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Livres

| 124 Jacques Decour | 126 Martin Winckler | 130 Mathias Enard

120

Tendance

par Jérôme Garcin
Un homme qui va
mourir filme le retour
Légende début à la vie d’un homme
Légende suite
qui a failli mourir. Cela
ajoute à l’émotion
qu’on éprouve devant
l’œuvre ultime
d’un cinéaste si doué, autrefois, pour
saisir l’adolescence effrontée.
Claude Miller, disparu le 4 avril
dernier,savait en effet ses jours
comptés lorsqu’il a commencé le
tournage de « Thérèse Desqueyroux »,
dont le clap de fin signifiait son retour
définitif à l’hôpital. Du roman
tortueux et torturé de Mauriac, dont
il avait même supprimé la structure
en flash-back, le réalisateur en sursis
a tiré un film simple, beau et pur
comme un adieu. S’il en a respecté
l’intrigue – dans la bourgeoisie
landaise de l’entre-deux-guerres, une
jeune femme tente d’empoisonner
à l’arsenic l’homme qu’elle a épousé
par conformisme et à qui elle a donné
une fille –, c’est surtout pour absoudre
la coupable que Claude Miller a porté
ce roman à l’écran. Incarnée par
Audrey Tautou, étonnante de
flegme, d’indifférence, de mutisme,
de presque schizophrénie, Thérèse
s’éloigne peu à peu de ce monde dont
elle déteste la morale, la fortune, les
usages. Elle veut moins supprimer
son mari qu’échapper à un destin qui
la tue. A la manière du « Mme Bovary,
c’est moi », de Flaubert, Claude Miller
aurait pu dire « Thérèse Desqueyroux,
c’est moi », tellement il semble, dans
ce film, avoir prêté à l’héroïne sa
propre fatigue, ses regrets, son mépris
des conventions et son besoin de
partir sans se retourner. « Tu t’es caché
derrière Thérèse pour parler de toi »,
écrit d’ailleurs Claire Vassé à Claude
Miller dans « De là où tu es » (Stock,
18 euros), adresse posthume à
l’homme marié, de trente ans son
aîné, qu’elle a aimé clandestinement.
De leur liaison, une petite Joséphine
est née à l’hôpital Saint-Antoine,
là même où le cinéaste se mourait,
dans une chambre dont la porte était
fermée à celle qui n’avait pas
le « droit » de lui tenir la main. C’est
digne d’un roman noir de François
Mauriac. La foi en moins. J. G.
Le Nouvel Observateur 15 NOVEMBRE 2012 - N° 2506

DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE EN ALLEMAGNE

Saint-Berlindes-Prés
Pourquoi tant d’écrivains français, Marie NDiaye, Jean-Yves
Cendrey, Cécile Wajsbrot, Yann Apperry ou Mathias Enard,
ont-ils choisi de s’installer dans la capitale allemande ?
Odile Benyahia-Kouider les a rencontrés

ls auraient pu se réfugier dans un
des quartiers branchés de Berlin,
à Mitte ou à Prenzlauer Berg. Mais
Marie NDiaye et Jean-Yves
Cendrey ont préféré un endroit
moins en vogue et plus mythique : la
maison Le Corbusier. C’est dans
cette cité radieuse de 530 logements,
construite en 1957 par le célèbre architecte français, à deux pas du stade
olympique où eurent lieux les Jeux de

I

1936, que les deux écrivains travaillent
dans la journée avant de rejoindre leur
appartement de Charlottenburg.
« Voilà notre royaume », lance JeanYves Cendrey, aussi truculent dans
la vie que dans ses écrits. Visage lisse,
sourire éclatant, Marie NDiaye,
écrivain prolifique au verbe rare,
acquiesce. Depuis cette tour de
contrôle aux murs repeints en rouge
sang et vert pomme flashy, ils

