APRICA No2 .pdf



Nom original: APRICA No2.pdfTitre: Numero002 .pdfAuteur: FakeVirus

Ce document au format PDF 1.3 a été généré par PrimoPDF http://www.primopdf.com / Nitro PDF PrimoPDF, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 09/02/2013 à 23:18, depuis l'adresse IP 196.47.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 1031 fois.
Taille du document: 647 Ko (14 pages).
Confidentialité: fichier public


Aperçu du document


Aprica Info

Votre magazine bimensuel

Quelles institutions pour la paix
et la démocratie en Afrique
PROCESSUS DÉMOCRATIQUE ET DEVELOPPEMENT

Mercredi 30 Janvier 2013

N0 002

Pour une Afrique nouvelle

P2

L’ECHEC DES THEORIES DE
DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE

Pourquoi les modèles
économiques de
l’occident ne
réussissent-ils pas
sur le continent ?

P6

SCANDALE DU MARIAGE HOMOSEXUEL DANS LE MONDE

L’Afrique doit
s’en préserver C

EDITO
MALI :

DES IMAGES CONTROVERSEES

P 10

AFFAIRE GBAGBO
CPI

De la nécessité d’une P 4
expertise contradictoire

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2012

omme elles sont à la fois émouvantes
et pathétiques ces images du Mali qui
nous parviennent en boucle sur les
chaines de télévisions Françaises et internationales ! Des populations de Gao et Tombouctou en joie, presqu’en transe, libérées
des coupeurs de mains et de bras d’Ansar
Dine , brandissant, larmes aux yeux, le drapeau Bleu Blanc Rouge français, prêté pour
l’heureuse circonstance d’une exhibition .
Des femmes Maliennes déchirant les voiles
imposés depuis plusieurs A suivre page 2

www.apricainfo.com

Aprica Info

POLITIQUE

PROCESSUS DEMOCRATIQUE ET DEVELOPPEMENT

Quelles institutions pour la paix
et la démocratie en Afrique

“L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, elle a besoin
d’institutions fortes”selon, Barack Obama. Quelles réalités
pour le continent?

Suite de l’Edito

mois par ces fanatiques et barbares islamistes. Comment, malgré tout, notre sensibilité et notre fierté d’Africain ne peuvent
elles pas, quelque peu ,souffrir de voir des
soldats maliens ,kalachnikov en bandoulière, tétanisés par la peur et cachés derrière les soldats Français puissamment
armés , avançant de manière victorieuse de
hameau en hameau sans aucune résistance :
l’aviation de la quatrième armée la plus
puissante du monde ayant déjà fait le travail
préliminaire de bombardement des sites
stratégiques ennemis .

A la même période on observe des chefs
d’Etat Africains réunis à Adis- Abeba au
sommet de l’UA saluant, à tout rompre,
l’intervention française au Mali. Et pourtant , sur les 6 000 soldats promis par la
Communauté économique des Etats de
l’Afrique de l’Ouest en soutien à l’armée
Malienne, seulement 100 ont pu être mobilisés .Les autres attendant sans doute un
financement international avant de bouger.
certainement après la fin de la guerre, quand
les français se seront retirés du champ de
bataille.

La reconduction des systèmes politiques de la
puissance coloniale ont accompagné la
proclamation des indépendances de nos Etats
africains. Que nous soyons dans des Etats
anglophones, francophones ou lusophones, les
pays reposent sur trois piliers essentiels : le
pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir
judicaire. Ces trois pouvoirs indépendants dans
les démocraties du nord, ne reçoivent pas toujours
les mêmes traitements sous les tropiques. Le fait
est que certains Etats Africains ont fait le pari de
pervertir l’équilibre des différentes institutions.
Par pervertir, comprenons le rapport peu
orthodoxe que les gouvernants et les gouvernés
ont avec ces institutions. Ces rapports ont, à bien
des égards, réussi à affaiblir ces institutions
faisant ainsi basculer les Etats concernés, dans un
système dictatorial. Pour autant, certains tirent
leurs épingles du jeu en tentant de faire du respect
de leurs institutions, un principe intangible. En
Afrique de l’Ouest, deux jeunes Etats, portent sur
les institutions de leurs pays respectifs, un regard
diamétralement opposé. Ce sont la Côte d’Ivoire
et le Ghana. Il convient de présenter ces deux
exemples, de les confronter à la pratique avant de
relever les conséquences du non respect des
institutions.
Présentation des cas
Le Ghana
Le Ghana a un régime de type présidentiel. Le
président de la république est élu au suffrage
universel direct. Son élection ainsi que celle des
autres élus du peuple, est organisée par une
autorité administrative : The Electoral
Commission of Ghana (Commission électorale du
Ghana). Cette commssion a en charge la gestion
totale du processus électorale. Elle procède entre
autre à : la révision des listes électorales (article
45.a), à la délimitation des circonscriptions
électorales (art 45.b), à la direction et à la
supervision des élections générales et du

référendum (art 45.c). A ces dispositions s’ajoute
le caractère indépendant affirmé par la
constitution. Celle-ci dispose en son article 46 que
la commission électorale n’est soumise à la
direction et à la soumission d’aucune personne ou
autorité. A la fin du processus électorale, elle est
a seule habilitée à proclamer les résultats des
élections. Cela se fait depuis le bureau de vote
jusqu’au résultat définitivement consolidé. C’est
ce que prévoit l’article 49 alinéas 1 et 2. Pour ce
qui concerne le contentieux électoral, il est porté
devant la cour suprême, seul organe compétent
pour vider tout contentieux né des élections.
La Côte d’Ivoire
Tout comme le Ghana, la Côte d’Ivoire à un régime de type présidentiel. Le président de la République, les députés, les élus locaux sont élus au
suffrage universel direct. Il existe une commission
électorale indépendante chargée de l’organisation
des élections. Contrairement à l’exemple ghanéen, elle n’a pas un statut constitutionnel. Au
Ghana, la commission électorale est prévue, organisée par la Constitution. En Côte d’Ivoire, elle
découle de la délimitation de la compétence du
pouvoir législatif, détenteur du pouvoir législatif.
Il existe une loi électorale distincte de la constitution qui attribue à cet organe administratif, le
pouvoir de ne proclamer que les résultats provisoires des élections présidentielles. En effet, au
terme de l’article 59 nouveau du code électoral,
le Président de la Commission électorale « procède au procède aux opérations de collecte et à
la proclamation provisoire de résultats en présence des représentants des candidats. Le Président de la Commission Electorale Indépendante
communique au Conseil Constitutionnel, au Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire et au Représentant
Spécial du Facilitateur un exemplaire des procès-verbaux, accompagnés des pièces justificatives dans les trois (3) jours, qui suivent le

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

A suivre page 3

2

Voilà donc le tableau. Comme il est triste ,
vexant et déprimant de voir que plus de cinquante années après nos indépendances
l’Afrique, notre continent en soit encore à
ce stade ! On se souvient , lors de la crise
ivoirienne que des avions Nigérians , Angolais et même un bateau Sud africain
avaient été annoncés pour aider Laurent
Gbagbo à résister aux rebelles puissamment
armés par la France et ayant le Burkina Faso
comme pays de replis. Jamais, par manque
de courage politique ou par peur de représailles certainement, aucune de ces initiatives n’a connu de début d’exécution. La
suite est
connue. Laurent Gbagbo,
l’agressé, est à La Haye, accusé de tous les
péchés d’Israël, ses partisans en prison ou
traqués à travers le monde .Les agresseurs
et leurs soutiens se partageant la Côte
d’Ivoire en toute impunité

Les images du Mali, après nous avoir réjouis de voir un pays souverain sur la voie
de sa libération de ses envahisseurs d’une
autre engeance, doivent faire réfléchir les
Etats africains sur l’importance et la nécessité de la lutte pour la défense et la restauration de leur souveraineté. Les Etats
Africains doivent nécessairement se donner
les moyens d’assurer leur propre sécurité
individuellement ou collectivement .S’ils ne
le font pas, ils se condamnent à projeter
quotidiennement des images controversées :une controverse de joie et de honte,
de liberté et de soumission, d’indépendance
et de recolonisation. Toute ces images
controversées continueront de hanter tous
les africains tant qu’ils n’auront pas compris
l’impérieux devoir de s’affranchir durablement de cette servile dépendance de leurs
puissants et éternels « protecteurs » .C‘est
un état d’esprit de dignité à cultiver pour
l’émancipation de tout un continent.
Yves Komenan

