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Auteur: fschneider

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Vosges_Matin_2012-10-10

SDDV
SDDV

Découverte

« Bienvenue aux États-Unis d’Amérique »
Après quatre ans passés à Science Po, le Déodatien Robin Huguenot-Noël a décidé de vivre un an
aux États-Unis. Il nous livre son expérience, dans une Amérique nièce de sa bonne ville de Saint-Dié.

«W

elcome to the United States of
America ». A peine arrivé à l’aéroport, le message ne peut passer inaperçu :
vous, étranger, êtes le bienvenu au pays de la diversité.
Alors que je sens mon cœur
s’emballer en approchant des
douaniers (un VISA égaré est
si vite arrivé…), mon environnement cherche à me rassurer : je suis treize fois le bienvenu, je peux me plaindre
auprès de l’État américain si
un douanier me harcèle, et, à
en croire les messages télévisés du département de l’Immigration, j’entre dans le pays du
Golden Gate, de l’Ipad et de
Michael Phelps – et bien sûr,
de la Liberté. Quoi qu’on en
pense, l’État sait faire en
matière de promotion publicitaire. À peine ai-je le temps de
saluer que le douanier me lance déjà un mémorable « Première aux States, mec ? ».
Mon timide « Yes, sir » semble
si bien le confirmer dans sa
supposition qu’il articule à
présent chaque syllabe :
« Welcome to the United States of America, Robin ! »

Teddy, Tony, Randy,
Janie… et moi
Répéter le prénom de son
interlocuteur est chose commune aux États -Unis. Gare à
celui qui ne prête pas attention

pleinement à ma place à peine
arrivé ici.

Tout le monde est
quelqu’un
pas n’importe qui

Robin Huguenot-Noël (deuxième à droite) est ravi de son expérience aux États-Unis où, à 22 ans,
il est assistant de professeur de français dans une université.
(Photo DR)
aux propos de cet inconnu
rencontré dans le bus, dans un
parc ou dans le bar du coin. À
vrai dire, le « premier pas »
s’exerce selon un rituel bien
défini : l’Américain engage
d’abord la conversation (sur la
météo, le paysage, un endroit
sympa à visiter) comme si de
rien n’était. Rassuré par votre
répondant, il se présente alors
à vous, se trouve « enchanté »

de vous rencontrer : vous voilà
prêts à disserter sur vos origines (chacun se souvient alors
de son ancêtre immigré européen de la 7e génération), les
raisons de votre venue ici ou la
dernière tuerie dans un cinéma de Denver. En dix jours
passés en tant que touriste à
San Francisco et à Portland, en
formation à Stanford, j’ai ainsi
rencontré, par un hasard simi-

laire, Lawrence, dentiste de 43
ans, prêt à parcourir 50 km
pour m’emmener dans la ville
de Palo Alto, après que je me
sois égaré dans l’avenue éponyme ; Tony, SDF désireux de
rejoindre sa famille sicilienne
pour rentrer dans « le droit
chemin » ; Randy, Janie, Teddy…. qui chacun à leur manière m’ont permis de me sentir

Pourquoi cette obsession du
patronyme ? Et pourquoi converser avec un inconnu qu’ils
ne reverront probablement
jamais ? Après quelques
semaines à m’interroger, je
rejoins finalement cette conclusion basée sur la Bible,
révélée par Tocqueville et
exploitée par Nike : la société
américaine se caractérise principalement par la capacité de
ses individus à se considérer
les uns les autres comme foncièrement égaux. Ici, « everybody is somebody » – tout le
monde est d’abord quelqu’un
avant d’être un parmi tant
d’autres (anybody). « Et la
ségrégation » questionneront
les uns ? « 15 % des Américains vivent sous le seuil de
pauvreté » rappelleront les
autres. Oui, ce pays est plein
de contradictions et extrapoler
une expérience individuelle
serait présomptueux. Mais
une chose est sûre, amis Vosgiens : à quelques milliers de
kilomètres de Saint-Dié-desVosges, sur la côte Ouest des
États-Unis, les Américains
nous ouvrent les bras – et c’est
drôlement plus sympa comme
ça.


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