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Nom original: minute2567.pdfTitre: MINUTE 2567:MINUTE 2567Auteur: Jean Marie Molitor

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Entretien avec
Bruno Gollnisch,
HEBDOMADAIRE POLITIQUEMENT INCORRECT MERCREDI 6 JUIN 2012 N°2567 - 3,50

Législatives

Ces élections que

© Reuters

la droite ne veut
pas gagner...
exclusif

candidat dans le Var

« Notre
objectif est
de faire du FN
le pivot de la
vie politique
française »

Après leur implantation
en Suède et en Allemagne

Entretien
avec le
candidat
du Parti
Pirate

Polémique Garraud-Royal

Union des droites : la cousine de
Ségolène Royal écrit à Minute !

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6 juin 2012

ALLONS-Y DE
BON CŒUR
AVEC

Une nouvelle accablante

© Reproduction interdite
sauf autorisation préalable de « MINUTE »

Valls veut restreindre
le « délit de sale gueule »…

Fourneyron boycottera l’euro de foot
en Ukraine

Un métier d’investigation
…et empêcher la multiplication
des contrôles d’identité

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LEGISLATIVES

Mercredi 30 mai, Louis Aliot, vice-président
du Front national, était à Tarascon pour
soutenir Valérie Laupies, candidate du
Rassemblement Bleu Marine aux
législatives, sur la 16e circonscription des
Bouches-du-Rhône. Il nous a confié qu’en
cas de triangulaires, dans certains cas de
figure, le FN était prêt à étudier toutes les
propositions… honnêtes !
n mas provençal qui se découpe sur un ciel où l’orage menace. Des drapeaux
tricolores qui frémissent.
Plus de 300 personnes qui
sont venues pour voir et entendre
Valérie Laupies, directrice d’école
à Tarascon, et candidate Rassemblement Bleu Marine sur la circonscription du pays d’Arles. Pour la
soutenir, Louis Aliot a fait le déplacement. « Minute » également.
D’où une rencontre fort instructive.
D’emblée, le vice-président du
FN et porte-parole du Rassemblement Bleu Marine nous confie qu’il
n’est pas là pour raconter des tartarinades: « A la présidentielle, sur les
Bouches-du-Rhône, Marine Le Pen a
réalisé plus de 23 %, avec dans certaines villes comme Marignane, Miramas ou Tarascon, des pics à plus de
30 %! Or, figurez-vous qu’au moment
où Marine Le Pen recherchait ses 500
signatures, pas un seul maire du département n’a osé sortir son stylo. Ils
ont peur. De qui? De quoi? Je le dis
haut et fort, il règne sur la région un
climat prémafieux! »
Les chiffres sont exacts. A la présidentielle, sur 12 des 16 circonscriptions du département, Marine
Le Pen a réalisé plus de 20 %, et de
15 à 20 % sur les 4 autres… Ce qui,
au second tour des législatives, annonce au moins 12 triangulaires,
mettant aux prises le FN, le PS, et
l’UMP. Quelle sera la stratégie des

U

candidats Rassemblement Bleu Marine? Y aura-t-il des alliances?
Louis Aliot déblaie d’abord le
terrain: « Avec le PS, c’est inimaginable, ses dirigeants sont d’un sectarisme stalinien. Avec les cadres nationaux de l’UMP, les Copé, Fillon ou
autre Guaino, on est également face à
un mur. Ils sont déconnectés du terrain. Sourds aux attentes des électeurs
de droite, qui sont pourtant exaspérés
de voir la gauche gagner par défaut.
Avec les pontes de l’UMP, le dialogue
est impossible. » En revanche, au niveau régional, là où les états-majors parisiens ont de moins en
moins de crédit, rien n’est exclu:
« Selon les cas de figure, selon les particularismes locaux, on est prêts à discuter. Mais pour cela, il faut que les
élus de l’UMP arrêtent de se comporter comme des poules mouillées! Pour
nous, discuter, ce n’est pas passer des
accords honteux, bassement électoraux, négociés en cachette, dans une
cabane au fond du jardin. On veut dialoguer au grand jour, autour d’une
table, débattre publiquement, étudier
toutes les propositions. A partir de là,
on peut voir avec qui s’entendre. »
Alors en Provence, y aura-t-il un
élu pour relever la tête et sortir de
la basse-cour de l’UMP? A Marseille, le sénateur-maire Jean-Claude Gaudin a fait un petit pas. Il explique que si aucun élu UMP de la
région ne figure sur la « liste noire »
des personnalités que le FN a pro-

mis de faire passer à la casserole,
c’est tout bonnement « parce que
nous, on discute avec tout le monde ».
A Aix-en-Provence, le députémaire Maryse Joissains a poussé
un petit cocorico en assurant avoir
« toujours défendu les valeurs de Marine Le Pen ». Et qu’en est-il sur la 16e
circonscription, celle où la candidate du Front, Valérie Laupies, a toutes les chances de figurer au second
tour, face au socialiste Michel Vauzelle, député sortant et président
de la Région PACA, et Roland
Chassain, maire UMP des SaintesMaries-de-la-mer?
Chassain déterminé
à faire perdre le PS
Dans la triangulaire qui s’annonce, Roland Chassain va-t-il se comporter comme une poule mouillée?
On peut en douter. Il a en effet
décidé de voler dans les plumes
de… Henri Guaino! Dans son édition du 16 mai, « Minute », sous le
titre « Henri Guaino file à l’Arlésienne! », rapportait que l’ancien conseiller spécial de Sarkozy, candidat
de l’UMP dans les Yvelines, avait
un moment songé à se présenter
sur le pays d’Arles, mais qu’effrayé
par les scores qu’y réalise le FN, il
avait préféré prendre la poudre
d’escampette!
Dans « Le Monde » du 28 mai,
Henri Guaino a confirmé notre info: « Pourquoi serais-je allé dans une
circonscription perdue d’avance, avec
un Front national en embuscade? »
Une circonscription perdue d’avance! Une belle saloperie pour
Roland Chassain, le candidat officiel de l’UMP depuis… 10 ans (il a
été élu en 2002, et battu sur le fil en
2007 par Michel Vauzelle). Contacté par « Minute », le maire des
Saintes dit en avoir gros sur la patate: « Je ne supporte plus ces Parisiens
qui font des déclarations sans
connaître la réalité du terrain. Les propos de Henri Guaino sont méprisants à

l’égard des électeurs, intolérables de la
part d’un proche de l’ancien président.
Aujourd’hui, il est parachuté dans les
Yvelines, mais pour être élu, il faut
faire du terrain et être proche des électeurs… Il aurait mieux fait de rester
sous les lambris parisiens! »
Guaino renvoyé sous ses lambris, reste la grande question: pour
battre Vauzelle, Chassain est-il prêt
à dialoguer avec Valérie Laupies?
Le maire envisage d’abord le
meilleur scénario pour lui: « Si, à
l’issue du premier tour, je suis devant,
j’espère et je pense que madame Laupies jouera le jeu et appellera à voter
pour moi. Le FN a placé Michel Vauzelle sur sa liste noire! Et madame
Laupies est conseillère régionale, elle
sait très bien comment fonctionne
l’institution présidée par Michel Vauzelle. » Oui, mais si d’aventure Valérie Laupies est devant?
Roland Chassain :
« L’UMP et le FN sont
amenés à se côtoyer ! »
Dans ce cas, Roland Chassain se
dit déterminé à faire perdre le candidat socialiste: « Ma position est
très claire. Il suffit de lire mes propositions pour voir que je suis plus proche
de Marine Le Pen que du PS. Si madame Laupies est en mesure de gagner, il
n’y aura pas de front républicain. Pour
moi, c’est tout sauf Vauzelle! Aujourd’hui, de l’Elysée au conseil général en
passant par le Sénat, les socialistes
monopolisent tous les pouvoirs. Il faut
que les responsables de l’UMP regardent les choses en face, il faut que les
“Parisiens” sortent de leurs bureaux
dorés, qu’ils arpentent les rues et les
quartiers… Alors ils comprendront
que l’UMP et le FN sont amenés à se
côtoyer pour reprendre le pouvoir! ».
Il fallait le dire. C’est dit. Il ne
reste qu’à attendre le verdict des

urnes.
Pierre Tanger

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« Le FN est prêt à discuter, mais pas
avec des poules mouillées ! »

6 juin 2012

LOUIS ALIOT ET LES TRIANGULAIRES :

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LEGISLATIVES

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6 juin 2012

ET POURTANT, ELLE RESTE MAJORITAIRE…

Ces élections que
la droite ne veut pas gagner
C’est dans un climat
morose que les
électeurs
s’apprêtent à aller
voter le 10 juin pour
élire leurs
représentants à
l’Assemblée
nationale. Pas de
débat, pas de
combat,
pratiquement pas
d’enjeux… Comme
si la droite était
contente à l’idée de
voir arriver une
vague rose au PalaisBourbon.
es élections législatives,
dont le premier tour aura
lieu dimanche, sont étranges à plus d’un titre. Comme si, après cette élection
présidentielle si âpre, tout le monde, partis inclus, éprouvait le besoin de souffler. Comme si le ressort
qui fait les grandes campagnes, les
grands débats, les belles joutes était
cassé. Comme si, ayant perdu Nicolas Sarkozy, la droite avait perdu
en même temps l’énergie que celuici lui insufflait.
Certes, sur le terrain, les députés
sortants, qui veulent conserver leur
siège, et ceux qui aspirent à leur
succéder, battent la campagne.
Mais de débat national, il n’y a
pas. De grands rendez-vous télévisés non plus. A croire que la France
est entrée dans un régime présidentiel – ce qui n’est pas du tout ce qui

C

est écrit dans ses institutions – et
que, somme toute, quel que soit le
résultat des élections législatives, il
ne pourra rien changer à ce que les
Français ont décidé le 6 mai dernier
en élisant François Hollande. Voici
que la France est sous anesthésie
dont elle ne se réveillera que dimanche soir pour prendre connaissance,
en spectatrice, de ce que les Français
qui auront participé au scrutin
auront décidé, et nul ne semble douter que ce qui sortira des urnes sera
conforme au vote du 6 mai.
Hollande a eu vraiment
de la veine d’être élu
Depuis que les élections législatives suivent immédiatement l’élection présidentielle sans qu’il soit besoin au chef de l’Etat élu de dissoudre l’Assemblée nationale, il est
admis que le scrutin législatif ne peut
que confirmer le scrutin présidentiel:
la France cartésienne ne pourrait se
déjuger et les Français se retrouveraient dans une sorte d’obligation
morale de donner au nouveau président de la République la majorité
parlementaire qui lui permettra de
mettre en œuvre sa politique. Ayant
élu un président de gauche, les
Français ne pourraient donc qu’envoyer à l’Assemblée une majorité
de parlementaires de gauche. Dès
lors, pourquoi se battre et se combattre puisque le sort est scellé?
S’il était impossible de voir surgir une cohabitation pour les élections législatives de 2002 et de 2007,
le cas de figure est bien différent
cette année – ou aurait pu l’être si,
dans l’opposition au chef de l’Etat,
la volonté avait été présente de
remporter ces élections. Il faut le
dire une nouvelle fois, quitte à se
répéter: la France n’est pas à gauche. « La France n’est pas majoritairement à gauche », confiait François