www.apricainfo.com

Aprica Info

POLITIQUE
Suite de la page 2

scrutin. » Il revient donc au Conseil Constitutionnel de proclamer les résultats définitifs des élections et de vider les contentieux pour lesquels il
pourrait être saisis (article 94). La décision (arrêt)
une fois rendue, est insusceptible d’aucun recours
(article 98).
En dehors des institutions chargées de l’organisation des élections, notons que ces deux états se retrouvent au niveau de la séparation des pouvoirs.
Il s’agit du pouvoir l’exécutif, du pouvoir judicaire et du pouvoir parlementaire. Elles sont en
effet, présentées comme des institutions strictement séparées où l’exécutif se garde d’intervenir
dans les prérogatives des deux autres pouvoirs. Il
convient donc de voir dans la pratique si les décisions des institutions chargées des élections sont
aussi bien respectées que l’équilibre des pouvoirs.
II- La pratique
Le respect des institutions varient d’un Etat à
l’autre. Si au Ghana, les décisions des institutions
chargées d’organiser les élections ont été
strictement respectées, la pratique ivoirienne nous
offre un autre tableau.
Les élections présidentielles ghanéennes de 2012
1er cas : lors élections présidentielles du 7
Décembre 2012, le Nouveau Parti Patriotique
(Npp) de Nana Akoufo Addo avait déclaré la
victoire de son candidat, rejetant par là, les
résultats de la commission chargée des élections
lesquels déclaraient le candidat John Dramani,
victorieux. Après quelques remous, le NPP saisit
la Cour Suprême aux fins que celle-ci invalide la
victoire de John Dramani pour fraude. Bien que
n’étant pas satisfait des résultats, le Npp n’a ni
appelé ses militants à un acte de défiance ou
d’incivisme, ni organisé des groupes armés pour
saboter l’investiture du Président John Dramani.
Il a plutôt appelé au calme. Le respect l’institution
s’est manifesté par la saisine de la cour suprême.
Mais au delà, le fait d’avoir appelé ses partisans
au calme, est acte de civisme qui traduit la bonne
éducation politique du candidat malheureux.
Ayant adopté la voie légale, Nana Akoufo Addo
indiquait ainsi à ses partisans, l’itinéraire à suivre
en cas de désaccord sur les résultats d’une
élection.
2eme cas : Il est relatif à la demande d’extradition
du porte parole du Président Laurent Gbagbo.
Notons que cette demande formulée par les
autorités ivoiriennes a été précédée par deux
tentatives d’enlèvement, véritables actes de
gangstérisme d’Etat. En effet, les autorités
ivoiriennes dans leur volonté de « saisir » par tous
les moyens Koné Katinan, ont tenté par deux fois
de passer outre les règles organisant l’extradition.
Et ce, en dépit du statut de réfugié de ce dernier.
Ce fut l’occasion pour le Ghana de prouver qu’il
accordait du crédit à ses institutions. La justice fut
saisie et depuis, l’affaire Katinan se trouve entre
les mains de la justice laquelle travaille sans
interférences de l’exécutif. En dehors de ces cas,
il n’est jamais venu à l’idée des présidents
démocratiquement élus, de dissoudre la
représentation nationale ou encore de violer la
constitution aux fins de satisfaire des alliés
politiques. Il est donc clair, au regard des
pratiques des deux pays, que la Côte d’Ivoire est
un très mauvais exemple en matière de respect
d’institutions.

Les élections présidentielles ivoiriennes de 2010
La crise post-électorale née au soir du second tour
des élections présidentielles en Côte d’Ivoire est
la résultante du non respect des institutions. En
effet, alors que la Commission Electorale
Indépendante (CEI), n’avait pas proclamé les
résultats provisoires des élections, le président de
ladite institution, a tout seul, au siège du quartier
Général du candidat Ouattara, donné les résultats
qu’il dit être ceux de la CEI. Saisi par le candidat
Gbagbo aux fins d’invalidation de certains
résultats du nord (pour fraudes massives) Le
Conseil Constitutionnel a analysé la requête et à
fait droit au candidat Gbagbo. Le candidat
Laurent Gbagbo fut déclaré Président de la
République par le Conseil Constitutionnel, seul
organe habilité à proclamer les résultats définitifs
des élections présidentielles. Alors que ses
décisions sont insusceptibles de tout recours (art
98), le camp Ouattara a tout simplement rejeté ces
résultats. Il s’est ainsi éloigné de la voie légale
pour se cantonner dans un acte de belligérance
avec le soutien de la France, les Usa, l’Onu etc.
Au lieu de constater sa défaite et appeler ses
partisans au calme et au respect des institutions,
il a plutôt monté une armée internationale
(rebelles ivoiriens, éléments de l’Onuci,
mercenaires burkinabés) pour déstabiliser la Côte
d’Ivoire. Le choix fait par Ouattara a fragilisé les
institutions ivoiriennes. C’est pourquoi, une fois
installée par la coalition Onuci-Forces Licornes,
il n’a pas manqué de continuer à affaiblir les
institutions ivoiriennes. Lorsque Ouattara
s’installe au pouvoir il s’ingénie à bafouiller les
institutions. Relevons quelques exemples non
exhaustifs : il dissout de façon tacite l’assemblée
nationale (comme dans un régime parlementaire),
il démet le Président du Conseil Constitutionnel
nommé pour un mandat de 6 ans (violation de
l’article 90 de la constitution), il abroge par
décret, la loi créant les départements
(méconnaissance du parallélisme des formes et de
la hiérarchie des normes juridiques), il dissout son
2eme gouvernement parce que des députés ont
exercé leur droit d’amendement. Le parlement est
invité par cette dissolution à devenir servile et
soumise. Avec la justice, il a une relation quasi
patrimoniale. Tous les procès contre les proGbagbo sont d’office remportés par le pouvoir
représenté par le procureur de la république. On
note par exemple, le procès surréaliste du
Secrétaire Général par Intérim du Front Populaire
Ivoirien (FPI), M. Akoun Laurent, l’inculpation
de certaines autorités ivoiriennes de fait de
génocide. Cas du premier Aké N’Gbo. Jusqu’à
preuves du contraire nous n’avons pas encore
reçus d’exemples en provenance du Ghana faisant

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

3

état de violation du principe d’équilibre des
pouvoirs, ou encore de la promotion d’une justice
totalement aux ordres. Le mauvais exemple offert
par la Côte d’ivoire n’est pas sans conséquences
sur la vie de ce pays.
III. Les conséquences
Le respect des institutions exige avant tout, le
respect des règles que nous nous sommes
données. Ce sont les règles qui nous réconcilient
autour d’une question. Cela vaut aussi bien pour
l’opposition que pour le pouvoir. Il se trouve que
dans l’un des cas suscités, en l’occurrence celui
de la Côte d’Ivoire, le non respect des règles
semble être un paradigme de gouvernance. L’une
des conséquences de ces égarements est
l’instabilité. Premièrement une instabilité
institutionnelle. Elle nait le plus souvent de la
violation des principes de séparation des pouvoirs.
Deuxièmement une instabilité socio-économique
due aux crises armées à répétition. En outre, de
l’idéal démocratique, l’on passe aisément à un
système dictatorial. Et cela se constate bien dans
le cas ivoirien. Si aujourd’hui, la Côte d’Ivoire
affiche fière allure auprès des pays dictatoriaux
du monde c’est bien parce que les gouvernants
piétinent les institutions. Ces conséquences, à
elles seules, sont suffisantes pour freiner l’essor
de nos pays. Heureusement que le Ghana, pays
voisin de la Côte d’Ivoire et présenté à raison
comme un modèle démocratique, fait la fierté des
africains.
Que retenir en définitive ? La paix, la
démocratie sont tributaires des rapports que les
gouvernants et les citoyens ont avec leurs
institutions. Soit celles-ci sont bafouillées et on
assiste à leur effritement donc à la mise en place
des conditions de la déstabilisation, soit elles sont
renforcées par leur respect et on se positionne
pour gagner le pari du développement. Le devoir
de tout citoyen est, avant tout, de se plier aux
règles ce qui l’oblige, en cas de conflit, à s’en
remettre aux voies légales pour tout règlement.
Les institutions qui peuvent prémunir l’Afrique
des tourments sont les institutions fortes, c’est-àdire, celles qui en dépit de leur faiblesse, sont
respectées et renforcées au fil des ans par des
décisions politiques inclusives ou encore des
élections justes et transparentes.

Alain Bouikalo

www.apricainfo.com

Aprica Info

POLITIQUE

AFFAIRE LAURENT GBAGBO
CPI

De la nécessité d’une expertise contradictoire

De serieux doutes planent sur les enquêtes du bureau du procureur de la Cour Pénale Internationale sur la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.
Commando invisible arrivé sur place
après les tirs sont des douilles de calibre 12,7. Or les chars russes de Laurent Gbagbo sont équipés de
mitrailleuses de 14 mm ».

La Cour Pénale Internationale (CPI) a
fixé au 19 février 2013 l’audience de
confirmation des charges dans l’affaire qui oppose son procureur au
Président Laurent Gbagbo. Ayant pour
objet d’examiner le bienfondé de
toutes les charges retenues par le Procureur dans son document, cette audience paraît capitale, puisque le sort
du Président Laurent Gbagbo en
dépend, la procédure pouvant s’y arrêter.

Les avocats du leader ivoirien auront
fort à faire, dans la mesure où la
volonté de le faire condamner apparaît
très clairement dans le document de
notification des charges. Contrairement aux prescriptions du Statut de
Rome, qui imposent au procureur de
procéder à une « enquête tant à charge
qu’à décharge » (article 54), le Procureur a produit un document partisan,
uniquement à charge (V. Apricainfo,
n°1). Du reste, examinés attentivement, les crimes dont le Président
Gbagbo est accusé, sont tellement fallacieux qu’une enquête objective et
impartiale aurait pu conclure qu’il n’y
avait pas de base suffisante pour engager des poursuites. Le procureur a
quand même jugé utile de le faire.
C’est pourquoi il nous faut parcourir
attentivement les paragraphes 43 à 56
de ce document de charges dans
lesquels le Procureur Ocampo Moreno
a exposé les évènements au cours

desquels le Président Laurent Gbagbo
aurait commis les crimes dont il est
accusé, pour en appeler à une vigilance dans l’appréciation des charges.

