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Chapitre 3 La politique monétaire
Cours MMF –2 ème LFE –2011-2012
La politique monétaire est l’un des principaux instruments de la politique
économique. À l’instar de toute politique économique, le fonctionnement de
la politique monétaire est traditionnellement présenté à partir d’une grille
d’analyse qui relie ses instruments à ses objectifs …nals en faisant jouer différents canaux de transmission selon la séquence suivante :
:/Users/DELL/AppData/Local/Temp/graphics/MMCEDU001 :pdf
La politique monétaire serait donc selon ce schéma l’ensemble des décisions et des actions des autorités monétaires (banque centrale) en vue d’atteindre un certain nombre d’objectifs. Le schéma précédent souligne les deux
aspects de la politique monétaire. Le premier aspect est d’ordre tactique et
renvoie à la séquence reliant les instruments aux cibles opérationnelles. Il correspond à la mise en oeuvre de la politique monétaire. Le deuxième aspect est
d’ordre stratégique et renvoie à la séquence reliant les objectifs intermédiaires
aux objectifs …naux. Ces deux aspects sont articulés à travers les canaux de
transmission de la politique monétaire. Ce chapitre se propose de présenter
les principaux rouages de la politique monétaire à travers respectivement ces
trois aspects : mise en oeuvre (section 1), stratégie (section 2) et canaux de
transmission (section 3).

1

La mise en oeuvre de la politique monétaire

Pour conduire leur action, les autorités monétaires disposent de deux
catégories d’instruments. La première catégorie renvoie à des interventions
directes pour contrôler et limiter le crédit (encadrement du crédit). L’idée est
de plafonner directement et de manière contraignante l’octroi de crédits en
vue de limiter la croissance de la quantité de monnaie en circulation, en …xant
par exemple pour chaque banque des enveloppes ou des normes (objectifs) de
croissance de crédit à ne pas dépasser sous peine de sanctions (constitution
1

de réserves obligatoires supplémentaires par exemple). Dans le même esprit
interventionniste, les autorités monétaires encouragaient la sélectivité du crédit, c’est-à-dire le …nancement de certains secteurs (agriculture, tourisme, ...)
à des taux d’intérêt boni…és et inférieurs au taux du marché, contrôlant du
coup non seulement l’évolution globale du crédit mais également sa répartition entre les activités économiques.
Ce système, qui faussait la concurrence à la fois entre les banques et
entre les activités économiques, en pénalisant les plus dynamiques d’entre
elles, a été progressivement abandonné avec les mouvements de libéralisation
et de développement des marchés …nanciers pour laisser place à une deuxième
catégorie d’instruments, basées plutôt sur des actions indirectes visant à in‡uencer la liquidité bancaire sur le marché monétaire à travers le coût ou le
volume de re…nancement. L’action des autorités monétaires repose alors sur
une logique d’incitation dans le cadre des mécanismes de marché et non pas
de contrainte. De nos jours, la mise en oeuvre des décisions de la politique
monétaire est e¤ectuée à l’aide d’un dispositif d’instruments et de procédures
opérationnelles permettant à la banque centrale d’intervenir sur le marché
de la monnaie centrale, où elle cherche à contrôler soit le prix de cette monnaie (ciblage opérationnel du taux d’intérêt) soit les quantités qui en sont
o¤ertes ou demandées (ciblage opérationnel de la base). Pour comprendre
comment elle y arrive, il est nécessaire de savoir d’abord comment ce marché
fonctionne.

1.1

Le marché de la monnaie centrale

Ce marché fonctionne comme tous les autres dans la mesure où l’équilibre
entre la quantité de monnaie centrale demandée et celle qui est o¤erte détermine le prix de la monnaie centrale ou le taux de l’argent au jour le jour,
c’est-à-dire le taux d’intérêt demandé lors des opérations de prêts de monnaie centrale. Mais, il s’agit d’un marché très particulier puisque la banque
centrale y a le monopole de l’o¤re et y in‡uence la demande.
1.1.1

La demande de monnaie centrale

La demande de monnaie centrale est la demande de réserves faite par les
banques et est donc égale à la somme des réserves obligatoires et des réserves
excédentaires, somme qui correspond aux soldes de leurs comptes courants
à la banque centrale. La première composante permet à la banque centrale
d’in‡uencer directement la demande de réserves. La détention de réserves
excédentaires par rapport à ce qui est imposé permet aux banques de faire
face aux fuites en monnaie centrale qu’elles subissent mais leur fait suppor2

ter, du fait de leur absence de rémunération, un coût d’opportunité égal au
taux d’intérêt qui aurait pu être gagné en prêtant cette monnaie centrale,
c’est-à-dire le taux du marché monétaire au jour le jour. Par conséquent, la
valeur désirée de ces réserves diminue lorsque ce taux d’intérêt augmente.
La demande de monnaie centrale M C d est donc décroissante en fonction du
taux d’intérêt.
M C d = CCB = R = RO + RE = RO + T jj
où T jj est le taux d’intérêt du marché monétaire au jour le jour et
1.1.2

< 0.