Hollande au « Nouvel Obs » en une
phrase passée inaperçue juste avant
le second tour (1). Le candidat socialiste n’a pas été élu sur une adhésion à un programme de gauche, il
n’a pas été porté au pouvoir non
plus sur le rejet d’une politique de
droite; il ne doit son élection qu’au
rejet, par les Français, de la personne de Nicolas Sarkozy.
L’une des caractéristiques de la
dernière présidentielle, vient d’expliquer le politologue Jérôme Jaffré
dans « Le Monde » du 5 juin, « aura
été de traduire un vote de rejet et non
un vote d’adhésion. Une courte majorité des électeurs s’étant exprimés lors du
second tour (51 % exactement) l’a fait
en mettant en avant sa volonté de barrer la route à l’adversaire, 49 % ont
voté avant tout pour que leur candidat
soit élu président. Chiffres serrés à
l’image du scrutin et qui correspondent
à sa logique profonde. A cette différence
près qu’en 2007 dans le duel entre
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy,
69 % des électeurs s’étant exprimés
avaient émis un vote d’adhésion, 31 %
seulement un vote de rejet. Hormis le
calamiteux second tour de 2002, il faut
sans doute remonter au match revanche
qui opposait en 1981 François Mitterrand à Valéry Giscard d’Estaing
pour retrouver l’expression d’un vote
rejet majoritaire ».
Une France de plus
en plus… à droite
« L’élection de 2007, ajoute Jaffré,
était porteuse d’espérance, celle-ci est
un processus d’élimination. M. Sarkozy en est la victime finale, mais il peut
garder la satisfaction d’être en tête dans
le vote d’adhésion. Parmi les électeurs
ayant exprimé une volonté positive,
M. Sarkozy remporte 52,5 % des voix,
M. Hollande 47,5 %. »
Ce paradoxe est confirmé par la
très nette droitisation du corps élec-

toral, également relevée par Jaffré,
qui s’effraie de ce que « les thèmes de
campagne sur lesquels M. Sarkozy a
chauffé le pays à blanc (à petit blanc,
serait-on tenté d’écrire) [fassent] un
tabac ». En cinq ans, par exemple,
les Français estimant qu’« il y a en
France trop d’immigrés » sont passés
de 48 % à 62 %, soit une progression
de quatorze points que les candidats qui n’auraient pas lu les sondages se voient rappeler sur le terrain
au contact de leurs électeurs. De
même, ne faut-il plus parler d’islam
(de France ou pas de France) aux
Français, pour qui ce mot suscite, à
81 %, un rejet… contre 63 % en
2007. Les Français sont même 45 %
à avoir une réaction « très négative »
à l’évocation de ce mot contre 25 %
il y a cinq ans.
Il faut lire le reportage consacré
par le dernier numéro de « Marianne » aux candidats de l’UMP au
contact de leurs électeurs, qu’ils ne
« reconnaissent plus », qui les jugent
« trop mous, trop flous, pas assez loups »,
« des militants, écrit Nicolas Domenach, parfois même plus frontistes que
le FN ». Des militants ou sympathisants, des électeurs en tout cas, qui
ne sont pas – encore – passés chez
Marine Le Pen, qui leur parlent des
« crouilles » (2), qui leur font part de
leur peur face à l’« invasion de noirs »
à la grande surface du coin et qui
ont toutes les peines du monde à
comprendre pourquoi « on [l’UMP]
ne s’allie pas avec Marine Le Pen »:
« Ce n’est pas son père, tout de
même… » Ainsi va la France UMP,
décrite par le directeur adjoint de la
rédaction du journal fondé par
Jean-François Kahn, qui déplore:
« La campagne “ultradroite” de Nicolas Sarkozy, dans la suite de sa gouvernance d’exclusion, a fait exploser toutes
les digues. » Et, à l’image de Jack
Lang voyant la France passer, lors

de l’élection de François Mitterrand
le 10 mai 1981, de l’ombre à la lumière, Domenach conclut: « Dieu,
qu’il fait sombre… »
Le cri
d’alarme de
Jean-François Kahn
Etonnant paradoxe de voir la
gauche se désespérer au moment
même où la France, il faut le rappeler car la lecture de la presse finit
par l’occulter, vient de se doter
d’un président socialiste! Le mandat de François Hollande serait-il
donc le chant du cygne de cette
gauche française si archaïque, si
sectaire, si sclérosée? Son élection
ne serait-elle qu’un accident de
l’histoire, à contre-courant de l’évolution des mentalités et de ce que
nous pourrions appeler le « sursaut
national », due uniquement au forfait contraint – à l’« empeachment » –
du candidat naturel du PS qu’était
Dominique Strauss-Kahn et à
l’imprégnation des esprits, révoltés
par tant d’attitudes méprisantes,
des premières années, et même des
premières heures, du mandat de
Nicolas Sarkozy?
Jean-François Kahn lui-même
n’hésite pas à publier un livre titré
La Catastrophe du 6 mai 2012 (Plon) !
Mais quelle « catastrophe », de son
point de vue? « Elle tient, cette catastrophe, à un chiffre: 48,38 %. Le score
obtenu par Nicolas Sarkozy ce
6 mai. Une défaite, malgré tout? D’un
candidat, certes. Tout le monde savait
qu’il représentait le principal handicap
de sa cause. Mais de son discours? Les
électeurs ont recalé le vendeur – le
camelot –, mais ils étaient prêts à
consommer sa marchandise. » Alors
que, selon lui, « sous l’influence de
deux gourous néo-maurrassiens » –
Patrick Buisson et Henri Guaino,
bien plus barrésien que maurrassien mais passons –, Nicolas Sarkozy avait carrément procédé, non
pas à une manœuvre visant à renouveler l’opération de 2007 ayant
consisté à capter les électeurs lepénistes mais à « une tentative de débordement de Marine Le Pen sur sa droite »!
Tout ceci intégré, les leaders de
la droite parlementaire, débarrassés, au moins pour un temps, de la
personne encore répulsive de Nicolas Sarkozy, auraient pu s’engouf-

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frer dans la profonde mutation politique en cours dans notre pays
pour mener campagne tambour battant sur les thématiques désormais
tenues pour prioritaires, centrales
même, par la majorité de leurs électeurs potentiels. Or ils ne l’ont pas
fait, en partie par tactique, en partie
en raison de l’actuelle situation de
l’UMP.
Ne pas ouvrir
une voie royale
à Marine Le Pen
Les leaders de l’UMP ne peuvent pas le dire à leurs électeurs
mais une victoire de l’opposition
aux élections législatives ne les arrangerait pas… du tout. Les yeux
rivés, dès avant le deuxième tour
de la présidentielle, sur le prochain
scrutin présidentiel de 2017, ils misent, tous ou presque, sur ces
« pleins pouvoirs » à la gauche que
représenterait une victoire de celleci aux élections législatives, après
que le PS, allié aux écologistes, aux
radicaux et aux communistes, mélenchoniens ou autres, a conquis le
Sénat, la totalité des conseils régionaux à l’exception de l’Alsace et
une majorité des conseils généraux
et des grandes villes de France.
Si, par malheur, la droite parlementaire venait à l’emporter au
soir du 17 juin, François Hollande
n’aurait d’autre choix que d’appeler à Matignon un ténor de l’UMP,
qui ne pourrait être François Fillon, premier ministre durant cinq
ans de Nicolas Sarkozy, et qui ne
pourrait être non plus Jean-François Copé, trop droitier pour pouvoir cohabiter avec le président de
la République et son équipe.
Le seul premier ministre de cohabitation envisageable est, de toute évidence, Alain Juppé, tout à fait
« hollando-compatible » et dont nul
n’est sûr à l’UMP que, dans le secret de l’isoloir, il n’ait pas voté au
second tour de la présidentielle selon la consigne donnée (et appliquée) par le clan chiraquien – à l’exception de Bernadette Chirac, le
seul « homme de droite » de la famille –, aujourd’hui tout à son bonheur
d’être débarrassé de Nicolas Sarkozy.
Or Juppé à Matignon, c’est l’assurance, tant pour la droite qui ne
s’assume pas comme telle (Fillon)

que pour celle qui se décide enfin à
l’être (Copé), d’une politique mollassonne, faite de compromis et, en
fait, de soumission à l’idéologie dominante, qui porterait un coup fatal, d’une part à leurs ambitions
pour 2017 – tant « le meilleur d’entre
nous » se discréditerait rapidement
et, avec lui, discréditerait la droite
parlementaire; d’autre part à une
UMP dont bon nombre d’élus n’accepteraient pas longtemps de soutenir un gouvernement allant à
l’encontre des exigences de leurs
électeurs et, pour certains, de leurs
propres convictions.
Ce serait, pour dire les choses
clairement, la certitude d’ouvrir
une voie royale à Marine Le Pen
pour 2017, qu’elle ait ou non des
élus à l’Assemblée nationale. La
présidente du Front national aurait
en effet beau jeu de dénoncer, durant le temps qu’accorderait François Hollande au gouvernement
d’Alain Juppé avant de prononcer
la dissolution de l’Assemblée nationale, la connivence « UMPS » dont
Juppé est, effectivement, l’un des
pires représentants.
La popularité
en trompe-l’œil
de Hollande
La popularité dont jouissent
François Hollande et son premier
ministre, Jean-Marc Ayrault, est
pourtant en trompe-l’œil. Selon
l’étude de l’institut LH2 pour le
« Nouvel Obs », parue le 4 juin,
58 % des personnes interrogées déclarent avoir une opinion positive
de François Hollande en tant que
président de la République. Certes,
pour un homme qui n’a encore rien
fait – mais fera-t-il un jour quelque

VA TE FAIRE VOIR
CHEZ LES FRANCAIS !

chose? –, cela peut paraître beaucoup. En fait, il n’y a pas de quoi
sauter de joie. Au même moment
en 2007, les Français étaient 63 % à
avoir une opinion positive de Nicolas Sarkozy!
Et surtout, le chef de l’Etat entrant ne bénéficie d’aucun « état de
grâce ». Une lecture attentive de cette étude montre que seuls 19 % des
Français ont une opinion « très positive » de lui, chiffre qui ne dépasse
pas 37 % au sein même de l’électorat de gauche! Les 58 % d’« opinions
positives » sont obtenus en additionnant les opinions « très positives » et
les opinions « assez positives », soit
ceux qui ont coché cette case parce
qu’il fallait bien répondre quelque
chose…
En raison des incertitudes totales
sur le taux de participation et du
non-sens absolu que constituent des
sondages nationaux à l’approche
d’un scrutin qui est en fait constitué
de 577 scrutins spécifiques, il est
totalement impossible de dire ce qui
sortira de ces élections, et il sera
temps, la semaine prochaine, d’analyser les résultats du premier tour en
fonction des ambitions de chacune
des formations politiques. Deux
choses, en revanche, sont certaines:
pour la droite et, a fortiori, pour les
droites que constituent désormais
l’UMP et le Front national de Marine
Le Pen, ces élections étaient – et sont
encore – gagnables; et les dirigeants
de l’UMP n’ont vraiment rien fait

pour les gagner.

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Antoine Vouillazère
1. « Le Nouvel Observateur »
du 3 mai 2012, page 50
2. « Face au Front national. La
Droite lâche », in « Marianne »
n° 789 du 2 au 8 juin 2012.

ça va être notre tour! » Et généralement,
ça arrive plus vite qu’on ne le pense!

