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L'incroyable histoire du pti Léon

Par Splash, pour La Gazette du Sorcier
www.gazette-du-sorcier.com

1

I

l était une fois, au numéro 24 de la rue de la Mine un petit
garçon très turbulent. Ce petit garçon était connu par tous les
habitants de la ville. Tous ses camarades de classe l’appelaient
la petite Tornade, mais pour ses parents, il était leur pti Léon.
Il était connu pour son énergie permanente, rien ne l'arrêtait. De
l'avis de certains habitants, il accomplissait des actes que tout
autre petit garçon de huit ans serait incapable d'envisager. Il
grimpait à n'importe quel arbre, gravissait n'importe quel muraille
et sautait du plus haut toit sans se faire la moindre égratignure.
Léon était d'autant plus remarqué qu'il passait la majorité de son
temps libre à arpenter les rues de la ville et ne retournait au 24, rue
de la Mine qu'à l'heure du souper.
Dès qu'il poussait la lourde porte de la demeure familiale, sa mère
posait la marmite de soupe sur la table et le petit blondinet
s'emparait de sa cuillère en bois pour se remettre de toutes ses
émotions de la journée. Léon dînait la plupart du temps seul, et ce
soir d'hiver ne fit pas exception. Attablé devant le feu qui crépitait
dans la cheminée, Léon regardait sa mère qui fixait la rue à travers
la fenêtre.
La jeune femme était très belle aux yeux de son fils, ses longs
cheveux châtains étaient regroupés dans un épais chignon qui
aurait pu lui donner un air sévère si seulement elle n'avait pas eu
d'aussi beaux yeux. Ils étaient d'un bleu si intense qu'il rassurait
Léon le soir, avant de dormir.
À travers les fins carreaux de la fenêtre, elle regardait en direction
de la mine, juste au bout de la rue. Elle attendait que son mari
revienne. Elle l'aimait plus que tout, lui qui avait tout sacrifié pour
que leur petite famille ne manque de rien. Il s'étaient rencontrés
neuf ans plu tôt, dans une grande ville de la région.

2

Un soir, un jeune voyageur flânait dans une allée commerçante et
décida d'entrer dans un bar qui lui semblait fort sympathique et qui
lui permettrai peu être de faire connaissance avec quelques
personnes. Ce voyageur parcourait le pays dans tous les sens car il
ne supportait pas de rester enfermé au même endroit pendant plus
d'une semaine. Jamais il n'aurait pu deviner qu'il rencontrerait, en
poussant la porte de cet établissement, la personne avec qui il
resterait toute sa vie.
Il lui offrit un verre, l’invitât à danser encore et encore. Au fil des
jours, ils se retrouvaient à la même table et passaient leurs soirées
ensemble.
Il s’appelait Ernest, elle Bertille et quinze jours plus tard ils se
mariaient dans le plus grand des secrets. La famille de Bertille ne
devait surtout pas savoir qu'elle se mariait avec cet étranger et
Ernest avait coupé les ponts avec sa famille peut de temps avant
son départ en voyage. Une fois mariés, Ernest compris qu'il
devrait bientôt prendre un travail pour faire vivre sa famille et ils
s'installèrent au 24, rue de la Mine une semaine avant qu'Ernest
parte en expédition dans les puits à charbon, au bout de sa rue. Il
avait dit adieu à sa liberté et à ses envies de grands espaces par
amour et c'est pour cette raison que Bertille allait devoir lui avouer
un lourd secret.
Le premier jour de travail d'Ernest venait de s'achever et il rentrait
dans la maison couvert de poussière noire. Après un rapide
débarbouillage, Bertille servit deux bols de soupe et se décida à
tout raconter à son mari. Elle lui avoua toute la vérité sur sa
famille : ses parents et ses frères étaient ce qu'on appelle des
Sorciers. Ernest avait recraché sa soupe dans son assiette et écouta
l'histoire de sa femme en laissant refroidir son potage. À la fin de
sa soirée il connaissait tout des baguettes magiques, des sorts, des
créatures magique mais surtout des Cracmols. Si Bertille n'avait
plus de liens avec sa famille, c'est en effet parce qu'elle avait fuit
3

