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traitement. Les publications donnent des arguments en faveur de l’existence du TDI comme
diagnostic transculturel, qui a donc une validité comparable (ou davantage) aux autres
diagnostics psychiatriques bien établis (Gleaves, May & Cardena, 2001) car il faut noter que les
altérations de l’identité et/ou de la conscience peuvent se présenter sous d’autres formes dans
d’autres cultures - comme la possession ou d’autres syndromes liés à la culture (Cardena, Van
Duijl, Weiner & Terhune, 2009). Les « lignes directrices » présentent les découvertes
principales et les principes, généralement acceptés, qui reflètent la connaissance scientifique
actuelle et l’expérience clinique spécifique au diagnostic et au traitement du TDI et ses formes
similaires dans le TDNAS. Il faut comprendre que l’information contenue dans ces « Lignes
directrices » est conçue comme un ajout et ne remplace donc pas les principes généralement
acceptés de psychothérapie et psychopharmacologie. Le traitement du TDI devrait adhérer aux
principes fondamentaux de la psychothérapie et de la gestion médicale, psychiatrique, utilisant
des techniques spécialisées exclusivement destinées à prendre en compte la symptomatologie
dissociative spécifique.
Les recommandations des « Lignes directrices » ne sont pas destinées à être figées ni à servir
d’étalon aux soins. Les recommandations pratiques reflètent l’état de l’art de guérir dans ce
champ spécifique à l’heure actuelle. Les « Lignes directrices » ne sont pas conçues pour
inclure toutes les méthodes appropriées ou pour exclure d’autres interventions thérapeutiques
acceptables. Et même davantage : suivre les « Lignes directrices » n’aura pas comme résultat
nécessaire un devenir thérapeutique heureux. Le traitement devrait toujours être individualisé
et les cliniciens doivent examiner l’adéquation d’une méthode spécifique de soin à un patient
donné à la lumière de l’état clinique du patient ainsi que des options disponibles à tel moment
du traitement.

I. Epidémiologie, diagnostic clinique et procédures diagnostiques
Le TDI et les troubles dissociatifs ne sont pas des problèmes rares. Dans les études de
population générale, on s’accorde sur un taux de prévalence du TDI de 1 à 3 % (Murphy,
1994 ; Jonhson, Cohena, Kasena & Brook, 2006 ; Ross, 1991 ; Sar, Akyüz & Dogan, 2007;
Waller & Ross, 1997). Les études en Amérique du Nord, Europe et Turquie ont montré que
entre 1 à 5 % des patients dans des unités de psychiatrie générale pour adultes et pour
adolescents, et dans les services de traitement des abus de substance, des troubles alimentaires,
et du trouble obsessionnel-compulsif peuvent répondre aux critères diagnostiques DSM-IV-TR
pour le TDI, particulièrement lorsque l’évaluation a lieu avec les instruments diagnostiques
structurés. Beaucoup de ces patients n’ont pas été diagnostiqués cliniquement avec un trouble
dissociatif (Bliss & Jeppsen, 1985 ; Foote, Smolin, Kaplan, Legatt & Lipschiz, 2006, Goff,
Olin, Jenike, Baer & Buttolph, 1992 ; Johnson, Cohen, Kasen & Brook 2006 ; Kadarag et al.,
2005; Latz, Kramer, & Highes, 1995 ; McCallum, Lock, Kulla, Rorty, & Wetzel, 1992 ; Ross,
Anderson, Fleisher, & Norton, 1991 ; Ross et al., 1992 ; Modestin, Ebner, Junghan, & Erni,
1995 ; Sar, Akyuz & Dogan, 2007; Saxe et al., 1993 ; Tutkun et al., 1998). Nombre des
patients de ces études n’avaient pas été diagnostiqués cliniquement comme souffrant d’un
trouble dissociatif. Les difficultés diagnostiques en ce qui concerne le diagnostic du TDI
résultent d’abord et avant tout d’un manque d’information des cliniciens à propos de la
dissociation, des troubles dissociatifs et des effets du trauma psychologique mais aussi des
erreurs cliniques. Une telle situation a conduit à envisager rarement le diagnostic de trouble
dissociatif et a mené à des conceptions erronées quant à leur présentation.
La plupart des cliniciens ont dans l’idée que le TDI est un trouble rare avec un tableau floride,
dramatique. Bien que le TDI soit un trouble relativement commun, Kluft (2009) a observé que
« seulement 6% des patients TDI ont une présentation, habituelle, évidente de leur TDI » (p.
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