Lundi 28 mai, « BFM TV 2012 », BFM TV

BABY POUF
Les propos offensants envers la Grèce
et les Grecs tenus par Madame Lagarde, directeur général du FMI, ont choqué Marine Le Pen au plus haut
point: « L’Europe, nous disait-on, c’est la
paix. Moi, je n’entends que des dirigeants
qui insultent, injurient, calomnient les autres
peuples d’Europe: les Grecs sont ceci, les
Portugais cela, et puis que dire des Espagnols et enfin des Italiens! Et puis un jour,

Lundi 28 mai,
« Ménard sans interdit », iTélé
Pensée profonde deThierry MarchalBeck, président des Jeunes socialistes:
« Les races, elles existent par les racistes, et
les ethnies par ceux qui les discriminent. »
Hollande peut être rassuré, avec de
pareils philosophes, sa succession au PS
est assurée…


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LÉGISLATIVES

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6 juin 2012

Union des droites : la cousine
de Ségolène Royal écrit à « Minute » !
On sait que, le 17 juin, une (petite) poignée
de candidats UMP seront tentés d’apporter
leur soutien à un candidat frontiste au
second tour des législatives. De son côté,
Marine Le Pen a clairement dit que son
mouvement pourrait soutenir certains
candidats patriotes. « Minute », qui a
toujours bataillé pour l’union des droites,
se réjouit de cet embryon d’accord. Hélas,
il est au moins deux circonscriptions où
cette entente ne sera pas possible, puisque
s’y affronteront des candidats de valeur,
aussi bien du côté du Rassemblement Bleu
Marine que de l’UMP.
’union des droites, elle n’y
croit pas… C’est d’ailleurs
la raison pour laquelle Anne-Christine Royal, cousine
de Ségolène, nous a écrit.
Candidate du Rassemblement
Bleu Marine (RBM) en Gironde, elle doute – c’est le moins que l’on
puisse dire – de la possibilité d’accords locaux: « L’entente à droite
s’imposait plus que jamais pour les législatives, disiez-vous dans un éditorial récent. Dont acte. Mais dans la 10e
circonscription de Gironde, où je suis
candidate pour le Rassemblement Bleu
Marine, le député sortant Jean-Paul
Garraud (UMP) a fait un bien vilain
pas de danse en l’espace de deux jours:
il a d’abord suggéré une dédiabolisation du FN pour les législatives en vue

L

d’accords possibles en cas de triangulaires, pour revenir aussitôt sur ses
propos le lendemain en affirmant haut
et fort qu’il n’y aurait aucune entente
avec un parti “extrémiste”. S’était-il
fait taper sur les doigts par M. Copé et
consorts en haut lieu?
« J’avais déjà été échaudée lors des
dernières cantonales de mars 2011 où
j’avais battu la candidate UMP dès le
premier tour. Cette dernière avait
signifié qu’elle voterait à gauche au
deuxième tour pour faire barrage au
Front. Le parti socialiste a donc gagné
ces élections, malgré un report de voix
de droite considérable sur ma candidature au deuxième tour.
« Pour les législatives, j’ai voulu en
avoir le cœur net et ai publiquement
proposé [ndlr: le 9 mai, au journal

Louis Aliot contre Daniel Mach :
encore un duel de patriotes…
Perpignan, dans la 1ère circonscription des Pyrénées-Orientales, le viceprésident du Front national, Louis Aliot, affrontera le député UMP sortant Daniel Mach, membre de la Droite populaire. Dans cette région
où l’élection se jouera sur l’immigration et l’insécurité, la gauche semble vouée
à jouer le troisième rôle, en tant que spectateur d’un duel fratricide ou dans le
cadre d’une triangulaire.

A

télévisé du soir de France 3 Régions] au candidat de “droite” une alliance pour former un cordon sanitaire
républicain contre la gauche: celui qui,
de nous deux, réalisait le meilleur score, restait en lice pour le deuxième tour,
l’autre se désistant en sa faveur et appelant ses électeurs à voter pour lui. »
Garraud répond
à Anne-Christine Royal
Hélas, en l’absence d’accords
clairement établis entre les deux
partis, le candidat de l’UMP, membre de la Droite populaire, ne pouvait que faire une réponse négative
– sauf à se faire virer de son parti et
à accorder à sa concurrente une visibilité pouvant facilement se retourner contre lui.

Contacté par « Minute », JeanPaul Garraud nous livre sa version
des faits: « Avant tout, précisons que
je n’ai rien contre Madame Royal. Seulement, elle a fait cette proposition d’accord a minima à la télévision, sans
qu’il y ait le moindre contact sur le terrain entre nos deux équipes. Ce n’est
pas une bonne méthode pour discuter
efficacement. Concernant les accords
d’union des droites, je vous rappelle
que j’en ai été le pionnier, puisque j’ai
lancé l’idée au lendemain du 6 mai. De
son côté, Marine Le Pen, elle, estime
qu’il faudra voir au cas par cas, donc
nous verrons bien. »
En cas de triangulaire, s’il se retrouvait en deuxième ou troisième
position, Jean-Paul Garraud appellerait-il à voter pour Anne-Christi-

Selon notre confrère « Valeurs actuelles », Louis Aliot, qui bénéficie d’un fort
ancrage local et d’une renommée médiatique considérable, a des chances d’arriver en tête. Mais Daniel Mach lui oppose une excellente réputation d’élu de
terrain et une fermeté sur les « fondamentaux » qui n’est pas contestable. Il
bataille pour convaincre les abstentionnistes de se déplacer afin d’éviter de reproduire le schéma du second tour de la présidentielle. Aliot mise sur une triangulaire. Dans ce combat sans concession, le pire est que les deux hommes
s’apprécient. Pour Mach, « Louis Aliot est un type bien ». Pour Aliot, « Mach vient
sur notre terrain, mais il ne vient pas de très loin. […] L’homme s’est toujours bien
comporté avec nous. Nous avons même des amis communs. » Dommage qu’ils
n’aient pas réussi à les persuader de s’entendre…


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ne Royal? « Il est trop tôt pour
répondre à cette question, nous verrons
cela au soir du 10 juin. Mais pour être
franc, j’ai de bonnes chances d’arriver
en tête, dans le cadre d’un duel avec le
candidat socialiste, donc la question
risque surtout de se poser pour Madame Royal. Ce qui est sûr, c’est qu’il me
semble indispensable de faire battre la
gauche, et principalement ce candidat,
Monsieur Boudié, jeune apparatchik
du PS qui ne connaît rien à la vie,
sinon son bréviaire socialiste. »
Il n’empêche: au-delà de la 10e
circonscription de Gironde, le geste

23:40

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d’Anne-Christine Royal a le mérite
de « l’ouverture » et doit susciter la
réflexion des candidats UMP sur
l’ensemble du territoire.
En effet, selon les calculs des
stratèges du Front national, de
l’UMP et les projections des instituts de sondage, entre 100 et 350
candidats du Rassemblement Bleu
Marine pourraient accéder au
second tour! Largement de quoi
influencer la composition de l’Assemblée nationale.
Pour Anne-Christine Royal, l’ennui, c’est que l’UMP semble décidée

à se suicider: « Des journaux, des
blogs, des sites Internet ne cessent de
prôner une véritable alliance à droite,
dont votre hebdomadaire se fait l’écho
régulièrement. Vous devez pourtant
savoir ce qui se passe réellement au
plan local: l’agressivité, la mise à l’index, les propos virulents qui pleuvent
sur nous sont en majorité du fait des
candidats UMP. Sont-ils fous? Sontils à ce point inconscients ou pervertis
qu’ils préfèrent encore donner à la
gauche et aux médias des gages de
bonne vertu, alors que nous courons à
notre perte? »

De fait, il est évident que, dans
la 10e circonscription de Gironde,
en cas de triangulaire entre le Rassemblement Bleu Marine, l’UMP et
la gauche, c’est le socialiste qui
pourrait bien l’emporter, donnant
ainsi au PS tous les pouvoirs dans
la région. Reste à espérer que les
électeurs seront plus pragmatiques
que leurs candidats. Il reste peu de
temps aux politiques pour décider
quelle Assemblée nationale ils veu
lent pour le pays.

6 juin 2012

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Patrick Cousteau

Député européen,
candidat dans la 3è circonscription du Var

« Notre objectif est de
faire du FN le pivot de la
vie politique française »
Minute: Pourquoi avoir choisi de quitter
vos terres lyonnaises pour vous présenter
dans la 3e circonscription du Var?
Bruno Gollnisch: Je m’y présente car j’ai
quelques attaches dans cette circonscription où
je viens depuis 50 ans – et pas seulement en vacances. C’est là que se trouve ma maison de famille, où habite ma mère, où je suis moi-même
copropriétaire d’un petit appartement à Carqueiranne. C’est dans cette région que j’ai grandi et où j’ai décroché mon premier galon d’aspirant, à l’école de Transmission de la Marine. Voilà pour l’aspect personnel.
Sur le plan politique, je m’honore d’avoir fait
émerger, à Lyon, des cadres performants et désormais parfaitement bien implantés, notamment André Pozzi, que j’ai mis sur orbite et qui
méritait bien de se lancer dans le combat dès
maintenant. En outre, je dois dire que les membres de la Fédération du Front national de Hyères, qui me connaissaient bien depuis des années, réclamaient ma présence.

Quelle est la configuration politique
dans votre circonscription?
Comme souvent, cela se joue dans un mouchoir de poche entre les deux candidats du système et le représentant du Front national. Il y a

d’abord un candidat de gauche, Joël Canapa, appartenant au Parti Radical. Il est par ailleurs directeur de l’Office HLM, où il assume tout à fait
le rejet de la préférence nationale, ce qui fait
qu’un certain nombre de nos compatriotes se
voient préférer des étrangers dans l’attribution
des logements sociaux.
Mon autre adversaire est le député UMP sortant, Jean-Pierre Giran, qui, à l’exception d’un débat sur l’autonomie des universités en 2008, n’a
pratiquement pas pris la parole à l’Assemblée
nationale!
Je m’honore également d’avoir contre moi Jacques Nikonoff, ancien président d’Attac, venu
spécialement pour tenter de m’empêcher d’emporter ce siège. Il mène une campagne très active
afin de ne pas me laisser « le monopole de la dénonciation du mondialisme ».

Risquez-vous de vous retrouver en duel
avec l’un de ces candidats ou plutôt dans
une triangulaire?
C’est toujours difficile de répondre à ce genre
de question, mais il semble que nous nous dirigeons vers une triangulaire, sans doute grâce à la
dynamique, à gauche, de l’élection de François
Hollande. Je ne m’avancerai pas plus dans les
pronostics, car dans cette configuration, tout de-

© www.infos-bordeaux.fr

vient possible, d’autant plus que l’abstention
jouera un rôle certain.