ses parents quand ils se sont aperçus que leur jolie fille timide était
en réalité dépourvue de tout pouvoir magique.
La jeune femme craignait la réaction de son mari à cette annonce
mais il était en fait fasciné par ce monde inconnu qui s'ouvrait à
lui et que lui, le voyageur, n'avait jamais soupçonné. Il accepta
sans encombres les révélations de sa femme qui, de toutes les
façons, n'allait pas influencer sa vie outre mesure étant donné que
Bertille était dépourvue de pouvoirs magiques.
C'est quelques mois plus tard, quand sa femme lui annonça qu'ils
allaient être parents qu'Ernest commença à se poser des questions
sur le futur de son enfant. Serait-il magique lui aussi ?
Les premières années du pti Léon furent remplies de joie et de
l'amour de ses deux parents. C'est vers ses six ans que
commencèrent à se manifester quelques signes extraordinaires à
proximité de l'enfant. Plus aucun doute n'était permit, leur fils était
lui aussi un sorcier comme toute la famille de sa mère.
Personne dans la ville ne savait d'où lui venait toute cette énergie.
Seul ses parents savaient que le pti Léon était un sorcier et qu'il
accomplirait bientôt de grandes choses avec ses pouvoirs.
Léon avait presque finit son bol de soupe lorsque sa mère détourna
son regard de la fenêtre et la lourde porte en bois s'ouvrit pour
laisser passer Ernest, qui rentrait de son travail. Enfin, il ne rentrait
pas vraiment directement de la mine, depuis quelques mois il avait
pris l'habitude de retrouver ses collègues après leur remontée du
puits pour parler de leur journée.
Depuis ce moment là, le comportement d'Ernest avait
radicalement changé avec sa famille. Tout le monde lui parlait de
son fils, bien trop actif, presque gênant dans la ville. Et lui ne
pouvait qu’acquiescer et garder au plus profond de lui son lourd
4

secret. Personne ne devait connaître l'existence d'un monde
magique et tout le monde le prendrait pour un fou si il en parlait.
Cette situation pesait à Ernest. Jamais il ne pourrait parler de son
fils comme les autres pères, jamais il ne pourrait être fier
publiquement de son sorcier de fils ! Ce regret se transformait
petit à petit en colère, et le plus souvent, c'était le pti Léon qui en
faisait les frais.
Ce soir là, Ernest était rentré à la maison plus tard que d'habitude,
il avait l'air d'avoir passé une très mauvaise journée. Le pti Léon,
remuant mais toujours très gentil, demanda à son père ce qui le
rendait aussi triste, il n'aimait pas le voir déprimé et fatigué par
son travail. Ernest commença à parler et très vite, Léon et sa mère
comprirent que ce n'était pas la Compagnie des Mines qui lui
posait problème, mais bien son propre fils, qu'il aimait mais ne
pouvait pas supporter. Cette magie qui s'échappait de l'enfant, son
enfant anormal, différent de tous les autres petits garçons et petites
filles.
Dans la nuit qui suivit, Bertille réveilla son fils, l'habilla et le fit
sortir en essayant de retenir le grincement de la porte. Elle avait
l'air triste, mais elle devait protéger son fils de l'énervement
d'Ernest. C'est par amour pour lui qu'elle le faisait fuir cette nuit
là. Elle lui confia un grand sac de voyage et lui dit de partir le plus
loin possible vers le Nord et de ne jamais revenir ici, pour sa
sécurité et pour protéger le secret qui entourai la communauté
magique. Bertille regarda une dernière fois son fils, lui dit de faire
honneur à la magie qui vivait à travers lui et toutes les autres
recommandations que fait une mère avant de laisser son enfant
partir chez des amis. Elle lui enfonça son bonnet rouge jusqu'en
dessous des oreilles et referma la porte lorsqu'il avançait dans la
rue, avant d'avoir des regrets.

5

Au matin, avant de partir pour la mine, Ernest remarqua que la
maison était bien trop calme et il comprit ce qui s'était passé
pendant son sommeil. Les jours qui suivirent furent les plus
pénibles pour Bertille mais elle savait que son fils était maintenant
hors de portée et en sécurité.
Léon marchait depuis des jours maintenant, un peu au hasard mais
toujours vers le Nord. Ces jours de marche se transformèrent
bientôt en mois, plus il avançait, plus le froid se faisait sentir. Il
avait quitté sa famille à l'automne, et le temps passant c'était
maintenant une épaisse couche de neige qui le ralentissait. Il ne
savait pas où il allait, mais il était sûr d'une chose, quand il serait
au bon endroit, il le sentirai. Au fur et à mesure de son avancé
dans la neige, il sentait une chaleur monter en lui, comme une
petite boule d'énergie cachée juste à côté de son cœur le guidait
dans sa route vers le Nord.
Peu à peu, la fatigue le gagnait et il s’effondra dans la neige en
pleine nuit, sur le bord du chemin. Il ne distinguait pas vraiment ce
qui se passait mais il sentait qu'on le transportait pendant des
heures.