L’o¤re de monnaie centrale

Pour déterminer l’o¤re de monnaie centrale, il est utile de partir du bilan
de la banque centrale :
Actif
Banque centrale
Passif
Avoirs extérieurs nets
Billets en circulation
Compte courant du Trésor
Concours au Trésor
Re…nancement (créances sur les banques) Comptes courants des banques
Autres postes d’actif
Autres postes de passif
On distingue au sein des postes de ce bilan les postes qui dépendent des
décisions de politique monétaire de ceux qui en sont indépendants. Ainsi,
on trouve à l’actif de ce bilan un poste intitulé Re…nancement Ref qui correspond aux créances acquises par la banque centrale sur les banques lors
des opérations qu’elle e¤ectue sur le marché de monnaie centrale dans le but
d’in‡uencer le montant des réserves bancaires. Ce montant est positif lorsque
ces opérations correspondent à un apport (injection) de liquidité et négatif
lorsqu’elles se traduisent par un retrait (ponction) de liquidité. Les autres
postes du bilan de la banque centrale sont, sur la période d’analyse retenue
(le très court terme), indépendants de l’action de la banque centrale et sont
considérés à ce titre comme des facteurs autonomes de l’o¤re de monnaie
centrale. On y comptabilise, du côté des éléments positifs, c’est-à-dire des
facteurs ou variables qui a¤ectent positivement les facteurs autonomes F A,
les avoirs extérieurs nets (avoirs moins engagements extérieurs) AEN et le
concours au Trésor CAT et du côté des éléments négatifs, c’est-à-dire des
facteurs ou variables qui l’a¤ectent négativement, les billets en circulation
B, le compte courant du Trésor à la banque centrale CCT ainsi que d’autres
facteurs nets (fonds propres, immeubles, ...) AF N , obtenus en faisant la différence entre Autres Postes de Passif AP P et Autres postes d’actif (AP A).
Il s’en suit l’expression suivante :
3

F A = AEN + CAT

B

CCT

AF N

La quantité de monnaie centrale o¤erte M C o résulte de l’addition des
facteurs autonomes F A et des opérations de re…nancement Ref , soit :
M C o = F A + Ref
1.1.3

L’équilibre du marché

L’équilibre sur le marché de monnaie centrale suppose l’égalité entre l’o¤re
de monnaie centrale M C o , résultant à la fois des facteurs autonomes F A et
des opérations de politique monétaire Ref , et la demande qui en est faite
par les banques M C d :
M Co = M Cd
ou encore :
F A + Ref = RO + T jj
L’équilibre sur le marché de la monnaie centrale est réalisé di¤éremment
selon que l’objectif opérationnel de la banque centrale est le prix (coût) ou
la quantité (volume) de monnaie centrale (re…nancement).

1.2

Ciblage opérationnel du taux d’intérêt

Dans le cas général où la banque centrale retient comme objectif (cible)
opérationnel le taux d’intérêt du marché monétaire, appelé taux directeur
et noté T d, la gestion de la liquidité obéit à la logique suivante : la banque
centrale prévoit la valeur désirée (demandée) des réserves bancaires corresp
pondant à ce taux d’intérêt, soit : M C d = RO + T d, ainsi que le montant
de monnaie centrale résultant des facteurs autonomes, supposé indépendant
de ce taux, soit : F Ap , puis procède aux opérations de politique monétaire
p
correspondantes, soit : Ref = M C d
F Ap , qui se traduisent soit par un
apport (ou injection) en monnaie centrale (Ref > 0), soit par un retrait (ou
ponction) de liquidité (Ref < 0).
Les banques se trouvent quotidiennement soit en situation d’excédent de
monnaie centrale par rapport à leurs besoins, les fuites ou pertes en monnaie
centrale l’emportant sur les rentrées ou injections, soit en situation de dé…cit. Les banques dé…citaires éprouvent un besoin en monnaie centrale qu’elles
peuvent satisfaire en se re…nancant sur le marché monétaire. Elle le font principalement sur le marché interbancaire, qui est le compartiment du marché
4

monétaire réservé aux banques, auprès de leurs consoeurs excédentaires et
disposant donc d’une capacité de re…nancement, en leur empruntant à très
courtes échéances (un jour, une semaine, un mois) au taux du marché monétaire (il s’agit là de ce qu’on appelle les lignes de crédit mutuelles), en leur
vendant des e¤ets privés ou publics ou encore plus fréquemment en les mettant en pension. On parle selon le cas de mise ferme (cession dé…nitive) ou de
mise en pension (cession temporaire, c’est-à-dire vente au comptant assortie
d’un engagement de rachat à un terme convenu) d’e¤ets pour les banques
dé…citaires et de prise ferme ou de prise en pension d’e¤ets pour les banques
excédentaires. Les actifs éligibles sont en général constitués par des titres de
la dette publique ou des actifs émis par des débiteurs de grande qualité. Les
banques peuvent également se re…nancer sur le marché des titres de créances
négociables, l’autre compartiment du marché monétaire, en émettant auprès
d’autres agents (entreprises, compagnies d’assurance, sociétés d’investissement) des certi…cats de dépôt.
Si, malgré cela, il ne s’établit pas de compensation parfaite entre excédents
et dé…cits en monnaie centrale, le système bancaire est globalement endetté et
ne peut faire face à ses engagements en monnaie centrale qu’en se re…nancant
auprès de la banque centrale. On dit que le système bancaire est "en banque"
puisqu’il a besoin de la banque centrale pour combler l’écart entre les fuites
qu’il subit et ses rentrées en monnaie centrale.1 La banque centrale n’a alors
d’autre choix que de re…nancer les banques. On dit d’elle qu’elle est, vis-à-vis
des banques, prêteur en dernier ressort contraint.
L’approvisionnement des banques en liquidités auprès de la banque centrale s’e¤ectue principalement selon trois modalités. D’abord, à travers les
opérations "d’Open Market", qui sont à la discrétion de la banque centrale
et qui sont organisées sous la forme d’appels d’o¤res réguliers auxquels les
banques participent en soumettant des montants de re…nancement et les taux
d’intérêt correspondants qu’elles sont prêtes à payer. La banque centrale répond à ces demandes en totalité ou seulement en partie, dans la limite du
volume de liquidité qu’elle désire injecter et en échange d’actifs cédés temporairement en garantie ou dé…nitivement.2 La banque centrale ne traite plus
avec telle ou telle autre banque mais avec le marché, dont elle considère
globalement le besoin de liquidité.
Ensuite, la banque centrale peut intervenir à son initiative et de manière
1

