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siècle, ce sont les arabes qui nous ont appris à la consommer. Elle mit longtemps à s’imposer bien
que cultivée pour la table de Louis XIV, et très à la mode sous le Directoire. Ce légume replet à robe
violette, comme un chanoine de haut lignage tenta la curiosité du roi Louis XIV qui demanda à son
jardinier de faire la culture de cette béringère mais il a fallu attendre le XIXème siècle pour le voir
apparaître dans les livres de cuisine.
Sa commercialisation ne commença qu’au milieu du XIXème siècle. Elle est restée jusqu’à très
récemment une spécialité de la cuisine niçoise, andalouse, grecque et italienne. Elle fut introduite
aux Etats-Unis par Thomas Jefferson qui fit de nombreuses expériences de culture avec des graines
et des boutures provenant de plusieurs variétés. L'immigration, la commercialisation et l'exportation
ont mis l'aubergine sur la table des continents.
Dénigrée par les médecins européens, l'aubergine était cultivée comme plante ornementale et les
Anglo-Saxons avaient même une variété aux oeufs, c'est-à-dire à petits fruits ovales à la robe
somptueuse, qu'ils cultivaient dans la maison. Appelée Pomme de Sodome par les médecins et
botanistes qui accusaient l'aubergine d'être à l'origine des fièvres et des crises d'épilepsie de leurs
patients, l'aubergine fut appelée d'abord Solanum insanum c'est-à-dire insane, mauvais à la
consommation et qui rend fou. Mais les gens commençaient à aimer ce drôle de légume et Linné
décida que sa dénomination était peut-être un peu trop radicale et le changea en Solanum
melongena qui signifie pomme mauvaise mais apaisante.
Il y a 4 000 ans : les premières cultures balbutiantes de cette plante originaire d'Asie méridionale
poussent dans la région d'Assam et la Birmanie. C’est depuis plus de 2 500 ans que l'aubergine est
courante dans toute l’Asie où l’on en trouve encore aujourd'hui des variétés de toutes les couleurs.
Avant le moyen age : l’aubergine gagne l'Afrique du Nord dans les malles des grandes caravanes,
d’abord des Perses, qui nomment la plante bâdengân, puis des arabes qui l’appellent al-bâdinjân.
Les navigateurs arabes l’introduisirent dans tout le bassin méditerranéen où elle est rapidement
adoptée.
Au début du Moyen Age : les arabes emmènent leur al-bâdinjân dans l'Espagne qu’ils envahissent
par l’Andalousie. Arrivée en catalogne elle se nomme désormais albergínia.
Au XIV ème siècle : elle est introduite en Italie ainsi que dans le sud de la France via l'Afrique. Les
médecins et botanistes lui attribuent l'origine de fièvres et de crises d'épilepsie et l’appellent
« Pomme de Sodome », la Solanum insanum ; l’insane, la mauvaise à la consommation, qui rend
fou. Les Italiens ont conservé cette appellation en déformant Solanum insanum en melanzana.
Au XVIII ème siècle : le naturaliste Linné, conscient du succès de la Solanum insanum chez les
populations méditerranéennes, la rebaptise plus sobrement Solanum melongena : la pomme
mauvaise mais apaisante. L'aubergine, en Europe, reste principalement une plante ornementale,
comme cette variété « aux œufs » des Anglo-Saxons, à petits fruits ovales parés d’une robe
somptueuse, qu'ils cultivent alors dans la maison. D’ailleurs, en anglais, aubergine se dit Eggplant.
Le roi Louis XIV, séduit par la prestance de ce légume replet à robe violette, demande à son
jardinier d'en faire la culture.
1750 : Le mot aubergine apparaît dans la langue française.