Lettre de Manille Avril 2013 .pdf


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parlé de Mgr TAGLE en termes amicaux et élogieux : homme simple et humble, vif et intelligent, de famille
d’origine chinoise mais ne parlant pas le chinois. Cardinal depuis le 24 novembre 2012, parmi les plus
jeunes ! Voici quelques lignes de lui qui résonnent en moi :
« Apprenez du peuple, des laissés-pour-compte, de vos voisins. Rappelez-vous
que notre manière de dire « Dieu » n’est pas la seule. Apprenez d’eux. Apprenez
des victimes de la violence et de la souffrance qui n’ont pas de sens. Apprenez à
dire « Dieu » comme eux, dans l’espérance. Apprenez de ceux qui sont poussés
aux limites du paradoxe de dire « Dieu », de ceux qui parfois ne le disent pas
mais ne l’ont pas pour autant oublié. Apprenez d’eux. Nous devons continuer à
dire « Dieu » avec toutes les joies, les douleurs et les risques que cela comporte.
Continuez à dire « Dieu » par le silence que le mystère crée et évoque.
Continuez à dire « Dieu ».

Pour la première fois depuis 23 ans, lors de ce séjour à Manille, j’ai partagé quotidiennement la table, la
demeure, la prière et l’eucharistie avec des prêtres, séminaristes et religieuses de Chine. Une pratique
courante en Asie et la beauté des parquets en bois exotiques de la chapelle, demandaient que nous y
soyons pieds nus. J’ai vécu intensément cette grâce de m’être approché de la prière de frères chinois
comme d’un buisson ardent, sandales à la main (Exode 3). C’est aussi pendant ce séjour que j’ai été
invité à présider l’eucharistie et à donner pour la première fois de ma vie une homélie en chinois !
Printemps et été 2012, en France
Au retour en France, j’étais spirituellement marqué par ce temps fort à Manille, comme une
‘rupture du jeûne’ asiatique et chinois, un an après la fin brutale de mon séjour en Chine. Ce temps a été
comme la ‘gerbe’ refaite de ce que sont les principaux épis de ma vie de prêtre :
 l’amour des ‘lointains’, ces ‘amis de jésus que les disciples ne connaissent pas’. Après les





Tanzaniens, les Chinois et l’Asie.
l’accompagnement et la formation des jeunes, la transmission.
être un ‘pont’, un faiseur de lien, avec la Chine, en marchant aux cotés des ‘apôtres’ de leur
pays, en étant attentif au retour de mission en France.
être témoin des basculements du monde comme ce que vivent les hommes et les femmes des
grandes mégapoles asiatiques.
… Il n’a manqué que la partie agricole de ma vie ! Rien d’étonnant, l’âge de la retraite
professionnelle approchant !

Il a été vite évident qu’une expérience chinoise et un itinéraire long au cœur des réalités profanes
et de la société chinoises, la connaissance de la langue chinoise, un parcours en théologie, une expérience
de formateur dans l’équipe du séminaire de la Mission de France, … tout cela a été vite repéré comme un
profil intéressant, souhaité à Manille pour le service de l’Église de Chine à partir de l’extérieur de la Chine.
L’intérêt que j’ai exprimé sur le dialogue théologique a été relevé comme opportun. Des initiatives
sont à prendre dans ce domaine et seront bien accueillies. Plusieurs contacts ces derniers mois en Europe
comme avec des théologiens de Taïwan et de Chine continentale vont dans ce sens.
Nous avons échangé sur les questions relatives à l’Eglise de Chine dans sa relation avec l’Église
universelle. J’ai été surpris en bien en découvrant que les positionnements les plus durs vis-à-vis de Pékin,
dans le ‘cercle Chine’ qui influence le gouvernement de l’Église, ne font pas l’unanimité à Rome et à Manille
en particulier. Les tenants d’une approche plus calme, patiente, ferme et résolument amicale avec les


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