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Une ombre sur le pôle du
quartier latin:
l’oubli du rôle des institutions
d’enseignement dans la vitalité du quartier

mémoire collectif
par des étudiants en urbanisme de l’uqam
déposé à l’ocpm le 8 novembre 2012

une ombre sur le pôle du quartier latin

introduction
Les étudiantes et étudiants des programmes d’urbanisme de l’UQAM tiennent à faire
entendre leur voix au sujet du Programme particulier d’urbanisme du Quartier des
spectacles et de son application au pôle Quartier latin. L’UQAM se situe au cœur du
quartier, tant géographiquement que culturellement. Les étudiants en urbanisme sont
donc doublement touchés par le PPU : en tant que Montréalais et futurs urbanistes, et en
tant qu’étudiants de l’UQAM.

À propos des auteurs
Ce bref mémoire est le fruit d’une réflexion collective au sein du programme d’urbanisme
de l’UQAM née de la nécessité de prendre position sur ce sujet qui nous touche. Il a été
préparé avec la participation de membres du Conseil exécutif de l’Association Générale
Étudiante en Urbanisme de l’UQAM (AGEUR). Les programmes de premier cycle en
urbanisme de l’UQAM sont affiliés à l’École des Sciences de la Gestion (ESG-UQAM).
Rédigé par :
Simon Bourbeau-Lemieux, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Laurent Levesque, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Ce mémoire est également appuyé par :
Samuel Descôteaux Fréchette, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Claudel Taillon-Boulianne, étudiante au baccalauréat en urbanisme
Raphaëlle Poulin-Gagné, étudiante au baccalauréat en urbanisme
Philippe Letarte, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Marie-Ève Charbonneau, étudiante au baccalauréat en urbanisme
Mikael A. St-Pierre, B.Sc. urbanisme
Alexia Desmeules, étudiante au baccalauréat en urbanisme
Paul Racette Dorion, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Amandine Fournier, candidate à la maîtrise en urbanisme
Eudes Henno, candidat à la maîtrise en urbanisme
Guillaume Ouellet, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Justin Verville-Alarie, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Roxanne Marcil, étudiante au baccalauréat en urbanisme
Mélina Boisvert Sylvain, étudiante au baccalauréat en urbanisme
Jeremy Hamel, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Jonathan Bouchard, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Antoine Cantin-Ratelle, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Gabriel Sévigny Ferland, étudiant à la majeure en études urbaines
Charlotte Montfils, étudiante au baccalauréat en urbanisme
Vincent Rancourt, étudiant au baccalauréat en urbanisme
Dominic Dionne, étudiant au baccalauréat en urbanisme

une ombre sur le pôle du quartier latin

origine de l’unicité du quartier latin
Le Quartier latin est un des premiers faubourgs à s’être développé autour de Montréal,
au nord des fortifications. La vocation institutionnelle francophone s’y concrétise dès 1876
avec l’ouverture d’une filiale de l’Université Laval. L’ouverture du campus actuel de l’UQAM
en 1979 et celle du Cégep du Vieux-Montréal, en 1976, ont façonné le quartier tel qu’on le
connaît aujourd’hui, en continuité avec sa vocation passée. Avec plus de 46,000 étudiants
qui fréquentent ces deux institutions, l’esprit latin du quartier est aujourd’hui plus que
jamais lié aux institutions d’enseignement supérieur francophones qui s’y trouvent.
L’ouverture récente de la Grande bibliothèque ainsi que le projet de campus NormanBethune ne peuvent que venir renforcer ce pôle institutionnel.
Cet esprit latin, qui se manifeste par le foisonnement culturel, artistique et récréatif
qu’on connaît au secteur, est à notre avis indissociable de la possibilité qu’ont encore les
étudiants d’y demeurer. En effet, les populations de transit ont moins d’impact sur un
quartier que les résidents.
Il nous apparaît que la vivacité du Quartier latin repose donc sur la présence d’étudiants
et de créateurs artistiques à l’intérieur et autour du quartier. Il ne faut pas oublier que
les classes innovantes et avant-gardistes peuvent avoir des revenus très variés et que
l’implantation en nombre d’artistes dans un quartier est en général liée à la présence
d’appartements et de studios abordables en nombre suffisant.

Érosion du logement étudiant et
abordable
Dans un contexte où l’UQAM et le CVM connaissent une croissance continue qui a poussé
les deux institutions à la limite d’occupation de leurs locaux, et où Montréal attire une
quantité croissante d’étudiants internationaux, on pourrait s’attendre à une augmentation
du nombre de places en résidences étudiantes. Or, la tendance du logement étudiant
est inverse. L’échec du projet de résidences sur le site de l’Îlot voyageur n’est pas unique.
Rappelons la fermeture de la Maison du prêt d’honneur en 2007, résidence étudiante de
170 chambres opérée par le Cégep du Vieux-Montréal ayant coûté 23 millions à construire
et vendue pour 10 millions. En parallèle, les loyers sur le marché locatif privé augmentent,
et le maintien d’une place significative pour les étudiants dans le Quartier latin est incertain.

