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intégrant une population qui en exprime le souhait et un territoire, à la condition toutefois que celuici ne soit pas convoité par la Flandre. Or, certes heureux de se débarrasser de la Wallonie, les
Flamands considèrent Bruxelles comme capitale de la Flandre, faisant donc partie intégrante de leur
territoire. Et ils ne sont pas prêts à y renoncer. Ils ne lâcheront jamais Bruxelles sans compensations
très importantes, notamment en termes de partage de la dette publique. Le sort de Bruxelles est
donc l’obstacle politique principal, interne à la Belgique, tant pour le rattachement de Bruxelles à la
France que pour la constitution d’un Etat wallo-bruxellois. Ajoutons que si Bruxelles devait se
rattacher à la France, nul doute qu’il y aurait une discussion ardue au sein de l’Union européenne,
concernant le transfert en France des institutions européennes. Une monnaie d’échange peut-être, le
renoncement de la France à maintenir le parlement européen à Strasbourg.
3.5. En résumé, le problème politique inhérent à la sécession de la Belgique est tout entier dans
Bruxelles que les Flamands voudront en Flandre. Toutefois parce qu’ils seront à l’initiative du
séparatisme, ils devront peut-être se résoudre à payer le prix et renoncer à Bruxelles, sachant que
l’indépendance de Bruxelles, fusse-telle assortie d’une étroite coopération avec la Flandre et la
Wallonie, pourrait s’avérer la solution de compromis. Compromis, par ailleurs acceptable au plan
européen.
3.6. Passons maintenant en revue les scénarios sous l’éclairage de l’économiquement soutenable et plus
particulièrement du point de vue des finances publiques.
Le partage de la dette publique belge entre les entités résultant de la scission et les besoins de
financements qui s’en suivent pour chaque entité, constituent une toile de fond inhérente à chaque
scénario et déterminante pour la viabilité de l’option choisie. Pour faire bref tout en restant
pragmatique, il est légitime de considérer que deux critères domineront le débat, d’une part, un
partage suivant l’importance relative du PIB de chaque entité concernée qui est le critère le plus
favorable à la Wallonie et d’autre part, celui de la population, le plus défavorable à la Wallonie.
L’accord sur le partage de la dette ne nous empêchera pas, dans l’intérêt des parties, pour ce qui
concerne le passé, de la laisser dans un pot commun jusqu’à apurement, vis-à-vis duquel nous nous
porterons, Wallons, Flamands et Bruxellois, débiteurs solidaires. Tout comme pour notre
patrimoine et nos richesses culturelles que nous pourrons, suivant le cas, maintenir sous usage
commun, comme l’Europe nous y invite au travers des coopérations transfrontalières. Et tant pis
pour les Cassandre assimilant le séparatisme à un mur opaque entre Flamands et Francophones, qui,
chacun chez soi, ne pourraient être qu’ennemis. Pourquoi, séparés, ne redeviendrions-nous pas
amis ?
3.7. Quant aux besoins de financement public inhérents à une Wallonie indépendante ou à Bruxelles
indépendant ou encore à l’Etat wallo-bruxellois, les données nécessaires au calcul ont été occultées
jusqu’à avril 2011. Ce qu’il fallait pour répondre à la question, c’est cumuler les besoins de
financement de chaque entité fédérée, Flandre, Wallonie, Bruxelles, avec ceux résultant d’une
défédéralisation des comptes de l’Etat fédéral imputables à chacune de ces entités fédérées. J’ai fait
ces calculs pour l’année 2009, sur base de la publication, enfin autorisée, du Cerpe, centre de
recherche des FNDP à Namur, et des statistiques de l’Institut des comptes nationaux.
Fort des ces données, je vous propose de me concentrer sur la faisabilité économique d’une
Wallonie indépendante, ce qui nous permettra d’éclairer, tout en raccourcissant le discours, mon
point de vue sur l’Etat wallo-bruxellois, sachant que l’indépendance de Bruxelles est sans aucun
doute la solution économique la plus favorable pour les Bruxellois.

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