Livres

BALTEL-SIPA/JACQUES LOIC-AFP-PHOTONONSTOP-JEAN-LUC BERTIN-PASCO/DR/BRUNO GARCIN-GASSER/PHOTOMONTAGE YAN

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embrassent l’immensité berlinoise.
Côté Est: la lointaine Fernsehturm
(tour de télévision), dernier vestige de
la DDR, pays englouti après la chute
du mur. Côté Ouest: le Teufelsberg,
une montagne artificielle de gravats
au sommet de laquelle l’agence de
sécurité américaine disposait d’un
centre d’espionnage.
Cela fait cinq ans que le couple
d’écrivains – elle, prix Goncourt 2009
pour « Trois Femmes puissantes », lui,
auteur des « Jouets vivants » (2005) –
s’est installé à Berlin, avec ses trois
enfants. Cet exil aurait pu rester
discret. Mais il a été très médiatisé par
les déclarations tonitruantes de Marie
NDiaye sur la France de Sarkozy, qualifiée par elle de « monstrueuse » et
empreinte d’une « détestable atmosphère de flicage [et] de vulgarité ».
Marie NDiaye et Jean-Yves Cendrey
nuancent : « Nous ne sommes pas partis uniquement à cause de Sarkozy. »
D’ailleurs, ils ne sont pas pressés de
rentrer dans la France de François
Hollande. Ils ont pris racine dans la
capitale allemande.
Avant eux, d’autres écrivains
français ont découvert les attraits de
Berlin.Mais, depuiscinq ans,une nouvelle vague d’auteurs, qui ne sont pas
forcément germanophones, a choisi
de s’expatrier dans la capitale allemande. Une quinzaine d’auteurs fran-

çais vivent entièrement ou partiellement à Berlin. Sans compter les
écrivains en résidence comme
LaurentMauvignier, quiyaséjourné
en 2008, et Mathias Enard, qui y
prendra ses quartiers en 2013 (voir
encadré). Ce mouvement surprend
les Allemands eux-mêmes. « C’est
curieux, souligne Martina Wachendorff, éditrice chez Actes Sud. Les
Français critiquent l’égoïsme de l’Allemagne mais ils veulent tous vivre à
Berlin! » Ils le répètent: comme au
temps du mur, Berlin reste un territoire à part. Même si la « gentrification » des quartiers in s’accélère,
Berlin, capitale« pauvre maissexy » (le
sloganinventéparsonmaire),resteun
eldorado pour les petites bourses. Les
loyers y sont deux fois moins élevés
qu’à Paris. Cela pèse dans la décision
desécrivainsfrançais.Maiscen’estpas
le seul argument. Berlin cumule tous
lesavantagesd’unecapitaleculturelle
foisonnante sans subir les inconvénients des mégalopoles invivables.
Cette douceur de vivre attire les
artistes du monde entier et ne rebute
pas ceux que l’histoire allemande
pourrait encore tenir à distance.
Comme l’écrivain hongrois Imre
Kertész, Cécile Wajsbrot, quiadécidé
de partager sa vie entre Berlin et son
pays d’origine à partir de 2002, n’était
pasprédestinéeàchanterleslouanges

de la capitale allemande. Sa famille,
juive polonaise, a payé le prix de la
folie nazie. Les stigmates restent
intacts. « Quand je reçois une lettre
administrative en allemand, cela me
paraît tout de suite menaçant, reconnaît l’écrivaine française qui habite à
Schöneberg, dans le sud de Berlin. Il
m’arrive de faire des erreurs d’interprétation. Je lis “Ravensbrück” sur les
boîtes de jeux pour enfants au lieu de
“Ravensburger”. A Munich, j’ai eu un
instant de panique en arrivant sur la
place des victimes du national-socialisme parce que j’avais involontairement zappé le mot “victimes”. » Pourquoi alors élire domicile dans
l’ancienne capitale du IIIe Reich ?
« Parce que l’Allemagne, et Berlin en
particulier, a fait un travail exemplaire sur son passé. L’histoire telle
qu’on la racontait dans ma famille ne
correspond pas à la version officielle.
Chez moi, on disait que c’était la police
française qui avait convoqué mon
grand-père et organisé la rafle du
Vél’ d’Hiv’. Cela a été reconnu en 1995.
J’ai passé toute mon enfance et mon
adolescence dans un pays sourd et
muet. En France, j’ai eu le sentiment
d’être étrangère et décalée. A Berlin, je
suis étrangère, mais c’est normal. »
Cécile Wajsbrot n’est pas la seule à
vanter cette « ouverturesur lemonde »,
cet « espace géographique qui