Le premier est « la marche sur la Radiodiffusion et Télévision Ivoirienne »
du 16 décembre 2010. Il est étonnant
que le Procureur Ocampo la présente
comme étant pacifique et effectuée par
une « population civile ». A l’époque,
la télévision ivoirienne avait présenté
les images montrant les ordres donnés
par les chefs rebelles à leurs soldats, à
la veille de la marche. De plus, cette
manifestation a connu la participation
active des rebelles armés retranchés à
l’hôtel du Golf et des forces de
l’ONUCI. Enfin, les manifestants
étaient munis de gourdins, d’armes
blanches, d’armes à feux et d’armes
lourdes dont ils ont fait usage, tuant
des Forces de Défense et de Sécurité
(FDS).

Le second concerne le « massacre à
l’arme lourde des 7 femmes d’Abobo
» au cours d’une marche organisée le
3 mars 2011. En lisant les précisions
apportées par le livre-enquête de
Leslie varenne, une journaliste indépendante, l’imputabilité aux FDS
reste très peu probable : « autre élément incompréhensible, les femmes et
les chars circulent en sens inverse,
donc ils se font face. Or, les femmes
sont atteintes dans le dos par des
balles de mitrailleuse … Les douilles
ramassées par un des combattants du

N 002 du Mercredi 30 Janvier 2013
0

4

Le troisième est le « bombardement
du marché (Siaka Koné) d’Abobo » le
17 mars 2011, Sur les rares vidéos de
l’évènement, apparemment produites
par TCI, la télévision créée par Ouattara et ses réfugiés du Golf hôtel, on
voit bien des corps allongés et des
blessés. Mais tout autour, les étals du
marché sont intacts, comme si ces
« bombardements » évitaient ces constructions sommaires pour ne viser
que des êtres humains (http://scandalesdumonde.blogspot.com/2012/09/
video-bombardement-du-marchesiaka-kone.html). Quant aux blessés,
on a du mal à croire qu’ils ont été atteints par des projectiles tirés « « au
mortier » et (ou) « au char d’assaut ».
Sur eux et un mur, ce sont plutôt des
impacts de balle qu’il est donné d’observer
(
http://www.youtube.com/watch?v=oa
Xd0ZDCtJ8).

Quant au quatrième évènement, le «
massacre de Yopougon du 12 avril »,
il s’est produit au lendemain de l’arrestation du Président Gbagbo et à la
suite de l’allégeance de la haute
hiérarchie des Forces de défense et de
sécurité aux nouvelles autorités ivoiriennes dès le 11 avril 2011 et après «
un appel à l’arrêt des affrontements en
Côte d’Ivoire » lancé par le Président
Laurent Gbagbo.
Ces évènements appellent des observations.

Parce que le Statut de Rome autorise
les Etats à faire le maintien d’ordre
(article 8, paragraphe 3) et à réagir en
situation de légitime défense (article
31, paragraphe 1), le Président Laurent Gbagbo pourra facilement être
exonéré des crimes dont il est accusé
au titre de « la marche sur la RTI ».

Ocampo soutient mordicus que les
bombardements du « marché
d’abobo » auraient été opérés par les
FDS à partir d’un de leur camp situé à
proximité. Or, à cette époque, ce
camp, comme tout le quartier avait
A suivre page 5

www.apricainfo.com

POLITIQUE

Suiteété
de la
page 4par les FDS. L’imdéjà
déserté
putabilité à ces forces est donc plus
que contestable, dans la mesure où, le
quartier d’abobo où ils se seraient
déroulés, était plutôt une zone contrôlée par la rébellion au moment des
faits, comme en témoignent les démentis du gouvernement et divers témoignages de rebelles membres
du « commando invisible », commentant leurs hauts faits de guerre.

En réalité, les deux évènements de ce
mois de mars 2011 résulteraient d’un
montage grossier opéré par le camp
Ouattara. L’impression nette qui se dégage de l’analyse des faits savamment
présentés dans la presse et des démentis du gouvernement est que, en ce
mois de mars 2011 où la bataille
d’Abidjan fait rage, des protagonistes
de la crise cherchent un prétexte pour
faire intervenir des forces internationales alliées. Et cela ne va pas
tarder. Après la fameuse tuerie des
femmes le 3 mars et le bombardement
d’un marché le 17 mars, sous le prétexte de protéger les civils, le Conseil
de sécurité, par la résolution 1975
(2011) du 30 mars 2011 « condamne
fermement tous les actes de violence
perpétrés à l’encontre de civils, notamment les femmes » et autorise
l’ONUCI à recourir à « tous les
moyens nécessaires », y compris contre l’utilisation d’armes lourdes.

A la lecture de la résolution, ces deux
évènements ne pouvaient mieux survenir. La manipulation est tellement
perceptible qu’au Conseil de sécurité,
certains pays ont élevé une vive
protestation. Le représentant de l’Inde
a regretté la précipitation avec laquelle
la résolution a été prise. « Les délégations doivent disposer de plus de
temps pour examiner les projets de résolution de cette nature, ce qui permettrait aux pays fournisseurs de
contingents de donner leur point de
vue en ce qui concerne l’usage de
leurs soldats », a-t-il noté, avant d’ajouter que « Les soldats de maintien
de la paix ne devaient en aucun cas
être utilisés pour devenir l’instrument
d’un changement de régime en Côte
d’Ivoire ». Madame Maite NkoanaMashabane, la ministre des Affaires
étrangères de l’Afrique du sud, qui a
participé au vote de cette résolution
proteste : « Je ne me rappelle pas avoir
donné un mandat à quiconque pour un
bombardement aérien sur la Côte
d’Ivoire. Nous ne soutenons pas
nécessairement ce que nous n’avons
pas
voté
»
(http://www.humanite.fr/06_04_2011,

Aprica Info
L’Élysée et Ban Kimoon manipulent
les textes de l’ONU ).

Dans le cas de figure d’une possible
manipulation, il serait utile qu’une expertise contradictoire soit mise en
place pour établir la véracité de ces
évènements, à défaut de la mise en
place d’une commission neutre. Car
l’impartialité du procureur Ocampo
dans la situation de la Côte d’Ivoire a
été suffisamment entachée pour que
les enquêtes de son bureau soient
reçues, sans contrôle. ICI ET MAINTENANT, qu’une enquête impartiale
vienne nous dire qui a opéré ces bombardements. Qu’une expertise balistique contradictoire soit faite pour
établir l’origine des tueries. Déterrons
donc les « corps enterrés rapidement
sans autopsie et à l’insu des familles »
(Leslie Varenne, p 123 et s.) et présentons les blessés de ces bombarde-

Les avocats du leader ivoirien auront
fort à faire, dans la mesure où la
volonté de le faire condamner apparaît très clairement dans le document
de notification des charges. Contrairement aux prescriptions du Statut
de Rome, qui imposent au procureur
de procéder à une « enquête tant à
charge qu’à décharge » (article 54), le
Procureur a produit un document partisan, uniquement à charge (V. Apricainfo, n°1). Du reste, examinés
attentivement, les crimes dont le
Président Gbagbo est accusé, sont
tellement fallacieux qu’une enquête
objective et impartiale aurait pu conclure qu’il n’y avait pas de base suffisante pour engager des poursuites.

ments.

Il s’agit d’une exigence des peuples
dominés, dont les leaders sont souvent
injustement accablés de tous « les
péchés d’Israël ». Ailleurs, les observateurs les plus avisés des relations internationales notent aujourd’hui
qu’« aucune arme de destruction massive n’a été découverte en Irak après
l’invasion de 2003 dirigée par les
Américains et les Britanniques »
(http://www.histoquizcontemporain.com/forum/viewtopic.p
hp?t=2796). Mais Saddam Hussein a
déjà été « scalpé » et son pays détruit
en dépit de ses efforts titanesques pour
le sortir du moyen âge.

En Côte d’Ivoire, cette manipulation
s’inscrit dans une longue série. Le
fameux « rapport du groupe des experts de l’ONU » a été le dernier exemple en date. Il contenait de fausses

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

5

informations fournies par le pouvoir
ivoirien et introduites dans le rapport
sans que les dits experts l’aient soumis
au principe du contradictoire. Le document de notification de charges d’Ocampo nous place dans le même cas
de figure d’une manipulation. De
l’aveu de Matt Wells, chercheur à
Human Rignts Watch, ledit document
a été monté en étroite collaboration
avec le régime Ouattara. Et le bureau
du Procureur Ocampo n’a pas jugé
utile de soumettre les informations recueillies à l’analyse critique avant leur
prise en compte.
La même technique de la manipulation avait été utilisée le 18 février
1992. Alors premier ministre, Ouattara
avait fait arrêter le Président Laurent
Gbagbo, leader du FPI, qui protestait
contre l’impunité des militaires,
qu’une commission d’enquête avait
désigné comme auteurs des sévices
contre les étudiants. La marche avait
été infiltrée par des loubards du pouvoir qui ont opéré des casses afin de
trouver le prétexte d’une arrestation.
Condamné à deux ans de prison ainsi
que huit autres dirigeants politiques ou
syndicaux, le Président Laurent
Gbagbo et ses camarades seront
libérés le 1er août 1992.

