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1 – QUI EST MARC AGAPIT ?

1.1. UN NOMMÉ ADRIEN SOBRA

Avant d’arriver à Marc Agapit et à son univers si particulier, il nous faut parcourir
une longue route. Marc Agapit n’est que l’avatar final d’un homme dont la carrière
d’écrivain fut aussi longue que remplie d’impasses, d’hésitations, de silences.
Derrière ce nom se cache Adrien Sobra, né en 1897 dans le village de Néfiach
(Pyrénées-Orientales), à l’ouest de Perpignan1. Il fait ses études secondaires au lycée de
Béziers, puis monte à Paris et obtient une licence de Lettres à la Sorbonne. Ses centres
d’intérêt oscillent alors de la littérature à la mécanique en passant par les sciences et la
musique, qu’il pratique très tôt (il apprend le piano en autodidacte). Une fois ses études
achevées, il envisage une carrière de musicien et fait un séjour à la sévère Schola
Cantorum de Vincent d’Indy2, sise rue Saint-Jacques. Il commence même à rédiger un
livret d’opéra basé sur un poème épique de Lamartine, La Chute d’un ange, qu’il ne
terminera pas 3. Cette aspiration musicale avortée (la première d’une longue série de

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Il a longtemps été affirmé que Marc Agapit était né à Perpignan. Or, le dossier que le fanzine Nuits
blanches lui a consacré en 1995 précise que « les recherches entreprises auprès de la Mairie et du
Tribunal de Grande Instance de Perpignan n’ont pas permis de retrouver la trace de cette naissance
(Pierre TURPIN et Philippe GONTIER, « Les Phantasmes de Marc Agapit », in Nuits blanches, n°4,
1995, p. 6).
2

Cette école de musique, fondée en 1894 par Charles Bordes, s’était fixé pour but de refonder un art
typiquement français (recherches sur les folklores et la musique ancienne, enseignement élargi par rapport
à celui du Conservatoire), tout en s’ouvrant à l’apport des œuvres étrangères. Le germanisme musical de
la plupart de ses professeurs, influencés par Richard Wagner, Bach, Beethoven et le Belge César Franck,
permit une meilleure connaissance des compositeurs allemands et soutint l’essor de la musique de
chambre en France. Vincent d’Indy (1851-1931) dirigea la Schola de 1904 jusqu’à sa mort ; on lui doit
trois symphonies (dont la plus célèbre est la « Cévenole », dite aussi « sur un thème montagnard »),
plusieurs poèmes symphoniques, trois opéras pseudo-wagnériens, des pièces pour piano et une abondante
musique de chambre.
3

A en croire le dossier de Nuits blanches, Marc Agapit aurait soumis à Vincent d’Indy son opéra sans
l’orchestration, espérant que son maître s’en chargerait. Ce ne fut pas le cas (D’Indy, au contraire, lui
conseilla d’étudier cette discipline) et Agapit dit adieu à ses ambitions musicales en quittant la Schola

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