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faux départs) lui inspirera, en 1960, son roman Opéra de la mort et quelques furtives
allusions dans d’autres parties de son œuvre4.
Fort de son installation à Paris, le jeune Adrien Sobra décide de démarrer une
carrière purement littéraire. De 1920 à l’orée des années cinquante, ce boulimique
d’écriture accumule un nombre incalculable de manuscrits en tous genres : essais,
tragédies, contes philosophiques et fantastiques, romans métaphysiques, poèmes
lyriques et épiques… Œuvres ambitieuses, inspirées de ses nombreuses lectures (le
jeune Sobra dispose d’une culture classique d’une rare solidité, même pour l’époque),
mais qui essuient refus sur refus d’éditeurs. Ses tentatives théâtrales n’ont pas plus de
succès : sa première pièce (une adaptation d’Aristophane) ne trouve preneur chez aucun
directeur – même si, à en croire l’auteur, Charles Dullin fut un moment intéressé 5. Seul
le roman La Juive d’Oran trouve preneur en 1926, aux éditions de la Pensée Latine, et
encore le succès est-il des plus minces. L’auteur use pour ce livre du pseudonyme
d’Ange Arbos, anagramme transparente qu’il reprendra en 1935 pour l’utiliser jusqu’au
début des années cinquante pour quelques œuvrettes policières (les seules à avoir
franchi le barrage éditorial, avec La Juive d’Oran, Le Valet et trois autres livres signés
Adrien Sobra). Quant au reste de ces ouvrages non publiés (deux malles pleines !), il
périra dans les flammes, au cours d’un autodafé allumé par Sobra lui-même peu de
temps après avoir quitté le fonctionnariat. Néanmoins, un grand nombre d’intrigues
« agapitiennes » trouvent leur point de départ dans ce fouillis de manuscrits, comme il le
reconnaîtra plus tard.
Pressé par la nécessité d’un travail régulier, Adrien Sobra s’inscrit à l’Ecole Normale
Supérieure et devient professeur d’anglais, sillonnant au gré des mutations la France (il
enseigne notamment à Meaux et à Langres) comme l’Algérie. Après l’échec musical,
l’échec littéraire ? Sobra consacre pourtant son temps libre à l’écriture, même si ses
publications se font au compte-gouttes. Parallèlement à quelques contes policiers sans
Cantorum. Par contre, on verra réapparaître le poème de Lamartine dans un des derniers romans de Marc
Agapit, Le Chasseur d’âmes (1974).
4

Ainsi, dans Une sorcière m’a dit (1970), on voit l’héroïne fredonner une mélodie d’Henri Duparc, qui
n’est autre que l’ami de Vincent d’Indy et une des sources d’inspiration de la Schola Cantorum.
5

Cf. la préface de Jean-Pierre Andrevon à l’omnibus La Bête immonde, Fleuve Noir, « Bibliothèque du
Fantastique », 1997, p. 12. C’est de cette préface (et du dossier de Nuits blanches) que nous tirons
l’essentiel des renseignements biographiques sur Marc Agapit, écrivain par ailleurs très discret et dont la
vie est encore mal connue aujourd’hui.

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