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xp Spirale interieur-v3.3

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gique qui s’en va. Elle n’est plus que
l’abandon de soi-même dans la
fuite de l’autre.
Par association, Shéhérazade
poursuit ce récit de rêve en soulevant un pan encore secret de son
histoire récente : pour m’apprendre
qu’elle a fait, au moment de rencontrer celui qui allait devenir son
mari et le père de son enfant, une
recherche quant à son histoire de
naissance et sa mère naturelle. Et
elle m’apprend alors qu’elle a pu
obtenir son nom et son adresse, et
qu’elle est allée rendre visite à cette
dame. Le souvenir est douloureux,
cuisant et traumatisant, on s’en
doute : la porte ne s’est qu’entrouverte – laissant à peine le temps à
Shéhérazade de dire quelques mots
et de donner l’explication de sa
démarche ainsi que son identité… –
mais s’est refermée immédiatement
sur une saisie possible de l’image de
sa mère, restée à demi cachée, et
silencieuse pour toujours, derrière
cette porte abominable si vite
refermée sur ce passé traumatique.

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Le visage maternel encore absenté, scotomisé, véritable trou noir absorbant en retour la reconnaissance du visage de Shéhérazade.
La scène est authentique et très douloureuse,
mais Shéhérazade se convainc que depuis cette
visite terrible, elle a pu enfin tourner vraiment le
dos « à tout cela » et se reprendre, avancer véritablement, avec un envahissement moins grand des
démons et fantômes du passé. La relative cicatrisation de ses symptômes et de son mal-être le plus
criant y a sans doute, en effet, trouvé sa source.
Toutefois, elle ajoute encore que, fugitivement, ce
n’est pas tant sa mère naturelle qu’elle a pu entrevoir dans cette visite-là, mais autre chose de plus
sidérant pour elle : le fait qu’il semblait y avoir des
enfants derrière (frères et sœurs potentiels ? ou du
moins fantasmatiques), et surtout que le nom
accolé (du père « possible ») sur la sonnette de l’appartement était le nom d’un monsieur maghrébin
qui pourrait bien – dans le fantasme et peut-être
même dans la réalité – être son père inconnu !
Descendant de l’immeuble, elle voit alors, dans la
cage d’escalier, des enfants métissés très beaux et
très typés qui jouent tranquillement.
C’est en racontant cette double trace secrète à
son analyste : le nom du père maghrébin et les
images d’enfants métissés, et en s’entendant le dire
– en ramenant en elle des images alors investis-

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Spirale n° 45