Il est dit "hors banque" lorsqu’il n’est pas globalement endetté par rapport à la banque
centrale.
2
Elle peut soit commencer par les o¤res aux taux d’intérêt les plus élevés (méthode des
taux multiples), soit satisfaire la totalité ou un certain pourcentage uniforme des demandes
exprimées par les banques à un taux d’intérêt unique au moins égal à celui qu’elle a retenu
(méthode du taux unique) soit combiner les deux méthodes à la fois.

5

ponctuelle pour procèder au réglage …n de la liquidité en procédant à des
injections en monnaie centrale si elle juge que la sous-liquidité globale du
marché risque d’entraîner des pressions à la hausse des taux d’intérêt.
Les re…nancement selon les deux modalités précédentes peut comporter
en une cession temporaire
En…n, elle peut intervenir à travers les facilités permanentes de prêt, qui
consistent pour la banque centrale à prêter de la liquidité pour 24 heures à
la demande des banques.
Notons en…n que la banque centrale peut également si elle le juge opportun conduire des opérations inverses visant à éponger des liquidités sur le
marché monétaire (adjudications, opérations ponctuelles de ponction, facilités permanentes de dépôt).
1.2.1

Les opérations à l’initiative de la banque centrale

Ces opérations constituent le principal instrument utilisé par les banques
centrales pour apporter ou retirer de la liquidité en vue d’atteindre l’objectif
…xé pour le taux d’intérêt au jour le jour. Elles sont à l’initiative de la banque
centrale qui les e¤ectue aux conditions du marché. Il s’agit des opérations
d’Open Market et des opérations de réglage …n.
Les opérations d’Open Market La banque centrale peut être confrontée
à trois situations. Dans la première situation, les prévisions sur lesquelles la
banque centrale s’est appuyée pour déterminer son o¤re de monnaie centrale
p
sont parfaitement véri…ées ( M C d = M C d et F Ap = F A) et le taux du
marché monétaire au jour le jour T jj est égal au taux directeur T d (Cf. Fig
1.a). On dit alors que les conditions sur le marché monétaire sont normales.
La banque centrale n’a pas besoin d’intervenir.

6

Tjj

Ref

Tjj=Td

d

d p

p

MC -FA= (MC ) -FA
MC

Fig. 1.a Conditions normales du marché monétaire
La deuxième situation à laquelle la banque centrale peut faire face est
celle où le taux du marché monétaire au jour le jour T jj est supérieur à son
taux directeur T d (Cf. Fig 1.b). Ceci peut provenir d’une sous-estimation de
p
la demande de monnaie centrale faite par les banques ( M C d < M C d ) et/
ou d’une sur-estimation de la valeur des facteurs autonomes (F Ap > F A).
Supposons pour simpli…er que la banque centrale prévoit parfaitement la
p
demande de monnaie centrale faite par les banques ( M C d = M C d ) et
que la seule erreur de prévision consiste en la sur-estimation des facteurs
autonomes (F Ap > F A). Celle-ci peut provenir de la sur-estimation des
composantes a¤ectant positivement les facteurs autonomes (par exemple,
des avoirs extérieurs nets moins importants que ceux qui étaient attendus,
soit : AEN p > AEN ) et/ou de la sous-estimation de celles les a¤ectant
négativement (par exemple, une demande de billets plus forte que prévu,
soit : B > B p ). Pour n’importe quel taux d’intérêt, la courbe de demande de
monnaie centrale est plus à droite que celle dont s’est servie la banque centrale
pour déterminer son o¤re de monnaie centrale (et qui est basée rappelons-le
sur les facteurs autonomes prévus), la distance entre les deux étant donnée
par la di¤érence entre la valeur prévue des facteurs autonomes et leur valeur
e¤ective. L’équilibre du marché se réalise alors à un taux d’intérêt supérieur
au taux directeur de la banque centrale (T jj > T d). On dit qu’il y a des
tensions sur le marché monétaire.
:/Users/DELL/AppData/Local/Temp/graphics/MMCEDU023 :pdf
Fig. 1.b Tensions sur le marché monétaire
7