6

Lorsqu'il se réveilla, il était dans un bon lit chaud, étonnement
confortable, au milieu d'une grande chambre aux tentures rouges.
Dans la cheminée en face du lit, le gros feux crépitait pendant un
bon quart d'heure avant sue Léon ne se décide à partir explorer cet
endroit qui l'accueillait, non sans craindre d'être tombé dans un
endroit peu recommandable.
Au bout de son lit, il trouva une grosse paire de pantoufles, aussi
rouges que la pièce et une épaisse robe de chambre. Un lieu aussi
accueillant ne pouvait pas vraiment être dangereux et Léon poussa
la porte qui séparait sa chambre du couloir. Premier signe qui
rassura le garçon, le couloir aussi était chaleureux. C'est peut être
bizarre de dire ça d'un couloir, mais il avait l'air confortable.
Léon arrivait presque à un croisement lorsqu'il entendit des pas
venir dans sa direction. Il avait été tellement pressé de découvrir le
lieu qu'il en était arrivé à oublier que des gens pouvaient l'habiter.
Il ne savait pas comment réagir. Un part de lui voulait partir se
réfugier en courant dans la chambre, l'autre part voulait continuer
de marcher pour rencontrer l'habitant, si bien qu'il resta tétanisé
sur place en plein milieu du couloir.
Les pas se rapprochaient de plus en plus, Léon ne bougeait pas
d'un pouce et l'homme qui arrivait apparu enfin à l'intersection.
Enfin, Léon s'attendait à voir un homme, mais il vit qu'en réalité,
la personne faisait à peu près sa taille mais avait l'air bien plus
vieux. La petite personne eu un temps d’arrêt en voyant le petit
garçon face à lui mais il réagit bien vite et lui sauta dans les bras.
Léon fut un peu pris au dépourvu et compris à peine ce que lui
disait le nain. Il entendis parler de « pôle Nord », de « froid
extrême », de « congélation » et de « décongélation », de « lutin »,
de « très grande joie » et de présentation aux « autres ».

7

Tout cela paraissait très étrange à Léon qui eu de mal à se remettre
de tant de confusion. Le petit lutin traînait Léon à travers de long
couloirs à une allure tellement folle qu'il avait du mal à tenir le
rythme. Ils débouchèrent en trombe dans ce qui devait être une
cantine, pleine à craquer de petits lutins. Vu le contenu des bols et
des assiettes, Léon déduit qu'on devait être en début de matinée,
juste avant de se retrouver enseveli sous des dizaines de lutins
heureux de le voir en vie.
A la limite de l'étouffement, le garçon se releva, salua tout le
monde et s'effondra dans le fauteuil qu'on lui tendait. Un lutin, un
peu plus vieux que les autres et un peu mieux habillé vint s’asseoir
à côté de Léon. Ça devait être le chef de la communauté des lutins
puisqu'il commença à lui raconter toute l'histoire de son peuple.
Ce groupe de lutins avait décidé depuis des années de se mettre au
service du bonheur des humains, autant sorciers que moldus. La
mission qu'ils s'étaient confiés était compliquée à remplir pour
eux, ils devaient rester très discrets pour ne pas attirer l'attention
sur leur communauté et sur tout le monde magique. C'est pour
cette raison qu'ils étaient, depuis des générations, à la recherche
d'un intermédiaire avec le monde des humains. Léon eu un peu de
mal à comprendre en quoi cela le concernait mais tout devint clair
rapidement. Il était l'intermédiaire parfait pour les lutins. Un
sorcier qui avait grandi, caché, parmi les moldus. Il connaissait les
deux communautés et il était maintenant coincé chez les lutins
jusqu'à ce que toute cette neige fonde.
Elle ne fondit jamais.
Léon passa des années avec les lutins qui l'avaient vu grandir et il
découvrit peu à peu tous les secrets magiques et technologiques
qu'ils avaient mis au point pour connaître les désirs des gens qu'il
voulait tant rendre heureux.