LA LIBRAIRIE
FRANÇAISE
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Mathias Enard,
LaurentMauvignier,
Cécile Wajsbrot,
Marie NDiaye,
Jean-Yves
Cendrey et
Wilfried N’Sondé

Livres
122

Le Nouvel Observateur 15 NOVEMBRE 2012 - N° 2506

LEURS
LIVRES

Yann Apperry:
« Diabolus in
musica » (Grasset)
Marie NDiaye:
« Trois Femmes
puissantes »
(Gallimard)

Oliver Rohe: « Ma
dernière création
est un piège à
taupes » (Inculte)
Jean-Yves
Cendrey:
« Mélancolie
vandale »
(Actes Sud)

François Jonquet:
« Daniel » (Sabine
Wespieser)
Laurent
Mauvignier: « Ce
que j’appelle
oubli » (Minuit)

faitdeBerlinsonchampd’expérimentation privilégié. En 2013, il publiera
son troisième roman doux-amer sur
les travers de la capitale allemande.
« Marie est une humaniste, écrivain
raffiné par excellence alors que je suis
primaire par essence, dit-il. J’écris là
oùje suisavec ce que j’aisouslesyeux. »
Se définissant comme un « anar » rétif
à toute autorité, l’auteur de « Mélancolie vandale » se « coule dans Berlin
comme le varron se glisse sous la peau
de la vache ». Ici, tout l’amuse. Les joggeurs qui dévalent le Teufelsberg en
tenue d’Adam avec des baskets fluo au
pied. Les touristes béats qui remontent la Havel dans un bateau déguisé
en baleine. Les autochtones qui se
lamentent des safaris-Trabant dont le
départ se fait à deux pas de l’ancienne
Gestapo. Ou les pique-niques sur les
stèles du monument à l’Holocauste.
Pour lui, Berlin, « ville-histoire »
autant que « ville-monde », est l’épicentre européen du kitsch. L’époque
est loin où, après la réunification, l’Allemagne charriait quotidiennement
des relents bruns qui lui avaient inspirésonmémorable« OublierBerlin ».
Après un séjour pénible en 1992, JeanYves Cendrey et Marie NDiaye pensaient ne plus remettre les pieds dans
cette ville où la mauvaise humeur
l’avait emporté sur les embrassades
germano-allemandes. Dix ans plus
tard, le « varron » n’a toujours pas
réussi à dompter la langue allemande.
Mais il n’est pas le seul à survivre
avec ce handicap. Oliver Rohe, de
père allemand et de mère libanaise, a
passé cinq ans à Berlin en parlant l’anglais et le français: « Cela me permettait de m’extraire des conversations
dans le métro ou dans lescaféset de me

concentrer sur ce que je lisais ou ce que
j’écrivais. » Même chose pour Yann
Apperry. Depuis plusieurs années, le
lauréat du prix Médicis 2000 fait des
allers-retours entre la Bretagne et son
appartement de Prenzlauer Berg. Il
aime le cosmopolitisme berlinois,
avec ces soirées improvisées où l’on
peut croiser un célèbre violoniste
chinois émigré au Japon, un compositeur italien, une réalisatrice
allemande, une documentariste
germano-tunisienne et d’autres écrivains français, exilés volontaires
comme lui. L’un d’entre eux, François
Jonquet, critique d’art devenu
romancier, s’est expatrié il y a cinq ans
à Kreuzberg, le quartier turco-alternatif de Berlin-Ouest: « Je voulais surtout m’isoler pour écrire. A Berlin, on
respire. Il n’y a pas le poids de la bourgeoisie dominante et des grands corps
d’Etat qui plombe Paris. » Embringué
dans le mouvement festif des nuits
berlinoises, il a le sentiment d’avoir
vécu une « seconde jeunesse ». Enfant
de Sarreguemines, Fabrice Gabriel a
tout fait pour « fuir les forêts » de la
frontière allemande. Mais après avoir
vécu à New York, il s’est laissé happer
par la capitale de la Mitteleuropa.
Après son « Voyage en Algéries »,
l’écrivain globe-trotteur Eric Sarner
vient lui aussi d’y poser ses valises.
Si tant d’écrivains fantasment
Berlin, c’est qu’ils veulent humer le
Berlin underground et avant-gardiste
qu’on leur a tant vanté. Cette ville est
un laboratoire artistique géant où
le cloisonnement des disciplines
n’existe pas. Auteurs de pièces de
théâtre traduites et jouées sur les
scènes allemandes, Brigitte Athéa et
son compagnon Philippe Braz sont

