Guide des pratiques partagés V FINALE.pdf


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1 PREAMBULE
1.1 Mot de la Présidente .........................................................................................
« Aptes à se loger, mais pas prêts à habiter... »
Jean Furtos

Préambule

(Extrait de l'introduction à la Rencontre nationale d'Agapsy « Logement et handicap psychique : réalités et
perspectives » 5 avril 2012 à Nancy)
Pourquoi ne trouvent-ils pas de logement ? Pourquoi sont-ils si mal logés, dans des murs suintant
d'humidité, des chambres pleines de cafards, des appartements pourris dans des immeubles pourris,
relégués dans les périphéries des villes ou pire encore dans des chambres d'hôtel miteuses, dans le 93 ou
ailleurs ?
Pourquoi tous ces patients (ils sont entre 13 000 et 15 000) qui vivent à l'Hôpital psychiatrique comme si
c'était un lieu de vie, parce qu'on ne trouve pas de place pour eux dans le social ou le médico-social …
Pourquoi tous ces psychotiques devenus SDF ? Si l'on dénombre actuellement trois nouveaux SDF chaque
jour en France, il y a très probablement l'un d'entre eux qui souffre de troubles psychiques...
Un nouveau « sans abri » psychotique de plus chaque jour dans nos ruelles et nos squares, est-ce
tolérable ? Pourquoi cette misère-là ne fait-elle pas scandale ?
Comment se fait-il qu'on ait fermé des dizaines de milliers de lits dans les Hôpitaux psychiatriques sans
prévoir d'alternatives ?
Cette population souffre réellement d'une double peine. Elle vit très souvent dans les franges de la
précarité et n'a pas le choix d'un logement adapté, surtout avec la crise du logement social qui accuse
trente ans de retard, selon un spécialiste de ces questions, le député Etienne Pinte.
Et elle se trouve, de plus, excessivement vulnérable et fragilisée par des troubles de santé mentale qui
font qu'elle a du mal à simplement « habiter » un logement. Comme l'a joliment dit un bailleur social, « on
ne fait pas entrer une personne handicapées psychiques dans un logement avec un chausse-pied ! ».
Pourquoi toutes ces ruptures récurrentes que l'on observe sur tous les territoires, ruptures dévastatrices
qui font basculer ces personnes dans la rue, dans les logements d'urgence, en prison (le milieu carcéral
sera-t-il l'asile de demain ? comme le craint Serge Moati) ou dans l'errance.
Oui, l'errance pour beaucoup : de la famille à une chambre meublée, d'un foyer à un squat, de l'hôpital à
l'hôtel...
Ce sont des populations errantes, silencieuses, invisibles, sans voix...
Oh ! Elles ne font pas de bruit ou rarement. Nous les croisons chaque jour, sans le savoir...

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