8

Un beau jour, il rencontra un très sympathique petit lutin qui avait
en quelques sortes un petit problème de communication, il parlait
à l'envers. Il n'inversait pas seulement les mots, il renversait
totalement l'ordre des lettres et les prononçait aussi naturellement
que le pti Léon parlait à l'endroit.
Mis à part ce petit problème d'expression, Nitul (comme
l’appelaient ses amis) était un lutin très brillant, peut être le plus
efficace de toute la communauté des lutins. Il avait inventé un
miroir merveilleux qui permettait à la personne qui se regardait de
connaître ce qui le rendrait le plus heureux du monde. Mais ce
miroir n'était pas vraiment utile aux lutins qui ne pouvaient pas
réaliser la majorité de ces désirs. Le Conseil des lutins décida
même que le miroir devait disparaître de crainte que les lutins ne
se découragent de leur mission si ils se rendaient compte que leurs
cadeaux de bonheur ne suffiraient jamais.
Les années passèrent, le pti Léon grandissait très vite, peut être à
cause de la magie des lutins. Toujours est il que l'année où il
devint adulte, il commença à se préparer pour sa mission
d'intermédiaire du bonheur. Il devait être prêt pour le solstice
d'hiver car c'était le jour du bonheur pour les lutins.
Quand le moment fut venu, Léon, qui n'était plus si pti,
transplanna discrètement dans le village le plus proche et distribua
les cadeaux que les lutins avaient préparé pour les villageois. La
distribution fut rapide et au petit matin, alors que Léon
s'endormait, découvrirent leurs cadeaux et furent heureux, comme
les lutins l'avaient prévu. Mais le lendemain matin, un sujet faisait
le tour de toutes les discussions des lutins. Ils avaient rendu un
village heureux, mais si la nouvelle se répandait les autres villes
seraient jalouses et tristes. Une grande décision fut prise ce soir
là : il allait falloir travailler plus dur que jamais, tous les jours pour
permettre à Léon l'intermédiaire de distribuer du bonheur au
monde entier.
9

Les lutins se mirent au travail aussitôt pour pouvoir rendre
heureux des milliers de personne et permettre à Léon d'assurer sa
tournée. D'année en année, le système de distribution de bonheur
par Léon était devenu très efficace.
Nitul, qui était devenu le patriarche de la communauté des lutins
avait pour habitude de dire qu'aucun humain ne serait plus jamais
triste grâce à eux, mais Léon, lui, était un peu moins optimiste.
Une chose était sûre, la soirée de la tournée était le rayon de soleil
de nombreuses personnes sur Terre et c'était déjà beaucoup ! Léon
était maintenant un vieil homme, il avait passé toute sa vie à
penser au bonheur de l'humanité et il allait soudain connaître une
grand tristesse.
Nitul était un ami très proche pour Léon, ils avaient passé de
nombreuses années de leurs vies ensemble, au moins les
meilleures, si bien qu'il était maintenant capable de parler à
l'envers pour comprendre Nitul. Une nuit de tournée, alors que
Léon était en voyage autours de la Terre, le patriarche Nitul appela
sont ami du fond de son lit de malade : « Noël ! Noël ! »
A son retour à l'aube, Léon su qu'il était arrivé quelque chose de
grave à son ami. Il se précipita vers sa chambre et trouva toute une
équipe de Lutinfirmiers qui s'écartèrent du lit au moment où il
franchit le pas de la porte. C'est en larmes que le vieux Léon
s'approcha du corps inanimé de son ami. Il lui jura qu'il
continuerai à distribuer du bonheur tous les ans en souvenir de
leur amitié.
Pour ne jamais oublier son ami, Léon décida d'inverser son nom.
Le pti Léon était devenu le vieux Noël, ou Papa comme
l'appelaient les plus jeunes lutins.
Tous les ans à la même date et depuis des années, le Père Noël
distribue du bonheur aux Hommes, sorciers et moldus.

10

Alors quoi qu'il arrive, si vous recevez la visite de Léon pendant
sa tournée, rappelez vous de son histoire, de comment il a su
quitter ceux qu'il aimait, Bertille et Ernest, pour rendre les gens un
peu plus heureux. Et dites vous que comme lui, vous pouvez
toujours faire une petite chose qui rendra votre voisin ou un
inconnu un peu plus heureux.

Joyeuses Fêtes de fin d'année à tous et n'oubliez pas que quelque
part, il y a forcément un pti Léon qui pense à votre bonheur.

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