Hier comme aujourd’hui, la méthode
utilisée et l’objectif sont les mêmes :
le pouvoir a cassé hier et bombarde
aujourd’hui, et « fait porter le chapeau » à Laurent Gbagbo. L’objectif
inavoué est de permettre à Ouattara de
gouverner et d’appliquer son programme antinational sans une opposition véritable. Et, en lieu et place des
juges nationaux d’hier, c’est la CPI qui
est utilisée aujourd’hui pour faire le
« sale boulot », en écartant le Président Laurent Gbagbo du jeu politique.
L’audience de confirmation des
charges nous offre donc une belle opportunité pour solder, une bonne fois
pour toutes, ce type de contentieux, en
établissant de manière impartiale les
responsabilités. Autrement, la Côte
d’Ivoire qui a mal à son unité, pourrat-elle se relever d’une erreur judiciaire
manifeste ? Notons que le pays n’a pas
encore fini de gérer les conséquences
de l’attaque internationale d’avril
2011 dont le but était de changer le
régime, un acte illégal d’agression en
droit international.
Dr Kouakou Edmond
Juriste consultant

www.apricainfo.com

Aprica Info

ECONOMIE ET DEVELOPEPEMENT

L’ECHEC DES THEORIES DE DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE

Pourquoi les modèles économiques de l’occident
ne réussissent-ils pas sur le continent ?

Le modèle de développement économique occidental à montré ses limites. Les Africains sont
appelés à chercher de nouvelles méthodes de développement qui cadrent avec leurs réalités.

dans les années 60, ce rôle n’a nullement changé. Inspiré de la théorie des
avantages comparatifs de David Ricardo, la spécialisation du continent
africain comme exportateur de matières premières vers les pays occidentaux, a plus que freiné l’Afrique dans
son élan de développement.

N

ombreux sont les observateurs
qui s’accordent à dire que le
développement est sûrement
la question économique, humaine et
sociale la plus importante de notre ère.
Quelque soit le sens que l’on donne au
mot développement, la notion est clairement comprise par tous. Actuellement, des pays accèdent à un certain
niveau de développement, parfois partiel ou qui ne concerne que certains
secteurs de leur économie, alors que
d’autres régressent et s’enlisent de
plus en plus dans une situation de précarité et de dépendance économique.

Cette inégalité relève du sous-développement, vocable qui caractérise les
pays du Tiers-monde, plus particulièrement, la majorité des pays de
l’Afrique. Ainsi, quelque soit le niveau
de sous-développement, la notion de
pays en voie de développement, plus
diplomatique, est caractérisée par un
certain nombre de critères ou d’indices
qui s’examinent en comparaison avec
la situation économique des pays
riches.

Si les pays riches de l’Occident ont
bâti leur économie à travers leurs expériences propres qui se sont avérées
être des modèles pour d’autres pays,
force est de constater que toutes les
théories du développement appliquées
en Afrique se sont soldées par un

échec cuisant. Des théories du développement par la croissance aux Programmes d’ajustement structurel
(PAS), en autres modèles économiques, le contient africain a été et
continue d’être le laboratoire d’essai
de toutes les trouvailles occidentales.
Quelles sont donc les raisons de ces
échecs qui n’en finissent pas de reléguer au dernier plan, l’Afrique, dans
le concert des nations ?

Vu l’expérience des pays développés,
s’il y a un continent qui devrait atteindre les cimes du développement, c’est
bien l’Afrique. Tant le continent regorge d’énormes potentialités économiques.

L’éternelle dépendance des pays africains

Bien malheureusement, l’économie
des pays africains, surtout ceux de
l’Afrique subsaharienne, est tributaire
des politiques ou théories économiques imposées par les occidentaux.
Cette forte dépendance tire sa source
de l’époque coloniale où les pays africains ont été confinés dans un rôle d’
« éternels fournisseurs de matières
premières ». Et, de la fin de la
deuxième guerre mondiale en 1945 à
nos jours, en passant par la cascade
d’indépendances des pays africains

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

6

Comment expliquer le dernier rang du
Niger au niveau du développement
humain, pourtant, troisième réserve
mondiale de l’uranium, exploitée depuis plus de 40 ans, par le géant français du nucléaire civil, Areva ? Un
autre exemple : la Côte d'Ivoire. Premier pays producteur de cacao au
monde, l'emprise de l'économie de
plantation a provoqué la destruction
des quatre cinquièmes des forêts en
cinquante ans. Ce pays ouest-africain,
après le « miracle ivoirien » des années 70, n’a pas échappé à la crise
économique des années 80, argument
principal qui a soumis la plupart des
pays africains au régime drastique des
institutions de Bretton Woods (FMI,
Banque Mondiale).

Ainsi, le paradigme de la « faillite »
constitue même le cadre d'analyse de
l'histoire économique et sociale de
l'Afrique contemporaine, avec un accent mis sur les impasses de ce qu'il
est convenu d'appeler le développement. Comme l'observe Pr. Catherine
Coquery-Vidrovitch, « nous sommes
dans une période de crise cumulative
» définie à la fois comme crise des
processus de développement au Sud,
mais aussi dans un monde dont les interdépendances sont multiples et devenues incontournables ; crise des
modèles de développement et des
idéologies qui sous-tendent les politiques et les structures des Etats; crise
des savoirs engendrés par l'éclatement
des champs du développement et les
décalages de la théorie face à des réalités mal analysées. Pour preuve, les
programmes d’ajustement structurel
(PAS) dictés aux pays africains dans
les années 80 suite aux chocs pétroliers, ont vite fait de démontrer leurs
limites. En effet, les PAS qui ont été
A suivre page 7

www.apricainfo.com

ECONOMIE ET DEVELOPEPEMENT
Suite de la page 6

pensés par les Institutions de Breton
Woods, n’ont pas pris en compte les
réalités sociologiques et économiques
des africains. Contrairement au Plan
d’action de Lagos (PAL), pensé par les
Africains eux-mêmes et qui prenaient
mieux en compte leurs réalités.

Samir Amin et le développement de
l’Afrique

Ce constat général est aussi celui de
Samir Amin : « Si les années 60
avaient été marquées par un grand espoir de voir amorcer un processus irréversible de développement à travers
l'ensemble de ce que l'on appelait le
tiers-monde
et
singulièrement
l'Afrique, notre époque est celle de la
désillusion. Le développement est en
panne, sa théorie en crise, son idéologie l'objet de doute. L'accord pour
constater la faillite du développement
en Afrique est hélas général. » Dans
son livre fort impressionnant, « Le développement inégal » (1973), Samir
Amin propose un modèle de développement de l’Afrique en deux étapes.
La première étape s’appelle ‘la déconnexion par les ‘pays pauvres’ du système international’. Amin soutient
que le système occidental est à la base
de la dépendance d’un bon nombre de
pays africains. Ce système est encadré
par la Banque Mondiale (BM) et le
Fonds Monétaire International (FMI).
Dans la deuxième étape, la phase de
‘reconnexion’, Amin estime qu’en se
développant en dehors du modèle occidental, les pays africains seront en
mesure de négocier d’égal à égal avec
l’occident ; car, selon Amin, si on est
pauvre, on est en position de faiblesse
dans les négociations. Pour Amin, les
pays du ‘Tiers-Monde’ doivent couper
les liens avec l’occident s’ils veulent
se développer.
Notre constat donne raison à Amin
dans le cas du Japon, de la Chine, de

Aprica Info
la Corée du Nord. Ces pays se sont développés lorsqu’ils ont coupé le cordon ombilical avec l’occident
paternaliste. Le modèle occidental
n’aidera jamais les africains à se développer. Pourquoi ? Amin avance des
raisons philosophiques suivantes : le
modèle occidental est caractérisé par
la théorie de l’évolutionnisme, le diffusionnisme et le dualisme. Les tenants de cette école de pensée
soutiennent que le développement est
linéaire. Cette conception d’un développement linéaire est contraire au
système africain qui est circulaire. En
Afrique, la vie est un cercle caractérisé
par la naissance, l’âge adulte puis la
mort, et la vie recommence. En
Afrique tout se faisait en cercle : manger en cercle, danser en cercle, palabrer en cercle. En Afrique le temps est
cercle ainsi que les saisons, etc. En Europe, le temps est linéaire.

Pour l’Europe occidentale, tous les autres pays doivent passer par les étapes
de croissance matérielle comme cela a
été le cas pour leurs pays. Dans cette
perspective, ce qu'il est convenu d'appeler la « faillite du développement »
révèle aussi la résistance farouche des
sociétés : elles se refusent à subir les
coûts énormes des stratégies et des
programmes qui ont été incapables de
les sortir de l'enlisement où les enfoncent les mesures d'austérité dictées par
les institutions financières internationales. L'analyse en profondeur de la situation actuelle exige la réévaluation
globale des discours qui refusent de
s'interroger sur la pertinence des
conditions de passage à la modernité
économique.
La crise du monde africain renvoie en
effet inévitablement à la crise des savoirs concernant l'importation de « dynamiques du dehors ». Depuis la fin de
la seconde guerre mondiale, « les théories du développement propres aux
pays du tiers-monde ont d'abord été
marquées par les théories extérieures :

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

7

celles qui se sont formées et affrontées
au sein des sociétés dites avancées, et
qui se trouvent maintenant remises en
question », relève le sociologue français, Georges Balandier. Ces théories
furent élaborées à partir d'une problématique du changement social, enracinée dans les trajectoires spécifiques de
sociétés occidentales qui revendiquent
le monopole de la modernité. Dans
cette perspective, les sociétés africaines ne peuvent que reproduire le
modèle des sociétés chargées de les
engager dans la modernisation. Pour
«réussir», on ne leur a pas demandé
d'innover à partir de leurs dynamiques
internes et d'orienter le changement
dans le sens de leurs systèmes de référence.

