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Voyage lointain () .pdf



Nom original: Voyage lointain ().pdf
Auteur: hugher

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Voyage lointain

Te souviens-tu de ce voyage, voyage lointain,
perdu, définitivement perdu pour certains,
dans la brume des souvenirs évaporés,
des souvenirs cruels, douloureux, trop vite envolés,
des souvenirs mortels, malheureux, trop vite dissipés,
tel un spectre revenant sans cesse,
que l’on veut de suite chasser?
Te souviens-tu de ce voyage,
qui tel le vent transporte le son,
le son d’une terre,
le son d’un fleuve,
le son d’une voix,
le son d’un cri,
vers d’autres horizons,
pour mieux s’en faire l’écho,
fit d’enfants africains,
des étrangers sur une autre terre,
jetés,
lâchés,
expédiés,
projetés,

tels des fruits verts dans l’inconnu,
éparpillés au gré du vent,
au gré du vent de l’infortune,
de l’infortune des Bateaux Négriers?
Te souviens-tu de ce voyage sur l’élément liquide,
quand le bateau tanguait de gauche comme de droite,
comme l’est l’enfant dans le sein maternel,
te souviens-tu alors des douleurs,
te souviens-tu des souffrances,
des affres de la mort endurés,
pour être enfantés là-bas,
pour venir au monde,
le Nouveau Monde?
Te souviens-tu alors,
comment ils furent éparpillés sur les sols rouges,
les sols rouges des Amériques,
là où le mot rouge puise toute sa force,
car rouge pigments,
car rouge latérite,
car rouge canyon,
car rouge roucou,

car rouge piment,
car rouge amarante,
car rouge bois de braise,
car rouge fourmi,
car rouge piraï,
car rouge ibis,
car rouge calimbé,
car rouge autochtone,
car rouge du sang versé,
que ces sols durent boire jusqu’à la lie,
ivresse d’un monde de folie?
D’un monde sans limites,
où la langue du fouet et des sévices était universellement comprise,
où la parure des chaines était considérée comme le plus beau des attelages,
où les Esprits et Créatures de la forêts étaient bannis,
où le Soleil contrôlait l’avancée des tâches la journée, en maître ardent et
impitoyable,
et où la Lune, la nuit tombée, pansait les corps et les âmes meurtries, telle
une mère de substitution, et à qui ils confiaient leur peine,
prélude des negro-spirituals,
dans les champs de maïs,
dans les champs de coton,

dans les champs de canne à sucre,
dans les champs de la déraison,
que de souffrances supportées,
de travaux exécutés depuis,
pour que ces espaces soient façonnés,
à l’image de l’Homme,
oui de l’Homme,
et pour l’Homme!
Aujourd’hui, te souviens-tu que ces fruits jadis
jetés,
lâchés,
expédiés,
projetés,
éparpillés,
tels des fruits verts par terre,
ont mûri et germé,
et donné vie à des arbres robustes,
aux racines colorées et multiples,
aux bras formés de branches longues et puissantes,
aux cheveux de feuilles touchant les cimes,
au regard faune, perçant, dirigé vers l’avenir,
mais dont le bruissement du vent étranger,

dans ses feuillages crépus,
dans ses feuillages fournis,
rappelle quelques souvenirs,
esseulés,
refoulés,
écartés,
enfouis,
quelque part,
t’en souviens-tu,
le sais tu?
Jean Philius


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