La troisième situation à laquelle la banque centrale peut être confrontée
est inverse à la précédente et donne un taux du marché monétaire au jour
le jour inférieur à son taux directeur (T jj < T d) (Cf. Fig 1.c). Ceci découle d’une sur-estimation de la demande de monnaie centrale faite par les
p
banques ( M C d > M C d ) et/ ou d’une sous-estimation de la valeur des
facteurs autonomes (F Ap < F A). Supposons pour simpli…er que la banque
centrale prévoit parfaitement la demande de monnaie centrale faite par les
p
banques ( M C d = M C d ) et que la seule erreur de prévision consiste en
la sous-estimation des facteurs autonomes (F Ap < F A). Celle-ci peut provenir de la sous-estimation des composantes a¤ectant positivement les facteurs autonomes (par exemple, une sous-estimation des avoirs extérieurs nets
AEN p < AEN ) et/ou de la sur-estimation de celles les a¤ectant négativement (par exemple, une sur-estimation du solde du compte courant du Trésor : CCT < CCT p ). Pour le même taux d’intérêt, la demande e¤ective de
monnaie centrale faite par les banques nette des facteurs autonomes va être
inférieure à celle prévue par la banque centrale et se situer par conséquent à
sa gauche, la distance entre les deux étant donnée par la di¤érence entre la
valeur e¤ective des facteurs autonomes et leur valeur prévue. L’équilibre du
marché se réalise alors à un taux d’intérêt inférieur au taux directeur de la
banque centrale (T jj < T d). On dit alors que la détente règne sur le marché
monétaire.
Tjj
Ref

Td

Tjj

MCd-FAp
MCd-FA
MC

Fig. 1.c Détente sur le marché monétaire
Les opérations de réglage …n Dans le cas général où la prévision des
facteurs autonomes par la banque centrale se révèle inexacte, le taux du
8

marché monétaire au jour le jour s’écarte de son taux directeur. Supposons
que l’on est dans la situation où le montant de monnaie centrale o¤ert dans la
cadre des opérations d’Open Market a été déterminé sur la base d’une valeur
estimée des facteurs autonomes supérieure à la valeur e¤ective. Le taux du
marché monétaire au jour le jour est supérieur au taux directeur (Cf. Fig
2.a). La banque centrale peut e¤ectuer une opération ponctuelle d’apport de
liquidité, par exemple sous la forme d’un achat ferme ou de prise en pension
de titres. La courbe d’o¤re de monnaie centrale se déplace vers la droite, ce
qui fait baisser le taux de l’argent au jour le jour jusqu’au niveau du taux
directeur.
Tjj

Ref

Ref

Tjj

Td

d

MC -FA
MC

Fig. 2.a Opération ponctuelle d’apport de liquidité
Inversement, si le taux du marché monétaire au jour le jour est inférieur
au taux directeur parce que l’o¤re de monnaie centrale dans le cadre des
opérations d’Open Market a été déterminée sur la base d’une valeur prévue
des facteurs autonomes inférieure à la valeur e¤ective, la banque centrale
peut retirer de la monnaie centrale du marché, en procédant par exemple à
une vente ferme ou une mise en pension de titres. Cela déplace la courbe
d’o¤re de monnaie centrale et fait augmenter le taux du marché monétaire
au jour le jour jusqu’au niveau du taux directeur (Cf. Fig 2.b).

9

Tjj

Ref'

Ref

Td

Tjj

d

MC -FA
MC

Fig. 2.b Opération ponctuelle de ponction de liquidité
1.2.2

Les facilités permanentes

Certaines opérations de politique monétaire sont e¤ectuées non pas, comme
les précédentes, à l’initiative de la banque centrale mais à celle des banques
commerciales dans le cadre de facilités permanentes o¤ertes par l’institut
d’émission. La grande di¤érence avec les opérations d’Open Market est qu’elles
ne donnent pas lieu à des opérations de marché. Elles sont réalisées dans le
cadre de relations bilatérales entre la banque centrale, qui en …xe les conditions, et un établissement de crédit, qui en a l’initiative. Il existe deux types
de facilités permanentes : les facilités de prêt, qui …xent une borne supérieure
pour le taux de l’argent au jour le jour, et les facilités de dépôt, qui lui …xent
une borne inférieure. Une banque centrale peut utiliser les deux instruments
et délimiter ainsi un corridor à l’intérieur duquel reste le taux de l’argent au
jour le jour. C’est ce que fait la BCE. Mais elle peut se contenter d’en utiliser
une - généralement la facilité de prêt - pour que le taux de l’argent au jour
le jour ne soit pas trop au-dessus de l’objectif …xé. C’est ce que fait la Fed,
où le guichet de l’escompte ouvre une facilité permanente de prêt.
Les facilités permanentes de prêt La facilité de prêt permet aux banques
d’obtenir de l’institut d’émission, contre la remise de garanties, des prêts en
monnaie centrale pour une courte durée (24 heures) à un taux prédéterminé.
Le taux d’intérêt appliqué sur la facilité de prêt T f p est supérieur au taux
directeur T d, qui est appliqué sur les opérations principales de re…nancement (Open Market). Cette di¤érence est habituellement de 100 points de
10