En conclusion, si le développement est
« une croyance occidentale », sa faillite consacre aussi la faillite du capitalisme en Afrique noire. Dans les
sociétés africaines, le vrai pauvre est
celui qui n'a pas de parenté : l'esprit de
famille et le principe de la réciprocité
enracinent les rapports économiques
dans le maillage des rapports sociaux.
Compte tenu du poids de ce cadre social et culturel, les Africains ont tendance à prendre leurs distances à
l'égard d'un modèle de développement
pour lequel les inégalités socio-économiques sont considérées comme un
des véritables moteurs du progrès. Ils
remettent en cause une modernisation
économique imposant la destruction
du lien social. Peu d'Africains sont disposés à assumer une modernité aliénante qui vise à instaurer une manière
d'être et d'agir centrée sur l'individualisme propre à l'Occident moderne.
WILLY DJEP
Economiste

www.apricainfo.com

ECONOMIE ET DEVELOPEPEMENT

Aprica Info

L’AFRIQUE A L’EPREUVE DES THEORIES DU DEVELOPPEMENT

Comment mettre à profit les mécanismes des échanges internationaux

Il faut mettre en place un mécanisme qui permette à l’Afrique de mieux profiter des
échanges commerciaux avec l’occident.
Les pays livreurs y trouveraient ces
liquidités pour leur commerce extérieur d’importation dont le pressant besoin les pousse précisément
aujourd’hui à la conquête commerciale par les bas prix. Les pays
livrés trouveraient dans le financement qu’ils garantiraient aux pays
livreurs la faculté d’augmenter
leurs exportations et, de la sorte,
des effets positifs de revenus et
d’emplois : un cercle vertueux ?
C’est le moyen d’un plan Marshall
nouvelle manière, dirigé à la fois
vers l’Est et le sud, au profit de chacun des partenaires. L’Europe s’ouvrirait
des
marchés
supplémentaires. Les pays tiers
s’assureraient, sans dumping, de
ressources en devises, quelque
chose comme ces droits de tirage
que bien des économistes favorci, nous pouvons dire que le l’ancienne PAC : des prélèvements ables à un salubre desserrement du
cœur de la perversité du sys- sur les entrées dont la contrevaleur commerce international ont rêvé.
des
aides
aux C’est le moyen, par un seul et
tème des échanges mondiaux financerait
est dans les effets du différentiel de économies européennes et des sub- même acte, de commencer à réprix. Ils aboutissent à détraquer les ventions aux exportations. Il faut soudre le double problème du dééconomies de haut niveau social et inverser ce mécanisme, créer ainsi mantèlement de pans entiers de
à ne pas faire progresser les le ressort d’un autre processus à l’activité européenne et celui de la
économies de bas niveau social. double effet : établir un niveau de rémanence, ailleurs, de la pauvreté.
C’est donc à ce différentiel de prix prix d’accès au marché européen C’est le contenu possible de ces acqu’il faut s’attaquer. Or si ce dif- qui protège ce marché contre le cords régionaux conseillés dès lors
férentiel de prix donne lieu à des ravage des dumpings sociaux ou qu’ils correspondraient à des priordroits de douanes ou à des taxes d’- monétaires ; dégager en con- ités politiques et seraient imprégnés
effet équivalents il est clair qu’on trevaleur des ressources utilisables d’une certaine réciprocité. C’est
rentre dans le champ du protection- pour le développement des pays aussi une façon de mettre en œuvre
la préconisation de J. Goldsmith en
nisme, qu’on enferme les PVD tiers livreurs eux-mêmes.
exergue de la réponse à son ou(pays en voie de développement)
dans le ghetto de la misère, qu’on Il n’y aurait rien de protectionniste, vrage : remplacer le libre
les prive de tout levier de ni de renvoi des PVD à leur pau- échangisme mondial par des acdéveloppement. Il serait inadmissi- vreté, à faire payer sur les cords bilatéraux favorables aux obble et, de plus, contraire à ses pro- livraisons de biens et services forte- jectifs fondamentaux des parties
pres intérêts d’exportation que, ment marquées par un différentiel contractantes.
pour protéger ses actifs, l’Europe, conséquent par rapport au prix de C’est bien de ces manières, et à ces
à l’entrée sur le territoire commu- revient européen, un complément conditions, d’une part que le disnautaire, oppose aux productions de prix dès lors que la contre-valeur positif est crédible, d’autre part
des pays du sud des barrières de ce prélèvement serait ristournée qu’il mérite l’appellation de sysdouanières ou perçoive des en faveur des pays d’origine. Les tème de co-développement. Il est
prélèvements importants et en en- ressources ainsi conférées seraient plus fructueux, par l’effet d’auggrange la contre-valeur dans son notamment affectables, d’une part mentation des demandes globales,
propre budget.
à des actions de développement, de que ne le sont ou ne le seraient de
formation et de progrès social, simples dosages des approvisionUn mécanisme encore plus in- d’autre part à des achats de biens nements selon leurs origines,
équitable et inadéquat serait celui d’équipement par les pays livreurs comme dans des systèmes protecqui transposerait les modèles de dans les pays livrés.
A suivre page 9

I

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

8

www.apricainfo.com

ECONOMIE ET DEVELOPPEMENT
Suite de la page 8

tionnistes de contrôles des flux par
des quotas. Ceci répond d’ailleurs
à une critique que semblerait pouvoir appeler le mécanisme suggéré.
On pourrait en effet objecter que si
les produits importés sont frappés
d’un complément de prix, on ne
voit pas pourquoi ils seraient
achetés dans les pays industrialisés. Et, s’ils ne le sont pas, c’est
tout simplement du protectionnisme, avec pour conséquences la
stagnation sinon la régression des
pays en voie de développement
(PVD), la diminution des facultés
de vente par les pays industrialisés
dans les PVD et le cycle régressif
de la diminution des échanges
mondiaux.

Dans le schéma proposé, c’est la
croissance partagée qui garantit des
débouchés pour les produits des
PVD. Même si les livraisons
s’établissent, au départ, en diminution de volume, les prix plus rémunérateurs obtenus doivent
garantir les PVD contre une
diminution de leurs recettes. Un
meilleur équilibre ne peut toutefois
provenir que d’une capacité de demande plus forte des acheteurs des
pays industrialisés. Si le pouvoir
d’achat des pays industrialisés est
stable ou régressif, leurs consommateurs ne peuvent acheter que
l’une ou l’autre des versions du
même produit : soit la version
émanant des PVD, soit leurs propres produits (dès lors que les produits importés sont proposés à des
niveaux comparables de prix).

Mais dès lors qu’un flux d’achat
d’autres biens, grâce aux fonds de
développement financés par les
compléments de prix, proviendrait
des PVD, la situation serait modifiée. Le soutien, de la sorte, à l’activité manufacturière de l’Europe y
générerait des revenus supplémentaires. Ceux-ci permettraient à un
pouvoir d’achat en expansion de se
porter d’une part sur une offre en
produit localement obtenus en Europe, d’autre part sur l’offre
provenant de pays tiers. Celles-ci
devraient même pouvoir augmenter au fur et à mesure d’une
part de l’élévation des capacités

Aprica Info

globales d’achat, d’autre part de la
diminution réalisable à certaines
conditions de l’offre européenne de
mêmes produits. Les pays en voie
de développement devraient bénéficier au moins de tout supplément
de consommation. Par ailleurs le
calcul du différentiel ne doit pas
être établi comme une barrière
mais avec une souplesse suffisante.

de prix relatifs aux grandes
matières premières et aux produits
alimentaires de base dont le glas a
sonné la ruine des producteurs
africains. Ces méthodes peuvent
aussi trouver place dans le cadre
d’une lutte organisée contre la
préférence narcotique, dès lors que
des populations du sud y trouveraient leurs chances de meilleurs
revenus par la vente à prix
améliorés, des produits traditionnels, sans avoir à rechercher les
marges bien plus appréciables que
procure la culture de la drogue.