une ombre sur le pôle du quartier latin

Effets anticipés du PPU quartier latin
La volonté de l’arrondissement de développer et de densifier le secteur par l’ajout de
2000 à 3000 résidences est en ligne avec nos valeurs et priorités. La nouvelle densité
que cet ajout de logements permettrait de créer pourrait renforcer le pôle dynamique
et créatif qu’est le Quartier latin. Par contre, il est important de s’attarder à la population
qui s’y installe, car celle-ci aura un impact important sur l’évolution de ce pôle. Dans
sa version actuelle, le PPU appelle à l’orientation de l’offre vers « une clientèle jeune,
branchée et urbaine. » Cette description, fort spécifique, représente une population qu’on
peut s’attendre à être plutôt homogène. Si la volonté de l’arrondissement est réellement
de favoriser cette population spécifique, nous craignons que ne soit perturbé le fragile
équilibre qui fait la vivacité du Quartier latin.
Le choix d’une clientèle cible est important pour l’avenir du secteur. Il s’agit dans les faits
d’un changement de vocation du quartier, car on peut anticiper un effet structurant de
l’arrivée importante d’un groupe social. D’un côté, l’arrivée d’une population plus aisée,
la stimulation de la demande et l’augmentation de la valeur foncière dans le Quartier latin
effectueront une pression à la hausse sur le prix des loyers. D’un autre, il faut anticiper
l’effet de cette nouvelle clientèle sur l’offre commerciale du quartier, joint à la volonté
de revitalisation des artères commerciales de l’arrondissement. Ensemble, ces facteurs
positifs risquent de hausser les valeurs des commerces à un point qui soit néfaste pour la
mixité et la variété. Que dire de l’effet d’une poussée des prix à la hausse sur une artère
comme St-Denis, déjà dominée par les bars? Si les commerces profitent de l’arrivée d’une
population plus aisée pour hausser leurs prix, on peut se demander à quel point le Quartier
latin demeurera accessible financièrement pour les étudiants.
Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue l’importance des résidents sur le dynamisme du
quartier. Les institutions culturelles et d’enseignement ne suffiront pas à elles seules à
assurer une vie culturelle réellement créatrice. On le voit dans une étude des quartiers «
créatifs » du Canada faite par Hill Strategies Research en 2005 qui a placé le Plateau en
première : le dynamisme artistique doit aussi s’appuyer sur un lieu de vie. On peut faire le
même constat au sujet du dynamisme apporté par la population étudiante résidente.

Érosion du logement étudiant et
abordable
Dans un contexte où l’UQAM et le CVM connaissent une croissance continue qui a poussé
les deux institutions à la limite d’occupation de leurs locaux, et où Montréal attire une
quantité croissante d’étudiants internationaux, on pourrait s’attendre à une augmentation
du nombre de places en résidences étudiantes. Or, la tendance du logement étudiant
est inverse. L’échec du projet de résidences sur le site de l’Îlot voyageur n’est pas unique.
Rappelons la fermeture de la Maison du prêt d’honneur en 2007, résidence étudiante de
170 chambres opérée par le Cégep du Vieux-Montréal ayant coûté 23 millions à construire
et vendue pour 10 millions. En parallèle, les loyers sur le marché locatif privé augmentent,
et le maintien d’une place significative pour les étudiants dans le Quartier latin est incertain.

une ombre sur le pôle du quartier latin

un Quartier qui en perd son latin
Notre inquiétude porte donc principalement sur la perte de la spécificité du Quartier
latin, qui est fondamentalement étudiante et créative. Or, ce caractère unique dépend de
conditions qui ne sont pas favorisées naturellement et sont mêmes menacées par l’action
du marché immobilier privé, particulièrement dans un quartier central. La revitalisation, la
densification et l’attraction d’une nouvelle clientèle au sein du Quartier latin ne sont pas
nécessairement incompatibles avec la préservation de son esprit latin. Cependant, à la
manière du principe de Newton, l’intervention publique visant la revitalisation du quartier
appelle une intervention tout aussi déterminée pour préserver la vivacité du quartier. À notre
avis, le PPU dans sa forme actuelle ne démontre pas de volonté politique et urbanistique
suffisante pour assurer la vitalité du Quartier latin.
À titre d’exemple, le cas de l’Îlot Voyageur est à notre avis symptomatique de la volonté
politique insuffisante d’action dans le secteur. Ce grand îlot, un des seuls du quartier
à être propriété du secteur public, pourrait être à ce titre un levier important pour un
redéveloppement cohérent et intégrateur du quartier. Or, la Société Immobilière du
Québec s’apprêtait, aux dernières nouvelles, à le vendre à perte, malgré les centaines de
millions de dollars d’argent public déjà investis sur ce terrain.

recommandations


Reconnaître l’importance de la population des institutions d’enseignement pour la
vitalité du Quartier latin



Impliquer la communauté académique et étudiante dans le processus de
planification de l’aménagement du Quartier latin



Assurer le maintien d’une offre commerciale, culturelle et récréative abordable



Encourager un quartier inclusif et mixte, donc plus dynamique et créatif, par
l’encouragement d’une variété de typologies résidentielles



Assurer un accès durable à des logements locatifs abordables



Préserver le caractère public de l’Îlot Voyageur et y aménager des habitations à
vocation sociale et/ou étudiante



Explorer la possibilité d’inclure aux nouveaux développements un projet résidentiel
adressé spécifiquement à une clientèle étudiante, sous forme locative, par exemple
sous la forme d’un OBNL d’habitation



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