Mathias Enard, Berliner
Auteur de « Rue des voleurs » (lire l’article p. 130), Mathias Enard, 40 ans,
a décidé de passer une année en résidence à Berlin, à partir de juin 2013.
« J’ai une relation ancienne et profonde avec l’Allemagne, dont la culture
est un morceau incontournable de l’Europe », explique l’écrivain
polyglotte, qui lit Georg Trakl dans le texte. « L’Allemagne est avec
la France le dernier refuge littéraire. Il suffit de voir la place consacrée
à la littérature dans la presse ! En Espagne, où j’ai vécu, les écrivains et
la littérature sont malmenés. Cela n’intéresse personne. » Mathias Enard,
qui puise son inspiration dans le destin de ses contemporains, compte
s’installer à Kreuzberg, un quartier de Berlin-Ouest où se mêle une
population d’immigrés turcs, arabes et hispanisants avec une tradition
gauchiste d’anciens alternatifs et squatteurs. Une façon pour lui
de poursuivre ses recherches sur les flux migratoires. O. B.-K.

RUDY WAKS/C. HÉLIE-GALLIMARD/JACQUES LEENHARDT

s’ouvre sur un espace mental
plus vaste ». Ainsi Wilfried N’Sondé,
le doyen des écrivains français installé
à Berlin, estime qu’il ne serait « sans
doutejamais devenu écrivain à Paris ».
Français d’origine congolaise, il a
débarqué à la gare de Zoo fin
décembre 1989, quelques semaines
après la chute du mur. Séduit par la
possible troisième voie d’un pays ni
capitaliste ni communiste, l’étudiant
en sciences politiques de Nanterre a
déménagé l’année suivante à Berlin.
Il n’a jamais regretté son choix, même
à l’époque où les skinheads ratonnaient dans l’est de Berlin : « A Paris,
je restais un Africain. A Berlin, je suis
un Européen noir. En vingt-deux ans,
je n’ai été été contrôlé qu’une seule
fois.Et lapolices’estexcusée dem’avoir
confondu avec un autre ! » A Paris, il
devait sans cesse décliner son identité. Si ses trois romans se situent dans
la banlieue parisienne, cela n’empêche pas Wilfried N’Sondé de revendiquer des écrits « fondamentalement
berlinois » car, à Berlin, on a le « droit
d’être soi-même ».
L’exode des écrivains amoureux du
Berlin way of life est devenu un tel
phénomène que l’Institut français a
décidé d’y consacrer deux soirées
débats les 22 et 27 novembre prochains sur le thème: « Ecrire à Berlin,
écrire de Berlin, écrire sur Berlin… »
Le fait d’y vivre a-t-il une influence
déterminante sur l’imaginaire et
l’œuvre des écrivainsfrançais? Le cas
du couple NDiaye-Cendrey est particulièrement intéressant. Aucun des
romans de l’auteur de « Trois Femmes
puissantes » n’a pour cadre Berlin.
« Ce n’est pas à mettre au détriment de
la ville, explique-t-elle. Je n’ai pas écrit
nonplussurRome,BarceloneouParis.
Je peux créer où que je sois. » Elle s’est
cependant inspirée de son expérience
berlinoise pour écrire « Y penser sans
cesse », une méditation sur les Stolpersteine, ces petits pavés en laiton
sur lesquels on bute (stolpert) et où
sont gravés les noms d’habitants
déportés dans les camps de concentration. « Ces pierres venaient d’être
posées devant chez moi, c’était une
vision frappante, troublante, raconte
Marie NDiaye. C’est la première chose
sur laquelle j’ai eu envie d’écrire à Berlin.Cequejeneferaisplusaujourd’hui,
car c’est devenu un sujet rebattu. »
Jean-Yves Cendrey, en revanche, a