L’objectif n’est pas de maintenir,
pour l’éternité, des productions européennes identiques aux productions importables. Au mieux,
pourrait-on
envisager,
avec
quelques partenaires méritant con- S’agissant de l’assiette de dispositif, la principale difficulté ne confiance, l’inclusion de discerne pas les échanges de
marchandises mais les échanges de
services. En matière de services de
libre matière grise, la connaissance des
le
remplacer
échangisme mondial par des livraisons par des pays tiers est devenue très difficile pour les Etats.
accords bilatéraux favor- La
seule chose qui peut être conables aux objectifs fonda- nue avec certitude, mais qui n’est
parties plus contrôlable, ce sont les
des
mentaux
paiements. Compte tenu de l’imcontractantes.
portance de type de flux dans la
dégradation à venir de l’emploi européen, des modalités adaptées et
des protocoles particuliers sont à
positifs expérimentaux de cette rechercher en la matière. Les
nature dans des accords commerci- secteurs d’activité qui font
aux bilatéraux. La seconde modal- régulièrement appel à l’achat de
ité est celle du prélèvement services hors Europe qui peuvent
européen ristourné ou du complé- le faire avec une grande souplesse
ment de prix dont la contre-valeur et une totale discrétion via les
viendrait nourrir des fonds de échanges de fichiers, les transferts
par
supports
développement. Le grand avantage informatiques
du système du complément de prix, physiques et plus encore par interà contre valeur ristournée par l’in- net pourraient être soumis à des
termédiaire d’un fonds européen prélèvements libératoires forspécialisé, est un certain contrôle faitaires dont la contre valeur
de l’emploi des fonds correspon- viendrait également nourrir les
dants et une possibilité de veiller à fonds de développement pour les
leur utilisation dans un intérêt com- pays tiers. Si la mise en œuvre des
mun au parties intéressées. On peut compléments de prix ristournés
concevoir, du moins en théorie, comporte une série de difficultés
que les contre valeurs soient affec- techniques qui sont certainement
tés, soit à un fonds commun en solubles, elle conduit surtout à
faveur des, soit pays par pays, soit faire le choix d’un autre modèle de
zones par zone, soit avec une part société.
de péréquation.

Dans le même esprit, une modalité
non plus par zones géographiques,
mais par types de produits (ou par
une combinaison des 2) pourrait
être de restaurer et d’étendre à
d’autres secteurs les anciens accords mondiaux sur des garanties

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

9

Dr. Sylla Mamadou
Ph.D.

www.apricainfo.com

Aprica Info

SOCIETE
SCANDALE DU MARIAGE HOMOSEXUEL DANS LE MONDE

L’Afrique doit s’en préserver

Le débat social aujourd’hui dans nombre de pays occidentaux, c’est le mariage homosexuel et
l’adoption par les couples de cette nature, d’enfants. Pourquoi ce débat ne doit avoir aucun
droit de cité en Afrique.

Douma) vient en effet d’interdire toute
propagande homosexuelle dans le
pays, surtout dans les milieux sensibles comme les milieux infantiles,
avec la menace d’une amande de
l’équivalent en Rouble de 12.500
euros (8.199.460 FCFA) pour les contrevenants.

D

iverses et quelquefois réciproquement hostiles, les opinions abondent aujourd’hui
sur le rôle néfaste joué par la globalisation dans l’érosion des valeurs éthiques dans le monde.Dans leur
immense majorité, les thèses développées tendent cependant à occulter très
souvent la néccesité pour les pays africains de se soustraire de l’emprise permissive du vent d’immoralité qui
souffle actuellement sur tous les continents.

une relation sexuelle entre deux personnes de même sexe.De manière fulgurante, cette pratique gagne
aujourd’hui du terrain dans le monde.
Bénéficiant constamment de l’appui
de nombreuses
organisations de
défense des droits de l’homme et considérés comme une minorité sexuelle
vulnérable, les homosexuels ont
obtenu dans divers pays et tout au long
des dernières décennies, d’importants
droits dont celui de mariage et même
d’adoption d’enfants par les couples.

En effet, alors qu’elle continue d’être
marginalisée voire ignorée dans les
grands programmes internationaux de
soutien au développement durable,
l’Afrique est désormais dans l’oeil du
cyclone des grands lobbies homosexuels qui s’activent à divers niveaux
des États.L’objectif déclaré de ces
groupes multiformes de promotion de
la perversion est d’imposer le mariage
homosexuel aux Africains.Des propositions obscènes sont ainsi souvent faites à nos dirigeants sous les arguments
fallacieux d’une nécessité d’adaptation de l’Afrique aux exigences des
temps modernes et d’ouverture au
monde pour une meilleure captation
des investissements étrangers.

En France et dans de nombreux autres
pays sur le vieux Continent, les réticences populaires et institutionnelles
à
cette
déviance
sexuelle
existent.Elles sont souvent nombreuses et sont régulièrement
soutenues par l’Église.Mais elles sont
toujours farouchement combattues par
des cercles organisés et souvent étouffées, balayées de la main ou contournées par les décideurs pour faire
adopter diverses lois destinées à renforcer les droits des homosexuels dans
la société.

L’homosexualité est définie comme

Incapables de freiner l’expansion du
phénomène homosexuel, certains
pays, comme la Russie, tentent aujourd’hui de prévenir (ou de limiter)
les abus.Le Parlement russe (la

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

10

La Russie est entrée à l’Organisation
Mondiale du Commerce (OMC) le 22
août 2012, après vingt (20) ans de négociations
complexes
et
tortueuses.Devenue
ainsi
le
156e membre de cette organisation, le
pays de Vladimir Poutine reste très
conscient du chantage dont il a longtemps été l’objet dans les tractations
secrètes pour protéger au mieux les
droits des homosexuels sur son sol et
leur permettre de bénéficier d’une intégration sans heurts dans cette société
orthodoxe dominée par le conformisme religieux.En retour, cette entrée de la Russie dans l’OMC devait
faciliter les investissements et booster
le commerce, permettre d’accélérer la
modernisation de l’économie russe et
offrir de nombreuses opportunités
commerciales pour les entreprises russes et européennes.Les occidentaux
ont d’ailleurs toujours utilisé le chantage et la pression au sein des grandes
organisations internationales pour implanter l’homosexualité dans plusieurs
pays en échange de nombreux avantages fiscaux et économiques.
En 1992 par exemple, ils ont ainsi fait
signer à tous les États la Charte de
l’Organisation Mondiale de la Santé
(OMS).Cette
importante Charte isole en réalité l’homosexualité de toute symptomatologie psychopatologique et la retire du
Manuel diagnostique et statistique des
maladies mentales.Ainsi, en clair, l’-

A suivre page 12

www.apricainfo.com

Aprica Info

SOCIETE

F

LETTRE OUVERTE A TOUS LES CROYANTS AFRICAINS
SE RECLAMANT ‘FILS DU DIEU D’ABRAHAM’

rères et sœurs croyants, Abraham
est le Père des trois religions dites
‘révélées’ que sont, dans l’ordre
chronologique, le Judaïsme (Hébraïsme),
le Christianisme et l’Islam. Chacune de
ces religions se donne des guides ou pasteurs : Rabbin pour les juifs, Pasteur (Prêtre, Evêque, Bishop), pour les chrétiens, et
Imam pour les musulmans. Je ne suis ni
rabbin, ni prêtre (encore moins évêque), ni
pasteur, ni imam. Je ne suis donc pas une
autorité religieuse. Ne possédant pas cette
qualité, je n’ai aucune compétence, aucune habilitation, aucune autorité, à
m’adresser aux croyants d’une religion,
encore moins à tous les croyants se réclamant fils d’Abraham.
Cependant, je suis chrétien, baptisé et
confirmé catholique. A ce titre, et à ce titre
seul, je suis frère de tous les croyants en
un Dieu unique, le Dieu d’Abraham. C’est
donc en ma qualité de frère des croyants,
et en cette qualité seule, que j’ose
m’adresser à mes frères et sœurs, descendants et descendantes d’Abraham, notamment et ceux celles d’Afrique.
Frères et sœurs, la Parole de Dieu nous enseigne, en la Création, que Dieu créa
l’homme et la femme. Dieu-Le-Créateur
Tout-Puissant n’a pas créé l’HOMME. Il
a créé l’homme et la femme, ‘‘mâle’’ et femelle’’ il les créa («Dieu créa l’homme à
son image, à l’image de Dieu il le créa;
mâle et femelle il les créa», Genèse, 1,
27). Dieu, l’Omniscient et l’Omnipotent,
a créé le genre, en Adam (Adama) et Eve
(Awa). Et Dieu a confié à Adam-Adama et
à Eve-Awa la lourde charge de peupler la
terre par la non moins lourde mais combien exaltante responsabilité de la procréation («Dieu les bénit et Dieu leur dit :
Soyez féconds et prolifiques, remplissez la
terre et dominez-la.», Genèse, 1, 28).
En tant que procréateurs de l’humanité,
l’homme et la femme sont, tous les deux
et ensemble, conjointement, les continuateurs de l’œuvre de Dieu. En cela aussi,
l’homme et la femme sont à l’image de
Dieu.
Frères et sœurs, il est vrai que, à travers
nos pratiques religieuses, nous, juifs, chrétiens et musulmans, avons des divergences
quant à la manière de plaire à Dieu, notre
Créateur. Mais, j’estime, pour ma part, que
nos divergences ne doivent pas nous faire
renoncer à (nous détourner de) notre responsabilité de croyants descendants
d’Abraham.
Frères et sœurs, juifs, chrétiens et musulmans, nous savons que l’impudicité ne
date pas d’aujourd’hui. Frères et sœurs, je
sais que le Dieu des Chrétiens, Jésus, Fils
de Dieu et Vrai Dieu, a interdit (parce que,
tous, nous avons péché) de lapider la
femme adultère à qui il a pardonné ses péchés et conseillé de ne pus pécher (St Jean,
8, 3 à 11), mais nos religions, toutes,
condamnent cette impudicité, suivant en
cela le Dieu d’Abraham auquel elles veulent conduire.