A l’échelle nationale, quel résultat
ambitionne le Front national?
Eh bien! S’il n’y a qu’un seul élu à l’Assemblée,
ce sera un succès, puisque pour l’instant, il n’y en
a aucun! C’est d’ailleurs une situation qui stupéfie
les parlementaires étrangers. Le mode de scrutin
est fait pour nous empêcher d’avoir des députés. Il
sera très difficile d’avoir quinze élus pour constituer un groupe, mais il y a incontestablement un
certain nombre de circonscriptions gagnables. Je
crois que des surprises pourront survenir, notamment dans les circonscriptions où le Front
n’a pas l’habitude de faire des grands scores, où
il n’est pas mis sous surveillance médiatique.
Mais je crois que, plus encore que d’avoir
quelques députés, notre objectif doit être de
nous maintenir dans un maximum de triangulaires afin de jouer une position d’arbitre, ce qui
aurait une influence considérable sur la politique
française. A terme, cela forcera l’UMP à se positionner par rapport au programme du Front national, qui peut ainsi devenir le pivot de la vie

politique de notre pays.
Propos recueillis
par Patrick Cousteau

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Entretien avec Bruno Gollnisch,

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LÉGISLATIVES

Législatives : les candidats
dans tous leurs états
«L

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6 juin 2012

Hénin-Beaumont

es murs, c’est les électeurs de
Marine Le Pen qui vont les raser,
nous allons les faire partir, les
chasser et avant, nous allons les éradiquer
politiquement! »: la scène se passait
dimanche soir, à Montigny-en-Gohelle,
commune de la 11e circonscription du
Pas-de-Calais. Jean-Luc Mélenchon,
en meeting, a tenu des propos qui s’apparentent clairement à des incitations à
la violence à l’égard des électeurs de sa
concurrente, Marine Le Pen. Dans
l’indifférence générale.
Seul Steeve Briois, suppléant de
Marine Le Pen et conseiller municipal
d’Hénin-Beaumont, tire la sonnette d’alarme: « La sémantique de Jean-Luc

Mélenchon doit nous alerter et nous
conduire à la plus grande vigilance. Après
ces multiples appels à la haine durant la
campagne présidentielle, le leader du Front
de gauche montre son vrai visage. Son hypothétique victoire ne lui suffira pas. Il en
appelle clairement au châtiment physique
des électeurs de Marine Le Pen. Le vocabulaire qu’il utilise traduit une envie viscérale et pulsionnelle de nettoyage, de ségrégation, d’éradication ».
Plus prosaïquement, il semble que
Mélenchon joue son va-tout dans une
circonscription où il ne déchaîne pas
l’enthousiasme. Nos confrères du « Figaro magazine » notaient, la semaine
dernière, que le candidat d’extrême
gauche s’agite le plus souvent dans des

salles vides: « Mélenchon pensait arriver
en rock star dans le bassin minier. C’est un
bassin miné ». Ses visites sur les marchés
sont soigneusement orchestrées pour
durer le plus longtemps possible, de
manière à créer des « bouchons » et une
apparence de mouvement de foule autour de lui. Sans compter qu’il fait de
l’ombre au candidat PS, Philippe Kemel, personnellement soutenu par
Martine Aubry.
Mélenchon peut également s’exciter sur un faux tract distribué par des
militants proches du Front national. On
y voit le visage du patron du Front de
gauche sur un fond vert et blanc, rappelant les couleurs de l’islam. A côté de
sa photo, un authentique extrait de son

discours de Marseille, le 14 avril dernier: « Il n’y a pas d’avenir pour la France
sans les Arabes et les Berbères du Maghreb. » Juste en dessous un slogan: « Votons Mélenchon ».
Ce dernier a porté plainte, espérant
obtenir l’inéligibilité de la présidente du
Front national. En effet, la justice estime
qu’une élection peut être invalidée si les
électeurs font leur choix à partir de
fausses informations. Mais en l’absence
de diffamation, Marine Le Pen a tranquillement assumé la responsabilité de
ce tract – réduisant considérablement
les risques d’invalidation en cas de victoire le 17 juin. Au pire, elle risquerait,
en l’état actuel des choses, une amende
de 3750 euros… pour avoir illégalement fait campagne en faveur de son
adversaire!

Luca : finger in the nose…
n serait socialiste, on n’aimerait
pas s’appeler Sylvie Gautier.
Pour sa première candidature à
une élection, la malheureuse a été en-

O

Entretien avec Philippe Blanc, candidat du Parti Pirate
« Notre but est d’implanter le Parti Pirate en France »
Philippe Blanc est candidat du Parti Pirate
dans la 9e circonscription des Hauts-de-Seine.
Il nous explique à quoi sert sa formation,
devenue la troisième force politique en
Allemagne.

Minute: un parti Pirate, cela évoque au
choix les jeux d’enfants ou la criminalité au
large de la Somalie. Pour vous, c’est quoi?
Philippe Blanc : En Europe, la réalité est moins
puérile et moins inquiétante: les « pirates » sont sim-

plement des citoyens qui défendent le libre partage de
la culture et de l’information. Le Parti pirate est un
parti politique international né en Suède et qui, aux
dernières législatives en Allemagne, est devenu la troisième force du pays! Nous sommes donc loin des formations gadgets ou fantaisistes. Les partis pirates ont
également eu une influence sur les révoltes arabes. En
France, nous créons encore un effet de surprise car
c’est la première fois que nous nous présentons.
Le terme « pirate » doit être pris au sens du langage informatique: le « hacker ». C’est-à-dire quelqu’un
qui modifie l’usage premier d’un outil. Les pirates,
après avoir modifié les usages d’Internet pour en faire
un outil de partage non-commercial se proposent
d’en faire autant avec la politique: nous voulons améliorer le système en modifiant ses règles.

tuons une nouvelle génération politique, plus en phase
avec les questions de liberté liées aux flux numériques
en tous genres. Ainsi, observons les lois votées ces
dernières années, comme HADOPI, etc.: dès que la
technologie pouvait accroître les libertés individuelles,
les représentants des partis traditionnels ont fait passer des lois pour empêcher ce progrès. Mais parallèlement, à chaque fois que la technologie pouvait entraver les libertés avec le flicage ou le fichage, les politiciens se sont précipités pour faire passer les lois réprimant les citoyens et particulièrement les internautes.
De notre côté, nous défendons les libertés et des projets socio-politiques alternatifs, non fondés sur le profit. Il existe mille applications possibles des idées pirates pour améliorer notre société, j’invite donc vos
lecteurs à les découvrir sur notre site Internet.

N’êtes-vous pas condamné à ne
représenter que la niche ou le lobby des
amateurs de gratuité sur Internet?
Non, car la portée des idées « pirates » dépasse largement Internet, cela touche par exemple à tout ce
qui concerne le droit de propriété intellectuelle: c’est
quelque chose que comprend parfaitement un paysan
contraint de recourir aux OGM et qui n’a plus le droit
de semer ses propres graines. Le Parti Pirate est en
dehors des clivages habituels et cela nous rend d’autant plus utile pour nos concitoyens. Nous consti-

Quelles sont vos ambitions
pour ces élections législatives?
Nous présentons 120 candidats. Le but est clairement de nous faire connaître de l’électorat. Nous souhaitons aussi avoir plus de 50 candidats passant la barre
des 1 %, car c’est la limite minimale pour bénéficier de
financements publics. A partir de là, nous pourrons sérieusement implanter et structurer le parti sur tout le
territoire, à l’image de l’Allemagne ou de la Suède.
Propos recueillis
par Patrick Cousteau

voyée dans la 6e circonscription des
Alpes-Maritimes face à… Lionnel Luca, député sortant constamment réélu
depuis 1997. En 2007, le cofondateur
de la Droite populaire s’est même offert le luxe de l’emporter en récoltant
63,14 % des voix dès le premier tour,
mettant plus 50 points (!) dans la vue au
socialiste Antoine Damiani, qui était
son concurrent le plus proche… Aujourd’hui, pour Lionnel Luca, un constat
d’échec serait « d’être contraint à un
second tour ».

Ne jamais dire Jamet
andidat dans la 6e circonscription de l’Hérault (Béziers), Guillaume Vouzellaud fait partie des
cadres méconnus du Front national à
avoir une chance d’accéder à l’Assemblée nationale: il pourrait même arriver
en tête devant le député sortant Elie
Aboud (UMP) et bénéficier de la neutralité de la gauche, qui rechigne à soutenir l’un des ténors de la Droite populaire au second tour. Vouzellaud est le
gendre du vice-président et cofondateur du Front national, Alain Jamet
– qui a également la haute main, au FN,
sur la région Languedoc-Rousillon.
Chasseur et armurier de profession,Vouzellaud dirige la fédération de
l’Hérault avec son épouse France
– elle-même candidate à Sète et présidente du groupe FN au conseil régional.
Au niveau national, ce proche de
Louis Aliot est membre du bureau
politique du Front national.Après le ralliement à Nicolas Sarkozy de Frédéric Nihous, Vouzellaud a tenté –
avec un certain succès, dit-on – de récupérer les parrainages de maires promis au candidat de Chasse, pêche, nature et traditions. Aussi à l’aise face à un
sanglier que devant une souris d’ordinateur, il a activement participé au site
Ruralité 2012 (mis en place par le FN).
Il a également conseillé Marine Le
Pen sur les questions de ruralité, notamment en matière de chasse.

C

Vers un duel
de Maréchal-Ferrand
es lecteurs de « Minute » ont découvert la semaine dernière
Marion Maréchal-Le Pen, la
jeune pousse du Front national, candidate dans la 3e circonscription du Vaucluse.Vendredi dernier, elle est remontée de Carpentras pour passer les
écrits de son Master 2 de droit, à Paris,

L

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avant d’enchaîner avec une émission en
direct à Radio Courtoisie, de répondre
aux questions d’une équipe de la chaîne Téva venue la filmer dans les locaux
de la radio, puis de poser pour le photographe d’une agence de presse…
Aussitôt après, direction gare de
Lyon pour sauter dans le premier TGV
et revenir arpenter les marchés de sa
circonscription.
Plus que jamais, elle est persuadée
d’avoir sa chance face au député sortant Jean-Michel Ferrand, qui en est
réduit à supplier ses partisans: « Allez
voir les amis qui ont voté plus à droite que
nous et dites leur qu’on n’a pas besoin du
FN pour faire passer les lois qui permettent
de vivre tranquillement dans notre pays ».
Réponse implacable de « Miss Vaucluse », comme on la surnomme dans
« sa » circo: « C’est du blabla. Sinon, pourquoi n’a-t-il rien fait pendant cinq mandats? Maintenant, c’est nous qui allons faire le boulot, et on le fera vraiment! »

Abraham rencontre Christ

conscription. Face à un candidat UMP, elle
avait recueilli près de 39 % des voix. »
Alors que « Minute » la surprend
en plein porte-à-porte dans les rues de
Guebwiller, elle se félicite de l’accueil
qui lui est fait et estime avoir toutes ses
chances, surtout « dans le cadre d’une triangulaire ». Son principal adversaire, le
député UMP sortant Jean-Louis
Christ, ne parvient à l’attaquer que sur
sa jeunesse: « Vouloir être député à cet
âge, ce n’est pas sérieux, on n’est pas encore construit, on ne connaît pas la vie.» Pour
lui, sa concurrente est « mise en avant
par ses parents ».
Réponse de la principale concernée: « Il a beau s’appeler Christ, ce n’est
pas à lui qu’on donnerait le bon Dieu sans
confession. Je fais un tractage par jour et je
participe à de nombreux débats, mon âge
ne dérange personne, sauf lui. Jeanne
d’Arc avait 19 ans quand elle a libéré
Orléans. Toute comparaison gardée, à 20,
je peux bien aller débattre à l’Assemblée
pour expliquer que le vrai clivage n’est plus
entre gauche et droite, mais entre mondialistes et patriotes. Et tant pis si l’UMP n’est
pas d’accord. »
A l’université, l’étudiante n’affiche
pas trop ses convictions. Mais, selon
« Les dernières nouvelles d’Alsace », elle n’en a pas moins « convaincu un quart
de sa promotion de la suivre dans un meeting de Marine Le Pen à Strasbourg ».

