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Nat i o n al e

Zbarbar a du mal à se remettre

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Mercredi 5 Septembre 2012

La décennie du terrorisme a laissé place à la misère sociale

La commune de
Zbarbar, relevant
de la daïra
de Lakhdaria,
à 60km à l’ouest
du chef-lieu
de la wilaya de
Bouira, se débat
toujours dans
la précarité et
le dénuement.

L

e chômage, selon les statistiques de 2011, touche pr ès
de 35% de la population de
moins de 40ans et les projets de
développement sont quasi-inexistants.En effet, cette r égion frontalière avec la wilaya de Médéa, a
énor mément souffer t des affres du
ter r or isme dur ant les années
noires qu’a connues le pays. Ce
dr ame, a plongé cette localité dans
l’isolement et l’abandon les plus
absolus. Aujour d’hui, les séquelles
des années de br aises sont encore
palpables dans l’espr it des
citoyens. Ces der nier s, tentent de
relever la tête en aspir ant à des
lendemains meilleur s : « Le passé
est der r ière nous ! Nous essayons
de regar der ver s l’avenir », nous
ont confié les quelques villageois
croisés sur les lieux. Cependant,
cet espoir de rompre avec un passé
obscur e s’écr ase contr e une
mur aille, dénommée sous-développement.

La misère à perte
de vue !

En effet, Zbar bar souffre d’un
retar d cr iant en matière d’aménagement ur bain, les commodités
des plus r udimentair es y sont
inexistantes, sans par ler d’infr astr uctures et de projet str uctur ants. Par mi les carences enregistr ées, on retrouve en tête de liste
les sempiter nels r accor dements au
r éseau d’AEP et celui du gaz naturel. Pour r appel, dur ant l’hiver
der nier, cette commune a été
par mi les r égions les plus
dévastées par les tempêtes.
Perchée sur les hauteur s, elle s’est

r etr ouvée, avec d’autr es communes telles que Maala et
Guer rouma, car r ément coupée du
monde. Et comme si cela ne suffisait pas, la majeure par tie des
hameaux qui composent cette
municipalité ne sont guère r accor dées au r éseau d’alimentation
en eau potable. Pour tant, les eaux
du
bar r age
de
Koudiat
Asser doune, relevant de la commune
de
Maala
toute
pr oche, devr aient pr ofiter aux
habitants. Autre point noir relevé,
celui relatif à l’aménagement des
r outes menant à cette localité
enclavée. Ainsi, tout au long du
CW°1 reliant Zbar bar aux autres
localités, aucune route bitumée,
aucun chemin balisé, ni même le
moindre petit tronçon aménagé.
Tout n’est que sentier s sinueux,
pistes cabossées et où les nids de
poules et autr es cr evasses sont
légions. Le par fait exemple de ce
délabrement, on le retrouve dans
le petit village de Thaalbia, à une
dizaine de kilomètres du chef-lieu
communal. Ce bour g, per du au

beau milieu du massif montagneux de Sidi Khaled, est tr ès difficile d’accès, pour ne pas dire
impr aticable à cer tains endroits.
D’ailleur s au cour s de notr e
ascension, nous avons dû nous
aider d’un mulet. Une fois ar r ivé à
ce village, notre guide Dahmane,
nous a montr é les endroits où les
pires exactions ont eu lieu dur ant
l’année 1994 : « non loin d’ici, et
plus exactement au lieudit El
khar ba, pr ès d’une vingtaine d’innocents furent égor gés par les ter ror istes ». Un peu plus loin, les villageois peu habitués à recevoir de
la visite, ce sont montr és méfiants
à notre égar d : « Qui êtes-vous ?
Que venez-vous faire ici ?», telles
étaient leur s premières paroles.
Ensuite et apr ès avoir été r assur és
par notr e guide, ces villageois,
nous ont asséné un cinglant :
« Vous venez voir la misère ? Et
bien vous êtes le bienvenu ! ». El
Hadj Omar, patr iar che d’une
famille composées d’une dizaine
de per sonnes a tenu à nous
confier : « Ni les autor ités locales

Béjaïa Attentat à la bombe à Taourirt Ighil

Un militaire tué
et trois autres blessés
U
n militaire a été tué et trois autres ont été
blessés lor s d’une opér ation antiter r or iste
dans la commune de Taour ir t Ighil, plus pr écisément au lieudit « Ighzer Flidoune », à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest du chef-lieu de la
wilaya de Béjaïa, append-on d’une source sûre. La
même source pr écise qu’une bombe enfouie sous
ter re et, semble-t-il, actionnée à distance, a explosé
au passage des soldats de l’ANP, tuant sur le coup
l’un d’eux et causant des blessures à trois autres.
Des sources locales indiquent qu’un groupe ter ro-

r iste composé d’une vingtaine d’individus a été
repér é, puis encerclé dans cette r égion par les soldats de l’ANP depuis lundi. Notre source croit
savoir que l’assaut final pour l’exter mination de ce
groupe ter ror iste acculé de toutes par ts devait
inter venir dans l’apr ès-midi d’hier à la faveur de
l’ar r ivée d’une unité spéciale de l’ANP sur les lieux.
L’opér ation de r atissage enclenchée dans la r égion
d’Adekar et les maquis environnants vise à éliminer les der nier s sbires de Droukdel retr anchés dans
ces maquis touffus de la wilaya de Béjaïa.
D.S.