Descendants d’Abraham, nous devons
nous souvenir des villes de Sodome et de
Gomorrhe, détruites par le soufre et le feu
de Dieu (Genèse, 19, 23 à 25), et surtout
des raisons de la destruction de ces villes.
Oui, seul le neveu d’Abraham, Loth, le fils
de Harặn, a été épargné de la destruction
de Sodome (Genèse, 19, 29), ainsi que ses
filles. Et rappelons-nous que de Sodome,
nous avons tiré les termes ‘sodomie’, ‘sodomiser’, ‘sodomisation’.
Dans l’Evangile selon Saint Matthieu (10,
15), Jésus, le Fils de Dieu, le Messie, pour
les chrétiens, prévient : «Je vous le dis, en
vérité : le jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là». Et cette
ville-là, c’est Capharnaüm.
Frères et sœurs dans le Dieu d’Abraham,
par les nouvelles dispositions légales sur
le mariage que nos pays africains seront
obligés de prendre, comme en Côte
d’ivoire, chaque pays africain se prépare
à devenir le ‘Capharnaüm’, ‘cette ville-là’
dont parle Jésus. En effet, ces dispositions
légales qui parleront désormais des époux
sans les nommer ‘la femme et l’homme’,
préparent, sans le dire ouvertement, sans
l’avouer, donc sans le dévoiler, chaque
pays africain à créer ‘Capharnaüm’, par la
légalisation du mariage homosexuel, non
pas parce que les Africaines et les Africains le veulent ainsi, mais parce que la
communauté internationale l’exige de nos
Etats. C’est ce qu’a dit, à un sommet de
l’Union africaine (Ua) de Jean Ping, le
Coréen Ban Ki-Moon, ci-devant secrétaire
Général de l’Organisation des nations
unies (Onu), en exigeant des Etats africains la reconnaissance des droits des homosexuels. C’était en janvier 2011, au
moment où ce fonctionnaire de la communauté internationale, soutenant l’actuel
chef de l’Etat ivoirien, avait déclaré que
recompter les voix, pour savoir qui a
gagné l’élection présidentielle en Côte
d’ivoire, serait une injustice.

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

11

Et il revient à tous, aujourd’hui, que c’est
ce nouveau deal que cette fameuse communauté internationale signera avec les
nouveaux chefs d’Etat africains qui veulent être élus ou réélus ‘président’ de leur
pays : «Nous vous aiderons à conquérir,
ou à garder, le pouvoir d’Etat dans votre
pays si vous nous promettez de reconnaître
les droits des homosexuels au mariage et
à l’adoption des enfants. Voulez-vous que
nous vous aidions pour votre développement? Eh bien, reconnaissez les droits des
homosexuels» Voilà le pacte diabolique!
Mais diantre! Les enfants de qui vont-ils
adopter, ces homosexuels qui refusent
d’en avoir? Et de quel sexe sera-t-il, cet
enfant à adopter par deux hommes qui
n’aiment pas la ‘‘femelle’’ créée par Dieu?
Et de quel sexe sera-t-il si ce sont deux
femmes qui n’aiment pas le ‘‘mâle’’ créé
par Dieu? Et quelle éducation lui donneront-ils (elles) par l’exemple?
Frères et sœurs, souvenons-nous! Le Premier ministre anglais avait demandé au
Ghana du Président Atta Mills de reconnaître les droits des homosexuels. Nous
connaissons la réponse du Professeur, le
Président Atta Mills : «Il ne sera jamais dit
que c’est sous le mandat d’Atta Mills que
l’homosexualité a été légalisée au Ghana».
Quelque mois après, le Président Atta
Mills est décédé. Y a-t-il une relation entre
son refus de légaliser l’homosexualité et
son décès? A-t-on accéléré la survenue de
son décès? Violentes questions! Voilà ces
Africains qui croient toujours qu’il n’y a
pas de mort naturelle!
Frères et sœurs, souvenons-nous également que ce deal était dans le programme
de campagne électorale présidentielle du
candidat François Hollande, l’actuel président de la France. Et son programme,
soutenu par 62% des Français, dit-on, est
en bonne voie d’application, même si la
droite, faussement judéo-chrétienne, semA suivre page 12

www.apricainfo.com

SOCIETE
Suite de la page11
ble s’y opposer par de nombreux amendements au projet de loi dont la discussion
est engagée depuis ce 29 janvier 2013, à
l’Assemblée nationale française.
Frères et sœurs, nous avons tous entendu
Barak Obama lors de son discours d’investiture pour son deuxième mandat à la
tête des USA. Il veut consacrer son
deuxième et dernier mandat à la lutte pour
la reconnaissance des droits des minorités,
notamment (entendez ‘particulièrement’)
les droits des homosexuels. Il ne s’agira
pas des droits des polygames ou des mangeurs de chats, mais des droits des pédérastes et des lesbiennes. Peut-être aussi des
droits des pédophiles, demain, pourvu que
cela plaise aux rois de ce monde, que cela
leur apporte ‘‘divertissement’’.
Frères et sœurs, ne croyons pas qu’il
s’agira de lutter pour les droits des minorités dans leur pays respectif, le pays de
Hollande et le pays de Obama! Il s’agira,
là encore, de nous imposer leur conception
de la société des hommes et du sens de son
évolution, comme ils nous imposent, aujourd’hui, le type de développement qui
convient à tous. Oui, ils sont le ‘‘peuple
souverain’’ de toute l’humanité, le ‘‘souverain’’ qui décide de l’évolution du
monde. Au nom du peuple qu’ils sont, ils
seront les gendarmes du monde pour veiller à l’application des lois qu’ils ont votées.
Frères et sœurs en Dieu d’Abraham,
quelle sera notre responsabilité, la responsabilité de tous les croyants et de chacun
des croyants? Elle sera lourde si nous ne
dénonçons pas ce qui se prépare, si nous
ne nous opposons pas à ce qui vient. Nous
serons tous comptables, au moins en tant
que co-auteurs indirects, si nous laissons
faire les choses. Mais si nous dénonçons
ce qui se prépare et que nous nous y opposons, nous pouvons espérer sauver nos
pays africains de la situation de Sodome
et Gomorrhe, la destruction. Et si nous n’y
parvenons pas malgré tous nos efforts,
alors nous serons de nombreux ‘Loth’, et
nous trouverons grâce aux yeux de notre
Dieu («Voici, ton serviteur a trouvé grâce
à tes yeux et tu as usé envers moi d’une
grande amitié en me conservant la vie»,
Genèse, 19, 19). Notre Dieu nous épargnera.
Frères et sœurs en Dieu d’Abraham, en
vous informant et en vous donnant mon
humble point de vue, je fais ma part du
chemin. Que chacun, dans son lieu de
culte où il va rencontrer son Dieu (synagogue, église, temple, mosquée), ou quand
il rencontrera un homme créé à l’image de
Dieu, ‘‘mâle et femelle’’, fasse sa part du
chemin pour sauver nos pays. Loth a parlé
aux habitants de Sodome; il a parlé aux
fiancés de ses deux filles. Personne ne l’a
écouté. Mais Loth a été épargné par le
Dieu d’Abraham. Se taire devant l’igno-

Aprica Info
minie, c’est cautionner cette ignominie,
cette perversion. Et cela équivaut à pratiquer soi-même cette ignominie, cette perversion.
Frères et sœurs, juifs, chrétiens, musulmans, nous devons refuser ce marché satanique que l’occident nous propose. Nous
devons refuser ce ‘‘développement’’, leur
‘‘développement’’, leur ‘‘évolution’’, leur
‘‘démocratie’’ salvatrice des minorités.
L’occident n’a pas le droit de nous imposer son type de société. L’Afrique n’a pas
le devoir de vivre comme l’occident le lui
exige. Il est vrai que l’occident a apporté
à l’Afrique la bonne nouvelle du Fils du
Dieu d’Abraham. Mais, si l’occident a
choisi d’être la nouvelle Sodome,
l’Afrique n’a pas le devoir de suivre l’occident dans sa perversité, dans sa perdition.
Frères et sœurs en Dieu, surtout, ne disons
pas, quand viendra, demain, l’heure du jugement, que nous ne savions pas. L’ignorance n’est pas une excuse, comme le
reconnaît d’ailleurs la loi des hommes :
Nul n’est censé ignorer la loi. Et cette loi
des hommes est d’inspiration divine,
puisque, en Luc (16, 19 à 31), nous
sommes prévenus, dans la parabole du
riche et du pauvre Lazare, que nous avons
nos prophètes (guides religieux et intellectuels) pour nous enseigner, nous informer,
nous prévenir.
Frère, collègue, ami, camarade intellectuel
africain, sachons-le, celui d’entre nous qui
cachera l’information à son peuple aura
refusé, ipso facto, d’entrer dans l’histoire,
comme celui dont Sarkozy a parlé, au Sénégal, le 26 juillet 2007, en ces termes :
«L’homme (en fait, l’intellectuel) africain
n’est pas assez entré dans l’histoire…
L’homme reste immobile au milieu d’un
ordre immuable, où tout semble être écrit
d’avance. Jamais l’homme ne s’élance
vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée
de sortir de la répétition pour s’inventer
un destin.». Cet intellectuel-là, l’Afrique
l’oubliera.
Et toi, le guide des croyants en Dieu, qui
failliras à ta mission de ‘‘Berger’’ pour des
avantages matériels, qui oublieras que
l’affection du monde et de la chair est une
inimitié contre Dieu, le pays de Sodome
et de Gomorrhe «sera traité moins rigoureusement que …» toi, t’aura prévenu le
Christ Jésus.
Mais je prie le Dieu d’Abraham, d’Isaac
et de Jacob, que je me trompe sur toutes
ces prévisions annoncées pour les pays
africains. Et si cela était, j’en serais le premier heureux. Et croyez-moi, je dénonce
cela afin que cela n’arrive pas.
QUE DIEU NOUS GARDE ET NOUS
ACCORDE LA CONNAISSANCE
Fraternellement en Dieu