On choisit son parti, mais
rarement sa famille…
u jeu des sept familles (politiques), il y a des joueurs plus ou
moins bien lotis, et même certains qui doivent regretter de n’être pas
né orphelin ou enfant unique. Au premier rang de ceux-là, Ségolène Royal.
La madone du Poitou-Charentes
avait déjà, en 2007, été flinguée par une
lettre ouverte de son oncle, colonel en
retraite, qui révélait tous les mensonges que « Ségo » avait racontés sur son
enfance et son éducation dans un milieu « réactionnaire ». Elle n’avait pas hésité à ternir la mémoire de son propre
père (le frère du colonel furax) et même à mentir sur les causes de sa mort!
Aujourd’hui, la voilà embêtée par sa
cousine, Anne-Christine Royal, candidate aux élections législatives dans la
10e circonscription de Gironde sous les
couleurs du… Rassemblement Bleu
Marine! Militante du Front national
depuis des années, Anne-Christine
Royal n’a jamais eu sa langue dans sa
poche (voir page 6). Sans jouer de sa

A
’est l’une des révélations du
Front national. Tous les weekends, Julia Abraham, 20 ans,
étudiante en licence d’allemand, rentre
tranquillement chez ses parents, dans le
petit village de Bonhomme, en Alsace.
Mais le reste de la semaine, la jeune
femme mène une campagne endiablée
pour le Rassemblement Bleu Marine,
qu’elle a de bonnes chances de porter
au second tour des législatives dans la
2e circonscription du Haut-Rhin.
Même la presse locale est charmée par la jolie môme: « Ce n’est pas la
première fois que son sourire avenant s’affiche sur des tracts ou des panneaux électoraux. En 2011, elle avait créé la surprise
en atteignant le second tour des cantonales
à Guebwiller, l’un des huit cantons de la cir-

C

parenté, elle ne l’esquive pas non plus
mais affiche tranquillement son attachement aux valeurs traditionnelles de
la droite.
Même chose pour… l’autre cousin
de Ségolène, François Royal, candidat
du Mouvement pour la France pour les
législatives dans la 2e circonscription
des Deux-Sèvres! Contacté par « Minute », il nous expose des convictions
politiques qui sont du genre à faire
tousser Bécassine rue de Solférino: « Si
je suis élu, je combattrai pour mettre en
place une vraie politique nataliste. Je suis
farouchement opposé à toute idée politique de lutte contre la vie et je vise notamment l’avortement et le mariage des couples homosexuels. Concernant l’éducation,
je souhaite restaurer l’autorité des professeurs et empêcher la gauche de salir notre
mémoire en amputant notre histoire de ses
pages les plus glorieuses. » Outre la reconquête des territoires perdus de la
République, François Royal veut également revivifier le monde rural en y réimplantant des services publics, notamment en lançant un schéma de reconquête du territoire par les écoles, les
bureaux de poste, les hôpitaux et la
médecine de proximité que les gouvernements précédents ont éliminé. Et de
conclure, enthousiaste: « Ceci fait, on
pourra enfin redire qu’il fait bon de vivre en
France ».
Enfin, côté UMP, s’il y en a un qui
nous fait agréablement oublier le souvenir de sa sœur, c’est bien Jean-Yves
Narquin, candidat frontiste dans la 3e
circonscription du Loir-et-Cher, face à
l’ancien ministre de la Ville Maurice
Leroy, et accessoirement… frère de
Roselyne Bachelot (Narquin, de son
nom de jeune fille) ! Et le moins que
l’on puisse dire, c’est que les repas de
famille dominicaux, en ce moment, doivent être assez agités. En effet, JeanYves Narquin vient de publier un communiqué en faveur de Gaëtan Dirand, candidat du Rassemblement Bleu
Marine dans la première circonscription du Maine-et-Loire – le fief de l’ancien ministre de la Santé, où, en 1988,
elle a succédé à son père, Jean Narquin! Bien qu’elle ne s’y représente
pas, elle n’a que modérément apprécié
de voir son frérot tenter de dézinguer
le nouveau candidat UMP et a répliqué
par un tweet fratricide, où elle souhaite
« bonne chance et bonne campagne à
Maurice Leroy, mon candidat dans la 3e du
Loir-et-Cher ».Ambiance…

Patrick Cousteau

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e
SOCIÉTÉ

Carton rouge aux footeux
qui roulent sans permis!
Les footballeurs aiment les grosses
voitures, mais pas les formalités
administratives. Faux permis, permis
exotiques ou pas de permis du tout,
certains joueurs s’amusent des amendes
qu’ils peuvent récolter. Avec leurs salaires
XXL, ils roulent sur l’or et se moquent des
éventuelles poursuites.
ans les commissariats de
police, la blague tourne à la
rengaine: « À quoi reconnaît-on un joueur de foot
quand il n’est pas en short sur
un terrain? – Il est au volant d’une
grosse voiture, mais il n’a pas le permis! » Le dernier à s’être illustré ainsi s’appelle Mohamed Sissoko,
« Momo » pour les intimes. Depuis
l’été 2011, ce franco-malien de 27 ans
(c’est-à-dire qu’il est né en France,
mais qu’en match international il
joue pour le Mali…) porte le maillot
du PSG. Le mardi 22 mai, sur le coup
de midi, rue de Rivoli en plein coeur
de Paris, alors qu’il était au volant
d’un gros 4x4 et qu’il avait l’oreille

D

collée à son téléphone portable, il a
été arrêté pour un contrôle de
papiers. Dans l’impossibilité de produire un permis de conduire français, il a présenté un permis britannique. Or selon la police, ce document comportait « de nombreux
défauts », laissant à penser que c’était
un faux… Pas content d’être enquiquiné pour ces broutilles, Momo a
alors copieusement insulté les fonctionnaires: « Vous êtes des keufs de
m…! ». Il a passé l’après-midi en garde-à-vue, pour répondre de « défaut
de permis », d’« usage de faux document » et d’« outrage à dépositaires de la
force publique ». A peine relâché, il prenait son portable pour twitter:

Chez les Ch’tis,
on roule aussi hors-la-loi !
e RC Lens, qui évolue aujourd’hui en deuxième division, a la réputation d’être un club populaire, formateur, familial, où les valeurs ont
encore un sens. C’est la version foot de Bienvenue chez les ch’tis. La
réalité est moins folklorique. Dans l’effectif, figure un grand espoir du
foot français, Geoffray Kondogbia, 19 ans. Le 18 janvier dernier, à
2 heures du matin, de retour d’une virée à Paris, il est arrêté à un péage
près d’Arras. Manque de pot, il a oublié ses papiers chez lui ! Le lendemain, le joueur est convoqué à la gendarmerie, où il présente un permis
belge. Les pandores manquent de s’étouffer de rire à la vue de ce faux
grossier, où, à la place de « Royaume de Belgique » est imprimé « Royaume de Blegique » ! Kondogbia avoue qu’il a acheté ce faux 800 euros sur
Internet. Le 3 avril, au tribunal, explique qu’il a présenté un document
falsifié en pensant que « c’était mieux que de ne rien présenter du tout » !
Au final, le joueur a écopé d’une amende de 7 000 euros : une paille, au
vu de ses moyens. Et les responsables du RC Lens ont poussé un grand
ouf de soulagement… notamment parce que, lors des débats, il est apparu que Kondogbia avait pu assurer son véhicule grâce à la complicité

d’un dirigeant du club ! Mais la justice a préféré fermer les yeux.

L

« Simple contrôle de routine qui ne
gâchera pas mes vacances! ». Sissoko a
de bonnes raisons de se montrer
optimiste. Si la police fait son travail,
la justice en revanche se montre
généralement bonne fille avec les
stars du ballon rond. La rubrique des
faits divers parle d’elle-même.
La justice est (trop?)
bonne fille
En mai 2011, « Le Messager »,
quotidien de Dakar, relatait le procès d’un compatriote footballeur qui
jouait alors à Sochaux: « Tout habillé
en Dolce Gabbana, Badara Sène a été
condamné mardi à 2 mois de prison avec
sursis et 10000 euros d’amende. Le longiligne milieu sénégalais de Sochaux
avait été contrôlé par la police à Montbéliard, le 26 janvier dernier, au volant
d’une voiture alors qu’il n’avait pas le
permis de conduire. » Lors des débats,
le président du tribunal souligna
que Badara Sène avait déjà été condamné pour conduite sans permis à
cinq reprises!
En juin 2011, c’est Bakary Sako,
footballeur de Saint-Etienne, qui est
passé à la barre. Arrêté au volant de
sa Porsche, il avait présenté un permis camerounais, non reconnu en
France. Etonnant, car Sako n’est pas
né au Cameroun, mais à… Ivry-surSeine, dans le Val-de-Marne!
Au palmarès des délinquants du
volant, c’est un Ivoirien Gervinho,
ancien joueur de Lille, qui détient la
palme. Le 25 novembre 2009, il est
contrôlé en possession d’un faux
permis ivoirien. Deux jours plus
tard, il grille un stop et percute une
moto, dont le pilote échappe miraculeusement à la mort. En avril
2010, Gervinho est une nouvelle fois
arrêté, toujours sans permis. Pour ce
triplé, il écopera en novembre 2010
d’une amende de 20000 euros et de
15 mois de prison avec sursis. Pas de
quoi l’empêcher de dormir. Depuis,
il est parti jouer – et conduire – en
Angleterre, à Arsenal, où il touche
3 millions d’euros par an.
Conduire sans permis est aussi

un sport très prisé par certains
joueurs de l’OM. A ce petit jeu,
Franck Ribery est entré dans la légende. Quand, en juin 2005, il a rejoint le club phocéen, il était notoirement connu pour avoir une voiture,
mais pas de permis. Un journal italien vendit la mèche: en 2007, la
« Gazzetta dello Sport » révéla que
Ribery avait fait l’objet d’un contrôle policier, et qu’aux fonctionnaires
il n’avait pu présenter qu’un document turc frelaté… Les dirigeants de
l’OM décidèrent de lui offrir un vrai
permis. Depuis, il joue en Allemagne, au Bayern Munich. Mais ne
conduit pas mieux. En 2009, à Dubaï, pour faire une farce à ses
coéquipiers, il a pris le volant du bus
de l’équipe et percuté deux panneaux d’affichage et un poteau!
Ribery a
un digne successeur
Aujourd’hui, à Marseille, avec le
Sénégalais Souleymane Diawara,
Ribery a un digne successeur. Ses
frasques sont mises au jour le 29
septembre 2009.
Ce jour-là, les joueurs de l’OM
ont rendez-vous à l’aéroport, destination Madrid. Diawara se pointe
en retard, après avoir passé une nuit
blanche au poste. Ayant perdu les 12
points de son permis de conduire, il
roulait avec un document sénégalais non reconnu en France. Pour cet
écart – de conduite –, il est condamné, en juin 2010, à 4500 euros d’amende, avec interdiction de repasser son permis dans les 12 mois. Or,
en janvier 2011, la police arrête une
Audi en excès de vitesse. Au volant? Diawara! Sa voiture est confisquée. En mars suivant, il est convoqué au tribunal. Mais comme l’OM
dispute un match en Angleterre, le
joueur est absent et l’audience reportée. La justice lui restitue cependant son véhicule de luxe: son avocat promet qu’il va recruter un
chauffeur! En septembre, nouvelle
audience, mais rebelote, nouveau
report pour cause de match! Et on
joue toujours les prolongations.
C’est hallucinant, mais c’est comme ça: alors que tout citoyen doit se
tenir à la disposition de la justice,
avec les footballeurs, c’est l’inverse.
Les tribunaux sont soumis à la loi

du calendrier sportif.
Pierre Tanger

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6 juin 2012

Kiosque international
PORTUGAL
D’un crime l’autre… Le Portugal pensait en avoir fini
avec l’horreur de la Casa Pia depuis la condamnation
en 2010 des principaux responsables d’une gigantesque affaire de pédophilie et de prostitution qui avait
secoué le pays. Martyrisés pendant plus de dix ans par
des membres de l’élite médiatique et politique de la
gauche portugaise, les orphelins de la pension Casa
Pia ont également été utilisés, entre 1997 et 2007,
comme cobayes pour des expériences médicales. Les
journalistes de « PTJornal » viennent de révéler que
plus de 500 enfants hébergés par cette fondation
avaient été soumis a des expériences sur le mercure,
financées par le gouvernement américain et autorisées par les autorités portugaises…
UNION EUROPÉENNE
Vent de révolte des correspondants français permanents à Bruxelles contre la Commission européenne
de José-Manuel Barroso (ci-contre). Et pour cause:
toutes ses recommandations économiques pour les
Etats membres, y compris pour la France ont été
publiées… en anglais. C’est Jean Quatremer, le correspondant de « Libération », qui a mené la charge sur
le réseau social Twitter: « Marre de cette commission »,