ni le wali ne se soucient de notre
sor t. Nous vivons au jour le jour,
jusqu’à ce que mor t s’en suive ».
Et d’enchaîner : « J ’ai 76 ans, j’ai
vécu la guer re, puis les années de
ter ror isme. J e peux vous affir mer
une chose, nous ne sur vivons que
gr âce à la volonté du Seigneur.
Sinon, les pseudos élus et autres
responsables, tout cela n’est que
vide », a-t-il dit sèchement. Ces
témoignages poignants, reflètent
bien l’exaspér ation et le désespoir
de ces villageois ‘’ oubliés’’,
comme ils se définissent euxmêmes.

Chef-lieu :
Ville fantôme !

Sur le chemin qui conduit à la ville
de Zbar bar, on aper çoit un jeune
d’à peine 13 ans, por tant sur ses
fr êles épaules un jer r icane d’eau
d’un volume supér ieur à 25 litres.
Inter r ogé à ce pr opos, le petit

Maâtkas

Mnaouar, c’est son pr énom, nous
r épondit avec espiègler ie : « J e
fais de la musculation, c’est évident non ? », avant de prendre un
air plus sér ieux en déclar ant : « J e
suis par ti remplir de l’eau à la
source qui se trouve en contrebas
de cette colline, elle est à une dizaine de kilomètres d’ici », nous a-t-il
indiqué. Ar r ivés au niveau du
chef-lieu de cette municipalité,
une
odeur
nauséabonde
nous accueillit. Elle provenait de
la déchar ge communale, située
juste à l’entr ée de ‘’ la ville, si l’on
peut appeler ce chef-lieu ainsi. En
effet, le centre-ville de Zbar bar se
tr ouve dans un état des plus
lamentables : chaussée délabr ée,
insalubr ité
ambiante,
r ues
déser tes, les cafétér ias vides et les
autr es commer ces tour nent au
r alenti. Même le siège de l’APC a
des allur es de base abandonnée. Les r ares citoyens croisés
sur les lieux, nous ont pr écisé :
« Presque tous les habitants sont
descendu à Lakhdar ia, soit pour
tr availler soit pour passer le
temps, à Zbar bar, il n’y a absolument r ien à faire ! ». Allal, 26 ans,
chômeur de son état n’est pas allé
avec le dos de la cuillère en par lant du premier magistr at de sa
commune : « Le maire est un
gr and fainéant ! Il passe ces
jour nées à gambader un peu par tout, au lieu de s’occuper de sa
ville ! Vivement qu’il s’en aille »,
a-t-il conclu. En s’enfonçant plus
dans cette ‘’ ville fantôme’’, nous
avons constaté que l’éclair age
public y faisait cr uellement
défaut, de plus les canaux d’assainissements étaient d’une vétusté
déconcer tante. Bref, un état des
lieux peu reluisant ! Au ter me de
cette vir ée à Zbar bar, nous pouvons aisément dire que cette commune est fr appée par une sor te de
‘’malédiction’ ’. Misère, dénuement et enclavement sont le lot
quotidien de la population. Les
paroles d’El Hadj Omar, du petit
Mnaouar, de Allal et tant d’autres
citoyens r ésonnent encor e dans
notre espr it. Ces citoyens de tous
âges, avaient un seul mot à la
bouche : « Nous sommes abandonnés par ceux qui sont censés
veiller sur nous ! ».
Ramdane. B.

Encore un suicide
à Cherqiya
L

a localité de Maatkas a été encore une fois secouée par la découverte
du corps inerte d’un jeune homme répondant aux initiales A R, un
jeune commerçant de 26 ans, originaire du village de Cherqiya relevant de
la commune de Maatkas. Selon des informations concordantes, le jeune
homme se serait donné la mort par pendaison dans son domicile familial.
Le corps sans vie a été découvert par sa famille vers 6 heures du matin,
avant-hier. Le jeune homme était estimé de tous les villageois. « Un jeune
commerçant paisible et sans aucun problème », disent de lui les villageois
que nous avons rencontrés. Sitôt alertée, la protection civile de Draâ Ben
Khedda s’est dépêchée sur les lieux, pour transporter le corps de la victime
vers la polyclinique de Souk El Tenine d’où elle fut évacuée vers le CHU
de Tizi-Ouzou pour les besoins d’une autopsie. Une enquête a été ouverte
par les services de la police pour élucider les circonstances exactes de ce
drame. Rappelons que la région a connu plusieurs suicides pendant ces
dernières années. Un terrible phénomène qui ne cesse malheureusement de
prendre de l’ampleur.
H. T.