres, et vos égaux,
auxquels vous ne déléguez que momentanément une portion de la
souveraineté, qui n’appartient qu'à vous, ne peuvent, sous aucun
rapport, posséder cette souveraineté dans un plus haut degré que
le vôtre. La souveraineté est une, indivisible, inaliénable […]
Les hommes éclairés que vous avez appelés à l’honneur de vous
faire une nouvelle Constitution, n’ont donc point d’autres droits que
celui de vous soumettre des idées ; à vous seul appartient le refus
ou l’acceptation de ces idées […] ;
Peuple, vous pouvez tout sans eux, eux seuls ne peuvent rien sans vous.
(Donatien de Sade, Idée sur le mode de sanction des lois, 1792)
L'article 35 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen résonne
encore d'une charge profondément révolutionnaire. Né d'une époque trouble, où la
joie s'est mêlée à la terreur, il s'arrache à son temps et nous paraît aujourd'hui
aussi brûlant qu'il put l'être pour ceux qui, la nuit du 4 août 1789, abolirent les
privilèges et commencèrent sa rédaction. Il grave dans la légalité et dans
l'obligation l'insurrection sacrée du peuple ; il fonde l'unité d'un peuple qui n'accepte
aucune transgression de ses droits, pour aucune de ses portions, dès qu'il s'affirme
en tant que nation ; il refuse, prophétiquement, la division du peuple au nom de ses
intérêts particuliers, qui nous semble aujourd'hui si achevée. L'abbé Siéyès, l'auteur
du célèbre Qu'est-ce que le tiers Etat, prévenait déjà les générations d'après :
« Nos actes instruiront ceux qui auront la curiosité de connaître nos pensées ; et
tous nos avertissements seraient inutiles pour mettre en garde contre nos fautes
les hommes qui, venus après nous, n'acquieront notre sagresse qu'au prix des
mêmes malheurs ».
Dans un contexte de crise économique et financière, de crise morale et
humaine, de crise politique et de crise républicaine, nous devons garder à l'esprit
ces phrases et considérer désormais que nous avons vécu, comme nos aïeux, les
mêmes malheurs, mais que n'avons pas pu encore, comme eux, acquérir la
sagesse. L'époque est différente, et nos malheurs diffèrent : aujourd'hui les acquis
démocratiques sont ébranlés par des commissaires de l'Europe et des techniciens
obscurs, au nom du despotisme éclairé ; aujourd'hui, l'oppression bancaire décrète
que le chômage est nécessaire, et qu'il empêche l'inflation ; aujourd'hui une
oligarchie feint de s'entredéchirer en public, dans les journaux et les émission
télévisées, mais se rassemble dans les dîners du Siècle, à la manière de la
Chauve-souris dans la Fable de la Fontaine, aussi bien oiseau que souris, fluctuant