« inacceptable », « le budget, c’est le coeur de la souveraineté des Etats. Je veux pouvoir lire dans ma langue ce que
l’Union en dit ». Il a été suivi par Christian Spillmann,
de l’AFP, qui s’est insurgé contre le Portugais Barroso:
« Le Français, langue de travail de l’Union européenne, c’est

une légende. L’équipe Barroso travaille, pense et pond en
anglais. Que fait la République française? ». Si les autorités françaises sont restées une fois de plus muettes,
les journalistes ont reçu le soutien de Bruno Waterfield, le correspondant du quotidien britannique
« Daily Telegraph »: « Quite right » (Vous avez tout à fait
raison) « Libération » et l’AFP vont-ils rejoindre le
camp des eurosceptiques?
ETATS-UNIS
Depuis que la Cour suprême des Etats-Unis a autorisé les entreprises, les banques et les syndicats à financer sans aucune limite d’argent le candidat de leur
choix, la présidentielle américaine ressemble de plus
en plus à l’investiture d’un président de multinationale. La dernière élection présidentielle américaine avait
été marquée par une pluie torrentielle de dollars: le
candidat démocrate Barack Obama avait dépensé
plus de 750 millions de dollars pour assurer son élection… En 2012, les stratèges républicains ont prévu,
selon l’hebdomadaire américain « Politico », d’en dépenser trois fois plus, soit 2 milliards de dollars pour
prendre le contrôle de la Maison Blanche et les deux
chambres du Congrès. Pour chaque dollar dépensé
par les démocrates, les républicains ont annoncé en
gaspiller trois, jusqu’à fin novembre. Même au pays de
la ploutocratie triomphante, c’est du jamais vu!
Estelle Campagnol

L’esprit des choses : l’enveloppe
ous allons la retrouver dimanche prochain
dans les bureaux de vote. A vrai dire, elle
n’est pas vraiment séduisante, toute menue
avec son papier aujourd’hui recyclé, « obligatoirement d’une couleur différente de celle de
la précédente consultation générale », comme le précise la loi. L’apparence austère de cette feuille pliée en
quatre est toute démocratique. Elle n’est pas là pour
séduire ou inquiéter, simplement pour assurer
l’anonymat qui convient à ce que l’on appelle le
vote à bulletin secret.
L’enveloppe est donc là pour cacher. Dans une
société obsédée par la transparence, elle est, avec la
confession, un des derniers remparts du secret nécessaire à toute civilisation. Bien sûr, on peut trouver aujourd’hui des enveloppes en papier calque
(d’ailleurs plutôt chères), mais elles demeurent extrêmement marginales, en dehors des enveloppes
de journaux. La véritable enveloppe est opaque.
Elle est aussi fermée. Une fois ouverte, le plus
souvent déchirée, elle ne sert plus à rien et finit
généralement dans la corbeille. Les modes de cette
fermeture ont d’ailleurs ceci de commun qu’ils sont
irréversibles. Une enveloppe ne se ferme et ne s’ouvre qu’une fois. Il faut briser la cire à cacheter, décoller (quand on le peut) la patte de l’enveloppe ou
plus simplement découper, voire déchirer l’enveloppe elle-même. A sa manière, c’est un symbole de
la fuite du temps. L’enveloppe ne se contente pas
de disparaître, elle meurt.
Auparavant, elle aura parlé aux sens. Au toucher, d’abord. Sous sa forme la plus luxueuse, avec
les papiers les plus recherchés et les doublures les
plus soyeuses, elle ravit les doigts de l’expéditeur
comme du destinataire. L’odorat y trouve égale-

N

ment son compte avec la bonne odeur de papier
frais, mêlé de colle. Nous avons tous connu l’amertume de cette colle (ou plutôt de cette gomme) sur
la langue, alors que l’enveloppe autocollante ne
s’était pas généralisée.
Une enveloppe, c’est aussi de l’émotion, une
émotion d’autant plus puissante que son objet demeure vague pendant les quelques instants qui précèdent l’ouverture du pli. Selon la forme, l’allure
générale, on peut présumer de ce qu’elle nous apporte. Il y a d’abord les plus déplaisantes: les enveloppes à fenêtre, indiquant un expéditeur particulièrement inopportun, Trésor public ou créancier.
Puis il y a les lettres bordées jadis de noir, aujourd’hui de gris, plus tristes, même si, à l’ère du téléphone et du mail, on peut être assuré que le défunt
n’est pas trop proche de nous.
Et puis, dans la masse des lettres neutres, publicités, courriers administratifs, il y a les courriers
plus joyeux, faire-part de mariages ou de naissance.
Parfois, elles apportent encore une touche d’exotisme avec la bordure tricolore indiquant leur venue
par avion. Enfin, certaines enveloppes valent par
l’adresse du destinataire et surtout par son écriture.
Qui n’a jamais senti son cœur bondir en reconnaissant l’écriture de l’être aimé? L’enveloppe fait partie aussi de notre histoire amoureuse.
Et pourtant, cette enveloppe, telle que nous la
connaissons, n’est arrivée que bien récemment sur
nos écritoires. Alors que les lettres étaient auparavant pliées et scellées à la cire, on se mit, au XVIIe
siècle, à entourer le pli d’une seconde feuille de papier pour obtenir ce que l’on appelait alors « lettre
double ». A vrai dire, le procédé se révélait peu pratique. Vers la fin du XVIIIe siècle, des papetiers eu-

rent l’idée de proposer des feuilles préalablement
pliées. Il faudra pourtant attendre encore un siècle
avant que l’on offre au public les premières enveloppes fabriquées mécaniquement, puis garnies de
gomme. L’enveloppe à fenêtre, elle, attendra la
veille de la Grande guerre pour arriver chez nous.
Elle est décidément fille de la révolution industrielle.
Aujourd’hui, malgré l’arrivée en masse du
courrier électronique et l’omniprésence du téléphone, l’enveloppe fait de la résistance. Elle ne s’est
même jamais aussi bien portée. Il est de véritables
artistes qui la parent de multiples splendeurs, qu’il
s’agisse de la forme, du papier ou des motifs qui
l’adornent. L’enveloppe renfermera encore bien

longtemps nos secrets.
Jean-Michel Diard

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Monde & Vie n° 860
Pour l’UMP, c’est le nœud gordien : comment éviter
une défaite sévère aux législatives, sans s’entendre
avec le Front national ? L’appareil ne veut pas
en entendre parler, mais la majorité des électeurs
désirent l’entente. Il va bien falloir trancher… et vite.

5,00 euros port compris
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• Où Taubira réforme
la sémantique judiciaire
es jours passent et ne se ressemblent pas, dit-on: c’est ce qu’a dû
penser la très indépendante Taubira, en se faisant acclamer debout par
des magistrats. Comme le rappelait
« Minute » dans son dernier numéro,
l’ambiance avait été beaucoup moins
chaleureuse la dernière fois qu’elle
avait eu affaire à la justice, en 2004,
après avoir viré son asservie parlementaire (à l’Assemblée, on dit son
« attachée »), sans autre forme de procès croyait-elle – hélas, en France le
petit personnel a des droits que même
les élus indépendantistes anti-esclavagistes de gauche sont tenus de respecter! Notre nouveau ministre de la Justice serrait peut-être un peu les fesses
en comparaissant, le 2 juin, devant
l’Assemblée générale de l’Association
française des magistrats de la jeunesse
et de la famille (AFMJF). D’entrée, elle
a servi à ces braves gens le discours
qu’ils souhaitaient entendre, en critiquant les tyrans du précédent gouvernement, ces sans cœur obstinés à
punir les gentils garnements qui s’occupent à d’innocentes gamineries
(guet-apens tendus aux méchants
policiers, trafics de stupéfiants, incendies de véhicules, agressions sur les
personnes, viols en réunion, vols, rackets et autres farces rigolotes), sans
tenir compte des innombrables circonstances atténuantes qui justifient
ces polissonneries. « Juge des enfants,
c’est un très beau titre, beaucoup plus beau
que juge des mineurs », a déclaré notre
Garde des petits sots (mais si mignons
quand même!). Est-il nécessaire, en
effet, d’appeler un chat un chat, quand
on peut parfaitement parler de gentil
matou, voire de petit minou ami des
moineaux et des jolis poissons rouges
(même s’il se peut que, par distraction,
l’aimable chenapan en croque parfois
un)? De même, est-il utile, pour désigner les bons petits diables qui organisent des tournantes dans les caves de
HLM, d’utiliser le terme si froid de
« mineurs », qui évoque Germinal, les
puits de mine et les coups de grisou?
Et pourquoi pas violeur tant qu’on y
est? Foin du coron, vive le cocon! La
sécurité par le cocooning, ça vous a
quand même une autre allure que l’arsenal répressif, non? Personnellement,
je trouve le terme de « juge des enfants »
sémantiquement encore un peu dur:

L

pourquoi ne pas parler, plutôt, de
« pacificateur des charmants bambins »,
ou même d’« accompagnateur tutélaire
des babichous? »

• Où Valls récipisse
sur les flics
omme on peut le lire sur le site de
l’AFMJF: « L’enfance a des manières
de voir, de penser, de sentir qui lui
sont propres, rien n’est moins sensé que d’y
vouloir substituer les nôtres ». La citation
est de Jean-Jacques Rousseau, un véritable homme de gauche qui connaissait si bien les enfants qu’il préféra
abandonner les siens plutôt que leur
imposer son importune présence. Les
magistrats de l’AFMJF connaissent
aussi bien les enfants que notre vieux
promeneur solitaire: ainsi, les quatre
gentils galopins âgés de 14 à 16 ans qui,
en avril dernier, à Dunkerque, ont
séquestré un garçon de 18 ans et lui ont

C

dressait, mais aux juges des enfants,
persécutés par le vilain Sarko qui avait
décidé de confier les affaires à des tribunaux correctionnels pour mineurs.
Selon l’Insee, en 2011, les « sauvageons »
ont été impliqués dans la moitié des
vols avec violence sans arme à feu,
plus du quart des viols, 14,5 % des
infractions à la législation sur les stupéfiants, 47,2 % des incendies volontaires… Grâce à Taubira, ils vont retrouver le giron d’une justice plus maternelle et compréhensive; et comme
un bonheur n’arrive jamais seul, ils
pourront même, en cas de contrôle par
les méchants policiers, exiger de ces
derniers la remise d’un récépissé, solution imaginée par le nouveau ministre
de l’Intérieur, Manuel Valls, pour éviter que les contrôles d’identité ne
soient « abusifs et choquants, ou du moins
perçus comme tels par les personnes qui y
sont soumises ». Je trouve toutefois la
mesure un peu faible: ne pourrait-on

Le Charivari de la
semaine, par
fait subir des « sévices très graves », pour
ne pas parler de tortures, n’avaient
sans doute pas les mêmes manières de
sentir que leur victime; et les manières
de voir et de penser des six mineurs
qui ont fauché sept policiers en forçant
un barrage de police à bord de voitures
volées, le 14 mai à Nantes, différaient
probablement de celles de ces derniers.
Trois de ces aimables mouflets, connus
des services de police et de justice pour
des faits de vols aggravés et de conduite sans permis, avaient été présentés la
semaine précédente devant un juge
des enfants ou un juge d’instruction,
mais comme l’expliquait le procureur,
« compte tenu de leur âge – puisqu’ils sont
âgés de moins de 16 ans –, seuls des
contrôles judiciaires pouvaient être décidés » « Nous savons à quel point vous avez
été stigmatisés (…), nous avons ressenti
l’injustice, la brutalité, la violence des
attaques qui vous ont été réservées » a
déclaré, lénifiante, Taubira. Ce n’était
cependant pas aux policiers qu’elle s’a-

pas imaginer plutôt que les victimes de
contrôle policier remettent eux-mêmes
aux argousins un bon point, témoignant que tout s’est bien passé
pour eux, que les poulets ont été au
poil, leur ont rendu leurs barrettes de
shit et leurs couteaux, avec toutes leurs
excuses pour le dérangement, merci?
En tout cas, il est une activité économique qui ne souffrira pas sous les
socialistes: celle du crime.

