Antinucléaire Mix texte vol0 175.pdf


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La ligne Très Haute Tension (THT) Cotentin Maine relie le
projet de réacteur nouvelle génération EPR en construction à
Flamanville au réseau existant. C’est l’une des nombreuses
cicatrices, celle­là plus manifeste et visible que la radioactivité
rejetée par les autres installations nucléaires, que l’Etat
nucléariste
nous impose. Cette THT produira en
fonctionnement
un
champs
électromagnétique
particulièrement nocif pour la santé.
Ce projet, plus encore que le projet EPR en lui­même,
implanté en pleine terre nucléaire, dans la presqu'île de La
Hague, conquise à grands renforts d’argent et de résignation,
a donné lieu à de fortes mobilisations depuis 2006. Pourtant
depuis quelques mois la lutte semble avoir du mal à trouver
un second souffle, et ce, au moment même où l’on annonce
l’arrivée des premiers pylônes pour fin 2011, début 2012.
Les raisons de cette résignation progressive sont difficiles à
déterminer mais quelques pistes peuvent être soulevées :

l’avancée du chantier EPR malgré ses nombreux déboires; le
recul des élus locaux et des municipalités petit­à petit conquis
par les arguments financiers de RTE (le réseau de transport
d’électricité); les compensations financières offertes aux
agriculteurs et propriétaires concernés par les passage de la
ligne avec la complicité active de la FDSEA (le syndicat
agricole pro­nucléaire); la concentration de la lutte autour du
juridique et des contre­enquêtes, avec l’illusion qu’il suffisait
de mettre l’Etat promoteur du nucléaire devant ses passe­
droits et de l’informer pour qu’il revienne sur son projet; la
fabrication de la résignation par les média locaux; le reflux
du mouvement antinucléaire agité par des conflits internes;
le recul d’une partie du mouvement écologiste (Greenpeace,
Europe Ecologie, FNE, etc.) faisant du nucléaire une question
seconde face à l’urgence climatique; le choix définitif du tracé
réduisant le nombre de personnes directement concernées
par les effets des champs électromagnétiques, les nombreuses

défaites sur les autres terrains de lutte; la précarisation de nos
conditions de vie qui place l’urgence ailleurs, etc.
Ce qui semble clair c’est que ce qui était il y a encore
quelques mois directement vécu par la lutte est aujourd’hui
vécu à distance, en spectateur, dans un frustrant sentiment
d’impuissance. C’est comme si nous avions été dépossédés de
notre lutte, et que face au désastre en cours nous étions tel
des boxeurs acculés dans les cordes.
Cependant, malgré cette apparente résignation, l’hostilité au
projet reste bien présente. 800 personnes manifestaient à
Diélette devant la centrale de Flamanville en avril dernier.
Des déboulonnages publics de pylônes THT ont eu lieu en

amont. Et d’autres plus clandestins visant à fragiliser les
édifices semblent également avoir proliférés selon ce récent
appel à déboulonner lancé sur Indymédia Nantes.
Le combat contre le nucléaire, l’EPR et les THT, ne se
gagnera pas avec un bulletin de vote, mais seulement avec un
mouvement capable de faire plier l’Etat.
Nous reproduisons ici le texte « Contre le nucléaire, de
Fukushima aux lignes THT » qui a été diffusé cet été sur le
marché de Villedieu­les Poêles en Sud­Manche

AVANT VALOGNES

CONTRE LE NUCLEAIRE…
DE FUKUSHIMA AUX LIGNES THT

Le 11 juin dernier, la Presse de la Manche titrait « Saint­
Hilaire sous la ligne, la campagne se résigne. » afin d’anéantir
stratégiquement toute volonté de mobilisations et de
contestations de la population locale contre le projet de ligne
THT1 dont le tracé a été révélé ce même jour… A cette
provocation, menée par ceux et celles qui cherchent davantage
qu’à enfouir les lignes, à enfouir la contestation2, nous ne
répondrons pas en retour que sous cette résignation apparente
s’organise la riposte.

Dans le mortainais 17 communes verront leur territoire balafré
par la ligne 400 000 volts. De Saint­Laurent de Cuves à
Fougerolles du Plessis, RTE prévoit l’installation d’un pylône
tous les 500 mètres en moyenne et d’une hauteur de 45 à 60
mètres.
Tous­tes concerné­e­s par la lutte contre le nucléaire...
Lutter contre les lignes THT, c’est lutter plus globalement
contre la production d’énergie nucléaire parce que les 58
réacteurs implantés en France, comme l’a prouvé Fukushima
en mars dernier, sont des bombes à retardement qui menacent
à tout moment d’exterminer la population vivant à proximité
et ailleurs et risquent de contaminer durablement l’ensemble
de la planète. Ainsi, selon Hélen Caldicott, experte sur la
question des risques nucléaires , Tchernobyl a contaminé 40%
de l’Europe et a fait plus d’un million de victimes.. Il faut
ajouter à cette menace les 1 200 tonnes de déchets radioactifs
produits tous les ans en France dont certains comme le
plutonium perdent leur nocivité au bout de 240 000 ans.
Et à Fukushima, bien que le silence l’ait médiatiquement
emporté, la fusion des réacteurs perdure et avec elle la
dissémination d’éléments radioactifs meurtriers, et ce pour des
milliers d’années. L’ACRO3 révélait dernièrement que la
contamination radioactive d’enfants, mais également de la
chaîne alimentaire via des légumes et l’eau était alarmante. Les
autorités ne cherchent quant à elles qu’à minimiser les

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