base (1%) mais elle est seulement de 75 points de base (0:75%) en Tunisie
actuellement.
Ce taux …xe une borne supérieure pour le taux de l’argent au jour le
jour, qui ne peut donc s’élever trop au-dessus du taux directeur T d. Pour
le comprendre, regardons ce qui se passe en cas de forte sur-estimation de
la valeur des facteurs autonomes (F Ap > F A). Cette situation est analysée
sur la …gure 3. Supposons qu’initialement, les courbes de re…nancement et
de demande de monnaie centrale (nette des facteurs autonomes) se coupent
en 1, de sorte que le taux d’intérêt au jour le jour T jj soit égal au taux
directeur T d. La surestimation des facteurs autonomes déplace la courbe de
demande de monnaie centrale (nette des facteurs autonomes) vers la droite
et l’équilibre se déplace en 2. Le montant des prêts accordés dans le cadre de
la facilité permanente de prêt passe de zéro à F P et le taux de l’argent au
jour le jour monte jusqu’au niveau du taux d’intérêt sur la facilité de prêt
T f p, mais il ne peut aller plus haut. Par conséquent, celui-ci …xe une borne
supérieure pour le taux de l’argent au jour le jour.
Tjj

2
Ref

Tjj=Tfp

Td

1

d

MC -FA
d

p

MC -FA

MC

FP

Fig. 3 Facilité permanente de prêt
Les facilités permanentes de dépôt La facilité de dépôt permet aux
banques d’e¤ectuer des dépôts de courte durée (24 heures) auprès de la
banque centrale à un taux prédéterminé. Le taux d’intérêt sur cette facilité T f d est …xé en dessous du taux directeur T d, habituellement de 100
points de base. En Tunisie, il se situe en dessous de seulement 75 points de
base (0:75%) actuellement.
Le taux sur la facilité de dépôt joue également un rôle important : il
…xe une borne inférieure pour le taux de l’argent au jour le jour. Pour le
11

comprendre, regardons ce qui se passe en cas de forte sous-estimation de la
valeur des facteurs autonomes (F Ap < F A). Cette situation est analysée sur
la …gure 4. Supposons que l’équilibre initial sur le marché de monnaie centrale, donné par l’intersection des courbes de re…nancement et de demande de
monnaie centrale (nette des facteurs autonomes), est réalisé en 1, où le taux
d’intérêt au jour le jour T jj est égal au taux directeur T d. La sous-estimation
des facteurs autonomes déplace la courbe de demande de monnaie centrale
(nette des facteurs autonomes) vers la gauche et l’équilibre est maintenant
réalisé au point 2. Le montant des dépôts accordés dans le cadre de la facilité
permanente de dépôt passe de zéro à F D, et le taux de l’argent au jour le
jour T jj descend jusqu’au niveau du taux d’intérêt sur la facilité de dépôt
T f d, mais il ne peut aller plus bas. Par conséquent, celui-ci …xe une borne
inférieure (plancher) pour le taux de l’argent au jour le jour.

Tjj

Ref

1

Td
Tjj=Tfd

d

2

d

p

MC -FA

MC -FA

MC

FD

Fig. 4 Facilité permanente de dépôt
L’équilibre du marché de la monnaie centrale et le corridor La combinaison des di¤érents instruments de politique monétaire existants donne à
la courbe d’o¤re de monnaie centrale une allure bien particulière (voir …gure
5). Elle a trois segments : le premier, horizontal, correspond à la facilité permanente de dépôt ; le deuxième, vertical, correspond aux opérations principales de re…nancement (Open Market et réglage …n) ; le troisième, horizontal,
correspond à la facilité permanente de prêt. L’intersection entre cette courbe
12

d’o¤re et la courbe de demande est toujours située dans un corridor dont
le plafond correspond au taux d’intérêt sur la facilité de prêt et le plancher
au taux d’intérêt sur la facilité de dépôt. La largeur de ce corridor est de
150 points de base en Tunisie actuellement. Le taux d’intérêt directeur T d
se trouve au milieu de ce corridor. Le taux de l’argent au jour le jour T jj en
reste très proche si les techniques de contrôle utilisées par la banque centrale
sont très e¢ caces.

Tjj

Ref
Tfp
Td
Tfd
d

p

MC -FA

MC

Fig. 5 Corridor
1.2.3

Les réserves obligatoires

Les deux instruments de politique monétaire présentés jusqu’ici, les opérations d’Open Market et les facilités permanentes, permettent à la banque
centrale de réguler le taux de l’argent au jour le jour en agissant sur les
conditions de l’o¤re sur le marché de la monnaie centrale. Mais un autre
instrument de politique monétaire, le système des réserves obligatoires, lui
permet d’in‡uencer les conditions de la demande. Cet instrument permet
d’agir sur le besoin structurel du système bancaire en monnaie centrale et
détermine la position de la courbe de demande de monnaie centrale.
Pour bien comprendre cette fonction des réserves obligatoires, revenons
à l’identité qui sert à analyser les conditions en vigueur sur le marché de la
monnaie centrale : M C o = F A + Ref = M C d . Supposons qu’il n’existe pas
de réserves obligatoires (RO = 0). Le montant des avoirs que les établissements de crédit détiennent en compte courant à la banque centrale est, toutes
13

choses égale par ailleurs, plus faible. S’il tombe au-dessous du montant des
facteurs autonomes (M C d < F A), les banques n’ont pas besoin d’un apport
de monnaie centrale par l’institut d’émission (Ref < 0), qui ne peut plus
exercer son contrôle sur le marché. On dit qu’il est hors-banque. Cette situation est représentée sur la …gure 6, où la courbe de demande est située vers
le bas. Supposons que la banque centrale souhaite …xer son principal taux
directeur à la valeur T d. A ce taux, les banques n’ont pas besoin de monnaie
centrale. Il n’est donc pas possible d’amener le taux de l’argent au jour le
jour au niveau de T d. L’instauration d’un système de réserves obligatoires
fait glisser la courbe de demande vers le haut et permet à la banque centrale
d’avoir le contrôle du marché de la monnaie centrale. On dit alors qu’il est
en banque.
Tjj