• Où le poupoulailler
est bien gardé
e quotidien « Libération » s’est
ému à bon droit de la composition
des cabinets ministériels: la parité
et la diversité y sont foulées aux pieds!
Comme l’écrit une consœur accablée:
« Le modèle de l’homme blanc s’est imposé » dans leur recrutement. Et le « politiste » (un nouveau métier, sans doute)
Alain Guarrigou déplore: « On recrute dans des milieux surmasculinisé ». Sauf

L

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au ministère de la Culture, évidemment, où depuis Jack Lang, on reste
mi-chèvre Michou et où l’on n’est
donc pas trop menacé par la surmasculinisation. Heureusement, la République sous Hollande reste sur-énatisée, ce qui est un gage de continuité.
Par ailleurs, si les hommes arpentent
majoritairement les allées du pouvoir,
les femmes, elles, ont colonisé les
colonnes de la presse et les studios des
médias audiovisuels, ce qui permet
depuis quelque temps déjà d’intéressants rapprochements avec les mâles
dominants de la politique: Christine et
Bernard, Jean-Louis et Béatrice, Vincent et Nathalie, Arnaud et Audrey,
François et Poupoule… sans parler
évidemment d’Anne et de Dominique
(auquel la justice vient de donner le
droit d’expliquer aux Français les
mécanismes du redressement productif chez Dodo-la-Saumure). Or, tandis
qu’au « Nouvel-Obs » on a décidé que
Nathalie Bensahel ne traiterait plus
les sujets politiques et qu’Audrey Pulvar a été priée par France 2 d’aller se
coucher (il est vrai qu’elle n’avait
guère pulvarisé les plafonds de l’audimat), Poupoule, en revanche, reste solidement implantée à « Paris-Match ».
A la place de Hollande, cette capacité à
tenir la place m’inquièterait un peu:
voyez un peu qu’en cas de rupture,
elle le vire de l’Elysée? « Allez quoi,
Poupoule, laisse-moi rentrer! C’est moi le
président, quand même! »

• Où la Queen
fait la nique à Flanflan
ans vouloir paraître désobligeant
à l’égard de notre Flanflan-la-Tulipe (en avant!), je crains qu’à un
mois de distance, les images du jubilé
de la reine d’Angleterre ne ridiculisent
quelque peu celles de sa pluvieuse
intronisation, les quelques centaines
de touristes japonais qui l’applaudissaient poliment le long de son parcours, en se demandant peut-être si ce
n’était pas une star de cinéma locale,
ne soutenant pas la comparaison avec
le million de sujets britanniques qui
acclamaient dimanche leur souveraine sur les bords de la Tamise, en agitant des drapeaux qui n’étaient ni
marocains, ni algériens, ni camerounais, mais tout bonnement anglais. My
goodness! C’est-y que la monarchie làbas serait plus populaire que la Répu
blique ici?

S

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CULTURE

Viêt-Nam: une guerre
de civilisation
Autant il est souvent question de la guerre
d’Algérie dans les médias, tant il est vrai
que les enjeux en sont encore perceptibles
par tous, autant la guerre d’Indochine
semble bien oubliée. Pourtant, le Viêt-Nam
est toujours sous la botte communiste,
60 ans après. Mais le silence est de règle.
ette guerre, Roger Holeindre n’en parle pas par ouïdire. Il l’a vécue. Son dernier livre, C’était des hommes, fait revivre la mémoire des combattants héroïques de ces
Français sans peur et sans reproche,
engagés pour défendre, avec l’Empire, une certaine idée de la civilisation, mais qui furent soumis à la
barbarie des Vietminh et à la trahison des Français communistes, de
ceux qui préféraient leur parti à
leur patrie.
Emouvant, dans sa lucidité, est
le témoignage de Guy de Chaumont Guitry qui clôt le livre: « Les
articles de journaux qui m’ont été
envoyés confirment ce que l’on peut

C

voir autour de soi. C’est notre civilisation qui disparaît au profit de l’Asie, ou
peut-être du monde arabe… Il suffira
pour cela de s’abandonner totalement
au matérialisme grandissant. L’enjeu
est plus grand que la conservation
d’une colonie. C’est la civilisation chrétienne occidentale qu’il faut sauver ».
Les événements
donnent tragiquement
raison à de Lattre
Ce texte a été publié en 1951,
après la mort de son auteur au combat. Il est pleinement actuel. La
décolonisation ratée a fait perdre
des décennies au pays qui a fait
confiance au baratin de l’Oncle Hô.
Et qui, à cause de cela, se trouve

dans une incroyable friche économique et morale. Voici ce que disait
le général de Lattre aux élèves français et vietnamiens qui avaient eu
leur baccalauréat: « Cette guerre ne
concerne plus la France que dans les
limites de ses promesses envers le ViêtNam et de la part qu’elle doit prendre à
la défense de l’univers libre. D’entreprises aussi désintéressées, il n’y en
avait pas eu pour la France depuis les
croisades. Cette guerre, que vous l’ayez
voulue ou non, est la guerre du ViêtNam pour le Viêt-Nam. Et la France ne
la fera pour vous que si vous la faites
avec elle ». Les événements devaient
donner tragiquement raison au général en chef… Mais plus d’un demi-siècle plus tard, personne ne
veut s’en aviser. La guerre du ViêtNam et pour le Viêt-Nam, commencée en 1945, et qui a duré quelque dix ans pour les Français, n’est

toujours pas achevée…
Joël Prieur
Roger Holeindre, C’était des
hommes, Histoire vraie de la
guerre d’Indochine,
éd. Héligoland, 476 p.,
34 euros.

Le prénom
éunion de vieux amis qui
ont des liens de parenté: la
discussion s’envenime
autour d’un prénom à donner au
bébé qui arrive chez l’un des deux
couples. C’est l’occasion de montrer un couple de droite et un
couple de gauche, la France qui
roule en 4x4 et la France qui
roule en Scénic. La France de l’hyperprésident et celle du président
normal.Voilà un film à texte qui
est vraiment drôle. Patrick
Bruel, le bon à rien superdébrouillard, genre beauf de droite, est très convainquant par rapport à
Charles
Berling,
en Monsieur-prof
de gauche,
donneur
de leçon,
tendant
assez
spontanément à prendre la pause
pour l’histoire… La caricature
n’est jamais méchante et c’est
pour cela qu’elle fait mouche. Un
bon moment de détente. J’allais
dire: enfin un film spirituel qui
n’est pas et ne se veut pas intellectuel.


R

Joël Prieur
En salle

Comité de Liaison du Mémorial de l'Honneur Français
77 rue Pigalle - 75009 Paris (Correspondance uniquement)
Le Cercle National des Combattants, qui a rallié le Comité de Liaison
du Mémorial de l’Honneur Français... vous invite

le 30 Juin 2012 à 14 heures
au GRAND RASSEMBLEMENT, suivi d'un défilé
et de plusieurs interventions patriotiques
Rassemblement à 14 h 00 - Place de l'Etoile
(Angle avenue Kléber - avenue d'Iéna)

Défilé jusqu'à la place du Trocadéro,
devant la statue du Maréchal Foch
Pour tous renseignements :
Mémorial de l’Honneur Français - 38 rue des Entrepreneurs - 75015

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LA TÉLÉ LES REND FOUS

MIEUX VAUT TARD…
Lundi 28 mai, « Bourdin direct », BFM TV
Le lundi de Pentecôte, jadis férié, est
devenu journée de solidarité. Tous les
salariés ont donc travaillé aujourd’hui
afin de venir en aide aux personnes
âgées.Tous? Eh bien non, députés et sénateurs s’en sont exemptés, comme le
reconnaît le député socialiste René
Dosière: « En effet, les parlementaires ne
cotisent pas à cette journée. Il est vrai que
juridiquement, les parlementaires n’ont pas
un traitement mais une indemnité. Pourtant, nous avons notre autonomie et il suffirait d’une décision du bureau de l’Assemblée pour que cela change. » C’est au moment où Dosière risque de ne plus être
député – il a perdu l’investiture de son
parti – qu’il s’avise de ce scandale. La
mesure date pourtant de 2009… Pas
très réactif, ce Monsieur Dosière!

QUESTION DE POINT DE VUE
Mardi 29 mai,
« Ce soir (ou jamais) », France 3
Maître Thierry Lévy, qui a été l’avocat
de Claude Buffet, condamné à mort
en 1972, a une conception bien à lui de
la justice: « On oublie trop que juger quelqu’un, c’est un acte anormal, exercer une
contrainte sur quelqu’un, c’est un acte anormal. C’est un abus! » Par contre assassiner quelqu’un, quoi de plus naturel!

LA REVOLUTION EST EN MARCHE
Dimanche 27 mai, « Dimanche + », Canal +
Jean-Marc Ayrault ne cache pas son émotion lorsqu’il
fait visiter une pièce de l’Assemblée nationale à un groupe
d’écoliers: « On n’est pas dans n’importe quel lieu. Ici, c’est le
serment du Jeu de Paume: nous n’en sortirons que par la force
des baïonnettes! » Patience, patience…

parle de censure préalable, c’est insupportable! Si la liberté d’expression est réservée
aux gens qui sont d’accord avec Christiane Taubira, Mouloud Aounit du MRAP,
Dominique Sopo, président de SOS-Racisme et Machin, le crétin qui préside l’Union
des étudiants juifs de France, c’est la catastrophe! » Le Machin s’appelle Jonathan
Hayoun. Et apparemment, c’est bien
une catastrophe!

UNE PETITE MG,
DEUX COMPERES
Jeudi 31 mai, le JT de France 2
Alors que Marine Le Pen se promène dans une rue de Hénin-Beaumont,
deux jeunes beurs au volant d’une voiture de sport décapotable l’interpellent
aux cris de «Vive Mélenchon! » La candidate aux législatives fait front, ce qui
est bien naturel: « Merci, c’est très gentil,
merci! Vous confirmez ce que je dis en permanence: la voiture, vous l’avez gagnée au
Loto ou vous l’avez gagnée au travail? »
On parie?

AVEU D’IMPUISSANCE
Jeudi 31 mai,
« La nouvelle édition », Canal +
Le nombre de chômeurs en France a
encore considérablement augmenté le
mois dernier. Le ministre du Travail, Michel Sapin en prend acte en des termes qui n’incitent pas à l’optimisme:
« Quand est-ce que sera l’inversion? Je ne
vais pas vous dire à quelle date, à quel
mois. Six mois, un an? Si quelqu’un a la
solution, je la lui demande! » Normalement, ce n’est pas au ministre de résoudre ce genre de problèmes?

