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PREMIERE PARTIE – QUESTION DE DEPART
I. Le constat de départ :
Mon intérêt pour le thème de l’adolescence marocaine est né de séjours répétés au
Maroc. Aujourd’hui, dans un pays ou les mutations modernes bouleversent les repères issus
du modèle traditionnel, il m’a paru intéressant d’étudier les cas d’adolescents qui incarnaient
selon moi le carrefour de ces croisements culturels. L’adolescence est une phase où la quête
de repères se fait pour la première fois à l’extérieur du foyer, ce qui m’a amené en premier
lieu à me demander comment s’organisait cette quête dans une société où deux modèles,
apparemment antagonistes, se croisaient. L’adolescent marocain évolue dans un « entredeux », le respect d’un modèle patriarcal traditionaliste et un attrait puissant pour la
modernité. Le constat de l’entrechoc de ces deux univers symboliques, lors de la construction
identitaire de l’adolescent, a généré la question suivante: « Au niveau identitaire, de quelle
manière l’adolescent gère-t-il les écarts entre les deux univers culturels qui se présentent à
lui ? »

II. Les entretiens et questionnaires exploratoires :
Mes observations naïves de la vie quotidienne marocaine ont peu à peu laissé place à
de véritables échanges thématiques avec des adultes, adolescents ou enfants rencontrés au
hasard des rues. J’ai alors décidé d’affiner ce constat de départ en le plaçant au cœur de mon
mémoire. Dans un premier temps, un échantillon de 50 adultes et 50 adolescents ont rempli un
questionnaire, visant à déblayer mon terrain d’investigation. Tous sont de genre masculin et
vivent dans la ville de Fès, la troisième plus grande ville marocaine. Ces questionnaires sont
axés sur deux thèmes : l’influence de l’Occident par la musique et le conflit qui pouvait naître
au sein du foyer.
La musique m’a semblé être un élément majeur de l’influence occidentale par son
omniprésence dans l’environnement immédiat des jeunes. Des vidéoclips de musique
américaine ou européenne sont diffusés fréquemment dans les souks, les cafés et les salles de
jeux. Dans leur façon de s’habiller, nombre d’adolescents font preuve d’un attachement à un
genre musical inspiré de tel ou tel stéréotype : façon rappeur américain, rockeur, punk,
tektonik... en décalage avec les habitudes vestimentaires locales. La télévision et
particulièrement les vidéoclips, pour les adolescents, m’ont semblé être une vitrine de ce
monde prospère, cliché de l’idéal occidental. Ces programmes m’ont alors semblé exercer une
sphère d’influence intéressante à utiliser pour ma phase exploratoire.