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Les voiles de Burana.pdf


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Les voiles de Burana
Chapitre 1
Sonia et Nadia étaient deux adorables jumelles de dix ans. Lʼune était brune au teint mat
et lʼautre blonde au teint clair. Elles venaient de passer leur dernier été de petites filles et
en ce premier jour dʼautomne, accompagnées dʼautres fillettes du même âge, elles
attendaient impatientes et craintives le verdict qui allait décider de leur vie future. Plus que
tout, elles redoutaient dʼêtre séparées lʼune de lʼautre. Toutes deux étaient suffisamment
conscientes de leur beauté pour se douter quʼelle ne seraient pas choisies comme
domestique du palais, ni même épouse du commun, sans doute seraient-elles des
femmes de plaisir, peut-être même princesses de harem. Sonia prit discrètement la main
de sa jumelle autant pour rassurer Nadia quʼelle-même.
Le prince de Charibde passait devant elles en les étudiant attentivement. Sonia baissa
timidement les yeux, alors que Nadia affronta, comme un défi, le regard de lʼhomme. Il fit
un signe et leur plus grande crainte se réalisa : elles furent séparées. Nadia fut entrainée
avec quatre autres fillettes pour devenir femmes de plaisir, Sonia fut emmenée avec une
autre enfant, elles entraient au harem des princesses, enfermées pour le reste de leur
existence. Une fois dans le pavillon des femmes, elles furent accueillies par deux marâtres
qui les lavèrent avec brutalité. Plus les fillettes pleuraient, plus elles étaient brutales. A la
fin de la séance, malgré des yeux encore bouffis, il nʼy avait plus trace de larmes, la
première leçon avait été apprise. Dʼautres femmes les prirent en charge et les revêtirent
de lourdes robes rouges avant de les guider jusquʼà une pièce entièrement carrelée de
blanc dont le fond était masqué par un rideau. On les déshabilla avec une certaine
solennité, comme pour un rituel. Dʼautres femmes, derrière le rideau se mirent à chanter.
Des paroles anciennes que les fillettes ne comprenaient pas. On ouvrit le rideau, il
dissimulait deux drôles de tables, munies de gouttières où positionner les jambes et de
liens pour le bassin, les chevilles et les poignets. Les deux nouvelles princesses nʼeurent
pas le temps dʼavoir peur, en clin dʼoeil elles se retrouvèrent attachées chacune sur une
table. Deux vieilles épouses sʼapprochèrent et leur expliquèrent que cʼétait uniquement
ainsi quʼelles pourraient honorer le prince et quʼelles devaient être fière dʼentrer
maintenant dans le cercle des femmes. On enduisit leurs parties intimes dʼune sorte de
pommade qui étouffait les sensations. Malgré tout, elles ressentirent lʼignoble brûlure de la
lame qui les privait à tout jamais de tout plaisir. Un bâillon de tissus les empêchait de
hurler.
Après de qui leur sembla des heures, la douleur sʼestompa enfin suffisamment pour quʼon
leur explique comment uriner et soigner la plaie les jours suivants afin dʼéviter lʼinfection.
Sonia pensait à sa soeur, espérant quʼelle ne vivait pas le même calvaire. Quand elles
attendaient pour être choisies, elles nʼavaient que peu dʼidée de ce qui leur arriverait
ensuite, leur seule connaissance concernait les femmes du commun, comme leur mère.
Et encore, on ne dit pas tout à des fillettes de dix ans. Elles furent de nouveau vêtues de
rouge, robe et voiles en soie précieuse et malgré lʼinconfort dû à leur cicatrice encore
récente, elles durent supporter le repas solennel de leur mariage. Le prince leur fit offrir
des bijoux, bien trop lourds et bien trop beaux pour des enfants de leur âge, elles en furent
parées. Elles touchèrent à peine aux mets proposés, la douleur leur ayant coupé tout
appétit. Au bout de deux heures, on eut finalement pitié dʼelles, un garde du harem les
escorta jusquʼà leur chambre où les attendait leur domestique attitrée. Lʼhomme ouvrit la
première porte et fit entrer la compagne de Sonia, quelques pas plus loin, il ouvrit une
deuxième porte et invita la petite fille impressionnée à découvrir son nouvel univers. La
domestique, déjà sur place et qui ne la quitterait à aucun moment lʼaccueillit et lui fit visiter