Td

MCd sans RO

MCd avec RO
MC

Fig. 6 Système de réserves obligatoires
L’existence d’un système de réserves obligatoires in‡uence non seulement
la position de la courbe de demande de monnaie centrale mais aussi sa pente.
Il sert donc à limiter la variabilité des taux d’intérêt en agissant sur l’élasticité de la demande de monnaie centrale au taux d’intérêt – il agit sur la
pente de la courbe de demande . Le respect de l’obligation de la constitution des réserves étant évalué sur la base de la moyenne des soldes quotidiens
du compte courant à la banque centrale sur une période mensuelle, des déséquilibres transitoires peuvent être compensés par des déséquilibres de sens
opposé au cours de la même période de constitution. En revanche, à la …n
de cette période, l’obligation de constitution de réserves devient irrévocable
et les banques ne peuvent plus reporter leurs excédents ou leurs dé…cits de
14

monnaie centrale. Par conséquent, la forme de la courbe de demande de monnaie centrale représentée sur la …gure 7a se modi…e au cours de la période
de constitution. Elle est assez plate – la demande de monnaie centrale est
très sensible aux variations du taux de l’argent au jour le jour – l’essentiel
du temps. En revanche, elle est proche de la verticale – presque insensible
aux variations du taux d’intérêt –en …n de période. Cette modi…cation de la
pente de la courbe de demande de monnaie centrale a des implications très
importantes pour la volatilité des taux d’intérêt.
Tjj
d

MC à la fin de la période
de constitution des RO

d

MC au cours de la période
de constitution des RO
MC

Fig 7a. Evolution de M C d au cours de la période de constitution
des RO
Pour le voir, imaginons une situation où le taux directeur est …xé à T d.
Supposons que le montant des facteurs autonomes soit, pour une raison ou
pour une autre, nettement inférieur à ce qui avait été anticipé (F Ap > F A).
Ceci peut découler par exemple d’une demande de billets anormalement forte
(B > B p ). La courbe de demande de monnaie centrale (nette des facteurs
autonomes) est plus à droite que celle qui avait été prévue. Si l’on est dans
la période de constitution de réserves, le taux de l’argent au jour le jour
s’écarte peu de T d (T jj1 en 1 sur la …gure 7b). La banque centrale n’a pas
besoin d’intervenir. En revanche, si le choc survient à la …n de la période
de constitution des réserves, la tension sur le marché de l’argent est forte :
le taux de l’argent au jour le jour est nettement supérieur à T d (T jj2 en
2 sur la …gure 8b). Dans ces circonstances, un apport de liquidité par la
banque centrale peut être nécessaire. À l’inverse, si à la …n de la période de
15

constitution des réserves, le montant des facteurs autonomes est nettement
supérieur à ce qui avait été prévu (F Ap < F A), le taux de l’argent au jour le
jour peut tomber nettement au-dessous de T d. Cela peut obliger la banque
centrale à intervenir en retirant de la liquidité.
En résumé, deux conclusions se dégagent de l’analyse des e¤ets du système
de réserves obligatoires sur la variabilité des taux d’intérêt : (1) le système de
réserves obligatoires stabilise, en moyenne, le taux de l’argent au jour le jour ;
(2) à l’approche de la clôture de la période de constitution des réserves, le taux
de l’argent au jour le jour peut s’écarter du principal taux d’intérêt directeur
en cas de choc sur les facteurs autonomes. La première conclusion explique
pourquoi l’utilisation des opérations de réglage …n n’est pas nécessaire.
Tjj
Tjj2

Tjj1
Td

MC

Fig 7b. E¤et sur T jj d’un choc sur les FA au cours et à la …n de
la période de constitution des RO
Notons pour terminer que la banque centrale peut choisir comme objectif
opérationnel non pas le taux d’intérêt mais le montant de la liquidité o¤erte.
Ce fut le cas aux États-Unis au début des années 1980 et au Japon entre
2001 et 2006. Dans le cas où la banque centrale se …xe un tel objectif, le taux
d’intérêt s’ajuste pour réaliser l’équilibre sur le marché, dont la variabilité
peut donc être élevée.

16

2

La stratégie de politique monétaire

La stratégie de politique monétaire recouvre deux aspects : la dé…ntion de
ou des objectifs de la politique monétaire ainsi que leur articulation avec les
instruments et les cibles opérationnelles, à travers les objectifs intermédiaires.

