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Canard du Caucase No 2.pdf


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Le Canard du Caucase

N°2 - Décembre 2012

Le trésor récupéré. Par Lili Sakhltkhutsishvili, Guide-interprète francophone à l’agence Promethea Voyages.
Quelle exposition intéressante ! C’est une merveille ! Quelle richesse incroyable ! - disent les gens après avoir
visité le musée d’Histoire et le musée des Beaux-arts de Tbilissi. Et quand on pense que toute cette richesse
du patrimoine géorgien a passé des années d’exil en France, presque vingt-cinq ans !...
...En 1921, après trois ans d’indépendance, la Géorgie était définitivement
occupée par l’Armée Rouge. Le gouvernement légitime géorgien prit la décision
de quitter la Géorgie. Pour sauver de la disparition et du pillage le Trésor
National, il a décidé de collecter ces richesses dans différents musées et églises
géorgiennes, ainsi que chez des collectionneurs privés et de les emporter avec
lui, en espérant revenir bientôt au pouvoir et les rendre au peuple géorgien. Le
Trésor contenait des anciens manuscrits, des icônes ciselées d’or et d’argent
dont l’origine remonte pour certaines au VII siècle, des émaux cloisonnés,
qu’on ne fabriquait que dans trois pays au monde, des vestiges archéologiques
et beaucoup d’autres objets d’une valeur inestimable.
Ekvtimé Takaïshvili, professeur à
l’Université, savant, archéologue et
historien fut nommé surveillant du Trésor.
Grâce
à
l’appui
du
Ministre
plénipotentiaire
de
la
République
Française au Caucase, Abel Chevalley,
trente-neuf caisses énormes, avec une
grande partie du patrimoine géorgien, ainsi
que des caisses contenant des biens du
gouvernement
social-démocrate
(ou
menchevique), furent embarquées sur le
croiseur français Ernest Renan partant du
port de Batoumi. Passant par Istanbul, le
Trésor est arrivé à Marseille et a été
déposé à la Banque Nationale.
Une année plus tard, en 1922, le gouvernement en exil acquiert le château de
Leuville, grand bâtiment de deux étages, dans la commune de Leuville-SurOrge, située à 26 km de Paris. Cette propriété servit de lieu de résidence au
gouvernement géorgien en exil et devint le centre d’une petite colonie
géorgienne.
Les années d’exil furent bien difficiles, mais jamais le Trésor gardé avec
l’abnégation extraordinaire de Takaïshvili ne fut dilapidé, bien que les musées
de différents pays étrangers, comme le musée de New-York et le British
Museum, eurent l’intention d’acheter une partie des trésors géorgiens.
Takaïshvili ne permettait même pas de photographier les objets précieux et luimême, malgré sa grande intention de continuer ses travaux scientifiques, ne les
touchait jamais, ayant peur de les perdre.
Cependant, le gouvernement géorgien soviétique en 1922 publia un décret
concernant la restitution à la Géorgie des objets de valeur d’origine géorgienne,
emportés à l’étranger par le tsarisme russe. De nombreuses œuvres géorgiennes
ont été ainsi rapatriées des musées de Russie.
En même temps, les années passèrent et le délai de légation du gouvernement
en exil expira et, de plus, il se vit déposséder des droits d’accès aux coffres où
était stocké le Trésor, à cause du manque d’argent pour payer leur location.