Rapport final commission 19 10 2011.pdf


Aperçu du fichier PDF rapport-final-commission-19-10-2011.pdf

Page 1 2 3 45634




Aperçu texte


Rigoureusement confidentiel et réservé aux évêques.
À ne diffuser sous aucun prétexte

engendrer des confusions, parfois lourdes de conséquences malheureuses. Comment distinguer la vie
spirituelle de la vie psychique lorsqu'en une seule démarche, on s'adresse à la même personne ou au même
groupe de personnes ? Une meilleure connaissance de la Tradition leur ferait saisir qu'une écoute spirituelle et
une écoute psychologique requièrent des personnes compétentes et des lieux différents. D'où l'interrogation
que l'épiscopat doit absolument se poser :
Ces accompagnateurs et ces animateurs de sessions psycho-spirituelles méritent-ils la confiance que
leur font tant de chrétiens ?
- Spirituellement, leur foi est-elle éclairée ? L'objet de leur espérance est-il vraiment le Royaume ? Sur
quel discernement se fonde leur désir d'aider ceux qui souffrent en leur parlant avant tout de guérison ?
- Quelle formation sérieuse ont reçu ces personnes qui se disent "accompagnateurs" ?
***
Durant l'année écoulée, notre Groupe de réflexion a élaboré plusieurs documents qui, nous
l'espérons, soutiendront les évêques dans leur responsabilité de vigilance pastorale.
1) Le Père Claude Flipo (cf. annexe 1) rappelle que l'Église a acquis, de par sa longue expérience,
une réelle sagesse. Les situations malheureuses de personnes ayant fait confiance à un tiers ayant exercé une
autorité sur elles, notamment dans la vie religieuse, ont été à l'origine de règles de sagesse qu'il serait
malheureux d'ignorer ou de transgresser :
- distinction du for externe et du for interne,
- impératif de la plus grande discrétion en tout ce qui touche le for interne,
- distinction de l'autorité de directeur spirituel et de celle du Supérieur, responsable de la réalité ecclésiale
qui lui est confiée,
- observation des exigences de la loi civile qui encadre désormais la fonction de psychothérapeute.
Il est loin d'être évident que les actuels directeurs ou animateurs de sessions psycho-spirituelles répondent
à ces exigences. Un tel constat concerne la responsabilité épiscopale dans la mesure où ceux-là laissent
entendre au peuple de Dieu qu'ils ont la confiance de la hiérarchie et qu'ils exercent un ministère d'Église. S'il
arrivait qu'un évêque reste silencieux sur cette question, son silence ne pourrait être interprété que comme une
approbation. Ne risquerait-on pas, alors, que les erreurs et les abus soient dévoilés seulement au cours de
procès civils intentés par des victimes : manipulation mentale, manipulation psychologique, exercice illégal de
soins psychothérapeutiques, abus financiers même ? La bonne volonté, la générosité ne garantissent pas la
qualité du service. Les exigences de formation requises pour les directeurs spirituels dans les séminaires
indiquent la voie de ce qui pourrait être demandé à ceux qui se retrouvent, de fait, en situation
d'accompagnateur spirituel.
2) Le Père Étienne Garin (cf. annexe 2) aide à comprendre où se situe le risque de déviance des
démarches psycho-spirituelles : le danger ne réside pas dans le souci d'être attentif à la réalité
psychosociologique, car tout accompagnateur spirituel classique doit l'être ; il provient de l'importance
primordiale attribuée à la santé psychosociologique, comme si celle-ci était nécessaire pour que la vie
spirituelle soit possible. Cela nous invite à deux réflexions :
 La dissymétrie des interfaces. La vie spirituelle chrétienne est don en nous de la vie qui est en Dieu, don de
l'Esprit Saint. Cette vie peut avoir et a des effets sur le corps et la réalité psycho-familiale de la personne qui
l'accueille, notamment des effets de guérison psychique et biologique. En revanche, l'amélioration de la santé
du corps et du bien-être psychologique n'induit pas une meilleure vie spirituelle, ni une conversion. « Ce qui
est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit ». L'ordre de la charité transcende les domaines
du corps et de l'être psychosociologique.

4
Version, avec corrections proposées, au 18 octobre 2011