2.1

La stabilité des prix comme objectif …nal

De manière générale, ces objectifs sont ceux de la politique économique et
sont représsentés par le carré magique de Kaldor qui regroupe les objectifs de
croissance économique, de stabilité des prix, de lutte contre le chômage et de
préservation des équilibres externes. Si certains de ces objectifs sont complémentaires (la lutte contre le chômage passe nécessairement par la croissance
économique), en règle générale ces objectifs sont di¢ cilement réalisables tous
au même temps et peuvent être con‡ictuels. Par exemple, dans une phase
d’expansion de l’activité économique où le chômage baisse, la surchau¤e de
l’économie (fonctionnement à pleines capacités) peut faire augmenter l’in‡ation et détériorer les équilibres externes alors que la lutte contre celle-ci
peut amener l’économie dans une phase de ralentissement et de hausse du
chômage.
Une stratégie de politique monétaire ne peut donc poursuivre les 4 objectifs précédents et doit donc les hiérarchiser en établissant un ordre de
priorité. De nos jours, les autorités monétaires de la plupart des pays privilégient l’objectif de stabilité des prix, entendue comme la réalisation d’un
taux d’in‡ation légérement positif (ne dépassant pas les 2%). Les autres objectifs sont tolérés tant qu’ils ne viennent pas remettre en cause cet objectif
principal. La stabilité des prix s’est imposée en tant qu’objectif ultime de la
politique monétaire en raison à la fois des di¢ cultés que celle-ci rencontre
pour stabiliser l’activité et des coûts occasionnés par l’in‡ation.
2.1.1

La neutralité de la politique monétaire

Un politique monétaire active destinée à relancer l’activité ne peut agir
durablement sur la croissance et l’emploi et a pour seul e¤et durable d’accroître l’in‡ation. Cette idée trouve son fondement dans la courbe de Phillips,
qui établit une relation décroissante entre chômage et in‡ation (salariale : plus
le chômage est faible et et plus les salariés peuvent revendiquer des augmentations de salaires). L’arbitrage entre chômage et in‡ation relève seulement
du court terme et ne peut donc être exploité qu’à cet horizon mais disparaît
totalement à long terme, sans aucun e¤et béné…que durable sur l’économie
réelle. La relance fait reculer le chômage mais l’in‡ation accrue qu’elle pro17

duit abaisse le pouvoir d’achat des salariés qui pour compenser cette perte
peuvent obtenir des salaires plus élevés, augmentant ainsi les coûts salariaux
et incitant les entreprises à réduire l’emploi. A court terme, on peut réduire
le chômage en acceptant un taux d’in‡ation plus élevé3 mais à long terme le
chômage reviendra à son niveau initial contrairement à l’in‡ation qui s’établira à un taux plus élevé.
2.1.2

Les coûts économiques et sociaux de l’in‡ation

Une in‡ation élevée introduit des distorsions dans l’allocation des ressources et implique des coûts aussi bien économiques que sociaux. En e¤et,
elle favorise certains types de placement comme les actifs réels (immobilier,
terrains, ...) permettant de s’en protéger au détriment d’investissements plus
productifs. Ensuite, sa variabilité augmentant avec son niveau, elle crée un
climat d’incertitude dans l’économie qui complique les anticipations, puisque
dans le cas de variations importantes du niveau général des prix, l’information transmise par les prix des biens et services est plus di¢ cile à interpréter.
Cela complique les prises de décision des agents économiques aussi bien pour
le présent que pour le futur.
En…n, elle opère une redistribution entre les groupes sociaux et les différentes catégories d’agents par des transferts involontaires de revenus, en
pénalisant par exemple les prêteurs et les détenteurs de revenus …xes, tels
que les retraités. Les groupes pénalisés peuvent chercher à rattraper la perte
de leur pouvoir d’achat, ce qui peut donner lieu à un boucle prix-salaires accélérant le rythme d’in‡ation et nuisant à la stabilité économique ainsi qu’à
la paix sociale.
La stabilité des prix promeut donc un système économique au fonctionnement plus e¢ cient.

2.2

Les objectifs intermédiaires

La stabilité des prix est un objectif …nal que la politique monétaire ne
peut in‡uencer directement. La banque centrale dispose d’un certain nombre
d’instruments qui lui permettent d’agir indirectement sur les objectifs au
bout d’un temps plus ou moins long. Si elle attend de voir quel est le résultat
de son action sur les objectifs …naux, elle ne sera plus en mesure de corriger
son action.
La banque centrale résoud ce problème en ciblant des objectifs pour des
variables situées entre ses instruments et ses objectifs …naux. Pour qu’ils
3

L’importance de ces e¤ets à court terme dépendra de degré d’illusion monétaire subis
par les travailleurs ainsi que de celui de la ‡exibilité des prix et des salaires.

18

soient e¢ caces, les variables devant servir d’objectifs intermédiaires doivent
présenter certaines caractéristiques :
–La contrôlabilité : Ce sont des variables sur lesquelles les autorités monétaires peuvent agir à l’aide des instruments dont elles disposent. Ce sont
donc des variables sur lesquelles elles peuvent exercer un contrôle e¤ectif ;
–La mesurabilité et rapide disponibilité : Ce sont des variables que l’on
peut mesurer et observer rapidement, ce qui permet d’évaluer les résultats
de la politique menée et éventuellement de procéder à des réajustements ;
–La prévisibilité de l’e¤et sur les objectifs …naux : Ce sont des variables
reliées, de préférence étroitement, aux objectifs …naux et sont censées permettre sa réalisation.
Parmi ces objectifs, la croissance de la masse monétaire est l’objectif le
plus répandu. Le choix des agrégats monétaires comme objectif intermédiaire
repose sur l’hypothèse qu’il existe un lien étroit entre la monnaie en circulation et le rythme d’in‡ation ainsi que sur le fait que l’o¤re de monnaie
est exogène et sous le contrôle des autorités monétaires. La pertinence de
ce choix est de plus en plus remise en cause par l’instabilité de ces agrégats
suite à l’apparition d’innovations …nancières nécessitant leur révision continuelle. Ces considérations ont poussé les banques centrales de plusieurs pays
(Nouvelle Zélande, Canada, Royaume Uni, Suède, ...) à abondonner au début des années 90 les objectifs intermédiaires des garégats monétaires et à
adopter un ciblage direct de l’in‡ation. La banque centrale s’engage sur un
objectif chi¤ré d’in‡ation et essaie de le réaliser moyennant des prévisions
sur l’évolution des prix.

