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xp Spirale interieur-v3.3

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estime d’elle, elle ne se « reconnaît
pas » et s’imagine une autre … Il
faut encore ajouter que quand elle
aime un monsieur, le rapport au
désir et au plaisir est tel que – s’il
n’est pas du tout impossible dans
un premier temps et même assez
satisfaisant – il s’épuise très vite
dès que la relation amoureuse s’engage un peu plus avant dans la
durée de l’engagement, et aussi
dans la déclinaison des actes
sexuels et de la confrontation des
désirs des deux partenaires… Elle
est en psychothérapie avec moi
(préliminaire je crois à un travail
analytique
ultérieur)
depuis
quelque temps, et avance considérablement. Tout en restant très discret sur son parcours et sur son travail personnel, je voudrais évoquer
quelques éléments de son histoire
concernant son rapport à son corps.
Cette jeune femme a été abandonnée à la naissance et adoptée
très rapidement par une famille
« bien sous tout rapport », engagée
dans un authentique travail d‘adop-

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tion et un véritable désir d’enfant longtemps insatisfait naturellement – et qui, comme souvent,
pourra trouver une issue fécondante au moment de
l’arrivée même de Shéhérazade, l’enfant adoptée.
Cette dernière se trouve donc avoir une sœur naturelle un peu plus jeune qu’elle… et si différente
d’elle, puisque sa mère adoptive s’est retrouvée
enceinte dès son arrivée à la maison.
Dans sa famille d’adoption, le père (et l’ensemble de la famille derrière) nomme(nt) et présentifie(nt) avec insistance la mère comme « celle qui
est faite pour donner de si beaux enfants », déniant
toute articulation possible avec leur difficulté et
l’adoption nécessaire, avec les différences criantes
de ses deux filles… et fermant les yeux à la singularité de cette maman opératoire, incapable non
pas d’amour (indiscutable) pour ses deux filles,
mais de signes d’amour, de tendresse et de proximité corporelle. Shéhérazade se rappelle de son
désarroi toute sa jeunesse, et singulièrement quand
elle était toute petite, de ne pouvoir courir et sauter au cou de sa mère, de ne pouvoir se nicher
contre elle et s’enfouir dans son giron, ou de l’impossibilité de lui faire des câlins et des caresses sur
les cheveux ou le visage… car sa mère se dérobait
toujours, la repoussait, voire la grondait pour tout
mouvement de ce genre : « pour ne pas qu’elle la
décoiffe encore », ou « pour ne pas qu’elle froisse sa

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Spirale n° 45