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

Nea Kipré

12

Suite de la page 10

homosexualité n’est plus désormais
considérée comme une anomalie,
comme une maladie.Le débat reste
toujours vivace et d’actualité, mais
l’amer constat est là: Les pays occidentaux ont habilement imposé l’acceptation de l’homosexualité aux
divers États membres en l’introduisant
dans
la
Charte
de
l’OMS.Ainsi,tout pays tentant par un
biais ou par un autre d’instaurer un
suivi médical pour homosexualité devenait désormais condamnable sur le
plan international.
Dans l’adhésion de nos pays aux
grandes organisations de la planète,
la plupart des chefs d’État africains
ont souvent signé sans comprendre et
même parfois sans lire.Chez eux, le
désir d’intégrer un Club de grands
décideurs mondiaux est souvent plus
fort que les questions d’ordre
moral.L’homosexualité reste une véritable abomination dans nos moeurs.Elle choque, elle heurte
profondément le commun des Africains.L’Afrique tolère la polygamie
pendant que l’Occident la rejette.Il
serait donc temps que l’Afrique
ouvre enfin le débat sur l’homosexualité.Ce phénomène prend de l’ampleur dans nos villes et hypothèque
très gravement la construction d’une
société moralement et physiquement
saine, libérée des multiples complexes que l’Occident continue de nous
imposer depuis la colonisation.Ce
débat s’impose car il s’inscrit dans le
nécessaire Dialogue des Civilisations
et pose avant tout le problème de la
souveraineté du peuple africain, de
son droit à légiférer librement pour
bannir de sa culture toute pratique
importée qui ne lui sied pas.

Guy Patrick Vermont Doba,
Professeur de Lettres, Politologue
Madrid

www.apricainfo.com

ARTS ET CULTURE

Aprica Info
“C’EST VOUS!”

LE DOUBLE MESSAGE DE SERGES KASSY

A

Présent à tous les rendez-vous du combat pour la justice et la démocratie dans son pays,
Serges Kassy s’est encore affirmé en phase avec le peuple de Côte d’Ivoire dans ce nouvel opus.

u moment ou s’observe en
Côte d’Ivoire, la disparition
progressive de la musique engagée, le reggaeman Serges Kassy se
signale avec un single intitulé « C’est
vous ! ». « C’est vous ! » est un pont
que l’artiste exilé jette entre lui et ses
fans africains. Il vient ainsi briser
l’omerta célébrée par certains artistes
jadis engagés et qui se sont laissés
volontairement phagocytés par un système liberticide. Mais comme le disait
l’artiste lui-même : « cabri mort n’a
pas peur de couteau » C’est donc en
véritable « cabri mort », au risque de
sa vie, qu’il pointe du doigt les crimes
à caractère ethnique commis par les
forces pro-Ouattara avec l’aide de
« l’armée de Babylone ». Pour éviter
que de tels faits se perpétuent en
Afrique, l’artiste appel à l’éveil des
consciences de la jeunesse africaine.
Le courageux, le diseur de vérité
mérite qu’on l’écoute.
« C’est vous les assassins de mon peuple…. »

Serges Kassy vient briser l’unanimisme construit autour des morts de
la crise post-électorale en Côte
d’Ivoire. 3000 morts qui sont pour
l’essentiel l’œuvre de Laurent
Gbagbo ! De la presse internationale à
la Cour pénale internationale en passant par la presse et les leaders politiques du pouvoir ivoirien, le bourreau
est Laurent Gbagbo. Cette vue
étriquée qui ne manque pas d’irriter
est battue en brèche par le reggaeman.
Il crie donc sa colère et invite les observateurs à connaitre les assassins.
Pour l’artiste, c’est « l’armée de Babylone » qui a « bombardé des sites
civiles » et les forces militaires opposées au pouvoir de Gbagbo qui ont
tué. Ce sont eux « les tueurs ». Les
dégâts attestent de la véracité de ses
propos: résidence officielle du Président Gbagbo, Présidence de la
République, commissariats, brigades
de gendarmerie, pillage de domiciles
privés, tueries de Nahibly, Duékoué,
exécutions sommaires à Abidjan et à

l’intérieur…. Ceux qui ont été tués
sont en général membres de « l’ethnie
de Laurent Gbagbo » et tout cela
« pour de simples élections ». Se sentant dans l’impossibilité d’épuiser le
sujet (le titre dure 03 min 30 s),
l’artiste à dû calibrer sa vérité. Mais,
quand nous pénétrons sa pensée, nous
comprenons que « l’ethnie de
Gbagbo » et une « simple crise électorale » doivent être saisies dans un
sens large. Il s’agit en effet des partisans de Laurent Gbagbo que la cartographie électorale de 2010 situe sur
l’ensemble du territoire ivoirien avec
une forte concentration à l’ouest, au
centre-ouest, au sud et à l’est. Ces partisans auraient pu échapper à la mort
si Babylone et son armée avaient refusé de cautionner le faux en acceptant
de respecter la décision souveraine du
Conseil Constitutionnel ivoirien.
Ayant ainsi refusé d’emprunter la voie
simple de règlement du conflit électoral, Babylone a autorisé ses filleuls
à être « les tueurs » du peuple ivoirien.
Le diseur de vérité Serges Kassy ne
s’arrête pas en si bon chemin. Après
avoir présenté « les assassins », il
s’adresse à la jeunesse africaine.
« C’est vous qui devez sauver…
réveillez-vous »

L’artiste engagé n’a pas échappé au
traumatisme causé par l’intervention
brutale de « l’armée de Babylone ». Il
a fini par tirer une conclusion,
d’ailleurs partagée par les panafricanistes « en réalité nous ne sommes pas
indépendants ». Il y a donc lieu « de
faire bouger les choses ». Mais qui
sont ceux qui doivent agir ? A cette
question, Serges Kassy répond :
« C’est vous jeunesse africaine».
Cette jeunesse constitue donc le siège
de tous les espoirs de l’artiste, elle est
une force d’impulsion. Pour amener la
jeunesse à agir, il pointe à l’horizon
l’avenir qui est en jeu. Mais il ne le dit
pas en vain. Il sait qu’en Côte d’Ivoire
le désir d’accaparement des ressources
a constitué la couche essentielle de
l’intervention de Babylone. Or qui dit

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

13

ressources, parle d’avenir, avenir de la
jeunesse. Il ne fait pas de chantage,
mais présente plutôt la réalité des
choses à la jeune génération. Dans le
même moment, c’est un appel à l’unité, à la solidarité afin de parvenir à
défendre les intérêts de l’Afrique.
Tente-t-il de nous dire que les africains
ont toujours été divisés et enclins à
défendre des intérêts catégoriels ? En
tout cas, c’est ce que son message à la
jeunesse africaine suppose. Evidemment si l’Afrique parlait d’une même
voix, l’artiste n’aurait pas intitulé son
single « C’est vous ! ». Le constat est
donc clair, l’Afrique désunie a autorisé
la guerre en Côte d’Ivoire, en Libye et
actuellement au Mali. Pour lui, c’est
seul le réveil africain qui permettra à
l’Afrique d’être « dans le concert des
nations ». Il s’agit d’une Afrique indépendante, libre et digne. Il vient
ainsi se faire le porte-parole de l’œuvre de Kwame N’Krumah.
« C’est vous !» se présente en définitive comme une sorte de Janus. Deux
messages dans un même titre. Les aficionados de l’artiste engagé, les
panafricanistes, la jeunesse pourront
trouver en ce single, la sève nécessaire
à leur combat. Bravo l’artiste.
Alain Bouikalo

www.apricainfo.com

Aprica Info

N0 002 du Mercredi 30 Janvier 2013

14

www.apricainfo.com


APRICA No2.pdf - page 1/14
 
APRICA No2.pdf - page 2/14
APRICA No2.pdf - page 3/14
APRICA No2.pdf - page 4/14
APRICA No2.pdf - page 5/14
APRICA No2.pdf - page 6/14
 




Télécharger le fichier (PDF)


APRICA No2.pdf (PDF, 647 Ko)

Télécharger
Formats alternatifs: ZIP



Documents similaires


liste des signataires de la petition pour la liberation immediate de laurent gbagbo 24 avril 2011 21h30 gmt
aprica no2
l afrique et la souverainete en peril
l afrique et la souverainete en peril
cpi outils de conquete coloniale
de philippe remond a stephane frantz di rippel

Sur le même sujet..