3

Les canaux de transmission de la politique
monétaire

En agissant sur le coût de re…nancement des banques, la banque centrale
entend contrôler le volume de monnaie en circulation et agir sur les prix et
l’activité économique. On appelle canaux de transmission les voies par lesquelles ses actions se répercutent sur l’économie. On peut distinguer plusieurs
canaux.

3.1

Le canal des taux d’intérêt

En modi…ant son taux directeur, la banque centrale fait varier les taux
d’intérêt nominaux de court terme sur le marché monétaire. En raison de la
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rigidité ou viscosité à court terme des prix et des salaires, les agents n’ajustent
pas immédiatement leurs anticipations d’in‡ation. Par conséquent, une baisse
des taux directeur et des autres taux d’intérêt de court terme fait diminuer
le taux d’intérêt réel, égal à la di¤érence entre taux d’intérêt nominal et
taux d’in‡ation anticipée. Cette baisse est de nature à réduire l’épargne et
à encourager donc la consommation et à stimuler via le coût du capital les
dépenses d’investissement, entraînant une relance de la demande globale et
une expansion de l’activité économique, tant que les prix ne se seront pas
ajustés.

3.2

Le canal des anticipations

Dans les économies où les marchés des capitaux sont importants, les décisions de dépense sont largement déterminées par les taux d’intérêt réels à
moyen et long termes (des marchés …nanciers). Ces taux dépendent donc
des anticipations du secteur privé concernant les décisions futures de la
banque centrale et l’évolution de l’in‡ation et peuvent être approximés par
la moyenne des valeurs actuelle et anticipée du taux d’intérêt réel à court
terme. Si l’action de la banque centrale est claire et prévisible (transparente
et crédible), les in‡exions de taux auront été anticipées par les agents : la
baisse des taux d’intérêt à court terme sera accompagnée voire précédée d’une
baisse des taux à moyen et long terme. L’e¤et d’une baisse du taux d’intérêt
à court terme sur la demande globale et par suite l’activité économique est
d’autant plus important que les agents économiques revoient plus fortement
à la baisse leurs prévisions relatives à l’évolution du taux d’intérêt réel.

3.3

Le canal étroit du crédit bancaire

L’injection par la banque centrale de plus de liquidités sur le marché
monétaire en vue de faire baisser son taux directeur met à la disposition
des banques des réserves excédentaires qu’elles peuvent prêter, augmentant
ainsi l’o¤re de crédits. Par ailleurs, en faisant payer aux banques moins cher
leur re…nacement, la banque centrale espère que celles-ci répercutent cette
variation de coût sur les taux qu’elles exigent des emprunteurs. Cette baisse
du coût du crédit amène les agents …nanciers à accroître leur demande de
crédit. Les deux e¤ets stimulent la demande globale et l’activité économique.

3.4

Le canal de la monnaie

L’augmentation des crédits s’accompagne d’une hausse des dépôts bancaires et des agrégats monétaires. Si les agents économiques ne désirent pas
20

détenir autant d’encaisses monétaires, ils dépenseront les liquidités excédentaires en achetant des biens, augmentant ainsi la demande globale, ou en
achetant des titres.

3.5

Le canal des bilans ou canal large du crédit

En achetant des titres, ils en font monter les cours, ce qui fait apprécier
les bilans des entreprises, améliore leur situation …nancière, valorise les garanties qu’elles peuvent avancer pour obtenir des crédits et réduit la prime de
…nancement externe (c’est la prime de risque de crédit qui est donnée par la
di¤érence entre le coût de l’auto…nancement et celui du …nancement externe
et qui décroît avec la richesse de l’entreprise). Ces e¤ets renforcent l’e¤et sur
la demande globale.

3.6

Le canal du taux de change

Par le canal des taux d’intérêt et du crédit bancaire, l’action de la banque
centrale in‡uence dans un premier temps la demande globale, puis les prix.
Le canal du taux de change fonctionne di¤éremment : une baisse du taux
directeur diminue l’attrait des placements en monnaie nationale. Cela suscite
des mouvements de capitaux qui provoquent une dépréciation de la monnaie
nationale avec pour conséquences :
–une hausse des prix des importations et une diminution de leur volume
en plus d’une accélération directe de l’in‡ation ;
–une amélioration de la compétitivité des produits nationaux, une augmentation de la demande globale via les exportations nettes, un e¤et positif
sur l’activité économique et sur les prix à l’instar des uatres mécanismes de
transmission.

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