VINCENT DIXON/C. HÉLIE-GALLIMARD/JOHN FOLEY-OPALE

Alban Lefranc:
« Fassbinder, la
mort en fanfare »
(Rivages)
Brigitte Athéa:
« Histoires
d’alphabet » suivi
de « la Ville
multiple » (La
Fontaine)
Philippe Braz:
« Berlin-loin-dela-mer » (Le Bruit
des Autres)

Christian Prigent:
« la Vie moderne:
un journal » (POL)

‹9LOODUG6LSD3UHVV

Fabrice Gabriel:
« Norfolk » (Seuil)
Mathias Enard:
« Rue des
voleurs »
(Actes Sud)
Cécile Wajsbrot:
« l’Hydre de
Lerne » (Denoël)
Wilfried N’Sondé:
« Fleur de béton »
(Actes Sud)
Eric Sarner:
« Un voyage en
Algéries » (Plon)

encore émerveillés de l’accueil qui
leur a été réservé depuis leur installation à Moabit, à côté du Tiergarten, le
grand parc berlinois, en 2004, alors
que personne ne les connaissait: « Ici
on peut travailler avec des artistes
engagés qui ont envie de créer avec
nous. » Louise Desbrusses était également à la recherche de cette interdisciplinarité: « Je ne voulais pas être
considérée comme une jeune auteure
prometteuse mais comme une artiste
au sens large. Je voulais expérimenter
des choses nouvelles. » Habitée par la
question du rapport entre le corps et
l’écriture, Louise Desbrusses a profité
de son séjour berlinois (2007-2011)
pour développer son intérêt pour
l’improvisation chorégraphique. Un
souhait qu’elle a pu réaliser au-delà
de ses espérances.
A Berlin, le goût pour les performances n’est pas le seul apanage du
théâtre et de la danse. Les lectures
publiques – une véritable institution
en Allemagne – surprennent les nouveaux arrivants. « A Paris, on peine à
remplir les librairies et les auteurs ne
savent pas lire, estime Alban
Lefranc, écrivain et traducteur. A
Berlin, il y a un public très averti. » Le
29 septembre dernier, Christian
Prigent, l’un des écrivains français
qui connaît le mieux l’Allemagne, a
comblé son auditoire en lisant, avec
Alain Jadot, animateur des cafés littéraires berlinois, des traductions du
poète Ernst Jandl. Une cinquantaine
de personnes, des Français mais aussi
des Allemands, étaient venues assister à cette incroyable séance donnée
dans la librairie Zadig, dont Patrick
Suel, son propriétaire, a réussi à faire
le point de rencontre des intellectuels
francophones.
Berlin va-t-elle redevenir la grande
métropole littéraire qu’elle fut avant
guerre? Les écrivains français ne sont
pas les seuls à s’y ruer. La jeune génération d’auteurs allemands aussi s’y
plaît beaucoup. Il y a deux ans, le prestigieux éditeur Suhrkamp a mis la
République des lettres en émoi en
déménageant son siège de Francfort
à… Berlin. Depuis cinq ans, la capitale
allemande a clairement retrouvé
son effervescence intellectuelle et
artistique. Et donné, par ricochet, un
sérieux coup de vieux à SaintGermain-des-Prés.

« Un livre qui tient de la fable et de la sotie,
où les vraies réponses sont dans les questions
comme les perles dans les huîtres. »
Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur

« Bernard Pivot signe un livre réjouissant :
roman ou autobiographie ? »
François Busnel, L’Express

« La vraie-fausse confession, drôle et affûtée,
du Roi Lire. »
Thomas Mahler, Le Point

« Pivot est drôle, touchant, émouvant. »
Nelly Kaprièlian, Les Inrockuptibles

« Un roman malicieux, intelligent. »
Pierre Vavasseur, Le Parisien

ODILE BENYAHIA-KOUIDER
Le Nouvel Observateur 15 NOVEMBRE 2012 - N° 2506

www.nil-editions.fr


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