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en magie, mais les sorts de Transdélocalisation temporels sont parmis les plus ardus et les
plus épuisants. Bien qu’un simplet sort de Transfert inverse puisse suffire, ce qui me
permettrait de… »
Quelques raclement de pieds se firent sentir, témoins de l’impatience des échoués du temps
face à cette amorce de détails ésotériques. Sommeil ou pas, bien trop de décennies passées à
l’intérieur d’un cadre étroit et d’une toile ingrate ne les rendait pas particulièrement enclins à
ce genre de blabla.
« Oui, oui, bon. En tout cas, vous n’avez plus rien à faire parmi nous. Je le dis encore une
fois : s’il y en a qui ne se sentent pas les nerfs pour affronter ce changement et s’adapter,
qu’ils s’avancent vers moi. »
Il n’y eut pas un mouvement.
« Parfait. Demain sans faute, je vous ramènerai à vos époques respectives. Pour le moment,
vous souffrirez bien une dernière nuit dans cette demeure… Nimbus va vous conduire au
donjon. »
La voix n’offrant pas d’autres alternatives et Nimbus non plus, les personnes incriminées se
résignèrent à suivre l’hybride hors de la pièce, en raclant largement des pieds. Il n’y eut pas
une seule parole pour les saluer.
« On peut y aller, maintenant ? Je crois que nous sommes suffisamment peu nombreux pour
pouvoir envisager quelque chose de sérieux. »
Les effectifs avaient effectivement sérieusement mincis. Des trente-deux tableaux maudits
que comptaient le Corridor Oublié, sept n’avaient pas souhaités retourner dans le monde réel,
dix réincarnés venaient de signifier leur choix définitif, Jérémy et Guillaume avaient été remis
en trois dimensions (malgré les protestations vigoureuses de Lynzaïn), les deux violeurs ratés
ayant été refourgués dans l’orphelinat proprement dit, avec les autres locataires encore dans
l’expectative ; il ne restait donc plus que douze personnes décalées dans le temps à être
restées ici- douze, plus Lucius, bien entendu. Treize.
« Treize. Merveilleux. Ce nombre me rappelle quelque chose… Enfin, peu importe. Je crois
que quelques présentations sommaires s’imposent. Il va nous falloir vivre en communauté,
n’est-ce pas ? Vous n’avez pas enduré les épreuves du temps pour vous entretuer
joyeusement. Pas la peine de murmurer le contraire, monseigneur de Rais. Il n’y a pas ici
d’enfants à dévorer et aucune sainte mission à accomplir pro deus gloria. Nous sommes tous
des gens raisonnables… »
Il y eu quelques toux sceptiques.
« …et désireux de coopérer pour le meilleur (et pour le pire) n’est-ce pas ? Il n’y a
absolument aucune raison pour que nous éprouvions un quelconque sentiment de violence
envers l’une ou l’autre des personnes présentes ici… »
L’abbé Langelus décocha à la Comtesse de Nosféra un regard assez chargé de venin pour
abattre un éléphant en pleine charge.
« …, que ce soit maintenant ou plus tard. Bien, bien, je vois que vous vous impatientez. On le
serait à moins après avoir attendu quelques éons coincés entre quatre bords écaillés. Laissezmoi donc briser la glace. Commençons par ces dames. »
Lynzaïn se sentit gonflée d’importance. C’était très galant, bien évidemment, commencer par
les femmes, elle n’en attendait pas moins de lui. Et, même si techniquement elle n’était pas
encore une dame (de toute manière elle n’en voyait pas trop l’intérêt), elle savait que son beau
Lucius ne manquerait pas de parler d’elle en premier.
« J’ai donc le plaisir de vous présenter la Comtesse de Nosféra, dont le prénom doucement
francisé est Elisabeth. Elisabeth est, comme vous pouvez le voir, une noble vampire hongroise
dont la prédilection pour le sang n’était malheureusement pas du goût de tout le monde. Si
bien qu’une arbitraire décision de justice la condamna à être murée vivante pour stopper
l’hémorragie. Vous n’êtes cependant pas sans savoir, du moins je parle pour ceux qui m’ont

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