CAUSEUR SACHANT CAUSER
Mardi 29 mai,
« Choisissez votre camp », LCI
Le journaliste et éditorialiste Marc
Cohen (« Causeur ») vole au secours
d’Eric Zemmour menacé de se faire
virer de RTL: « Je suis épouvanté par
Dominique Sopo qui ferait mieux de
s’occuper du racisme puisque c’est pour ça
que nos impôts le subventionnent, plutôt
que de s’improviser ministre de la censure.
Oui, ce Dominique Sopo, président de SOSRacisme, payé avec nos impôts! Sopo

PROCES SANS APPEL
Vendredi 1er juin, « Zemmour
et Naulleau », Paris Première
Attaqué de toutes parts, menacé d’être
viré de RTL pour un édito dans lequel
il critiquait le nouveau ministre de la
Justice, Eric Zemmour profite de la
dernière émission de la saison pour
s’expliquer. Puis il en vient aux véritables raisons de cette levée de boucliers: « Ce qui est scandaleux, c’est qu’on
me fait un procès en sorcellerie. On a dit

La sélection
« Minute »
A voir
The Queen, film de

Stephen Frears, dimanche
10 juin, Arte, 20 h 40
Août 1997: Lady Di meurt dans un
accident à Paris. Ce décès provoque
que j’attaquais Madame Taubira parce dans le monde une grande émotion,
qu’elle était noire. Si on n’a plus le droit de tant la popularité de celle qui est
contester Madame Taubira parce qu’elle surnommée la Princesse des cœurs
est noire, faut le dire! » Et bien, c’est dit! est grande. Pourtant Elizabeth II
(formidable Helen Mirren) semble
en total décalage avec cette réacBIENVENUE AU CLUB
tion. Le Premier ministre, Tony
Samedi 2 juin,
Blair, nouvellement élu, va s’effor« Salut les Terriens », Canal +
cer d’infléchir la position de la reine.
Dans la série « Bonjour les mythos », Contrairement à ce que certains
inaugurée dans ces colonnes la semaine critiques ont écrit, la reine apparaît
dernière avec un spécial « Noah- non pas comme une conservatrice
Bruel », j’ai le plaisir d’ajouter cette obtuse, mais, au contraire, comme
semaine Edwy Plenel. Une preuve? une femme intègre, honnête et diThierry Ardisson, en début d’émis- gne, qui finit par fasciner un Blair
sion, rappelle à l’ancien directeur de la pourtant peu enclin, au début de son
mandat, à conforter la monarchie.
rédaction du « Monde » son passé « The Queen » est une remarquable
trotskiste: « Dans votre jeunesse, vous réflexion sur le fonctionnement des
entrez à la Ligue communiste – devenue institutions britanniques.
Ligue communiste révolutionnaire –, et
vous devenez alors un révolutionnaire pro- Classic albums – Elvis Presley, documentaire réalisé par
fessionnel. » « Oui, je faisais des articles, j’or- Jérémy Marre, dimanche
ganisais des choses pas très légales, fallait 10 juin, Toute l’Histoire,
parfois se payer les racistes et les fas- 23 h 35
cistes. » « Y’avait de la baston? Vous vous Il y a bientôt 60 ans, un jeune caêtes battus contre Occident? », lui deman- mionneur entre dans le studio d’ende l’animateur avec une pointe d’admi- registrement Sun Records situé à
ration. « Oui, on a fait ça, et contre Ordre Memphis (Tennessee) afin de graver
une galette qu’il souhaite offrir à sa
nouveau! » Or, si l’on en croit sa notice mère. Le rock, synthèse du rythm’n’
sur Wikipédia, qualifiée sur son site Mé- blues noir et de la country blanche,
diapart de « plutôt bien faite », Edwy les est né ce jour d’été 1953. Elvis Presbelles bacchantes est arrivé d’Algérie ley est alors repéré par le producen France en 1970. Comme je le rap- teur Sam Phillips qui lui signe son
pelais la semaine dernière, ledit mouve- premier contrat un an plus tard. Dement a été dissout en 1968, soit deux venu célèbre en quelques mois, il est
bientôt concurrencé par une flopée
ans avant cette date. Gros mytho, va!
de jeunes chanteurs, parmi lesquels
les immortels Jerry Lee Lewis,
LEVY’S STRASS
Buddy Holly et Gene Vincent,
Samedi 2 juin,
tous trois originaires du Sud des Etats
« On n’est pas couché », France 2
Unis comme lui. Ce documentaire,
Natacha Polony n’a pas aimé, mais l’un des plus remarquables et des
pas aimé du tout Le serment de Tobrouk, plus complets qu’il m’ait été donné
le dernier pavé cinématographique de de voir sur le sujet, nous ramène en
1956, époque où le futur King quitte
BHL, consacré à son œuvre en Libye:
Sun Records pour rejoindre le label
« Ce qui ressort de ce film, c’est que vous RCA. Il va alors enregistrer son prene vous intéressez pas à l’histoire de la mier album, devenu mythique aujourLibye, mais au fait que la Libye pourrait d’hui. Rappelons aux détracteurs du
devenir le terrain de reconstruction de votre rock’n’roll que cette musique a révomythologie personnelle! » Si la chroni- lutionné notre société, et pas qu’en
queuse est virée par Laurent Ru- mal: Benoît Sabatier, ancien rédacquier, elle pourra toujours se recon- teur en chef de « Technikart », va jusqu’à affirmer que ce sont Presley et
vertir en critique de cinéma!

ses successeurs qui ont provoqué la
Page réalisée par Thierry Herbé
chute du communisme.

thierryherbe@gmail.com

6 juin 2012

Dimanche 27 mai,
« Dimanche + », Canal +
Les débuts de Najat Vallaud-Belkacem en tant que porte-parole du gouvernement se sont révélés – comment
dire? – hésitants. Madame le ministre le
reconnaît bien volontiers, tout en insistant sur le fait qu’elle est en « période de
rodage »: « Vous savez, devenir ministre du
jour au lendemain, ce n’est pas tout à fait
anodin. Ça s’organise, ça se travaille et, pour
paraphraser Simone de Beauvoir: on ne nait
pas ministre, on le devient. » Ou pas…

Page 15

GENERATION PEU SPONTANEE

4/06/12

23:41

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Pâté de Campagne
Les Législatives 2012 vues par Julien

Jauffret

J-4

6 juin 2012
N° 2567 – 3,50 €

Le paillasson blanc
i le prurit de la comptabilité vous démange et que l’idée vous prend un jour de
compter les noirs dans les
équipes de foot, les Arabes
en prison, les juifs dans la presse, les
Tziganes dans le métro ou les Tchétchènes sur la lune, un bon conseil:
prenez un avocat, et un bon.
Mais si vous voulez vraiment assouvir votre passion comptable et
que vous n’avez pas l’âme sacrificielle, alors faites comme « Libé »
jeudi dernier, comptez les hommes
blancs dans les cabinets ministériels. Non seulement vous ne serez
inquiété par personne, et surtout
pas par les associations antiracistes,
mais vous obtiendrez en sus le satisfecit du porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.
L’homme blanc se compte en effet
sans aucun complexe dans la France
d’aujourd’hui. Il est le seul à qui on
puisse envoyer sa naissance à la
gueule sans rien risquer. Le seul sur
l’identité duquel on puisse s’essuyer les pieds, de préférence quand
ils sont encore crottés de la terre du
bled. La seule exception à la lutte
contre les discriminations, c’est lui.
Il ne peut pas être discriminé, il est
discriminant de toute éternité. « Seuls
les blancs peuvent faire preuve de racisme, du fait de leur position dominante », prétend Houria Bouteldja, du
parti des Indigènes de la République (PIR). Ce que dit cette passionaria du communautarisme, notamment sur la modernité, n’est pas
toujours inintéressant. Il y a pourtant un détail d’ordre sémantique
qui lui a totalement échappé, c’est
qu’en France, l’indigène, jusqu’à
preuve du contraire, c’est le blanc.
Dans les tableaux de Bruegel, ce ne
sont pas des Massaï qui dansent au

S

carnaval, mais de bons gros Flamands. L’indigène dont elle parle,
c’est feu l’indigène des colonies qui,
ici, est un allogène. Son parti serait
donc plutôt PAR que PIR. Et puis, à
force de parler de « races » et de les
opposer, elle va finir par nous le réveiller, l’homme blanc. Les personnes issues des minorités ethniques
qui convoquent la race pour s’opposer à la majorité, ça a toujours évoqué en moi l’image d’un benêt qui
s’amuserait à gratter des allumettes
sur un bûcher. Quand le bordel se

munautaires et ne reconnaît que le
citoyen. Mais, avec les directives européennes contre les discriminations à l’encontre des minorités (discriminations directes et indirectes!),
il a bien fallu se doter du moyen de
prouver lesdites discriminations,
c’est-à-dire se donner la possibilité
de comparer la situation d’un groupe par rapport à un autre, c’est-à-dire d’user de statistiques ethniques.
Depuis février 2010, elles sont donc
autorisées… sous condition. La collecte de l’information doit se faire

Manuel Valls, le plus « dur » du gouvernement ?
Il faudrait encore le prouver…

met à flamber, le voilà qui pleurniche.
Mais après tout, compter l’homme blanc, c’est dans l’esprit de la loi.
Les statistiques ethniques ont toujours été mal vues en République,
plus ou moins interdites. La République gomme les différences com-

Fondateurs : Jean-François Devay
et Jean Boizeau
Directeur de la publication :
Jean-Marie Molitor
ISSN : 1243-7751
N° de Commission paritaire : 0314 C 84384
Ce numéro a été tiré à 40 000 ex.

de manière anonyme sous le contrôle de la CNIL, mais surtout, les données doivent être « collectées pour des
finalités déterminées, explicites et légitimes ». Traduction: les statistiques
ethniques ne sont autorisées qu’à la
condition de servir une politique
visant à la lutte contre les discrimina-

Tél : 09 79 04 00 96 du lundi au vendredi de 10 h - 13 h/14 h - 17 h
« Minute » est édité par la Société SACEN, Sarl au capital
de 7 622,45 euros – RCS Paris B 439 218 694.
Siège social : 15, rue d’Estrées – 75007 Paris (courrier uniquement)
Dépôt légal à parution.
Imprimerie : Roto Presse Numéris, 93190 Livry-Gargan

tions des minorités. Autrement dit:
on a le droit de compter les minorités
pour dire qu’il n’y en a pas assez,
mais pas pour dire qu’il y en a trop!
Variante: on a le droit de compter
les blancs dans les cabinets ministériels, mais pas les noirs dans la
délinquance. Zemmour en sait quelque chose.
A ce propos, le nouveau ministre
de l’Intérieur, Manuel Valls, est,
semble-t-il, en train de nous pondre
l’idée du siècle: le récépissé de la
police après contrôle. Le but est toujours le même, éviter « le contrôle au
faciès » à répétition. On nous ressort
pour l’occasion « l’étude américaine »
de 2009 à la gare du Nord où des
« chercheurs » ont constaté que les
jeunes noirs étaient plus contrôlés
que les autres. Ciel, quel scandale. Il
est vrai qu’entre le petit cadre qui
revient de Lille, la lycéenne qui rentre dans sa banlieue Nord et la bande de traîne-savates des cités qui
squatte toute la journée, un policier
intègre devrait mettre un point
d’honneur à contrôler tout le monde… ou personne, lutte contre les
discriminations oblige. Hormis le
racisme intrinsèque de la police, je
ne vois vraiment pas ce qui peut
pousser un flic de terrain à contrôler
un individu plutôt qu’un autre… Va
savoir si la lycéenne n’est pas susceptible de porter un calibre sous sa
jupe et 300 grammes de cocaïne dans
son cartable?
Au fond, le soi-disant « contrôle au
faciès », c’est simplement l’instinct de
la rue du flic. Et encore, l’instinct de
base. Mais la réalité, quand elle ne
cadre pas avec l’idéologie, est toujours un scandale pour les belles
âmes de gauche. Je ne changerai d’avis que le jour où je me ferai braquer

par une lycéenne.

COURRIEL : minute@minute-hebdo.fr

M 06468 - 2567 - F: 3,50 E

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