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Ce projet s’appuie sur une démarche artistique, il ne s’agit aucunement d’un reportage. L’aspect
consensuel du genre est évité pour faire place au sensoriel, au ressenti pur. Il se concentre
principalement sur des éléments visuels – cicatrices corporelles, gestes, mimes, regards – pour
exposer sobrement les sentiments et cicatrices psychologiques de Tut. La mémoire du traumatisme
de Tût est palpable à chaque instant, dans la répétition de ses habitudes: passer le chiffon à la
moindre poussière, observer les mouvements de la fumée de sa cigarette et l‘écraser toujours de la
même manière, éterniser son regard sur les photos de sa famille et allumer un bâton d’encens. Puis
ses regards qui en une seconde partent loin de toute vie présente.

Extrait du film d’Alexandre Liebert

Les deux artistes vont plus loin que la simple réalité documentaire, et se permettent de mettre en
scène Tut dans des jeux de lumière, pour mieux mettre en avant les traces de son passé, créant
ainsi une métaphore de l‘isolement causé par son traumatisme.

Emilie Arfeuil, la photographe, décrit la cicatrice au sens premier du terme, en tant que marque
physique inaltérable. Pour cela, elle utilise la technique du light painting. Il s’agit d’un temps de
pose long dans le noir total, où elle peint avec une lampe torche sur le corps afin de choisir la
direction de la lumière, dans
une sorte de chorégraphie.
Cette technique oblige le
modèle à rester totalement
immobile pendant toute la
durée de la prise de vue, et
crée une réelle intimité entre
le photographe et le modèle.
La lumière met en relief les
marques du passé sur le corps
de Tut en l‘isolant de son
environnement et de son
présent.

© Emilie Arfeuil